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04 août 2025

ÆRIK ART sur FACEBOOK


« Jamais 2 sans 3 ! » dit un vieil adage populaire.

Pour compléter les deux articles publiés ce jour, l'un sur la poésie comme acte de résistance dans un monde qui s'uniformise, l'autre sur la pensée qui lorgne coté métaphysique dans un monde en crise, un troisième post pour annoncer l'ouverture de ma page Facebook ÆRIK ART dédiée à mes créations picturales et photographiques, avec la mise en ligne de deux albums photos pour se laisser traverser par l'effluve d'images captées sur le vif en résonnance avec les sujets abordés en PREMIÈRE de ce SITE-MÉMOIRE.

Pour commencer, une série d'images cueillies dans mon jardin rassemblées dans l'album FLORAISONS, photos d'inflorescences en plein été dont la beauté fragile et simple évoque à la fois les mots du poète et l'élan vers la lumière comme vers les feux de l'esprit ;


Les autres saisies dans les recoins d'une ville d'art bien nommée, FLORENCE, berceau d'une certaine Renaissance où j'ai capté le temps d'un court séjour à l'hiver 2019, une série d'instantanés de graphs et cris écrits à la hâte ou collés sur les murs de la ville, collectées dans l'album FIRENZE TAGS, dont la charge résonne en force avec tous les élans de résistance de ce monde en crise, qu'ils soient poétiques, philosophiques ou politiques.


Bonne visite et bon visionnage. N'hésitez pas à "Liker" et "Partager" ces albums pour faire connaitre cette page qui s'enrichira au fil des jours, de ce que je pourrais extraire et rendre public de 30 ans d'archives et recherches en création.


ÆRIK

NOTA : je suis aussi présent sur FACEBOOK avec un compte ÆRIK Graf sur lequel je diffuse au jour le jour images graphées, certains diront griffonnées, à la main sur portable pour signer dans une veine ART BRUT qui lorgne du coté de l'art rupestre, mes engagements et tout particulièrement mon refus du tout technologique. NO IA GARANTEED ! SANS IA GARANTI !

Je dispose également d'un compte INSTAGRAM Aerik_wall, où je publie vues d'atelier et travaux artistiques en cours.


LA PENSÉE, UN ESPACE PROPRE


Echo et contrepoint au texte de ce jour paru sur la poésie, un court texte sur LA PENSÉE, publié lui aussi l'an dernier sur mon ancien site avant d'être retiré, remanié et augmenté pour sa sortie ici, en vue de signer l'un des principaux axes que j'ai choisi d'investir cette année avec l'écriture au long cours et la création d'images spirituelles, la réflexion métaphysique. Fidèle en cela à ce que disait de moi Michel Potay en réponse à l'un de mes commentaires sur son blog : « Vous êtes un artiste, comme vous le rappelez ici, mais aussi un métaphysicien, et nous avons aussi besoin de métaphysiciens comme nous avons besoin de toutes les catégories d'humains. » (183c98)

Ces paragraphes sont extraits d'un courrier adressé à un auteur, historien contemporain (qui ne donna pas suite à nos échanges après l'envoi de ces lignes en réponse au contenu de son ouvrage), avec lequel j'évoquais cette part de nous même qui voyage par delà le temps et l'espace lorsque l'on pense, à plus forte raison lorsque l'on pense avec autrui. Ce texte évoque le monde dit des « Idées » et sa matière propre. Certains diront que  ce texte puise à Plotin et aux néoplatoniciens. Certes, je me retrouve dans bien des dires de ces anciens jadis abordés, mais tout ce que j'écris là ne provient pas de lectures ou enseignements reçus dans le passé, mais de ma propre réflexion nourrie de mes expériences « extra-sensibles » au fil des années. Car la Pensée, ou serait-ce l'âme avec laquelle je la confonds parfois, a sa propre sensibilité qui nous effleure et nous fait frémir comme le vent caresse nos chairs et les faire tressaillir. Un phénomène que tout un chacun a pu expérimenter au moins une fois dans sa vie, et qui me fait poser la question : l
orsque je pense et fait émission de ma pensée à autrui, est-ce moi qui pense ou mon esprit qui rejoint La Pensée qui me traverse et me/nous nourrit en retour de cette plongée dans ses eaux fluides ? Le fameux « cogito ergo sum », « je pense donc je suis » de Descartes, est ici convoqué avec force en glissant du « je » minuscule au JE qui EST de toute éternité, non sans jouer sur les mots. Un jeu qui n'est pas sans évoquer ce « jeu » auquel nous invite la transcendance sur laquelle débouche l'espace métaphysique lui-même, qui est au cœur de ce projet d'essai que j'ai en vue d'écrire.

L'UNIVERS dans son ensemble, matière et immatériel réunis, est un TOUT sans discontinuité qui vibre et danse lui aussi à l'unisson de nos voix et de ce qu'émettent nos esprits, ponts vers l'indicible. C'est à participer et à ouvrir à cette participation de chaque UN dans et à l'Infini, que j'entends contribuer en rendant publiques ces lignes.


« L’espace de la Pensée existe bel et bien lui aussi avec sa propre phusis (mot grec ancien qui signifie "nature" et se rapporte à un concept philosophique d'essence moniste qui évoque la totalité du TOUT comme UN), tout comme cet espace physique dans lequel nous nous mouvons. Cet espace de la Pensée est palpable, contrairement à l'idée que l'on se fait du monde des « Idées » marquée par la culture qui oppose diamétralement monde matériel et immatériel, mondes sensible et intelligible. À cet espace, à cette « phusis », nous sommes tous reliés, comme moulés, car il vit en Permanence hors du temps comme une Mer en Ciel qui nous englobe et nous parcourt (dans ce 99,99% de vide qui "compose" notre matière ?). Il est fait d’eaux où se meuvent et se mêlent la vie de nos idées comme des ondes. C’est pourquoi vous pouvez trouver écho de vos propos dans les paroles d’autres sans lien avéré avec eux, comme reprendre sans le savoir les idées et pensées émises par d'autres nageant dans votre sillage dans cet espace. Plongé en conscience en ces eaux, vous pouvez y croiser les plus illustres penseurs du passé comme les pensées de toutes celles et ceux qui pensent, ont pensé et penseront, sans distinction d’honneur ou de reconnaissance, de temps ou d'espace, car hors de l’espace-temps elles y évoluent « permanentement » et viennent là où elles se sentent appelées pour poursuivre et nourrir cette aventure commune de l’Humanité UNE.

L’écrit que nous laissons n’est pas la pensée que nous émettons à proprement parler, il n’en est que le réceptacle et le véhicule. Il est comme « la chair » pour ainsi dire de nos idées pour faire trace et mémoire dans le temps et l’espace, et c’est la raison pour laquelle l’on dit souvent que l’Esprit d’un texte est à lire entre ses lignes. Car c’est là où il vit, bien qu'enferré sur le papier ou "empixélisé" sur écran. Sur nos mots il souffle, sous nos voix il se glisse. Comment un Tout indivisible pourrait-il se laisser tailladé et découpé en lettres et phrases inscrites ? Une mise à mot est comme une mise à mort, un pied en tombe si je puis dire, comme le pied de fer qui va sur le papier l'encre de noir pour en garder mémoire et permettre à un autre regard de le visiter et le ressusciter. Lorsque l’on lit un livre, on visite peu ou prou un tombeau et c’est la raison pour laquelle je crois que les plus grands inspirateurs inspirés ont veillé à ne pas laisser trace physique de leur pensée de leur vivant. Pour rester libre de toute attache à ce monde au soir de leur vie terrestre et partir, pour nager sans heurts dans cet espace sans heure, une fois leur vie passée.

Jésus comme Socrate, Diogène et d’autres, n’ont pas écrit. Ils ont préféré s’inscrire dans l’espace public au milieu des vies et des voix des hommes de leur temps, pour toucher les cœurs de ceux qu’ils ont rencontré, abordé, confronté jusqu’à y risquer leur vie, plutôt que de laisser leur voix enserrées dans des mots et enterrées dans des livres. Si j’ai choisi d’écrire aujourd’hui c’est parce que je suis comme « assigné à résidence » dans un monde qui se refuse à la rencontre vive, contraint  à l'écriture pour rester en lien avec les miens. Et ce n’est pas le moindre des tours de passe-passe de l’espace médiatique tel qu’il se conçoit et se vit aujourd’hui dans les médias de plus en plus via l’informatique, qui me préoccupe aujourd’hui, que de ne plus faire vivre la rue et les lieux de rencontre où se croisent et se confrontent voix vives, haleines et regards. »


Le monde des médias actuels est un cimetières de funambules qui miment le vivre et l'éclat de l'esprit pour nous faire oublier que nous sommes dans un mouroir. Un "pourroir" devrais-je dire, vu le niveau de médiocrité atteint par ce qui est rendu quotidiennement public ! Mais n'est-ce pas d'un fumier que sort tout jardin (Le Signe XXII/9) ? Si je reprends aujourd'hui l'écriture comme viaduc pour l'avenir, c'est pour avoir été "assigné à résidence" par les pouvoirs d'un monde en crise qui file tout droit vers l'abime comme rappelé, et je lance mes lignes comme des filins pour arrimer ma pensée à celle des mes contemporains dans l'espoir qu'entre mes lignes certains sentent le Vent d'un autre possible à Vivre et en soient nourris, pour justifier ainsi les efforts que j'aurais fourni pour aider cette humanité à aller de l'avant avant de partir à mon tour.

Entrer en métaphysique n'est pas fuir le monde pour se fondre dans l'éther des idées, c'est faire corps avec un monde au-delà de notre perception première pour le faire respirer dans notre chair et émaner ce qui fait de nous autre chose que des bêtes vouées à pourrir en terre. J'ai esquissé ici l'axe de mon travail de pensée comme un jet de pierre pour poser un jalon à ma réflexion en cours en ce domaine. Je l'évoquerais de temps à autre, entre la publication d'une poème, d'un album de créations picturales ou la sortie d'une vidéo, l'histoire de garder vivant et élevé ce fil de pensée.

A bientôt !

Eric Desneux dit ÆRIK

POESIE PAS MORTE



Le recours à la poésie signe un homme de caractère et sa singularité dans l’univers. Elle est la marque des esprits indépendants. Peu entendue de nos jours, elle fait cependant un retour remarquée, visible chez les libraires. En témoignent la profusion de recueils de nouveaux auteurs chez certains éditeurs indépendants. Face à l’uniformisation de la pensée et des contenus propagés par les grands médias, à l’échelle mondiale désormais de surcroit, elle signe le retour d’une quête de sens individuelle et le chemin d’une création propre hors des sentiers battus.

La poésie n’est pas seulement un refuge de l’expression libre et de la conscience souveraine dans les moments les plus difficiles, ou la voix du monde sensible. Elle peut être aussi une arme précieuse au service de luttes historiques. Deleuze dit en substance que l’art et la poésie sont non seulement des actes de création pure, mais aussi et surtout en ce monde-ci, des actes de résistance. Pour mémoire, les premiers feuillets sortis par la Résistance au temps de la deuxième guerre mondiale l’ont été par des poètes tel René Char, Pierre Seghers,… 

Les éditions de Minuit nées de ces poussées et tribulations historiques, existent toujours aujourd’hui et font la part belle à l’écriture poétique. Survivance des lucioles de Georges Didi-Huberman ouvrage paru cette décennie et disponible chez cet éditeur, aborde la question d’une résistance poétique dans l’image et le dire à notre époque cybernétique d’uniformisation et de surveillance généralisée de la pensée et des populations.

Quel texte a perçu le mur du son des médias au moment du bombardement de Gaza par Israël ? Le cri d’un poète palestinien meurtri par la guerre, Refaat Alareer. La poésie porte la mémoire d’un peuple. Et la porte haut. Un peuple sans poète, c’est un peuple sans voix. Même si le destin du poète est souvent, hélas, celui du Dormeur du Val (Rimbaud), qui décrit avec tendre délicatesse toute l'horreur d'un homme, un soldat suppose t-on,  frappé en plein cœur par une balle, gisant au pied d'un arbre

“Dieu le fracas que fait un poète que l’on tue”
clame Aragon, en hommage à Garcia Lorca tombé sous les coups des franquistes pendant la Guerre d'Espagne. La poésie n'a pas seulement la qualité de percer le mur des silences au cœur de son temps, elle a la force de traverser les âges et de faire Mémoire. N'est-ce pas un long poème, l'Illiade et l'Odyssée chantée par Homère, qui figure en premier rang des ouvrages littéraires de notre civilisation ? Et que dire de l'un des rares fragments qu'il nous reste de Parménide d'Elée, fondateur de la philosophie grecque antique, qui exposa ses idées en vers inspiré par une muse venue de l'éther l'enseigner ?

Non, la poésie n'est pas morte. Elle git juste tapie sous la cendre comme une braise prête à enflammer les cœurs. Le fracas de ce monde ne saurait l'étouffer car elle est d'Eternité. "Elle est retrouvée. Quoi ? L'Eternité ! C'est la mer allée avec le soleil" chante le prince des poètes en notre langue qui nous laissé ses voyelles pour traverser le temps et rejoindre l'éther. "A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu, voyelles. Je dirai quelques jours vos naissances latentes" entonne t-il pour nous inviter à la visiter dans les replis de leurs sonorités (Voyelles de Rimbaud). "Bring out your vowels" (sortez vos voyelles) reprend un siècle plus tard Jim Morisson avec les Doors dans une chanson restée célèbre. "You are slaves" (vous êtes des esclaves) avait-il coutume de dire sur scène pour secouer son auditoire et l'inciter à faire le passage :
"Break on through the other side !" (faites le pas de l'autre coté), en musique s'il vous plait ! Pour honorer ce verset de Verlaine ? "De la musique avant toute chose et pour cela préfère l'impair" (Art poétique)Tout le propos et le but de la poésie se tient là. Sortir de l'ornière des mots et du conditionnement de l'Histoire pour libérer nos âmes et enfanter un autre monde.

N'est pas poète qui veut. Mais tout homme a en lui la nostalgie d'une autre vie et peut sentir et se sentir porté voire enflammé par le verbe d'une voix qui transcende les lieux et les âges. De poète à prophète il n'y a guère qu'un peu d'air (r) soufflé (ph) du dehors de nous même qui envahit notre frêle condition d'homme sur terre pour se faire chantre de la beauté de et dans l'Univers, comme en témoigne le grand poète russe Pouchkine (1799-1837) dans ces vers :

Tourmenté d’une soif spirituelle,
J’allais errant dans un sombre désert,
Et un séraphin à six ailes m’apparut
À la croisée d’un sentier.
De ses doigts légers comme un songe,
Il toucha mes prunelles.
Mes prunelles s’ouvrirent voyantes
Comme celles d’un aiglon effarouché.
Il toucha mes oreilles,
Elles se remplirent
De bruits et de rumeurs.
Et je compris l’architecture des cieux
Et le vol des anges au-dessus des monts,
Et la voie des essaims
D’animaux marins sous les ondes,
Le travail souterrain
De la plante qui germe.
Et l’ange, se penchant vers ma bouche,
M’arracha ma langue pécheresse,
La diseuse de frivolités et de mensonges,
Et entre mes lèvres glacées
Sa main sanglante
Il mit le dard du sage serpent.
D’un glaive il fendit ma poitrine
Et en arracha mon cœur palpitant,
Et dans ma poitrine entrouverte
Il enfonça une braise ardente.
Tel un cadavre,
J’étais gisant dans le désert,
Et la voix de Dieu m’appela :
Lève-toi, prophète,
Vois, écoute et parcourant
Et les mers et les terres,
Brûle par la Parole
Les cœurs des humains.

Le prophète
Traduction par Mérimée


NDLR 2025 : publié une première fois le 15 août 2024 dans une tentative de reprendre le fil de mon site d'alors, ce texte laissé en suspens et retiré de la publication après quelques temps, est repris ici augmenté près d'un an plus tard comme pour acter le silence qu'il me fallut pour sortir du noir. Je poursuivrai la parution d'articles sur ce nouveau site au gré des jours, mais privilégiant désormais l'écriture au long cours en vue de la sortie d'ouvrages publiables et monnayables (même un poète doit vivre, pardi !), mes publications se feront plus clairsemées et prendront davantage le tour d'un JOURNAL DE L'ÂME et d'un point nodal de l'ensemble de mes réalisations publiées ici et là, plutôt que d'un lieu de pensée soutenue, fidèle en cela à l'intention mise dans ce SITE MÉMOIRE : laisser juste une trace de mon passage. 

Eric Desneux dit Ærik.