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23 août 2025

ENCRES


Echo à l'article "Vous avez dit anartiste" ? qui évoque en final une danse dans le noir, et plongée dans le monde la Rentrée qui s'annonce, rentrée qui n'est pas sans évoquer l'école et ses cahiers, ci-après en lien publiée sur ma page facebook ÆRIK ART, une série de pages encrées au pinceau en 1997 retrouvée dans mes cartons parmi des esquisses, crobars et autres tentatives picturales réalisées à une époque où je me rêvais en peintre, et où le dessin était plus qu'un habitus ou une praxis, une voie pour sentir et me relier à cet invisible que traque l'artiste dans ses œuvres.

Tracés de lignes au pinceau trempé dans l'encrier, inscrits d'un jet sur papier, sans réflechir, porté uniquement par la sensation de liberté de la main qui court légère, guidé par l'œil qui scrute la blancheur et cherche à en faire jaillir l'éclat entre deux tranchées de sombre pour faire naitre un dialogue entre pleins et vides, ombres et trouées de lumières. Force et concision d'un geste sûr qui navigue entre écriture et aplat, entre idéogramme et peinture.
 

ENCRE #26. 1997 © ÆRIK


Se lisent dans ces images, les influences de Michaux et Soulages qui ont longtemps accompagnés mes lectures et voyages du regard. S'y loge aussi toute la peinture moderne, en particulier celle d'après-guerre qui vit des Matthieu, Pollock investir le geste et le trait sur la toile sans soucis de sens ou de construction picturale et qui préfiguraient à leur manière l'art du graph et son invasion sur les murs délaissés des cités. 

Car in fine, c'est bien de graphisme qu'il s'agit avant tout dans ces images et non de peinture. C'est d'ailleurs vers ce métier que je me dirigerais quelques mois plus tard pour l'exercer en professionnel sur la place de Paris pendant plus de 20 ans, derrière un ordinateur pour réaliser toutes sortes d'animations et illustrations pour la télévision et les agences de communication de la Capitale.


ENCRE. 1997 © ÆRIK


A les revoir et me plonger dans leur noir et brou de noix, je distingue deux obsessions : la recherche d'infructuosités sous forme de carrés de lumières enserrés comme autant de fentes et fenêtres dans la masse, et à l'inverse la liberté d'un tracé qui tendrait à retrouver la force de l'idéogramme mais sans le sens littéral que le la lecture d'un mot procure. J'y lis aujourd'hui ce que je rechercherai et trouverai bien plus tard dans l'exercice de ma profession, la réalisation d'IMAGE-SIGNES, concept forgé pour accompagner la réalisation d'affiches.

Un idéogramme se lit d'un seul regard comme une seule et nue entité contrairement au mot à l'occidental qui demande au regard de suivre un parcours ligné, d'entreprendre un décryptage pour faire émerger le sens du mot de la phrase, introduisant par là un différé entre captation et compréhension. Un idéogramme est plus proche d'une image alors même qu'écrire c'est d'abord tracer une ligne, un dessin, imager la lettre, le mot.


ENCRE #74. 1997 © ÆRIK

Qu'en serait-il de notre pensée et de la perception du monde qui l'accompagne si notre écriture, et par voie de conséquence notre parler, se rapprochait de cette logique d'immédiateté entre perception et compréhension du signe tracé ? Quand le signe rejoint l'image, l'image fait signe et la pensée ne se déploie plus comme un fil que l'on tisse, mais comme une suite de jets lancés comme des pierres, ou des étincelles qui alimentent peu à peu un feu qui grandit sur le fond de la rétine.

C'est tout l'enjeu de ce travail que d'ouvrir à cette autre façon de lire et voir que j'aborderai plus amplement en développant le concept d'IMAGE-SIGNE que je reprends souvent dans mes lignes sur ce site.

Bon visionnage !

Pour plonger dans l'encre, c'est par ici


Eric Desneux

VOUS AVEZ DIT « ANARTISTE » ?


18 août 2025. Jour de mes 56 ans. Je choisis ma date anniversaire pour relancer l’écriture de mon BLOG interrompu pendant plus d’un an suite à des déboires personnels qui m’ont plongé dans le Noir, le temps de reprendre pied et refondre ma dynamique. J’ai depuis migré mon site sur cette plateforme BLOGGER de Google, dans l’idée de créer un SITE-MÉMOIRE, en reprenant l’intégralité des articles que j’ai publiés sur internet sous différents comptes et pseudos depuis 2006. Je poursuis aujourd’hui ce travail de RESTITUTION « on line » en publiant quand l'occasion se présente, bribes de pensée, images et poèmes puisés à 30 ans d’archives personnelles explorées pour nourrir en parallèle un labeur d’écriture au long cours, avec en ligne de mire la réflexion métaphysique et la création d’une imagerie spirituelle.

Pourquoi choisir Google, ogre avide de DATA personnelles et magnat incontesté des médias interconnectés pour me livrer, alors même que ma philosophie est de respect fondamental et promotion des liberté et individualité humaines ? Parce que cette plateforme, en plus d’être en lien direct avec le diffuseur Youtube qui accueille ma chaine ÆRIK TV, offre la particularité d’être gratuite et potentiellement pérenne pour l’autodidacte auto-produit et auto-édité que je suis. N’ayant eu ni les faveurs d’un galeriste pour mes œuvres, d’un éditeur pour mes écrits, ou celles d’un producteur pour mes films, où ailleurs qu’au cœur de la Matrice laisser trace de mon passage sur cette terre pour avoir une chance de trouver un jour, fût-il lointain, un public ? 

Mais revenons au titre de cet article qui reprend un des mots de la baseline de ce site pour décrire qui je suis, « Eric Desneux dit ÆRIK poète anartiste ». Poète « pouet-pouet » diront certains, mais « anartiste », bigre!, c’est quoi ce beans ? Un artiste anar, anar comme anarchiste ?  Un nanartiste !? Chantre de la liberté (notamment d’expression) et du partage, pourfendeur des dominateurs et des pouvoirs, défenseur du spolié contre le spoliateur à mes heures… A bien des égards ma philosophie personnelle comme mes vues sur la vie sociale et mon engagement dans la Cité pourraient me faire prendre pour une graine d’ananar et me ranger de ce coté-ci des idéologies politiques.  Mais idéologue je ne le suis pas. Bien au contraire. Bien que pêchant par trop souvent par idéalisme et prêchant un Idéal, je refuse catégoriquement d’être rattaché à quelque idéologie en « -isme » que ce soit, même « l’anarchisme », et être étiqueté de quelque -iste que ce fut, fut-il anarchiste. Car le fond, exclusivement politique, et les voies de réalisation de ces -isme (isthme?) et -iste peinent par trop à se départir d’une certaine violence qui ont finit par prévaloir dans l’Histoire jusqu’à faire du noir (et rouge) la couleur emblème de cet Espoir pour un monde sans chefs et sans pouvoirs arbitraires, pour que je m’y rattache. 

J’ai foi en l’homme et sa capacité de faire éclore et grandir en lui une autre Nature, spirituelle, qui se puise, certes à la liberté, mais absolue, et surtout à l’Amour Universel, ce par et pour quoi l’Univers et son Enfant, l’homme, fut créé. Mon idéal est de transfiguration de la vie personnelle et sociale, pour faire de l’homme un co-créateur de sa propre vie et de son âme et de  l’Humanité une co-créatrice de cet Univers, avec en vue les mondes sans heure qui tournent l’Eau (Le Signe VI/3) du Créateur. Foi créatrice et dépassement fondent mes vues et actions. Générosité et fidélité (à mes valeurs) sont mes maitres mots.  Le Don infini, mon horizon. Rien à voir avec une conception, toute intellectuelle aussi généreuse soit-elle, de la vie sociale qui prône telle ou telle forme d’organisation ou mécanismes de compensation pour réguler la vie sociale. Mon rejet des lois et des structures institutionnelles, ma préférence pour les souplesses et adaptabilité de l’âme face aux circonstances de la vie sans cesse changeantes, ne me range dans aucune des catégories dont la pensée politique moderne a accouché qui ne se borne qu’à une vision exclusivement matérialiste de l’homme et du monde, y compris la pensée anarchiste qui se range à gauche de la gauche  politique dans une logique de confrontation directe avec les pouvoirs et qui ignore ou feint d’ignorer tout des forces spirituelles qui gisent tapies dans le cœur des hommes pour qu’ils deviennent frères et (re)faire du monde un nuage d’or (Le Signe XIX/22).

Si l’on veut lire le mot anartiste en écho à anarchiste parce qu’il contient en entête le mot anar, il faudrait alors regarder plutôt du coté de l’Anarkia, mot repris et propagé sur son blog dans un article par Michel Potay, témoin et propagateur de La Révélation d’Arès, dit Le Signe, en écho aux versets de ce Livre phare qui évoquent l’idéal de vie humaine comme un monde sans pouvoirs arbitraires et sans chefs : « Tu ne seras le chef de personne » (16/1), « Tu ne commanderas à personne » (36/19), et qui préconise comme voies d’accès à cet idéal, les sentiers du Sermon sur la Montagne prêchés par Jésus (Evangile de Matthieu, 5 à 7) et le combat d’une pénitence créatrice au fond de soi pour s’engendre soi-même librement en une autre vie infinie, libre et souveraine, non les voies de la Révolution armée dont s’est entiché l’anarchisme politique et dont Albert Camus a bien démontré dans son dernier ouvrage L’homme révolté, qu’elles aboutissaient toujours in fine à plus de pouvoirs et plus d’État, quelque fut les intentions originelles mises par les insurgés dans leur combat.

Anarkia donc plutôt qu’anarchisme versant Idéal. Anarkia dont la construction linguistique éclaire aussi sur le sens que je donne à anartiste sur ce site. Anarkia renvoie directement au grec ancien ANARKHOS construit sur le préfixe privatif an- et le mot arkhos qui signifie « pouvoir », anarkhos signifiant littéralement « absence ou négation des pouvoirs » dans cet idiome antique. En écho à cette construction, j’ai imaginé le terme an-artiste, entendez par là négation ou absence d’artiste, pour décrire un « artiste » qui ne le serait pas en somme, ou plutôt un artiste qui rejetterait l’art et la vision de l’artiste tel qu’il est pensé et se vit aujourd’hui. Car si je dessine, je peins, j’écris et crée des films, je peine à me considérer comme un « artiste » en ce monde où l’artiste et l’art ne se départissent pas des pouvoirs qui le financent, qu’ils soient politique ou autres et qui font toujours peu ou prou la part belle à une Culture dominatrice qui ne dit pas son nom, qui est religion ! Religion d’État en France, qui a même un ministère et un fonctionnaire d’Etat à ce nom pour surveiller et contrôler la création.

Comme le soulignait naguère le promoteur de l’Art Brut, Jean Dubuffet dans son ouvrage Asphyxiante Culture, à qui l’on doit entre autre d’avoir découvert et promu des autodidactes en peinture, « l’art des fous » et autres zozos jugés irregardables voire infréquentables,  l’Histoire de l’Art n’est pas autre chose que l’histoire de l’art des Pouvoirs qui l’ont financé et fait prévaloir pour se faire une gloire aux yeux de l’Histoire et propager leur vision élitiste du monde. En matière d’art, c’est et cela a toujours été celui qui paye qui décide de ce qui se montre en gloire. Imagine t-on un pouvoir qui soutiendrait un art ou un artiste qui le mettrait au défi de disparaitre ou qui inciterait les hommes à se passer de lui et porter leur regard vers un tout autre horizon que celui conditionné par la Culture et les normes sociales qui maintiennent le monde et son Ordre en place ? Les artistes et réalisations affranchis des pouvoirs qui ont réussi à percer sans ces soutiens pour appeler ou inspirer les hommes à s’en libérer, ont gagné authentiquement la faveur d’un public populaire grâce à la force de leur expression dans des moments historiques de détente comme les années 70 en Occident, non sans rencontrer opposition voire tentative de les faire taire ou les récupérer, et non sans user de ruse pour survivre ou continuer d’œuvrer. Je pense notamment à Jim Morisson, à AC/DC, aux Pink Floyd ou aux Rolling Stones et autres rockers dans le domaine de la musique, à l’humoriste Coluche sur scène, à Charlie Chaplin ou Ridley Scott dans le cinéma de divertissement.

Mais combien d’œuvres qui auraient mérité un regard, combien d’artistes qui auraient mérité qu’on les soutienne de leur vivant ou qu’on leur donne une chance, sont restés inconnus ou remisés au placard, plombés par le manque de moyens ou l’invisibilité orchestrée par les pouvoirs ? Combien d’œuvres et d’artistes renommés à l’inverse, qui stupéfient par leur vide ou leur vice, ont bénéficié de la manne publique et de la spéculation sur la création dite "artistique", sont entrés dans les musées et collections portés aux nues à grands renforts de promotion, jusqu’à cette décadente cérémonie d’ouverture des JO 2024 à Paris qui célébrait dérives sexuelles et infanticide, ou cette banane industrielle scotchée au mur vendue une fortune ?

Anartiste donc comme pour dire « non-artiste », œuvrant affranchi en marge des pouvoirs, mais qui paradoxalement n’hésite pas à placer son œuvre au cœur de la matrice Google pour s’offrir la possibilité d’un voir à terme. Car œuvrer sans trouver son public, c’est comme danser dans le noir. Et si le noir est la couleur des anarchistes, en partie pour porter le deuil de tous ceux tombés au combat, s’il est aussi la couleur de ce chaos d’où surgit toute création, celle des ténèbres dans lesquelles éclate la lumière, il n’est jamais destiné qu’à rappeler que le noir n’est qu’un état de passage, de non-être, de non-advenu en attente d’un Jour pour faire Retour de ce qu’il porte en pleine Lumière.


Eric Desneux dit ÆRIK

Nota bene : en écho à cette chronique, je vous propose, outre un passage sur ma chaine Youtube ÆRIK TV, entièrement refondue à l’occasion de la création de ce SITE-MÉMOIRE sur laquelle je reprends la diffusion de mes créations vidéos et musicales, un détour par ma page FACEBOOK ÆRIK ART récemment créée pour offrir un regard à une série de tracés encrés qui n’est pas sans évoquer cette danse dans le noir dont il est question au dernier paragraphe. 

Post-scriptum : à l’attention de ceux que questionne l’usage de mes noms et pseudo dans un même intitulé, Eric Desneux dit ÆRIK, je précise pour que l’on m’épargne le qualificatif de schizophrène dont on affuble aisément tout être qui ne rentre pas dans la norme de nos jours, que si ÆRIK est le non d’artiste, d’anartiste devrais-je dire, que je me suis forgé pour signer mes œuvres, Eric Desneux est le nom d’état civil avec lequel je porte la production et l’édition de mes œuvres, en auteur-réalisateur de films auto-produits et d’ouvrages auto-édités que je suis. Je réunis ainsi dans un seul intitulé l’entité que je suis.