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06 janvier 2024

IDÉES-FORCE


Communisme, libéralisme, anarchisme, libertarisme… des jeux de notions qui mutent sans cesse.

Liberté égalité fraternité… des idées qui se meuvent dans un bain sans cesse renouvelé.

L’Histoire, terrain et champs d’expériences sur les rivages desquels s’élancent et viennent mourir nos idées-forces.

Vagues.

L'Histoire, une mer toujours recommencée. Jamais achevée. 

INTELLECT


Penser par cases est le piège de l’intellect.


L’intellect crée des catégories. Il creuse des vides dans le Plein. Il échafaude une grille de notions irréductibles, imperméables entre elles. C’est peu dire qu’il isole les êtres et les choses à sec. Il est analyse.
 
La Pensée, à l'inverse, est fluide dense étalée comme une mer; les idées la peuplent, s’y meuvent et se fécondent entre elles, engendrent mille vies nouvelles qui grandissent en force et interagissent. Elle est synthèse.

SPATIALITÉ

 


Spatialité est ventre-mère de la Liberté

Nappe sans existence Qui enveloppe tous les possibles dans l’attente d’un surgissement de l’improbable

 Tension
 Ouverture
 Courbure
 Espacement de la pensée

 Constellation(S)_s.

*

Pas de liberté sans espace pour se déployer
Pas d'espace sans liberté pour le créer

Liberté et Espace sont liés

*

Explosion
Espacement

Tout surgit d'un point, d'un rien.
Un rien contenant mille possibles pour engendrer un Tout unique

*

Notes pour un futur essai en gestation
Toute pensée nait d'une fulgurante intuition

Trace d'un surgissement foudroyant
qui se développera avec le temps

*

DU "ON DE" POUR 2024




Déclin de civilisatiON ?

À quoi bon pleurer des ruines

Fin d’un mONde ?
Le nouveau commence déjà

 » La terre n’est pas rONde, il faut la faire rONde »
écrivait Henri Michaux 

Je nous souhaite pour 2024 des mots en « ON de »
pour ONdoyer les airs et refaire tourner la Terre

DécisiON DE raison
ExhumatiON DE la vérité
CréatiON DE nouveauté
EvolutiON DE la Pensée
LibératiON DE forces
ExplosiON DE vie
RefondatiON DE la Terre
ElevatiON DE l’esprit
RévélatiON DE l’Amour

Vous dites « RévolutiON » ?
Je dis DécélératiON

« La vitesse appelle la surprise de l’accident » Paul Virilio

Quelle surprise nous réserve cette civilisation qui fonce plein pot vers son extinction ?
L’Histoire est faite de ruptures.

Retour à la lenteur. BRECHE dans le mur

Évasion

Retur à la marche. ASCENSION !


05 janvier 2024

L'INSTANT

 


|

ÊTRE..
 Dans l’inconnaissance
  De l’instant qui va naissant
.
 Naître
 Dans L’UN co-naissance
 De L’UN stance évanescente
.
 N’Être
 Dans l’instant
 Que Vague naissante

|

VINGT MOTS POUR UN DIRE

 


Vingt mots pour un dire

La vérité est mouvance
 Le vrai est vibrance
 Le Fond est Silence
 Les mots sont suffisance
 Le dire est évidence

 Vains mots pour rien dire

Le vide est latence
Le trait est grisance
La parole vole dans le vent
Les sons soufflent naissance
Les dents évident la danse

CROIRE OU S'INTERROGER



Le verbe “croire” prend racine en “credere”
Mot latin qui veut dire confiance donnée
De bonne foi sans preuve tangible
Ni vérifiable à l’objet de sa pensée


Si “croire” est donner foi indéfectible
Jusqu’à défier le sensible et le Voir
Quelle place donner alors dans la foi
Au doute et à l’interrogation motrice ?

Croire est en esprit une position de pensée
qui familièrement s’oppose à celle de douter
Doute qui est le moteur de toute réflexion
Et agent d’évaluation de toute action

Descartes père de la Méthode et du rationalisme
l’a brillamment démontré au point d’en faire un maxime
Que tous connaissent et adoubent sans battre d’un cil
« Je doute donc je pense, je pense donc je suis »

Alors que penser de croire quand il s’agit de réfléchir ?
Si croire à n’en pas douter est avoir les idées fixes
Ne serait-il pas antinomique à penser qui enfile 
doute et idées claires comme des perles pour évoluer ?

C’est que croire est dans l’esprit comme douter

Un jalon nécessaire pour établir
Il fait contrepoint nécessaire au doute embarqué
Il offre netteté du regard là ou le doute produit du flou
Il est assise du projeté là ou le doute le fait tanguer

Croire peut être moteur en cela qu’il porte en force la volonté
Même si cette volonté est circonscrite ou orientée

Croire est comme poser en pensée les fondations de developpements futurs
Dont je peux vérifier et mesurer le bien-fondé Par l’expérience vécue ou l’observation


Du précipité et du résultat de mes operations
Si tant est que j’aurais poursuivi ou déroulé mon action
Sans départir mes actes de ma pensée et de mes présupposés

Vous aurez reconnu là une forme d’empirisme
Empirisme qui selon moi est conforté et confirmé
Par ce que je lis du Créateur quand Il dit qu’Il “fait”
Et “voit” ensuite une fois créé le résultat donné
Comme le rapporte la Genèse de l’Univers
Jour après jour dans la Bible jusqu’au septième

Quand “Dieu fit…” la lumière, la terre et toute la Création (Genèse)
Il marqua chaque pas pour “voir que cela était bon” (Genèse 1/4, 1/10, 1/12,…)
Avant de porter plus haut et plus loin Son Action
Il s’y prit même à deux reprises pour l’animal divinisé
Qu’Il créa à Son Image “homme et femme” (Genèse 1/26-27) pour le parachever
Après avoir d’abord créé l’Humain (Rev. d’Arès vii/6) d’une seule entité

“Il n’est pas bon que la créature humaine soit seule (Genèse 2/18) dit-il car il vit
Une fois que le glébeux fut créé et se mit à vivre
Quoi ? Nous ne savons pas mais Dieu acta sa méprise
Le parachevé Homme et Femme pour l’aider à assumer (Genèse 2/22)
Son Destin de co-créateur à qui Il confia la Terre
avant de reprendre Sa Course dans L’Univers

Oui, vous m’avez bien lu, j’ai bien écrit “Il “confia”
La Terre à “Adam et Eve” comme pour rappeler la foi
Qu’Il mit en eux deux pour porter Son Projet
Ainsi remit-Il entre leurs mains Son Œuvre Créée
Pour relancer Sa Création à partir d’un nouveau palier
Au bord d’un abîme avec cette question : feront-ils Ma Volonté?
Dire qu’il douta n’est pas de mise ici
La question posée existe simplement
Comme éventualité parmi tous les possibles
Qui existent dans l’Omniscience

Croyance et doute forment ensemble une dialectique
Ils sont les maillons d’une même dynamique
Sans lesquels il ne saurait y avoir création de Pensée
De même que pensée et action tournent ensemble pour engendrer
la Création avec sa part de risque
Alors croire pour croire sans douter
N’a pas beaucoup de sens selon moi sauf si c’est pour préparer
Le terrain sur lequel je vais plus tard m’engager et œuvrer

De l'être à l'ÊTRE


De l’être à l’Être…

Revenu sur de hauts rivages
Pour sortir de l’ombre des âges
Je tombe sur une pleine page
“Être et Non-Être” en partage

Retournée l’entête pour faire voile
En vue de prendre le Large
Comment faire le passage
Questionne le sage ?

De mon expérience du vivant
Glanée et forgée au fil des ans 
J’ai saisi de mon mouvement
Que tout est retournement

“Dans la misère, retourne la pierre”
Adage zen transmis par mon père
Pour me dire en substance à l’oreille
Que le Tout jaillit d’un regard en éveil

Je pourrais aussi évoquer la figure de l’escargot
Qui forge lui-même la coquille portée sur son dos
comme une enveloppe jaillie du bout de ses tréfonds
Dans un retournement en dedans pour faire maison

Depuis je n’ai cessé de retourner tout ce que je vivais
Faisant de toute adversité et écueils mes maîtres
Qui m’éclairent sur mes manquements et faiblesses
M’invitant à chaque pas à retourner en moi et renaître 

Je ne vois pas autrement la Création et l’acte de créer 
Que comme un perpétuel retournement de mon être
Souvent je tourne court, je tourne en vrille ou finit lourd
Ça  dépend des jours, mais tous les jours j’y retourne


ÆRIK

NDLR 2025 : de même que pour l'article sur le leg de Socrate-Platon, cette prose versée, remaniée et augmentée pour la parution sur mon blog ericdesneux.fr, fut d'abord publiée en commentaire le 18 octobre 2021 sur le blog de Michel Potay en réponse à un article écrit et publié par lui sur le sujet (cf. 238c50). Ce post poursuivra la première tentative de reprise en main de mon site personnel au printemps 2024 après un crash total qui affecta ma personne et mes publications diverses (site, chaine youtube, comptes Instagram et tweeter) à l'automne 2023, comme décrit dans l'article REVENU en NDLR dans le but de signifier mon retour sur le terrain spirituel.


PÉRE-MÉRE

Père pare
Mère pâme
Père pose
Mère pore

Père poste
 Mère porte
 Père ploie
 Mère pleure

Père plie
 Mère plisse
 Père choit
 Mère choie

 Mère élève
 Père dresse
 Mère relève
 Père redresse

Enfant marche

LOVE IS ACTION


Un soir ou était-ce une nuit, lors d’une session musicale en volée, le vieux barde qui accompagne au chant et à l’harmonica ma guimbarde, fit soudainement retentir dans sa voix ces mots avec la force d’un marteau :

‘LOVE IS ACTION’ ‘LOVE IS ACTION’ ‘LOVE IS ACTION’

Revisitant en pensée le morceau joué en cette session matinale, mon esprit s’envole vers ce verbe déclencheur pour passer la Force dans nos mots.

Tout l’enjeu est là n’est-ce pas ? Déclencher !

Attablé à la même tâche dans mon domaine, je me pose la question de la traduction de cette scansion LOVE IS ACTION que je trouve particulièrement saillante en américain. Ce pourrait faire un beau refrain pour mes recherches et travaux en cours. Qu’en pensez-vous ? Comment traduire cela en français ?

L’Amour c’est de l’action ?

L’emploie du verbe est crucial en français pour rendre performatif le parler, déclencheur pour ainsi dire en l’homme de l’énoncé alors optons un temps pour :

“Aimer c’est agir”.

Rester qu’agir… Oui, mais dans quel sens ?
Et puis “agir” n’est pas un mot si couramment usité, légèrement teinté d’abstrait qu’il est.
Ne dit-on pas simplement FAIRE lorsque l’on évoque le quotidien et ses mille gestes importants comme anodins ?

Alors décidons nous pour “AIMER C’EST FAIRE”, mais là encore les mots restent en suspens. Faire ? Oui mais quoi ?

L’américain a la particularité d’être une langue pragmatique. Deleuze a par ailleurs souligné le caractère libérateur de cette langue forgée par les esclaves noirs, la distinguant ainsi de l’anglais, langue de maîtres pour ainsi dire.

Notons aussi au passage que LOVE signifie et AMOUR et AIMER, selon qu’il est employé comme sujet ou verbe. C’est une grande force de cette langue de pouvoir aisément faire d’un mot un verbe et de coupler ainsi nativement, dialectiquement, dans un même phonème, sujet et action.

Le français n’offre pas cette possibilité. Analytique et précis il n’enveloppe pas, il pointe. Je me dois pour être clair, de préciser. FAIRE quoi ? Le Bien, la paix, la charité,… Mais la charge moralisatrice et idéaliste de ces mots arrêtent net l’action dans son élan quand je les entends.

Si le BIEN renvoie à une valeur supérieure, idéelle pour ainsi dire, le “BON” renvoie quant à lui à notre monde et incorpore d’emblée une réalité plus concrète. Et qu’est ce que marque l’amour sinon un DON ? Alors dans mon envolée je me suis dit que puisque traduire c’est toujours peu ou prou trahir, trayons la treille jusqu’au bout et entonnons :

L’AMOUR EST ACTION

L’AMOUR EST BON DON
L’AMOUR EST BON DIRE
L’AMOUR EST BON FAIRE

AIMER C’EST FAIRE DON
AIMER C’EST BONDIR
AIMER C’EST BIEN FAIRE

AIMER C’EST AGIR
DANS LE BIEN
POUR DE BON

ÆRIK

ABANDON ET PROBABILISME


À un ami qui a pris pour modèle le jars d'Assise
et qui projetait l’édition d’un ouvrage collectif
D’un recueil de témoignages de foi public
Avec invite à formuler ma philosophie de vie
En rimes pour son livre, j’ai répondu ces lignes

« Probabilisme et abandon pour philosophie
Retour de l’enfant prodigue pour oraison
Défense de la libre d’expression pour action
et La Parole en canevas pour ficeler tout ça ! »

C’est dans ce cadre que je dois parler de ma foi ?

Les oiseaux sont des créatures amies
Alors oiselons car ils sont aussi
De ma maison et y vivent en jolis
Que dire de ma philosophie de vie
Sinon qu’elle n’est qu’en vue d’agir ?

Le probabilisme auquel je souscris
N’ignore ni ne nie les déterminismes
Qui pèsent sur nos existences fragiles
Il acte le fait que nous sommes libres
D’une liberté de tous les possibles

Le fait de croire en un Absolu divin
Ne fait pas de l’homme un pantin
Quand bien même il aurait un Destin
Mon probabilisme renvoie à ce que je lis
Dans la Parole de Dieu de Réalisme

Dieu l’omniscient voit tous les possibles
Mais parce qu’il a créé l’homme libre
Qui peut se défiler ou suivre les signes
Il ne peut que voir probabilistiquement
Quelle sente l’homme suivra dans le temps

Sa Parole aborde toujours un phénomène
En présentant des alternatives possibles
Tablant sur des hauts et bas plausibles
En prenant soin de donner Sa Ligne
et Ses Conseils pour tracer son fil

La Parole ne dit pas tout et contient
Bien des voies et même des silences
Sur tout ce que l’avenir brasse en son sein
De possibilités d’agir et objectifs à atteindre
Car l’homme demeure maître de son Destin

C’est toute la grandeur mais aussi le terrible
De cette liberté inscrite dans notre génétique
De nantir l’homme du pouvoir de s’anéantir
comme de se dépasser jusqu’au sublime
Et d’échapper à tout déterminisme

Le pouvoir s’entend ici comme possibilité de
Etant entendu que tout individu nait déterminé
Par sa propre condition et la vie en société
Et qu’échapper à ces déterminismes précités
Demande l’exercice d’une très grande volonté

Même maladies et mort peuvent être dépassées
S’il l’on en croit les témoignages du Ressuscité
C’est d’ailleurs le sujet de tous les livres sacrés
Que d’interpeller l’homme sur les possibilités
Et l’usage qu’il fait de sa propre Liberté

Seul Déterminisme divin qui pèse sur l’Humain
La Volonté du Créateur de voir rétablir le Bien
Une Intention qui oriente l’Univers entier
Les dés sont donc pipés mais c’est à chacun
De voir comment il s’inscrit sur ce chemin

Probabilisme donc OUI je souscris à plein
Abandon aussi, à la Vie quand cela revient
A accueillir avec équanimité ce qui vient
Surtout quand l’adversité bat son plein
Pour rester en toutes circonstances serein

Reste que la souffrance la colère l’injustice
Sont plus difficiles à vivre que la joie et le rire
Alors Abandon oui mais à la Présence Divine
Qui nous projette âme dans le hors temps
Car dans le Temps prévaut l’effort constant

L’Abandon acceptation muette de la Fatalité
Prônée par maintes religions et pensées
Qui ne vise qu’à obtenir docile servilité
De la part de ceux qui sont gouvernés
N’est qu’abandon de sa propre Liberté

ÆRIK

Note : * l’intitulé “La Parole” renvoie à la dite “Parole de Dieu” pour le croyant puisées aux “Ecritures” sont censées restituer. Cet échange eu lieu avec un chrétien qui a pris François d’Assise pour modèle.

LE LEG DE SOCRATE-PLATON


Taillis d’Epines tressées arrachées au sol
Tas de branches tassées hissées en friches
Feuillages séchés pendant aux branches
Haies de livres taillés vifs dans la tranche

De la sueur essuyée sur les sentes en lignes
laissés par d’antiques sages à traquer leur piste
J’ai gardé souvenance de quelques aphorismes
Et d’une Pensée qui ouvre à la métaphysique

Pétrissent au fond de mes fibres
Bribes de discours sur La Res Publique
Lumière en la Caverne comme loi optique
Parménide en père, mère en Héraclite

Les hommes antiques vivaient leurs dires
Et leurs manières d’être ont fait leurs livres
Recueils parsemés de bons sentiers à  suivre
Qui suinte l’expérience et la peine du vrai vivre

Les raisonneurs à leur suite qui ont pensé
La vie, ce monde et l’homme pour évoluer
Ont contribué à modeler la Pensée
Mais dans leurs citadelles se sont emmurés

Ils usent d’un langage qu’eux seuls
Peuvent comprendre et faire leur
Laissant ignorants les gens de peu
“Indignes” de fréquenter leurs cieux

Laquelle de ces grosses têtes
Vit selon ses concepts et préceptes ?
Lier le dire au faire, la parole au geste
Fait toute la force de Vie d’un texte

J’ai pour ma part puisé belle eau aux stoïciens
Quand l’adversité redoublée battait son plein
Et j’ai trouvé dans le tonneau de Diogène
De quoi raviver mes élans vitaux et ma verve

Les premiers enseignent que la force vient
À celui qui accepte son sort et se contient
Et que le vrai bonheur peut être atteint
Avec force de Raison par l’homme de Bien

Le second rappelle avec force aux siens
De se libérer de toute attache aux biens
Et qu’un philosophe peut se faire chien
Pour crier le vrai à des hommes éteints

Mais de tous les sages antiques
il en est un qui fait office d’unique
Car aux prises avec la polémique
il paya de sa vie sa parole publique

L’athénien Socrate vous aurez reconnu
Qui fut condamné dans la Cité à boire la Ciguë
Parce que l’on craignât qu’à son contact nue
Toute la jeunesse fût corrompue

Socrate qui se disait accoucheur d’âmes
N’a pas toujours été été homme d’Agora
Avant d’enseigner il fut brillant soldat
Pour Athènes il mania l’épée au combat

Ce n’est qu’après sa visite à l’Oracle de Delphes
Sur le frontispice duquel il lu “Connais-toi toi-même”
Qu’il revint parmi les siens à Athènes
Accomplir sa tache maïeuticienne

C’est un disciple qui le suivait à la trace
Platon jeune instruit d’origine aristocrate
Qui retranscrit ses dialogues et ses phrases
Avec des sophistes dans les rues sur les places

De leçons entendues à mains nues
De livres parcourus et effeuillés
Deux axiomes-clés pris à la dérobée
De tout Platon-Socrate j’ai retenu

Le ”Connais-toi toi-même”
Pioché à l’Oracle de Delphes
Et le ”Je sais que je ne sais rien”
Prêché par Socrate à Athènes

Citons aussi le mythe de la Caverne
Qui fait de nous des ombres en berne
Vivant dans l’illusion du monde réel
Projection pariétale d’un autre Univers

Ce monde des Idées au delà de la physis
Dans lequel on entre par la Négative
En langage car Il est aussi indicible qu’invisible
C’est le domaine de la Métaphysique

Platon comme un monde d’Idées pures en parle
Où Bien Beau et Vrai éternellement prévalent
Qui demeure pour l’homme inatteignable
Par la voie de ses sens plongés dans le Noir

Mais ce monde par la Raison est approchable
Et l’homme doué de langage en est capable
S’il tend ses phrasés comme un échafaudage
Car la Raison elle-même demeure inexprimable

D’où l’emploi de la Négative pour le décrire
Et la phrase-clé gravée sur le frontispice
De cette école de sages nommée Académie
“S’il N‘est géomètre, que Nul n’entre ici ” !

Car cet Espace que la métaphysique déplie
En pensée ignore les lois de notre physis
Sur lui temps et distance n’ont pas prise
Il brille éternellement de puissance sublime

Cet Idéal vers lequel tend l’Art Grec Antique
Des grands édifices aux statues allégoriques
Se laisse entrevoir dans la matière sensible
Par les rapports établis entre les signes visibles

Pour Platon comme pour l’ancien Parménide
Cet Idéal est dans la Permanence établi
Et s’oppose aux vues d’Héraclite pour qui
Tout est mouvement rien n’est immobile

Sans rien enlever au fond et à la qualité
De la philosophie qui nous a été transmise
Et nous a appris par nous-mêmes à penser
J’ose ici émettre une réserve avec respect

Je vois en Platon le porteur d’un binarisme
Qui oppose réalité perceptible et idéalisme
Localise le Divin hors de la matière sensible
Et fige le Sublime dans une assise statique

Or si je suis Celui Qui Est qui dit dans Le Livre
Je suis L’Eau (et) la mine (Rév. d’Arès xxxv/17)
Et Je cours en cœur et corps de toute vVie
De l’infiniment grand au rien le plus petit

Je lis une invite à aborder la Métaphysique
Comme un Univers-mère fluide en Ciel
Prompt à se répandre et irriguer la Terre
Apte à s’y mêler et épouser la Matière

Aussi je m’interroge sur la Nature intime
Les voies et les limites de leur métaphysique
Pour arpenter dans l’Esprit cette ”A-géométrie”
À laquelle Socrate-Platon nous invitent

À bientôt pour la suite en ligne
Nous évoquerons tout en rimes
Le jeu des forces actives et libres
Qui font l’homme et son devenir

>>> voir “Abandon et Probabilisme”

Eric Desneux

NDLR 2025 : cette prose versée, remaniée et augmentée pour la parution sur mon blog ericdesneux.fr, fut d'abord publiée en commentaire le 20 mai 2021 sur le blog de Michel Potay en réponse à un article écrit et publié par lui sur Platon et Socrate (cf. 230c39). Ce post ouvra le bal d'une première tentative de reprise en main de mon site personnel à l'hiver 2024 après un crash total qui affecta ma personne et mes publications diverses (site, chaine youtube, comptes Instagram et tweeter) à l'automne 2023, comme décrit dans l'article REVENU en NDLR.

Pour bien entamer l'année j'ai entrepris de publier d'affilée plusieurs articles relevant du domaine de la pensée, articles écrits en vers et que j'ai retrouvé dans mes carnets et rassemblés dans un seul jet. Ils témoignent à leur manière de mon vœux d'alors de prendre la parti de la hauteur et de la réflexion métaphysique pour reprendre le fil de mon site.

Anciens commentaires________________________________________________________



31 décembre 2023

SALUT À TOI

 


Salut,

Salut à toi, l’ami, l’oiseau ;
Salut à toi aussi, l’ennemi ;

Salut, toi qui court là bas,
salut ici ; Salut Là !

Salut petit, salut toi !
Salut l’idiot, salut le maître ;

Salut Enfants, marins, bûcherons, barbiers, voyeurs, putains, crétins, manchots, artistes et hommes d’art, gente d’antan.

Salut à vous marchands, maudits menteurs.

Salut à toi, pour le moment