Pages

Article épinglé

VOUS AVEZ DIT « ANARTISTE » ?

08 mars 2024

IN DATA WE TRUST, NOUVEAU PARADIGME


Dans Débuts du cinéma-spectacle, matrice des médias de masse, nous avons creusé la matière du film pour analyser son dire. Dicton à retenir en guise de conclusion de ce premier tir : « Dans la savane, si les lions sont rois, les zèbres font signe ».

Et la télévision dans tout ça ? Comme annoncé sur le fil nous creuserons ici son cadre pour explorer sa mire et mettre en lumière cette citation : «  faim de télévision, fin de civilisation.» avant de poursuivre notre enquête sur la fabrique de l’information pour toucher son fond. Nous insisterons surtout pour démontrer comment la télévision alliée aux nouvelles technologies de l’information, a transformé son public en plancton pour gros poissons.

Regard blanc projeté sur la matrice. Surface lisse. Une seule action pour faire couler le fluide. Du tube cathodique à l’écran plasma, la télé est semblable à un jet de lumières et de sons tout droit sortis d’un cadre vide et noir qui bave sans cesse son écume insipide, en grille. En lignes pour le cube, en pixels pour le screen. En programmes ciblés quelque soit l’émetteur qui crache sa mise pour un torpillage des mirettes et des esgourdes en escadrille.

A l’inverse du cinéma qui envoie un signal qui contient moitié de noir et rebondit sur toile avant d’être capté par le regard, face au cube cathodique ou à l’écran plat, la rétine et le tympan sont bombardés directement sans interruption par les points-lignes en plans et les ondes sonores qu’émet constamment le poste dans le champ. GANG BANG. La pornographie a tout à voir avec la télévision. Plein cadre sur l’action. Monstration. Enormité. Disproportion. Devant la télévision œil et oreille font récepteur sans discontinuité d’une monstruosité qui ne dit pas son nom.

Consternation. Le voyeur reçoit ET renvoie images et sons dans l’instant, traversé par un flux continu, ininterrompu. Le flux que je reçois sans sommation, je le renvoie instantanément pris par les émotions. Je réfléchis l’image sans réflexion. Captation des sens. Captivation de l’attention. Le dispositif télévision appelle une mise en captivité pour son émission-réception. « Mon métier c’est de vendre du temps de cerveau disponible » dixit Le Lay, en poste à TF1 face à des etudiants en Marketing-communication, entendez par là manipulation de l’opinion et des médias, venus en consultation.

Décapitation. La seule façon d’échapper au flot de l’écran télé et sa diction, c’est d’entrer en oubli ou en disjonction. Le zapping comme réponse pour garder la main sur la partition ? Ou la coupure du poste de télévision ?

Autre travers notoire du poste qui enchaîne le spectateur à la scène ? Le cinéma appelait un bain séance tenante pour faire fusion. Opéra en mode majeur en communion dans le noir de la salle. Le cinéma réunissait les foules. Il avait même son Paradis et ses enfants sans la salle, suffisamment perchés pour dominer le spectacle, ruer et huer, muter en Pégase et rejoindre les étoiles.

A l’inverse, retranché seul devant l’écran, le téléspectateur subit chaque soir le bombardement d’une boite noire dans sa cage à lumières et un reset de sa mémoire dans le murmure de sa vie emmurée entre quatre murs. Composition en mode mineur. En télévision, le bain est celui de solitudes traversées par les mille et mille rebonds que recrachent les émissions pour faire concurrence au soleil, de jour comme de nuit, dans des réduits emplis de misère. La télévision fabrique de l’isolement et du vide en boite, à répétition. La raison pour laquelle la jeunesse qui la fuit, recrée en base de liens, une structure sociale calquée sur le mode tribal ou communautaire ? Mutation des modes d’échange et de communion pour échapper aux filets tendus par les pros de la communication.


Rebonds de boucles en boucle. Bombardement de photons en plans sur planctons en plan. PAN PAN ! La redite fait la télévision. Jusqu’à épuisement des sens et du fond, pour rendre molle et malléable l’attention. “Le cinéma fabrique des souvenirs, la télévision de l’oubli”, disait Godard. « La vidéo c’est de l’eau », disait Bill viola. La télévision transformerait-elle ses affidés et aficionados en ectoplasmes pour mieux les manger sur place ? Pas étonnant qu’elle ait évolué du tube cathodique à l’écran plasma dans le salon. De bocal elle est passé à aquarium géant pour regarder passer des poissons. Le spectateur est devenu plancton. Absorption ou rejet total à prévoir en réaction ? Implosion ou explosion de la matrice en fonction ? Ecran Noir devant très sûrement. Comme au commencement.

Ce noir est déjà là au demeurant. Et il a engendré un nouveau BIG BANG. La multiplication des chaînes s’est répandue d’un coup après ouverture des ondes, éparpillant les émetteurs dans l’hyper-espace d’internet à coups de centaines de milliards d’investissement par les gros pontes des médias et de la communication. La télévision a été supplantée par les Nouvelles Technologies mais n’a pas coulé. Elle s’est fondue dans le moule avec le cinéma qu’elle avait prise dans ses filets, et irrigue les canaux désormais de sa coulée H24. Que voit-on resurgir au premier rang pour synthèse en ligne de ces mutations ? Des Netflix, des Amazones et autres géants de jungle armés, des opérateurs de téléphonie alliés avec des compagnies télés et autres créatures hybrides qui mettent le cinéma et les news les plus saillantes en avant, posés comme des petites galettes à ramasser. Hansel et Gretel toujours d’actualité. la télévision, une sacrée cuisine, ou règne en maitre le narratif ou story-telling. ! Tous les médias sans exception, y compris ce site, sont des scènes de théâtre. Nous aborderons plus amplement cette aspect dans la deuxième partie de cette démonstration à charge.

Changement de paradigme. Le cinéma projetait, la télévision bombardait, Internet tisse. Mais le vide créé subsiste. Fil à suivre avec l’araignée comme piste ? Spiderman, vous connaissez ? Un autre succès du box office ET de la télé. Un signe antique pour dire que ce curieux animal ne faisait qu’attendre, tapi dans le noir pour surgir et rafler la mise ? Gare au gorille ! Car cette créature fort instructrice a aussi sa face cachée annoncée au cinéma pour nous dire… Attention vous pouvez tout autant finir emmailloté et sucé de toute votre moelle, que étoilé(e). Le monde cybernétique prend aujourd’hui l’homme et sa la liberté dans ses fils et pointe son dard pour l’effrayer et l’assoupir. L’inconscience des captifs emmaillotés dans ses fils est sa tache son objectif, pour en aspirer la moelle et pantomimer les vies.

La manipulation, voir l’exemple décrit dans l’article qui complète celui ci, Manipulation Master, a connu bien des évolutions depuis jusqu’à passer au stade de l’auto-conditionnement et l’auto-suggestionnement des captés. Le numérique a démultiplié les possibilités de manipuler les hommes. On est passé de l’exploitation de l’homme par l’homme au conditionnement de l’homme par l’homme. L’évolution des savoirs et des technologies permet désormais de mettre en œuvre le “paradigme ultime” de la communication-marketing : le « ONE to ONE », la possibilité de créer une adresse individualisée à partir de toutes les informations collectées sur chaque un avec les appareils électroniques connectés. Jadis, il fallait 1000 tracts dans les boites aux lettres pour toucher un captif et faire une vente hasardeuse, et dépenser des millions d’euros en spot TV pour toucher des millions de spectateurs cloués devant le poste. Sans jamais identifier aucun d’entre eux. Aujourd’hui, l’internet et l’iA permettent de cibler individuellement chacun, au moment opportun de surcroît, jusque dans ses déplacements, au travail ou en loisirs, de jour et de nuit, au pays ou à l’étranger.

Tout fait trace et alimente la machine. IN DATA WE TRUST telle est leur insigne. Note pour saisir la portée de ce graph qui fait signe, IN GOD WE TRUST est la devise qui figure sur les billets de dollars américains. La Data est devenu le nouveau Dieu comme la première source du Capital mondialisé. Mais aussi la matrice à investir pour y poser ses vers en ligne. Mise en pratique de la théorie de la déconstruction de Derrida et son noyau central sur lesquels nous reviendrons pour retourner la situation. Tout système a une faille et incorpore en son sein dès sa conception et sa mise en place, le mécanisme qui le fera basculer quand il sera à son faîte. Roue de la Création. Loi du contraste qui structure l’univers. L’homme et ses réalisations n’échappent pas à la règle.

Jadis cloués sur place, plombés par des mires en barres, les télé-spectres-acteurs d’aujourd’hui embarquent leur poste pucé dans leur poche. Mouchardés, ils sont surveillés dans leurs moindres faits et gestes, pistés, traqués, les données sont enregistrées, stockées, étudiées, analysées, remâchées, recrachés. Qui n’a pas reçu de google le décompte de ses trajets  de l’année, du mois pour signifier que rien n’échappe à la Matrice ? Quelle chaîne ou site ne garde pas trace de tous nos zaps et toutes nos entrées et ne nous propose pas ses sujets personnalisés ? Pensées et mouvements. Idées et et actions. Manipulation à fond. La télévision de papa encageait. La télévision connectée, relayée et déployée sur la Toile, s’immisce dans l’intimité des vie pour capter attention et données, nous réduire à des noyaux larvaires à sucer. Pour nourrir qui, quoi ?

Qu’opposer au venin de ce dard mortel sinon des prises d’Ær ? Libre comme l’air, libre comme l’Art ? GO GO GO D’ART ! PASS FREE ART, ART PASS FREE. FREE ART PASS, Nous reparlerons de ces mots-ci en évoquant notamment GODARD et son Adieu au langage. Plus d’un changement de paradigme s’opèrent en ligne ON SCREEN. Le cinéma portait en lui tout cela. Ne fut-il pas Matrice sur écran dont nous sommes sortis ? Les écrans pansaient nos plaies, les screens les criblent, ramenant les images à des éclairs et les sons à des cris. Effilochage et éclatement de la pensée prise en otage. Noyautage et concaténation du Dire. Fin du langage discursif. Explosion de la mire et du langage pour finir. L’IA pour commencer quia pris son envol depuis quelques années et qui s’invite systématiquement désormais dans tous les services proposés, de l’écriture d’un mail aux services administratifs en société en passant par l’achat d’un bien ou la recherche d’un contenu sur le net. Bienvenue dans la Matrice !

La suite de cette réflexion se poursuivra en se plongeant dans la fabrique de l’information, pour mieux saisir cette faim de télévision qui nous entraine vers une fin de civilisation, et l’ouverture créée par toutes ces évolutions.


Eric Desneux

01 mars 2024

DES SENTES À LYRE


Ɩ
Poète
Penseur Parleur
Filmeur Dessinateur
Musicien à mes heures
Je filme la vie à bras-le-corps
J’arpente les mots à corps-et-cris
Je chasse les sens Je traque les sons
J’enjambe les digues J’embrasse les flots
Je file le flou Je fais flow-bonds
J’image des signes
Je ligne des chants
Je dessine ailées
Des sentes
à Lyre

Echo au précédent post qui présentait la première Des Sentes à Lyre, JE POSE ICI COMME UN JALON en ce premier jour de MARS, le corps de texte qui orne la page BIO de ce site qui se lit comme un poème et se regarde d'un coup d'œil comme un oiseau.

Cet Oiseau-Lyre tressé de cordes sensibles signait un salut en lignes taillées, sculptées à la hache pour ainsi dire, pour faire IMAGE-SIGNE, concept élaboré pour illustrer la Parole contenue dans Le Livre (ndlr : deuxième partie de La Révélation d'Arès dit Le Signe) dont il sera souvent question ici, avec un court texte pétri de MOTS-SONS, autre concept sur le sonore qui complète le précédent qui s’applique au visuel, pour donner à VOIR autant qu’à ENTENDRE, comme LIRE et COMPRENDRE une image textuée, tel un sigle unique composé de mots tressés de sons tissés en lignes, jonglant avec les sens portés par les signes.

Des sentes à Lyre, donc. Ce jet de mots regardés en BLOC, dessine les contours d’un oiseau en vol. A moins que cela ne soit celui d’une abeille ou d'une cloche ? Airs et miel fusent et fondent de pair EN MER, en ondes ondoyantes pour les uns, en coulées diaprées pour les autres. Ondoiement de sens miellés. Corps de sentes en coulée IMAGE le sens et fait tinter les lignes de sons liés ressentis au plus profond des fibres.

Passage du vide en plein. Tressage de signes entre les sentes. Tissage de sens entre les lignes. Filage de sens entre les signes. Ouverture des sens à la raison signifiante. Passage de sens porté par les sens. Boucle. Re-bonds. Redondance. Ronde de mots dansants. Flow de sons chantants.

Œil voit et entend avant de lire. Idéogramme attique. Sens se déploie d’une rive à l’autre. Mots s’étirent du visuel au ouïr. Sons portent les lignes. Idées sourdent. Signes voyagent dans la pensée en vol de formes pour faire SIGNE et SENS en même temps.

Force de l’idéogramme qui imprime la rétine de concert avec le cortex cérébral. Instantanéité de la frappe. Vibration du tympan à l’unisson du sens. IMAGE-SIGNE.

Eric Desneux


Anciens commentaires____________________________________________________



29 février 2024

DE LA GUÉRILLA AU GUÉRILLART



Quoi de mieux pour un 29 février (date rare dans le calendrier) pour faire un tour hors des sentiers battus de l'art et de l'histoire ?

L’art de la guérilla qui décida du sort de maints soulèvements, guerres et révolutions
 au cours du XXème siècle, de l’Espagne de 36 à Cuba en passant par toutes les luttes de résistance et de décolonisation, ne date pas d’hier. Il remonte à la plus haute antiquité, mais il fut historiquement initié en ce cycle de violence qui enfanta l’ère moderne, par la résistance opiniâtre des espagnols et portugais aux armées de Napoléon qui envahit leurs pays début XIXème, d’où le nom que cet art de la guerre porte de nos jours.

Guerilla signifie “petite guerre” en espagnol. II marque, dans son diminutif, la disproportion des forces en présence dans le combat, qui opposa à l’époque de petites unités mobiles natives en résistance contre une force impériale d’occupation intraitable. Typique des formes de guerre dissymétriques, cette tactique repose sur un harcèlement constant et efficace de troupes irrégulières sans ligne de front, en jouant des effets de surprise avec une forte capacité de concentration et de dispersion.

Témoignage d’un officier prussien au service de la France qui subit les sévices de ces séditieux insoumis : « lorsque nous arrivons, ils disparaissent ; lorsque nous partons, ils réapparaissent. Ils sont à la fois partout et nulle part ». La généralisation de cette tactique de lutte sur un large territoire, et l’efficacité redoutable obtenue par le général espagnol Juan Martin Diez dit “le têtu” qui mit les armées napoléoniennes en déroute en abandonnant systématiquement les batailles rangées au profit de tactiques d’attaque de son cru, la fit entrée dans l’histoire militaire. Très nette distinction avec le terrorisme, la guérilla ne s’attaque pas à des civils mais seulement à des troupes régulières.



Portrait de Juan Martin Diaz, “el Empecinado”
par Francisco de Goya

L’esprit de guérilla, qui se répandit partout aux XIXème et XXème siècles où la lutte opposait un faible en nombre pugnace à une forte puissance occupante régnant sans partage, déborda ensuite le monde des armes à feu pour fleurir dans le monde des arts tout court, dans la deuxième moitié du XXème siècle avec l’émergence sur les murs des villes, du Tag et du Graffiti. Ainsi naquit l’art guérilla ou “GUERRILLART”, véritable prise d’assaut en guerriero de l’espace public refusé aux invisibles, par une armée d’ombres surgissantes la nuit au cœur des villes.

Ce mouvement pris naissance dans les quartiers pauvres d’Angleterre, les premiers touchés par la crise industrielle qui frappa l’Occident dans les décennies qui suivirent la deuxième guerre mondiale, regardée ici comme le crépuscule de l’Occident. Il se développa en réaction à la mise à l’écart des ouvriers démobilisés et mis au rencard dans de sordides banlieues déshéritées. Il se propagea ensuite aux USA en accompagnement du RAP notamment, dans la zone de Détroit, frappée de plein fouet dans la foulée par la crise automobile aux USA, d’où il essaima sur la terre entière porté par les ondes et les airs.

Quelle ville aujourd’hui n’arbore pas ses sigles de résistance et de combat dans les Zones Z des habitats et au détours des rues ? A plus forte raison, les métropoles, symboles et lieux de concentration de tous les pouvoirs, encerclées de banlieues et bidonvilles dortoirs où s’entassent les déshérités de la terre.

On retrouve trace des formes et signes de la guérilla teinté de ce “noir pirate” aujourd’hui, sur le terrain social avec le mouvement des BLACK BLOC en rue, et les lanceurs d’alerte qui se font hackers sur l’internet, pour contrer les géants de la mondialisation qui promettent l’extinction de toutes les singularités pour nous faire tous entrer dans le moule du contrôle et de l’uniformité. Mutation des combats et des terrains de lutte qui témoigne de la persistance de cette idée et de ce mode de résistance depuis la nuit des temps.

Des raids de l’Odyssée dans l’antiquité, au razzia pour le Butin dans les déserts d’Arabie au VIIème siècle, en passant par l’épopée du roi David, les résistances armées à Rome aux frontières de son empire de la Judée à la Germanie, les excursions Viking et les hordes de barbares qui envahirent l’Europe à la suite, qu’elle fleurisse sous la plume de mythes et de récits ou qu’elle se notifie comme fait historique, la guérilla a toujours surgi comme mode de revendication ou de combat de petites armées déterminées contre une puissance fortement et fermement établie. C’est le mode de combat du faible en nombre et du condamné à la nuit, et le monde où se retrouvent pêlemêle aspirants à la liberté et parias en fuite.

A suivre de plus près son fil dans l’Histoire moderne, on pourra constater, que de la même manière que les idéaux libérateurs et libertaires issus du siècle des Lumières, qui ont enflammé les révolutions et mouvements sociaux fin XVIIIème et XIXème siècle dans les villes et porté la philosophie anarchiste et l’idéal d’une république égalitaire, ont d’abord été recherchés et expérimentés en mer, tout au long des XVIIème et XVIIIème siècles par les équipages et colonies flibustières et les vaisseaux et havres de pirates, qui ont fleuri un temps, sur les eaux des côtes des Antilles aux côtes de Madagascar (Libertalia, l’ile de la Tortue, etc.), l’art de la guérilla qui s’est inscrit “historiquement” dans les mémoires, en notre ère moderne par les espagnols face à Napoléon qui envahit leurs terres début 19ème comme rappelé en exergue de cet article, fut en réalité généralisée AVANT non sans efficacité, par ces pirates et flibustiers qui se mirent écumer les mers et fonder des ilots de libres et d’égaux, à partir du17ème en ces siècles de pillages et de conquêtes guerrières.

Un jalon présenté comme historique conforté par des sources que certains qualifieraient de fantaisistes, complotistes ou de “terrorisme de la pensée” selon, qui entend émettre et défendre l’hypothèse que la Liberté s’est d’abord enfantée et éprouvée au Large de terres lointaines, avant de s’implanter en Europe terrienne pour révolutionner les sociétés.

L’art de surgir de nulle part et de s’attaquer avec de petites embarcations à des mastodontes des mers avant de s’évanouir dans la brume, en jouant des effets de surprise et de mise en scène, de brandir le noir et le crane pour dire “la liberté ou la mort” et d’attribuer à chacun part égale du butin, résonnent en effet très familièrement avec l’art de la guérilla et les aspirations libertaires et anarchistes qui se développeront un siècle plus tard dans les campagnes et villes européennes.

Les attaques en mode razzia contre les vaisseaux des grandes puissances maitresses des mers, qui prenaient possession, en ce temps de genèse de la mondialisation actuelle, de tous les pays de la Terre, pour asservir les peuples et exploiter leurs richesses premières, étaient pour certains équipages, le seul et unique moyen de subsister et de faire vivre leur économies locales et isolées sur le mode d’une fraternité égalitaire qui ignoraient les races et les degrés, en des temps où les monarchies absolue et suprémaciste faisaient prévaloir une très forte hiérarchie sociale et une exploitation de la base.

En ces temps où l’esclavage et le servage était de mise, il est intéressant de noter que ces ilots de fraternité égalitaires et ces équipages étaient pour une grande part peuplés de marins de métier démobilisés, de nobles désargentés, d’aventuriers et de repris de justice en fuite et pour près de la moitié, d’anciens esclaves noirs affranchis ou révoltés.

Le Noir brandi par pirates et flibustiers, un geste de non-couleur comme un poing levé face à la supériorité de la blancheur revendiquée par les peuples européens soumis à la royauté ? Le drapeau noir, autant un acte politique qu’un geste artistique ! La mise en scène jusqu’à celle de la Terreur dans les attaques était monnaie courante chez ces flambeurs flamboyants. Ou quand l’art de la guérilla avant l’heure se faisait art tout court et BUZZ.

Barbe-Noire, l’un des fameux pirates entrés dans la légende des mers, en premier chef avait coutume de soigner ses apparitions et la communication autours de ses faits d’armes, pour semer la panique dans les rangs de ses ennemis et alimenter sa réputation. Il arborait furieusement dans les prises d’assaut, costumes extravagants, lames en tous sens, mèches enflammées dans sa barbe et lots de cranes pendant à sa ceinture qui lui donnait des airs de diable. Il profita d’un premier carnage non-maitrisé de son équipage dont il exagéra sciemment l’horreur dans la communication des faits, ne laissant aucun autre survivant que terrorisé pour en témoigner jusqu’à laisser courir le bruit qu’il était cannibale et que son équipage “de sauvages” mangeaient la chair de leur prises, pour se faire une réputation de terreur innommable dans les ports et sur les mers. A la suite de ce premier jet de flammes infernales, sa seule réputation faisait trembler les équipages de toutes les mers, et sa vie durant, il n’eut à livrer que très peu d’attaques résolument meurtrières. La plupart des vaisseaux attaqués baissaient les armes avant l’abordage à la seule vue de son enseigne rouge sang (code couleur pour signifier qu’aucune vie ne sera épargnée) surgissant à l’horizon, par crainte d’être mis en bouillie par une bande de rastaquouères en furie. Note sur la couleur des drapeaux pirates : le noir signifiait mise à sac, le rouge signifiait mise à sang. Pirates flibustiers et corsaires furent précurseurs en bien des domaines.


C’est en hommage au trésor dimagine-actionsque ces hommes qui arboraient le Noir pour couleur lors de leur montée au front nous ont légué, que nous vous proposons cette série photo de cranes rigolards et criards péchés ici et là dans des criques et des anses de la Cité corsaire, en ses parages et son Univers, à l’occasion d’un séjour pour assister au départ de voiliers vers ces rivages qui ont abrité ces pionniers de la liberté sur les mers.

Santé ! L’Univers est le nom du plus vieux café de la Cité susnommée. Il accueille sur ses murs et étagères traces de ce passé flibustier et corsaire dont quelques uns sont visibles en ces clichés. Visez et trinquez avec la Dame d’ébène à gauche comptoir si vous y mettez les pieds pour prendre un verre. Elle a traversée les mers et son regard pointe vers une toile où dansent plumes et flammèches en fête. Voyage, voyage… au delà des mers.

Des “pirates” nous ne retenons pas ici la violence meurtrière, mais l’esprit de liberté et d’insurgeance, manifesté avec joie et insolence quand il le faut, face à un monde mortifère. Et la nécessité pour tous les résistants, armée de l’ombre s’il en est, de savoir traverser le temps vêtu de noir pendant les heures sombres, où il n’est d’avenir en rose que des espoirs. Comme de surgir toujours là, où et quand l’on ne nous attend pas, pour faire retentir ses feux et faire briller ses lames de cet éclat qui ne s’oublie pas.

PIRATE de l’Art.

Vous avez dit GUERILL’ART ?
Je dis GUERRILL’ARTIST
pour faire la Nique
aux GALERY ARTISTS 

MAKE ART NOT WAR !


Eric Desneux

NB : paré pour une virée dans les marges de la Capitale pour zieuter en loucedé la GUERILLART des zartistis d'aujourd'hui ? Faites un détour par ma page FACEBOOK ÆRIK ART et matez les séries consacrées au STREET TAGS, STREET WALLS et WALL FACES.

Anciens commentaires____________________________________________________



27 février 2024

ISOLEMENT ET EFFACEMENT


Passage au Tabac-presse. Le magazine UN me claque dans l’œil. “ISOLEMENT” EN UNE. Un mot que je reprends régulièrement en commentaires publics et sur ce site pour évoquer cette “fabrique de l’isolement” produite par les médias conjointement à la fabrique du consentement décrite et dénoncée par Noam Chomsky dans ses écrits sur la fabrique de l’Opinion et sa manipulation.


Plongé dans mes archives pour l’écriture d’un article sur la télévision et son évolution, je tombe sur ces notes prises en 2009, écrites en pleine expérience de réalisation documentaire. Ci-après leur contenu enrichi où il est question d’isolement produit par la société, et le rebond de ma pensée actuelle retrouvé dans un récent carnet. Copié-collé de propos. Jonction. Ecran-isolement, un lien évident.

J
eudi 26 novembre 2009 (carnet de bord)

Ce monde crée de l’isolement (carcéral ?) – la solitude qui s’ensuit (ressentie par un grand nombre d’individus) n’est qu’une conséquence de cette situation. Or l’homme est un être profondément relationnel. Un être doué de parole qui se crée en forgeant des liens, qui ne vit que dans la relation qu’il établit avec les autres et accessoirement le Tout-Autre – « le vrai Moi est du dehors » -.

Je dis : ce monde crée de l’isolement. Il crée les conditions d’un éloignement, d’une distanciation, d’un enfermement. Privatisation des vies, privation de l’autre. Ce monde isole les individus mentalement ET physiquement. Isolement. Isoloirs. Couloirs. Labyrinthe. Impasses, mitards. Invisibilité, mutisme.

Paradoxe : c’est aussi un monde où les hommes n’ont jamais été aussi « proches » physiquement, agglomérés dans des villes géantes dans des conditions qui frisent l’absurde. Des barres de HLM aux métros bondés, nous avons engendré un monde de plusieurs milliards individus entassés les uns sur les autres, qui vivent coupés-collés les uns contre les autres. Monde d’hommes emmurés en soi entre ses propres murs. Murs, murs. Murmures.

Des êtres-citadelles, emmurmurés en nous-mêmes,
voilà ce que nous sommes devenus.
Des murmures en citadelle

Citadelles si ternes
Cathédrale citerne

VITRE – EAU
VITRE – EUX

L’homme n’a plus que l’écran de nuit pour sortir de sa cage mentale et fuir son dortoir.
Monde éteint façonné par le technologique où tout fait écran. Tout fait « VITRE ».
Un monde de mille milliards de fenêtres aux verres teintés, opaques.
Monde de vitres-écrans qui font CACHES.

« OUVREZ ! OUVREZ VITE ! »

Quand ce n’est pas le marchand qui vend sa camelote, c’est la police qui parle comme ça quand elle débarque chez vous à l’improviste pour dévaster votre appartement et réquisitionner votre temps. Elle entend vous faire vivre dans la hantise d’être réveillé un matin, tiré de votre lit douillet et emmené menotté au poste pour un interrogatoire musclé. Où étiez vous avant-hier ? Qu’avez-vous fait de vos papiers ? Que signifie cette inscription sur votre nez ?

« Ouvrez-vite, je vous en supplie ! » Ouvrez… Quand ce n’est pas la police, c’est le désespéré poursuivi par le mal qui vient frapper à votre porte. Mais lui ne s’impose pas. Il implore. Dans les deux, OUVREZ s’adresse à une porte fermée qui protège un enclos emmuré. OUVREZ entend percer par le son de la voix derrière les murs, ce qui fait obstacle au toucher et au regard. Repli dans l’acousmatique du contact avec le dehors. Repli dans l’autisme pour échapper aux filets.

L’homme est devenu méfiant, parce que trop abusé.

Parmi les raisons de son isolement : la perte de confiance dans l’autre et ses dérivés, la défiance, la méfiance. Crainte de voir l’autre envahir sa propre vie. L’hyper proximité physique engendre par contraste, le besoin d’isolement, qui se traduit par l’aménagement d’un espace à soi, espace « vital » pour se retrouver et le ménagement de ses relations pour se retourner. Répété, quotidiennement, ce geste engendre une muraille derrière laquelle l’idiosyncrasie individuelle se réfugie emmaillotée pour vivre.

Dans une société où l’on croise mille personnes dans la journée, mille personnes que l’on ne connaît pas -une situation qui engendre (le sentiment) d’une surveillance tout les instants- le besoin d’exister pour soi, librement à l’abri des regards, devient vital. Recroquevillé, l’homme s’entortille.

Paradoxe de cette « existence sous surveillance » en permanence, l’envahissement conjoint des signes de reconnaissance et la dictature de l’apparence imposée pour prendre sa place dans le trafic de la cité. Empire des signes, emprise des publicistes. Fashion victimes.

On façonne sa vie dans l’espace public pour être remarqué comme assimilé (narcissisme et besoin de se sentir relié), mais ne surtout pas être vu tel que on est en dedans de soi.

Etre remarqué // re-marqué. MARQUé. Marqueur. Marque. Maqué.

//

On s’auto-taggue avec des marques pour exister dans le regard des autres. On se fabrique une image extérieur à soi qui n’est pas soi mais à laquelle on finit quand même par s’identifier. Et on souffre au final de cette superficialité. On, ou le règne de l’indifférencié multiplié à l’infini.

Monde schizophrène et contradictoire. Qui fait tout pour se cacher et être repéré. Nos vies ressemblent à des lambeaux de tissus fluorescents agités dans le vent que l’on voudrait faire prendre pour la réalité de nos existences. Mais à force de se confondre avec ce que on donne à voir, on se fond dans ce que la culture ambiante impose comme modes et signes de reconnaissance. On finit façonné par cette culture ambiante. On se réduit à une enveloppe vide qui ne diffuse que l’air du temps.

Le désir d’être remarqué engendre uniformité, la fusion dans le flux ambiant produit de l’effacement, comme le besoin de se retrouver crée de l’enfermement.

Uniformité, effacement, enfermement. Aspiration dans le vide ou Expiration dans le Vent ? Implosion ou explosion en vue devant ?

.

Novembre 2023. Correspondance

Isolement. Le monde cybernétique repose sur la technologie et ses possibilités sans cesse décuplées pour fabriquer cet “isolement”. S’il isole chacun devant son écran dans le but de « diviser pour mieux régner » (vieil d’adage toujours d’actualité), il se fonde aussi sur le paradigme ultime du « marketing » (science du contrôle de la consommation) enseigné dans les grandes écoles de commerce, qui est le « ONE TO ONE », la possibilité d’adresser à l’individu nommément identifié, la publicité personnelle adaptée au besoin ou désir suscité par le marché, au moment où il surgit chez l’individu concerné.

Le but poursuivi n’est pas seulement à nous isoler chacun derrière nos écrans, il est de nous tenir en laisse en contrôlant à notre insu désirs et besoins suscités et de se substituer à toute autre relation que nous pourrions avoir ou besoin d’avoir. Cookies, traces internet diverses, pubs personnalisées qui surgissent sur vos écrans attestent déjà de cette percée dans l’intimité. Jusqu’où cela peut-il aller ?

Quelle contre-offensive mener pour échapper à cet esclavage généralisé qui vise à nous décharner et aspirer jusqu’à nous faire abandonner le langage, outil de pensée qui fait de nous des êtres de réflexion, d’imagination et de création, et donc de liberté, pour nous enfermer dans des relations virtuelles.

Le poétique comme recours sur le terrain de l’expression pour faire vivre en l’homme ce qu’il lui reste de forces d’expression enlevées. Le recours au poétique comme acte de résistance face au tout technologique matérialiste, fonctionnaliste et utilitariste dans lequel nous entraine à vitesse grand V la généralisation de l’AI dans tous les domaines cognitifs, à commencer par les services.

Les robots et les ordis ne sont que des outils. Ils dépasser l’homme en rapidité. Jamais ils ne pourront le rejoindre dans sa faculté de sentir et de s’ouvrir à un indicible et un invisible où se joue sa part d’humanité, Humanité où s’entend par consonance les mots humus et humer.

Eric Desneux

26 février 2024

CITÉ CORSAIRE

 


Clin d’œil et hommage à une ancienne connaissance de lycée croisée en eaux internationales, parti prématurément pour le Grand Voyage, Mattéo, salué par ses camarades de classe en “pirate de la promo” après avoir navigué sur bien des eaux, et écho à l’article publié sur la Guérilla et le GUERILLART en contrepoint de cette page,

Ci-après une sélection de clichés cueillis dans la Cité corsaire à l’occasion du départ de la Route du Rhum de 2022, consultable en ALBUM sur ma page FACEBOOK ÆRIK ART enrichi d'autres photos.


Anciens commentaires____________________________________________________

21 février 2024

JUST A MINUTE - CARRÉ NOIR

 


Inauguration du fil TV avec un nouveau concept d’émission : JUST A MINUTE (Juste une minute).

Juste UNE minute comme le nom l’indique, pour découvrir une œuvre, un lieu, un évènement, une rencontre… Que sais-je encore ? Tout ce qui s’offre à mon regard et percute ma rétine.

Excavation de rushes tournés lors de l’exposition sur les sources de l’art moderne qui s’est tenue à Beaubourg en mars 2004, montage cut, habillage graphique et mix sonore pour enrober les images.

ENJOY !




Anciens commentaires______________________________________________________


19 février 2024

MURS PAS SAGES


Passage au noir

passage des murs,
même courbure
.

Au ras des mots
Le Fond refait surface
Et clashe.

Les murs ça sert à quoi ?
A être escaladés
ou à être taggués ?


Et DIEU dans tout ça ?
C’est pour les purs
ou pour les cons ?

ATTENTION “ZONE ‘ ART” !
Ou serait-ce ZONE HARD
Pour les ZONARDS ?

ROULEZ AU PAS SAGE

AU ZIEUTAGE DES SIGNES
DE PASSAGE SUR PALISSADES

CERTAINS FONT OUTRAGE
D’AUTRES FONT OMBRAGE
TOUS SONT PASSES D’ARMES

“Sur les murs des villes poussent mille et uns cris.
Combien les entendent, combien les comprennent ?
Combien se meurtrissent ?

**

Ci-après une sélection de clichés captés sur le vif sur les murs de Paris, extrait de l'ALBUM STREET WALLS publié sur ma page FACEBOOK ÆRIK ART dédiée à mes créations picturales et photographiques.



18 février 2024

L'ÉTERNITÉ


Pouvons nous seulement concevoir ce que pourrait être l’Eternité, en l’absence d’expérience de sa Nature propre, eu égard les réelles possibilités qui sont les nôtres pour l’approcher, à savoir le langage et la pensée, eux-mêmes issues de notre finitude mortelle ?

L’Éternité.

Une somme des moments de très haute intensité vécues dans l’Existence, instants brefs mais étalés, car forts d’une Présence qui les emporte hors du temps et les fait voyager, dans nos mémoires pour commencer. Mémoire, mémoire…

Certains poètes parviennent à élever leurs chants pour garder mémoire de hauts faits ou de hautes pensées, et alliant leur art à la vie de ces choses, forgent une parole ou forment un écrit qui traversent les âges, comme ceux d’Homère ou Virgile. Le propre des poètes n’est-il pas de dépasser les limites du langage par les voies du langage lui-même, pour exprimer l’inexprimable et rejoindre l’universel, l’immémoriel ? Faire passer le hors-langage pour ainsi dire ?

Se faire une âme (Rev. d’Arès 4/6) ou se faire âme, ne serait-ce pas, dans un processus similaire, chercher à se faire un hors-corps incorporel qui dépasse le corporel lui-même pour exprimer la Vie atemporelle qu’il contient potentiellement en lui, en empruntant les voies du corporel, mais dans le Temps pour finir ? Dire en conséquence que le corporel incorpore la possibilité de l’incorporel et peut même produire de l’incorporel, nous amène à considérer le Temps comme pouvant incorporer du Hors-temps et pouvant le faire sortir de lui-même.

Le faire sortir ou le rejoindre ? Ou bien encore, sortir pour le rejoindre ? Si Temps et Hors-temps sont deux mondes distincts, alors nous pouvons les concevoir l’un et l’autre comme vivant ensemble dans la dynamique précitée dans un Tout, lui-même à considérer au delà du Temps et du Hors-Temps, mu par cette circulation qui les comprend tous deux en son sein, sein, soit dit en passant, dont on ne sait quelle forme il ni à quel Corps plus vaste il appartient. Pouvoir tendre hypothétiquement l’horizon de sa possibilité est notre seul soutien.

Qu’est ce qui nous est vraiment extérieur et hors de nous même, et comment l’envisager en pensée, dès lors que notre pensée est produite par et pour notre propre finitude ? Notre Pensée, outil pour se dégager, structurée par le langage, incorporerait-elle en elle même, le non-pensable ou sa possibilité ? Il nous faut l’envisager. Que serait le non-pensable alors ? A moins de sortir du langage et de la Pensée elle-même. Pour entrer dans quoi pour solutionner le problème ? Vaste question qui tend l’arc de notre perception, que nous reprendrons en article de fond.


En attendant, ce poème d’Arthur pour voyager haut et méditer la question.

“Elle est retrouvée.
Quoi ? – L’Eternité.
C’est la mer allée
Avec le soleil.

Ame sentinelle,
Murmurons l’aveu
De la nuit si nulle
Et du jour en feu.

Des humains suffrages,
Des communs élans
Là tu te dégages
Et voles selon.

Puisque de vous seules,
Braises de satin,
Le Devoir s’exhale
Sans qu’on dise : enfin.

Là pas d’espérance,
Nul orietur.
Science avec patience,
Le supplice est sûr.

Elle est retrouvée.
Quoi ? – L’Eternité.
C’est la mer allée
Avec le soleil.”

L’Eternité
Arthur Rimbaud

16 février 2024

FACES


Plongée en ART pour cette fin de semaine

Déliés dorés dialoguent avec MASSES bleutées

Reprise des visages de TRAITS LIBRE
Croqués au cours d’un voyage en métro
Avec dessins au lasso pour faire FACES

Tremblement de la ligne pour dire l’ineffable
Jeu de pleins et vides pour cerner l’invisible

Passage(s) dans l’image.

Visages parlent. Regards pensent. Fées voyagent
Evocation la Psyché et ses fantasmes

Carnet de dessins de mars 2010 numérisés et colorisés en février 2024 en mode capture d'écran sur ce site, consultables image par image en pleine résolution dans l'ALBUM FACES publié sur ma PAGE FACEBOOK ÆRIK ART dédié à mes créations picturales et photographiques.

2010-2024 ©  Eric Desneux / ÆRIK . Tous droits réservés

Anciens commentaires______________________________________________________