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05 septembre 2020

REVENU




Parti. Revenu

4 années d'une aventure
entre presqu'ile du Médoc
Studios TéVé de la Capitale
et cave parisienne à deux pas
Du Père Lachaise à 100 pieds
sous terre à côtoyer les Ciels

Virée rocambolesque
dans les marges
Tentative de faire naitre
entre ville et campagne
Un tandem rock'n'roll
avec la Parole en fête

Film poème Madal
3 épisodes animés
d'une série avortée
Madal & Keudal (M&K)
Duo déjanté et enjoué
on the road bille en tête

Plongée dans Ailleurs
pour célébrer en fête
Les 90 ans du prophète Mikal

dans la foulée

D'une virée dans les GJ
D'un voyage en Grèce
Au cœur d'Exarkhia
Noyau anarcho-communiste
Bastion de la lutte anticapitaliste
Pour en ressortir avec ces lignes 
EN Finale de film excommunicatoire
de l'assemblée des Pèlerins d'Arès
 « Law kills our youth
  Love Heals our wounds »


guéri par un
NOëL sous les étoiles en pleine rase campagne
avec Brassades de rires en pagaille
pour tisser un FIL de trouvailles enfilées en films vachards

Le temps d'Un confinement à  l'Air libre
en leine période COVID nourrie de
Barboc et réalisations à charge
Contre 'le' prophète et ses ouailles

'

Retour en Cap' après 3 mois

Fin de traversée des réseaux familiers

Ruptures de tous les contrats de travail

Un Divorce âprement prononcé

après 30 ans de compagnonnage
Dont 20 de mariage


La perte d'une femme aimée
Abandon du foyer familial
Un changement de région
Une nouvelle maison

  ''

Retrouvailles avec la dépression
Un chat pour animer la maison


Des heures entières plombées
Avachi sur le canapé
à boire et  fumailler
Pour oublier les ombres
panser les plaies
Des mois à crevasser
sans pouvoir bouger
Même faire un pas était
lourd et compliqué

Nuits cauchemardesques
et journées plombées
par 30 ans d'une vie
d'isolé à contre-courant

Final rauque de la part du fauve
Remontée parti en guerre
pour me nuire et me désosser
De mes billes et de mon Air


« N'as tu pas vécu ? »
Ai-je entendu 
Oui mais j'en suis resorti

 essoré
Miné, plombé, écrasé


AVEC. Le souv'near de

4 ans d'une virée
Pour tenter l'impossible
avec la Parole en fête
Qui s'est révélé échec
de 30 ans de mission
Et de 4 ans d'un tandem
de fusion en création

Abandon de la vidéo
Retour au pinceau stylo


Relance de l'écriture
pour tendre la pensée
Entre 4 murs isolés

Amorce d'un fil sur site
Pour reprendre pied
Et éclats de voix en filet
Pour renouer avec La Teste

Suivi d'une

Brutale entrée en ligne martelé 

dans un Quartier G

marquée d'un
  Avé Cesarine

<< Ceux qui vont .... te salue....>>

... la suite en ligne ....


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NDLR 2025 :  3 années se sont écoulées entre le post "PARTI", publié à l'été 2017 au moment de mon envolée avec Madal pour une virée rocambolesque dans les marges pour réaliser ensemble une quarantaine de films publiés sur Youtube (voir rubrique LIENS), et ce post-ci que j'ai naturellement intitulé REVENU (comme revenu de loin), lors de la reprise de mon site à la rentrée 2020. Un changement qui ne marqua pas seulement un nouveau départ en écriture mais un tout nouveau départ dans la vie après un divorce, la perte du travail et l'abandon d'une vie de 30 ans dans la Capitale suite à l'épisode COVID, pour m'installer dans un coin perdu au fin fond d'une contrée dans ce qu'il est convenu aujourd'hui d'appeler, "Les Territoires".

La laconicité de mon verbe d'alors déployé dans cette longue teste, dit assez les épreuves traversées et si, une fois n'est pas coutume, j'ai accepté de montrer mon visage à l'image, c'est pour signifier la force des coups reçus au cours de cette virée et les leçons de vie engrangées. Je ne serai pas au bout de mes peines, l'installation en ruralité profonde me réservant d'autres misères mais aussi d'autres merveilles. Ainsi va la Vie qui sans cesse se renouvelle de crêtes en creux pour nous mouler à Elle.

Reste que ce retour en ligne sur mes pages sera de courte durée. À l'épisode COVID succèdera l'épisode ANTIVAX et l'accroissement des pressions gouvernementales sur la population. Mû par un profond besoin de lutter contre le spectre totalitaire en France, pays où je réside et où Dieu s'est manifesté pour appeler l'homme à changer, j'ai décidé de m'engager sur le terrain de la liberté d'expression en rejoignant un média dit "libre",  le site QG pour Quartier Générallancé un 18 juin 2019 dans la foulée des GJ par Aude Lancelin, une journaliste connue pour ses positions politiques ancrées dans la gauche radicale et sa lutte contre les médias mainstream.

Pendant deux ans, de septembre 2021 à août 2023, j'ai intensément participé à ce média en intervenant très régulièrement en commentaires, jouant de ma prose enflammée livrée en vers pour amener les lecteurs à réfléchir à la gravité de la situation actuelle qui appelait un radical changement de perspectives. Je n'ai tu ni mes convictions anarko-christianiques, ni mes aspirations spirituelles, ce qui me valu de nombreux déboires et pressions de la part du Pouvoir en place. Mise sous surveillance, crash d'ordinateur, complot pour tenter de me corrompre, tentative de me faire passer à trépas au cours d'un long trajet sur autoroute en voiture, harponnage par la Gendarmerie et confiscation arbitraire illégale de mon permis de conduire pour m'assigner à résidence et j'en passe.

Conjointement à mon investissement sur ce site média, j'ai repris en main ma chaine Youtube personnelle rebaptisée ÆRIK TV après le transfert de son ancien contenu à mon ancien comparse, Madal, pour y publier à l'arrache séquences musicales et vidéographiques tout azimut dans un esprit de totale liberté d'expression et de recherche créative, culminant à l'été 2023 avec un florilège de vidéos déjantées et explosives. Parti en vrille naguère avec Madal, poursuivant éperdument cette folie pour les hommes qui est sagesse pour Dieu, j'ai continué dans cette lancée en solitaire jusqu'à danser sur l'abîme et me bruler les ailes pour finir en crash total à l'automne 2023. Un crash qui n'affecta pas seulement mes sites, chaine Youtube ÆRIK TV et publications sur réseaux sociaux (Instagram et tweeter) qui virent la suppression totale de leur contenu publié en ligne, mais aussi ma personne. C'est peu dire que j'ai frôlé la mort. Je ne dois d'être toujours là aujourd'hui, qu'à la vigilance, l'amour et le soutien de mes plus proches et l'amitié de quelques rares restés fidèles à ma personne.

Une première tentative de revenir en écriture et création au cours de l'hiver 2024 poursuivi jusqu'au printemps, se solda par un échec cuisant. Je publierai une floppée de textes sans véritable ligne éditoriale, puisant à mes archives tout en gardant un pied dans l'Histoire en train de se faire, exportant mes interventions dans le domaine médiatique sur la plateforme X d'Elon Musk, chantre de la liberté d'expression à l'échelle mondiale. Les post qui suivent publiés chaotiquement de décembre 2023 à septembre 2024 témoignent à leur manière de mon chaos et questionnement intérieur fondamental : parler à l'âme ou à l'Histoire ?

Plus d'une année supplémentaire me sera nécessaire pour me remettre de ce double crash, faire le point sur mes aspirations profondes et prendre un vrai nouveau départ à l'été 2025, après avoir fait définitivement le deuil d'une volonté de participer à "l'Histoire en train de se faire", pour revenir pleinement en création dans mon domaine de prédilection : la métaphysique et la beauté spirituelle. 


18 janvier 2017

ON THE ROAD

 (Photo : Dennis Stock – 1971 – motard sur la route, USA.)

J’ai travaillé toute la semaine dernière à ranger mon garage pour le transformer en lieu de tournage.

Pendant 5 jours d’affilée, j’ai soulevé, porté, déplacé des kilos d’objets, afin de dégager un couloir de visée pour ma caméra. J’ai travaillé jusqu’à tard dans la nuit porté par mon élan, j’ai même dormi sur place (il y faisait 11° la nuit) recroquevillé sur un vieux canapé et emmailloté dans une couverture pour ne rien perdre de ce que je vivais, les 5 jours d’affilé. Quand créer vous prend il n’y a qu’une seule chose à faire : obéir, foncer, travailler ! Vous en oubliez de dormir, de manger, de vous laver… mais quelle joie quand vous avez franchi une étape !

Ce n’est que le dimanche matin, une fois retrouvé la chaleur et le confort de mon domicile, quand je pensais enfin pouvoir rassembler mes pensées et me mettre à écrire, que je me suis retrouvé bloqué par un lumbago… en passant l’aspirateur ! Commentaire d’un ami intime à qui j’ai confié “mon malheur” : “voila ce qui arrive quand on fait le boulot réservé aux femmes” ! C’était sa manière de dire qu’il aimait profondément la sienne, présente à ses cotés pendant que nous parlions au téléphone. C’est un homme taquin qui a un certain gout -et talent!- pour la provocation même si depuis il a compris que toute provocation n’était pas forcement bonne à dire. J’en profite pour le saluer ici, il se reconnaitra s’il me lit  .

J’ai quand même réussi à faire un pied de nez à ce coquin de lumbago le dimanche après midi en me plongeant dans la lecture de “Sur la route” de Jack Kerouac (“On the road” pour les connaisseurs).

Ah la route ! Comme j’aimerai y être en ce moment, en chemin, délesté de tout. J’ai de folles envies de dénuement, de dépouillement même en ce moment. Est ce l’hiver et ses arbres nus qui m’inspire ces pensées d’allègement ?

Je retiens de la lecture de ce livre, non les frasques du héro ou ses mésaventures (même si elles participent du propos) mais cette formidable énergie : La route c’est l’immensité, c’est le mouvement, il n’y a qu’une seule façon d’avancer c’est de toujours aller de l’avant.

“Nothing behind me,
everything ahead of me,
as is ever so on the road”
Jack Kerouak

Lundi midi la douleur s’est un brin apaisée et j’ai pu reprendre mon clavier. J’ai travaillé sans relâche jusqu’à mardi midi. J’ai adressé à Michel Potay un long commentaire sur son blog pour ses entrées 180-181*, “Confraternité d’économies” * (commentaire publié en 181c4 sur le site de l’intéressé). Mais même respirer me faisait encore mal (la sciatique qui s’est déclenché me lançait ses piques à intervalles réguliers dans le genou, le pied, les cotes). Mon corps endolori par la douleur était comme transi mais curieusement ma pensée s’en est trouvée stimulée, aiguillonnée.

Écrire est un processus mystérieux qui vous fait plonger dans vos propres profondeurs et fait participer votre être tout entier à la construction de votre pensée. Je sais que ce mal passera, tandis que mes mots eux, ont une chance de rester.

* articles 180 et 181 du michelpotayblog.net : “Confraternité d’économies” : http://michelpotayblog.net/180.html/180confraternitedeconomies-comments-french.html

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21 septembre 2016

TOUCHER LE COEUR

 

La rentrée m’a amené à différer mes publications. Je comptais les reprendre une fois plantées mes assises. Mais en surfant sur facebook après une longue journée de travail, je suis tombé sur cette phrase publiée par l’un de mes amis : “Lorsque tu touches le cœur d’une personne, elle ne sera plus jamais la même. Une partie de toi vivra en elle…”

Quand j’ai lu cette phrase mon cœur a bondi. M’est revenu instantanément en mémoire comme un flash brulant, le verset 4/11 de la Révélation d’Arès : “le cœur de l’homme est empli de son Dieu…”

C’est peu dire me suis-je dit, qu’Il vit en Nous ! Dans cet Univers, Dieu vit aussi par Nous et à travers Nous, qui sommes Sa Chair, Son Sang. Et dire que depuis des millénaires nous nous entretuons ! Il faudrait si peu de chose pour que l’Humanité revienne, heureuse, à sa vocation première : porter le Dessein et la Vie du Père dans l’Univers.

Je pleure sur tout ce qui nous sépare les uns des autres et de nous même. Ce peu de Bonté qu’il faudrait pour ranimer en Nous l’intelligence d’être frères. Mes larmes du soir ne sont pas découragement. Je sais qu’après nos horreurs et nos crimes, cet Heureux reviendra. Elles nourrissent un court moment ces phases de mélancolie passagères qui embuent mes pensées le soir après une dure journée de travail. Derrière le voile de tristesse perce toujours l’espoir. Tenace espoir que je tiens serré au chaud entre mes côtes, même quand mon corps se relâche.

Alors, l’instant d’un regard je perce l’épaisseur du mal, JE touche mon propre cœur. Et je repars.

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14 août 2016

EXODE

 



Retour dans la plaine.

J’ai quitté les monts Pyrénéens pour une halte dans la plaine côtière du Languedoc 
avant mon retour sur Paris. Je profite de ces quelques jours de calme pour revenir en pensée sur l’important tournant que mon âme a pris cet été, nourrie du Feu pris à Arès lors de mon pèlerinage, et de la lecture de l’entrée 176, “mosaïsme de pénitents”, publiée par Michel Potay, témoin de Dieu et prophète, sur son blog.

J’ai pris connaissance de cette entrée 176 le jour de sa parution alors que j’étais à Arès. Elle évoque le Brexit qui préfigure l’éclatement de l’Europe politique et à terme l’éclatement de tous les grands ensembles politiques pour ramener l’Humanité vers de petites unités humaines, plus propices à l’éclosion de la liberté et la recherche du Bien.

Elle évoque Moïse, immense prophète de l’Ancien Testament qui répondant à l’Appel de Dieu, libère les Hébreux de leur esclavage et les conduit dans un Exode de 40 ans à travers le désert du Sinaï pour réveiller en eux la vie spirituelle et entamer un retour du Bonheur sur Terre. L’Exode biblique échoua. Il finit en conquête guerrière et meurtrière de Canaan (actuelle Palestine) et en fossilisation de la vie spirituelle en religion. Mais de cette expérience naquit une immense espérance et une immense perspective pour l’Humanité toute entière : la libération de tout peuple quel qu’il soit, libération à la fois politique et spirituelle.

Dans son article, Michel Potay dresse un bilan de cette expérience exilique libératrice, actualise la figure de Moïse, dépoussière l’Ancien Testament de ses mythes et rappelle que l’Exode entamé par Moïse il y a 3200 ans (et interrompu par sa descendance) est toujours d’actualité et appelle à le reprendre en empruntant les voies de la pénitence (Révélation d’Arès 30/11) : l’action de changer sa vie en Bien.

La première lecture de cette entrée a soulevé en moi un immense enthousiasme et a porté ma réflexion et ma prière pendant mon pèlerinage. Je l’ai ensuite emmenée avec moi dans les Pyrénées et j’ai profité de mes longues randonnées en altitude pour méditer sur ce nouveau départ en Exode que le prophète d’Arès nous invite à reprendre aujourd’hui avec lui. J’ai suivi sur mon téléphone portable les nombreuses interventions commentées et j’ai publié sur ma page facebook mon ressenti en écho à ces interventions.

De retour à mon clavier sur une table de travail, j’ai rassemblé mes pensées et écrit cet article (à l’origine un commentaire adressé à Michel Potay que j’ai remanié en vue de la publication sur ce blog). J’ai d’abord relu avec attention cette entrée 176 qui avait enflammé mon esprit. L’exaltation ressentie à la première lecture a fait place à la gravité. C’est désormais comme une lente coulée de lave refroidie, coulée épaisse et légère à la fois qui se dépose en moi. Elle solidifie mon pas et fait remonter dans ma tête comme un tison de fer qui aiguillonne mes pensées et perce mon regard.

Je m’arrête un instant sur la figure de Moïse-pénitent dont le prophète d’Arès nous propose une nouvelle lecture, débarrassée des lourdeurs mythologiques qui encombrent la Bible (le nouveau-né miraculeusement sauvé des eaux, les dix plaies d’Egypte, l’ouverture de la Mer Rouge… sont peut-être des allégories mais plus surement un décorum de saga qui visait à émerveiller et enjoliver le récit de cette libération). J’aime ce Moïse qu’il nous dépeint avec bon sens et simplicité : à la fois homme touché par la misère des Hébreux et prophète, aux prises avec les réalités de son temps, qui doute, hésite mais in fine, choisi d’assumer pleinement la mission que Dieu lui confie, se rend chez Pharaon et l’affronte, convainc des esclaves de le suivre et entame avec eux cet Exode que nous reprenons aujourd’hui. De tout ce qui se dégage de cette description de ce Moïse humanisé, c’est la difficulté des choix qu’il eut à faire qui m’a étreint le plus et l’immense responsabilité qui en découlait. Difficulté et responsabilité que je m’imagine sans peine être égales à celle du prophète d’Arès aujourd’hui face à la dureté du monde qu’il a à affronter tout en tenant compte des faiblesses et insuffisances de celles et ceux (dont je suis) qui ont accepté de le suivre comme naguère les esclaves sortis d’Égypte.

Pourquoi parler de “relancer cet exode aujourd’hui” me suis-je demandé ? Ne l’avions nous pas repris lorsque les assemblées de Pèlerins d’Arès sont peu à peu revenues vers leur fondateur et son appel à respiritualiser la mission après deux décennies de “mission sociale” desséchante et stérile (une époque qui coure des années 1990 à 2010 au cours de laquelle, nous Pèlerins d’Arès ne mentionnions plus ni Dieu ni la pénitence dans notre apostolat par crainte d’être taxé de “secte”) ? A l’évidence, non. Respiritualiser la mission et revenir vers le prophète était une nécessité impérative, incontournable. Un prérequis pour assumer notre rôle prophétique historique. Qu’est-ce qui caractérise donc vraiment cet Exode auquel le frère Michel nous appelle maintenant ai-je poursuivi ? Et à quoi cela nous engage t-il ? C’est en creusant ces questions que j’ai senti monter en moi ce glaive à deux tranchants. Le premier a aiguisé mon regard et tendu mon nerf. Le second m’a mis face à ma responsabilité et m’a rappelé ma peur du monde, latente en moi, mes insuffisances, mes faiblesses et tout ce qu’il va me falloir désormais changer et affronter pour enfin assumer cette tache interrompue il y a 3200 ans par les Hébreux qui suivirent Moïse et il y a une quarantaine d’années par les Pèlerins d’Arès que j’ai rejoint en 1991.

Le but que nous assigne Dieu est de changer le monde (Révélation d’Arès 28/7), le monde ! Parler de Dieu, d’amour, de paix, de pardon, de liberté absolue, de pénitence, de péché qu’il faut rejeter et dont il faut se libérer, de prière,… et leur redonner leur vrai sens créateur et dynamique nous échoit à nous Pèlerins d’Arès. Si nous ne le faisons pas, qui le fera à notre place ?

Mais notre mission ne s’arrête pas là. Elle doit viser à faire prévaloir en tous domaines dans ce monde ces amour, pardon, paix, liberté, pénitence,….dans leur sens créateur et dynamique, que nous prêchons. C’est là que les difficultés, et notre Exode, commencent à mon sens. Car les hommes dans leur immense majorité sont encore encalminés dans “l’esprit de la Loi”. Ils attendent la solution à leurs problèmes des Pouvoirs qui régentent, régulent, dressent lois, tribunaux, polices, armées…. Ils perçoivent notre discours, pourtant généreux et enthousiasmant, comme de bonnes intentions abstraites impraticables au quotidien. Ils peinent à en voir la portée concrète, active, transformatrice sur le plan sociétal. Et quand ils saisissent un peu de la lueur que nous leur apportons, ils sentent d’instinct ce que notre insurgeance apporte de bouleversements et ils prennent peur, se réfugient dans leurs certitudes et nous opposent dureté, hargne, voire agressivité pour nous faire taire.

La véritable adversité commence là. Exception faite de la campagne anti-secte qui, je le vois clairement maintenant, a été sciemment orchestrée à partir de la fin des années 80, pour enrayer le premier mouvement d’Exode initié par le prophète d’Arès – campagne qui a porté ses fruits contre nous puisque nous avons déserté -, jusqu’à présent le monde nous a opposé son silence et son mépris. A quelle adversité allons nous devoir faire face aujourd’hui que nous reprenons dans votre sillage la voie du prophétisme actif ? C’est placé devant cette perspective que j’ai senti remonter la peur en moi. Sauf que je ne suis plus le jeune homme idéaliste, inexpérimenté et candide des années 90. Aujourd’hui je me sens prêt à affronter et le monde et mes propres peur et langueur. Quelque chose en moi s’est déplacé. Je sens maintenant que ce que j’ai à perdre est bien moindre que ce que j’ai à gagner à vivre pour Dieu et embrasser la foulée du talon du prophète (Révélation d’Arès xxviii/28).

Entrer en exode signifie pour moi entrer dans le monde pour le changerQuitter les falaises de mes propres certitudes pour descendre dans les réalités quotidiennes des hommes, les affronter et affronter avec amour l’adversité qui en découle. Et pour y parvenir pas d’autres choix que d’investir le monde dans tous les domaines pour peser de tout le poids de notre pénitence sur le cours des choses.

J’ai relu le texte Insurgeance cet été (texte écrit et publié par Michel Potay dans la revue annuelle Le Pèlerin d’Arès de 1990 qui définit le mode d’action sociétale des Pèlerins d’Arès dans leur travail de changement du monde. Le mot “insurgeance” fut forgé par lui pour se démarquer des mots “révolution”, “insurgents”… trop connotés par la violence). Édifiant ! Cet article s’ouvre par l’extrait de la Révélation d’Arès : La pieuse gente parle du Haut du Mont, (un passage qui justifie notre ancrage dans le spirituel pur) mais elle choit, le sein devant, le sein dur (comme) Mon Poing (qui) bat (la terre) ! (xlv/13-20). J’ai noté également dans mon carnet tous les passages de cette entrée 176 qui signent l’ouverture de notre mission au changement sociétal : “pénitence sociétale, citoyen-pénitent, part publique-part privée, insurgeance,…”. Ce texte est jalonné de termes qui nous invite à repenser à la fois notre action et la manière dont nous nous concevons et parlons au monde. Il renvoie directement à l’entrée 150 “politiser notre refus de la politique” que je me suis remis en tête et qui invitaient les Pèlerins d’Arès à entrer dans ce champs sociétal pour proposer au monde une autre façon de concevoir et de vivre les rapports humains en société sur le plan politique.

C’est à trouver les mots pour rendre notre message audible et perceptible par le commun, ancré dans le quotidien des hommes et leurs problèmes, sans se départir du fond, que je me sens appelé aujourd’hui. Et c’est ce que j’entends bien relayer désormais dans mes écrits et dans mes films.

Pendant des années le prophète nous a appelé à “faire des dossiers” (Paix, jeunesse, crise, agriculture, relations-médias,…) pour nous préparer à faire notre entrée dans le monde armé de la Lumière de la Parole d’Arès. Il nous a enjoint à combattre “l’infantilisme” (Le Pèlerin d’Arès annuel 1990) qui sévissait dans nos assemblées et qui paralysaient l’action et la réflexion en notre sein. Aujourd’hui que cet Exode reprend, je nous trouve certes revigorés spirituellement, mais nus et impréparés à la tâche. Quel précieux temps nous avons gâché alors que les premières secousses des bouleversements qui s’annoncent se font de plus en plus ressentir et que notre Appel n’a jamais été aussi urgent. Mais je ne cède pas au défaitisme. Je comprends que cet exode sera long et qu’il ne fait aujourd’hui que reprendre son cours. Le travail qui nous attend est immense. Ce n’est pas la Mer Rouge que Dieu ouvre devant nous, mais un chantier !

“Procède sans hâte” dit le Père à Arès. “La larve en se hâtant rejoint elle l’abeille ? Elle doit accomplir son temps” (Révélation d’Arès 24/2). Aurions-nous enfin accompli le temps de gestation nécessaire à la naissance de cette “conscience collective” indispensable pour envisager enfin une action en accord avec notre vocation prophétique ? Je l’ignore mais j’ai confiance dans le prophète que Dieu nous a envoyé, en son “oeil-oiseau” qui voit haut et loin, pour décider du moment et de la manière de nous conduire pour réarmer nos intelligences et nos cœurs de ces “courage, droiture et réflexion froide” dont parle son entrée et qu’il va nous falloir développer pour le suivre et accomplir, enfin!, le Dessein du Père de l’Univers, qui est de faire revenir sur terre le Bien pour toute l’Humanité.

*

NB : j’inclus ici un extrait de la réponse de Michel Potay à cet article publié en commentaire sur son blog, qui je pense corrige et complète avec intérêt ma pensée sur un point important : l’attitude générale des hommes face à la vérité. L’intégralité de sa réponse peut être consulté ICI (commentaire 176C111) :

“Vous dites, “les gens perçoivent notre discours, pourtant généreux et enthousiasmant, comme de bonnes intentions abstraites impraticables au quotidien. Ils peinent à en voir la portée concrète, active, transformatrice sur le plan sociétal.” Je ne crois pas que ce soit la situation. Je ne crois pas que  les gens qui nous écoutent soient aussi nombreux que ça à percevoir notre discours comme “abstrait et impraticable”, mais ils ressentent — parce que des millénaires de pouvoir et de loi au-dessus d’eux les a rendus passifs, donc paresseux d’instinct — que suivre la politique et la loi est beaucoup moins fatigant que la pénitence dont nous leur parlons. Autrement dit, les gens voient dans la politique et les loi un confort ! Pour autant que je parle autour de moi je trouve un nombre important de personnes qui considèrent comme excessive, voire inacceptable, l’accumulation des lois, des pouvoirs, des fonctionnaires de police, d’impôt, de justice, etc, et pourtant ils s’y soumettent. C’est donc bien que, malgré tout, ils préfèrent cet inacceptable à l’effort, très gros effort certes, de changer leurs vies eux-mêmes. Même chose pour la religion. La plupart des croyants ne cherchent pas le sens réel des Appels du Créateurs ; ils se soumettent flemmardement aux dictats des religions et des superstitions. On retrouve le même réflexe de paresse, de recherche de facilité ou commodité, chez les Hébreux une fois qu’ils sont dans le désert, quand ils protestent : “Ah, que nous étions bien en Égypte, quand nous étions assis près des marmites de viande, quand nous mangions du pain à volonté, alors que vous (Moïse et Aaron) vous nous avez entraînés dans le désert pour faire mourir de faim toute cette assemblée !” (Exode 16/3).”

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