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10 septembre 2008

VIOLENCE LÉGALE


Un matin du mois d'août. Je quitte mon domicile pour me rendre sur mon lieu de travail. La ville est encore calme, presque paisible. Les commerces n'ont pas ouvert et beaucoup de parisiens sont encore en vacances. À la nonchalance de l'été s'ajoute la lenteur matinale. Devant ma porte, à une cinquantaine de mètres tout au plus, une voiture stationnée sur un marquage "livraison" est en train de se faire aligner par un officier de police en fonction.

Avant qu'il n’ait regagné son véhicule après avoir glisser l'amende sous l'essuie-glace du pare-brise avant, je crie dans sa direction : "c'est l'arbitraire qui tue la loi". Aucune réaction de sa part. Le ronronnement des rares voitures qui passent a peut-être couvert le son de ma voix. Il s’est empressé de remonter dans son véhicule et a démarré. Quand la voiture de police passe devant moi, je marque ostensiblement ma désapprobation. Le policier assis à l'arrière, interpellé par ma grimace, me questionne du regard et demande à son collègue d'arrêter la voiture. Je m'approche et j'engage directement la conversation sur ce que je viens d'observer. 


« C'est dégueulasse ce que vous faites ! » m'exclame-je. « Je ne comprends pas pourquoi vous verbalisez une voiture garée sur un emplacement livraison alors que l'on est en plein mois d'août (sous-entendu, il n'y a pas grand monde que ça va déranger), que les rares commerces de la rue qui ne sont pas fermés pour l'été n'ont pas encore ouverts leur portes (re sous-entendu : l'emplacement livraison ne remplit pas encore son office) et que ce mois-ci le stationnement est gratuit à Paris. Le propriétaire du véhicule ne gène personne et vous le savez bien ! » Je m'attends à ce que l'on me demande de décliner mon identité, mes papiers,.... Mais non. Le policier interpellé par ma réaction se contente de me scruter du regard. Il me demande : « Vous habitez ici ? ». Ses deux collègues (ils sont trois à bord) me dévisagent et scrutent les alentours. La rue est calme.

 

Ce n'est pas la première fois que je remarque que la police accepte d'engager la discussion avec un passant qui l'interpelle sur un fait mineur. Mais je constate que si elle a appris à "vouvoyer les gens", cela ne l'a pas rendu plus bienveillante. Bien au contraire, j'ai même l'impression que la politesse a renforcé sa rigidité. Je remarque toutefois que celui a déposé le papillon sur le pare brise de la voiture verbalisée, manifeste une plus grande nervosité. J'élude son regard et me tourne vers celui qui me semble le plus calme. J'ajoute : 

- « Je comprends que dans une grande ville très fréquentée comme Paris quelques règles soient nécessaires pour assurer le trafic mais quand même....  là je trouve que vous abusez ! J'habite le quartier depuis plus de 10 ans. Avec tous les travaux d'aménagement qui ont été fait récemment, c'est devenu impossible de se garer. Alors au mois d’août, vous pourriez lâcher du leste… »

- « C'est la loi ! » Me répond t-on.

- « la loi ? Mais vous l'appliquez de manière arbitraire, sans intelligence, à quoi est ce que cela rime ? ».  

Je me rends compte que je peux les avoir blessé en leur donnant l'impression de les avoir traité d'imbéciles. Dans mon esprit pourtant, pas l’ombre d’une insulte. L’intelligence à laquelle je fais référence est spirituelle, mais impossible de se lancer dans une explication approfondie. Je ne veux pas être inculpé pour « outrage à magistrat » (une arme que « la Justice » est connu pour dégainer assez vite), alors je me reprends aussitôt : 

- « Par absence d'intelligence, je veux dire sans tenir compte des réalités. Votre geste n'avait pas d’autre sens que celui de verbaliser pour verbaliser et accessoirement remplir les caisses de l'Etat ! Vous dégoûtez les gens avec des attitudes pareilles. »

Le policier au volant de la voiture qui a déposé le papillon est sorti de sa réserve. Piqué au vif, il m'apostrophe :

- « mais vous savez, nous aussi on les paye les amendes ! La loi est la même pour tous! On ne fait que l'appliquer même quand elle n’est pas toujours juste. »

- « On fait notre métier », renchérissent les deux autres.

 

J'ai pris un peu de recul. S'agissant d'un fait aussi banal qu'une contravention, je n'ai pas voulu surenchérir en leur rappelant que tous les fonctionnaires qui envoyaient dans les camps de concentration les réprouvés de la société, au temps du nazisme, eux aussi "ne faisaient aussi que leur métier" au nom d’une idéologie qu’ils n’approuvaient pas toujours. Mais j'ai reconnu dans les yeux anxieux du policier qui m’a apostrophé, le trouble de celui que sa conscience travaille. Je le sens prisonnier du vent glacial de l’obéissance à l’ordre et de l'arbitraire, qui meurtrit l'être au plus profond de lui même. Je marque un temps et reprends plus calmement :

- « Je ne dis pas que vous jouissez de privilèges, et que vous êtes à l'abri ou au-dessus de la loi. Je sais bien que vous êtes "tenus à un résultat", que la pression de votre hiérarchie ne vous laisse guère le choix et que s'il ne s'agissait que de vous, vous agiriez peut-être différemment ». Je continue de scruter le regard interrogateur que me lance le fonctionnaire d'Etat. Je crois y lire une approbation secrète ou à tout le moins, une émotion mal contenue. Je poursuis plus gravement : « Nous sommes tous dans le même bain. Policier ou pas, on est tous des humains responsables de nos existences et ce qui se passe sur cette terre est le fruit de nos actes, ni plus ni moins.  Si on continue, dans ce monde de plus en plus hyper réglementé, à subir et appliquer des lois injustes et contradictoires qui nous empêchent de vivre simplement, où est ce que cela va nous mener ? »

Je n'ai pas le temps d'en appeler au développement de la conscience (conscience du Bien) comme seul garant d'un avenir heureux… ni même d’évoquer la possibilité d’un monde sans chefs, sans police et sans lois (comme j’aurais aimé le faire !). Les policiers ont détourné leur regard et m'ont fait signe d'arrêter de parler.

Pour clore la discussion, l’agent assis à l'arrière me lance d'un air désabusé :

- « Vous avez votre carte d'électeur ? »

- « Bien-sur ! Répondis-je sur un ton qui ne laisse place à aucune ambiguïté, pour leur rappeler les droits que me confère ma citoyenneté (au cas où ils auraient eu envie, in fine, de m’embarquer). »

Il hausse les épaules et dodeline de la tête comme pour dire : "vous savez donc ce qui vous reste à faire. Votez pour un autre candidat la prochaine fois"...

 

Comme si l'on pouvait attendre quoi que ce soit de cet ordre, d'un bulletin de vote. La politique par définition, est instrument de pouvoir et de coercition. C’est elle qui fait les lois qui nous gouvernent, lois qu’elle applique rarement à elle-même d’ailleurs, mais qu’elle fait habilement sceller par ceux qu’elle domine pour les corrompre, les tromper, les voler (Révélation d’Arès 27/8). C’est sous son joug que nous vivons tous. Que son masque soit religieux,  républicain ou militaire c’est tout comme : roi noir, roi blanc, même cuisse ! (Révélation d’Arès XXXVII/14). C’est d’elle, de son système et de sa logique, dont nous devons apprendre à nous libérer, pour que s’épanouisse la vraie vie humaine, la recherche libre de la Bonté. Quand l’Etat change de visage, sa logique reste la même et le monde perpétue ses erreurs. Quand un homme change son cœur, c'est toute l'humanité qu'il aide à évoluer.

 

Pris de cours, je regarde leur voiture s’éloigner et m’engouffre chez le petit marchand de journaux d’à coté qui vient d’ouvrir. Je nage encore dans les mots qui son restés dans ma gorge. Alors je lui conte mon affaire et le prend à partie :

- « Qu’auriez vous fait à ma place ? Je suis intervenu pour leur signifier qu’il y a encore des gens qui sont prêts à ne pas se laisser faire. Si on ne réagit pas, ils vont aller jusqu’où comme ça ? Tenez, rien que pour la circulation, c’est 2.500 radars supplémentaires qu’ils prévoient d’installer à l’horizon 2012 ! Sans parler du fichage généralisé de la population qui se prépare. Faut résister à tout ça. L’homme n’est pas fait pour vivre enrégimenté ».

Il acquiesce benoîtement comme tout commerçant qui sait qu’il doit laisser parler le client s’il ne veut pas perdre une vente. Je le sens un peu pris au dépourvu mais j’insiste :

- « L’Etat est de plus en plus omniprésent. Il s’est immiscé dans toutes nos activités (le travail, l’école, la santé, la pensée…), il fait peser sur nous de plus en plus de taxes et d’impôts (près de la moitié du PIB passe dans ses caisses), et fait voter des lois à tour de bras…et pour quel résultat ? Bientôt on ne pourra plus rien faire qui ne soit répréhensible ou à tout le moins codifié, taxé, normé. Même marcher dans la rue et respirer l’air sera contrôlé par les autorités. Vous trouvez ça normal ? »

Il a empoché son argent en arborant un large sourire et en marmonnant quelques « oui-oui », mais je ne saurais dire si c’était de l’incrédulité ou de la sympathie.

 

Arrivé à mon lieu de travail, je parcours la presse, encore habité par les remous de cette conversation. Partout les mêmes signes d’une humanité en proie au mensonge, à la violence, à la cupidité de ses dominateurs. Je me réconforte en me disant qu’en occident nous jouissons d’une relative paix et d’une certaine liberté de parole et de pensée, de certains leviers d’actions contre nos gouvernants.  Dans n’importe quel autre contrée, apostropher ainsi un agent armé peut vous attirer de graves ennuis. L’Etat je ne l’oublie pas, s’est arrogé partout le droit de « disposer de la violence légale », y compris dans notre pays, pour assurer son autorité. Mais je me demande jusqu’où sa relative tolérance à l’égard des contestataires de toutes sortes, ne masque pas en Occident, une plus grande sophistication dans l’exercice du pouvoir, de sa part.

 

En France, le récent projet de fichage de la population par les RG,  baptisé EDVIGE, dénoncé par un grand nombre d’association nous montre à quel point l’Etat moderne n’a rien abandonné de sa volonté de circonvenir et manipuler la population qu’il gouverne. Son ambition, comme tout pouvoir, est de disposer d’un peuple soumis à ses vues, à son ordre et à ses institutions. Si l’Etat moderne a, en apparence, délaissé l’exercice de la force brutale contre sa population, c’est qu’il est parvenu à la conditionner au point où une majorité de cette dernière en est arrivé à réclamer de vive voix, l’exercice de son autorité. Pauvre humanité !

 

J’observe heureusement que devant la forte mobilisation contre le projet EDVIGE, le gouvernement est contraint de revoir son projet. Preuve s’il en est que face au pouvoir, tout est rapport de force et qu’il existe encore en France, des forces (minoritaires) capables de résister pour défendre une certaine idée de l’homme et de la société. Mais jusqu’où l’homme moderne est-il prêt à se mobiliser contre un système qui lui garantit par ailleurs le confort d’une vie « sécurisée » face à tant de « menaces », économiques, financières, terroristes, nucléaires …? Par ailleurs, si les manifestations contre EDVIGE ont été relayé par quelques magistrats, syndicaux et hommes politiques, je vois bien que c’est parce que le fichier les concernait potentiellement aussi. 

 

C’est d’ailleurs bien ce qui posait problème : l’élargissement du fichier à tous les hommes "susceptibles de troubler l'ordre public", autrement dit susceptibles d’entreprendre quelque chose dans cette société : acteurs économiques, politiques, sociaux, syndicaux, religieux, associatifs… et ce dès l'âge de 13 ans (dans ce cas précis, sous couvert de lutter contre la délinquance), ! C’est dire si l’Etat se méfie de tout se qui bouge et associe peu pou prou toute activité humaine à un « désordre » en puissance. Sa doctrine est celle de l’immobilisme. Et son concept de la citoyenneté, équivaut peu ou prou à celui de la moutonnerie bien rangée. Car que signifie « être susceptible de troubler l’ordre public » au juste ? C’est bien là, que le bât blesse, car tout cela sera laissé à l’appréciation des agents en exercice… qui devront scrupuleusement, j’allais dire consciencieusement, exécuter les directives de leurs hiérarchies. Et quand on tentera de s'y opposer, on s'entendra répondre : « juste ou pas, c'est la Loi  ! ».

 

Est-ce qu’un homme qui pense que le bonheur ne sortira pas de l’enrégimentement dans un système politico-social et le fait savoir, « trouble l’ordre public » ?  Est-ce que croire et agir dans le sens de l’amour, du partage, du pardon, de la paix et l’intelligence spirituelle retrouvée, « trouble l’ordre public » ? C’est toujours au nom du salut public que l’on zigouille ceux qui sortent du rang, rappelle la Révélation d’Arès, au nom de « la sécurité et de la protection » que l’on restreint aujourd’hui les libertés publiques. Aujourd’hui plus besoin de moyens brutaux, la police s’est « civilisée ». La seule mention de votre nom dans LE fichier, suffira à vous discréditer. Les lynchages et rodomontades ne se font plus sur les places à coup de matraques, ils sont devenus « médiatiques ». Belle évolution !  Et quand on pense à la facilité de traitement et de manipulation qu’offre aujourd’hui l’informatique…on frémit. On se dit surtout que personne ne risque d'être épargné, même ceux qui se croient à l'abri, installés docilement dans le confort de l'obéissance.  

 

Aujourd’hui l’Etat a les moyens avec ses aides sociales de toutes sortes, de nous maintenir dans un confort relatif qui nous fait oublier le morcellement et l’encadrement de notre liberté. Mais qu’en sera-t-il demain quand l’argent viendra à manquer ? Car ces jours viendront, à n’en pas douter. Quand au poids des difficultés de la vie, s’ajoutera la dureté de traitement d’une administration secondée par un armada de mesures policières, on comprendra trop tard que nous serons passé d’une « démocratie libérale » à un régime autoritaire. Agir aujourd’hui pour retrouver et raviver sa conscience d’homme libre est plus que nécessaire. C’est un devoir envers l’humanité à venir. Car le véritable souverain de ce monde n’est pas (ou plutôt ne devrait pas être) l’Etat, mais l’individu libre, aimant et créateur.

 

D’autant que je doute que l’Etat revienne réellement sur sa décision de créer ce fichier.  Il va multiplier les déclarations, les rencontres, les consultations… bref, il va occuper les opposants et noyer le poisson. Pendant ce temps là, il va réfléchir au moyen de faire passer la pilule « avec plus de pédagogie », pour reprendre les termes d’un ancien premier ministre (entendez par là, plus de démagogie). Il maquillera la belle Edvige d’un pompon fleuri, sorte de simili-organe de consultation et de recours pour le citoyen « abusé »,  l’affublera probablement d’une écharpe aux couleurs de la République et de la Démocratie et le tour sera joué. Surtout que le véritable commanditaire de ce fichier n’est pas le Président (ne nous trompons pas de cible), mais l’Administration qui poursuit silencieusement son travail de quadrillage systématique de la population (recoupement des fichiers des impôts, de la redevance et des services sociaux aujourd’hui, traçabilité du citoyen dans toutes ses démarches demain…). Raison de plus pour intensifier la lutte et rester vigilant sur tous ces domaines où la liberté de conscience, de parole, de penser et d’action est en jeu.

 

Sentiers encore accessibles…(Révélation d’Arès). Pour sûr, on ne changera pas ce monde en une génération. Quatre générations ne suffiront pas (Révélation d’Arès 24/2). Mais si un petit reste d’hommes, déterminés, creuse assez profondément en eux même pour retrouver et raviver leurs forces spirituelles, leur descendance sera capable à terme, d’opérer un vrai changement de société. Les voies qui conduisent hors du système sont ténues comme des sentiers de montagne. Peu visibles de prime abord (une des raisons du peu d’espérance qui fait le lit de tous les laisser-aller), et difficilement praticables de surcroît (la seule liberté qu’il nous reste est la liberté de conscience, agir est beaucoup plus compliqué, demandent une certaine rudesse), ces voies existent pourtant. Leurs sentes se glissent entre les failles du système, qui du reste n’est pas aussi fort qu’on le croit, ou à tout le moins pas aussi pérenne qu’il en a l’air. Je me demande même jusqu’où ses manœuvres répétés pour policer et judiciariser la société, ne cache pas une peur tenue secrète par tous les pouvoirs. Celle de voir s’effondrer le système sous son propre poids, devenu impraticable à force de tant de complications, essoufflé à force d’immobilisme.

 

Mais n’anticipons pas. L’Etat ne s'en ira pas comme çà. Il est tenace. L'enjeu aujourd’hui est de redonner à l’humanité le goût de la liberté. Hobbes (l’auteur du "Léviathan", XVIIème siècle) avait bien compris que l’Etat ne prolifère que sur nos peurs et notre lâcheté. Mais contrairement à Hobbes, qui s'en tenant à ce qu’il voyait, avait conclu à la nécessité d'un pouvoir pour garantir aux citoyens leur sécurité (il est notamment l’auteur de la célèbre formule, « l’homme est un loup pour l’homme », qui n'est pas entièrement fausse, si l'on s'en tient à une certaine réalité), nous croyons l’homme capable de vivre sans chefs, capable de dominer son animalité en réveillant en lui, la vie spirituelle. Une force, que même les religions qui se réclamaient pourtant de Dieu, n’ont pas su ou voulu faire naître chez leurs fidèles. Une force que l’homme tire de sa parenté (la Bible dit image et ressemblance) avec le Créateur de l’Univers. C’est parce qu’il en ignore l’existence, et les voies pratiques d'accomplissement, que l’homme désespère de lui-même et se laisse dominer. L’Etat moderne n’aura été, finalement ces derniers siècles, qu’un palliatif de plus à l'ignorance et la misère. L'Etat a fait croire qu’il était capable de juguler la férocité des hommes et d’en compenser les méfaits. Dans les faits il n’a fait que dépersonnaliser et mécaniser la violence et l’arbitraire en les légalisant. Il les a rendu plus abstraits, intensifiant leur aveuglement et leur surdité. Combien de temps cela peut-il encore durer ?

 

Je voudrais continuer mais ce texte est déjà long. Si, au bout de ces lignes, vous n’avez pas capté un peu de ce feu qui m’anime, qu’est ce qu’un mot de moi de plus, pourrait faire ? Ce texte, commencé fin août, a mûri dans ma pensée ces derniers jours alors qu'émergeait le débat sur EDVIGE dans les médias. Sa parution en même temps qu’un autre article écrit en relation avec ce sujet et publié par le témoin de la Révélation d’Arès, Michel Potay, sur son blog hier, est pure coïncidence. Aussi, je vous invite à le lire car son éclairage est résolument plus spirituel : http://www.freesoulblog.net/jHE/jHEtv.html. Il saura, à n'en pas douter, vous faire sentir bien mieux que je ne peux le faire moi même, ce feu joyeux de la pénitence et la sérénité que procure l'espérance active en un monde changé.

 


Souldigg




16 août 2008

RETOUR AUX RÉALITÉS


15 Août. Fin du pèlerinage de feu et retour sur Paris. Retrouvant mon clavier, difficile de ne pas évoquer le flot de nouvelles inquiétantes de cet été, masquées par la retransmission quotidienne des J.O.


Dans les médias dits "sérieux" de quoi parle t-on ? Ces jours ci de la mort de 10 militaires français en Afghanistan, du bras de fer diplomatique entre la Russie, l'Europe et les Etats-Unis autours de la Géorgie comme le prélude à une nouvelle guerre froide, des attentats meurtriers en Turquie et en Algérie, de l'essor de la Chine au rang de première puissance industrielle mondiale... Mais aussi de la hausse générale des prix et du ralentissement de l'économie en occident, de la fragilité du secteur bancaire et du risque de faillite du système financier, de la dette colossale des pays riches qui s'aggrave, de l'appauvrissement des océans sur les régions côtières... Bref, de quoi se demander comment le monde tourne encore et quel avenir se prépare l'humanité.

A dire vrai, il s'en faudrait de peu que je ne cède au défaitisme ou à l'alarmisme ambiant. Car chacune de ses informations nous parle d'un monde tous les jours plus complexe et plus imprévisible, d'autant plus difficile à comprendre et à maitriser que le nombre des individus sur la terre augmente sans cesse : plus de 6 milliards aujourd'hui, près de 9 milliards à l'horizon 2050 et avec l'augmentation du nombre d'hommes et de femmes, l'augmentation du nombre de problèmes et conflits potentiels, insolubles par les seules voies de l'intellect.

La seule issue pour l'humanité, si elle ne veut pas finir broyée par les contradictions et les problèmes qu'elle a engendré, est de retrouver une part de son intelligence qu'elle a complètement enfouie et oubliée : son intelligence spirituelle. L'homme a vaincu la pesanteur, le feu, le froid, la distance,... il conçoit et fabrique par milliers des machines qui le secondent dans ses tâches les plus infimes, il a bâti des systèmes et des organisations pour contrôler toutes ses activités mais il n'a jamais entrepris aucun effort pour maitriser les impulsions de son cœur, retenir sa langue de mentir, faire la paix avec son querelleur, penser aux autres autant qu'à lui même, imaginer un monde sans chefs.

A n'en pas douter, les décennies à venir s'annoncent difficiles, traversées de nombreux soubresauts économiques, politiques, sociaux. Les signes d'une grave crise sont déjà là. Mais le plus à craindre ce ne sont pas tant les difficultés matérielles que les résonances qu'elles auront sur le plan spirituel. Car après avoir cherché le bonheur dans la magie, la religion, la politique, l'industrie, la science...bref après avoir épuisé vainement toutes les ressources de son intelligence intellectuelle, l'humanité se retrouvera face à une énigme : en qui ou quoi croire, que faire, quelle voie suivre pour simplement vivre heureux sur cette terre ? La désespérance et le doute la guettera jusqu'à anéantir tout espoir d'un autre monde possible, tout espoir de vaincre le mal et ses manifestations, misère, malheur et mort. Cette réalité est déjà peu ou prou celle des média qui dramatisent à l'excès toute nouvelle, alternent entre le rêve et le cauchemar, mais cachent soigneusement à l'homme les possibilités spirituelles qui sommeillent en lui.

Car un autre scénario est possible :  au sein même de ce monde en crise, la lente émergence de qualités et attitudes justes, patientes, aimantes, par un petit reste d'hommes convaincus que le mal n'est pas une fatalité mais un état qu'il faut combattre en soi et changer. Apprendre à dialoguer pour enrayer les guerres, à pardonner pour faire la paix, à partager pour vaincre la misère, à remplacer le besoin d'avoir par le besoin de ne pas avoir pour vaincre l'avidité,... Apprendre par dessus tout, à vaincre sa peur de manquer, de souffrir ou même de mourir, sur quoi s'assoit et se développe tout pouvoir qui a besoin d'hommes faibles pour dominer.

Mais pour cela besoin de se passer des vieilles représentations du monde et besoin de voir en l'homme autre chose qu'un animal pensant à l'horizon de vie limité. Besoin de parier sur la vie spirituelle, qui est loin d'être un fantasme, une vue de l'esprit ou une inclination des sentiments. La vie spirituelle est une vraie vie, chargée d'énergie, de force et de lumière, faite pour se mêler aux énergies, forces et lumières de la terre (et même de l'univers), une vie engendrée par l'homme bon. Car c'est cela (potentiellement) l'homme : un être-pont, un créateur unique dans l'univers, un assembleur de forces matérielles et spirituelles, un être capable d'engendrer des mondes extrêmement riches et divers, ce que ne sera jamais un castor, une abeille ou une fourmilière, si belles et étonnantes soient leurs réalisations, qui sont soumis aux lois de leurs espèces. En renonçant à sa nature spirituelle, l'homme se condamne à vivre une demi-vie, soumise aux vicissitudes de la chair et aux atermoiements de l'esprit, et à une mort certaine. L'âme seule (présence de la vie spirituelle en l'homme) lui permet de résoudre ses contradictions d'animal-pensant et d'échapper aux ténèbres.

A ce monde occidental à la fois comblé (matériellement) et en passe d'être complétement désabusé, la Révélation d'Arès envoie un message fort : celui d'une espérance ravivée, aiguillonnée par un avertissement solennel. L'humanité est face à une alternative. Ou bien elle s'enfonce dans ses ténèbres au risque de s'anéantir elle-même, ou bien elle trouve la force de se ressaisir et de se recréer spirituelle. Tous les hommes capables de bonté, quelque soit leur origine, leur croyance, leur âge ou condition sociale sont appelés à faire l'effort de se changer, de partir à la découverte de l'âme et de ses ressources encore inexplorées.


Souldigg




11 juillet 2008

UN BEL ÉTÉ


Je m'absente de mon blog pour l'été. Après une année riche et éprouvante, j'aspire tout particulièrement à retrouver le calme et la profondeur des divines certitudes. Je commence mon périple estival par un séjour à Arès et vous laisse en compagnie des photos ci dessus, prises lors de mon pèlerinage en 2002. Les habitués des lieux y reconnaitront le clocher de la Maison de la Sainte Parole où l'on se rend pour prier, la rive d'Arès à marée basse, et les alentours peuplés de forêts de pins.

Je remercie toutes celles et ceux qui m'ont accompagné durant cette année et vous donne rendez-vous en septembre pour partager de nouvelles pensées.

Je vous souhaite un bel été à toutes et tous.


Souldigg




27 juin 2008

MOURIR À SOI POUR RENAÎTRE

Une phrase en rapport avec l'âme, sujet qui irrigue mes pensées et ce blog ces temps-ci m'a été adressée par un frère de Bretagne. Elle m'a poussé à écrire cet article. 


"La graine qui meurt en terre
élève sa tige comme une flamme.

L'homme qui meurt à son égo
donne naissance à son âme"

Cette phrase a fait écho à un hadith extrait de la Sunna (recueil de paroles et d'actes du prophète Muhammad, compilés par la tradition musulmane) que m'a relaté un ami musulman :

Alors qu'il était entouré de ses fidèles, le prophète leur dit "Mourrez avant de mourir".

Je ne me souviens pas exactement des propos de cet ami musulman qui me parlait du travail à engager sur soi pour se créer spirituel, mais j'en ai retenu ceci : la plupart des personnes réunies autours du prophète ce jour là, furent interloqués. Muhammad expliqua qu'il leur fallait tuer leur égo avant de mourir et que c'est à ce prix qu'ils deviendraient de vrais musulmans. Lues sous cet angle, les paroles les plus combatives du Coran qui appellent à la guerre sainte et valorisent le martyre, prennent une toute autre dimension que l'interprétation, étroite et militaire, qu'en a fait l'islam radical d'aujourd'hui.

Dans toutes les traditions religieuses, philosophiques ou spirituelles, on retrouve cet appel à dépasser son égo, à s'anéantir dans l'humilité la plus totale pour retrouver la vraie vie. La Révélation d'Arès (qui appelle à se défaire et à dépasser tout esprit de religion) le dit aussi à sa manière mais, et ce n'est pas le moindre de ses paradoxes, elle le fait en exaltant l'individualité créatrice et la liberté humaine. C'est un point sur lequel ma nature libertaire et individualiste a souvent achoppé mais que je ressens comme profondément vrai. Je sens bien que dans cet anéantissement de soi, il y a la découverte du Tout-Autre. Que dans l'abandon de ses propres préjugés, il y a la condition de l'amour véritable. Que dans le dépassement de sa propre culture, il y a la libération d'une énergie formidable. Que dans la fait de lâcher prise sur sa volonté d'avoir et de vivre pour soi seul, il y a la venue de toute l'humanité en soi. Que l'individualité se trouve même couronnée dans cette tension et cette abnégation du n'être plus rien pour soi-même (Révélation d'Arès 40/6). Quand ma conscience a assez de force pour se hisser et se tenir en éveil, ne serait-ce que l'instant d'un regard, face à cette limite ultime de l'abandon de soi, je me sens traversé par les remous d'une Mer immense. Je repense alors à cette phrase du frère Michel, témoin de la Révélation d'Arès : "le vrai moi est du dehors".

Une goutte de cette Mer immense remplirait mon cœur de bonheur, si j'étais seulement capable de me tenir à flot plus d'un instant. Mais à peine ai-je hissé la tête hors de l'eau que je retombe dans mes abysses chaotiques. D'où vient donc ma résistance, autant consciente qu'inconsciente, à rejoindre ces eaux vivifiantes ? Sans cesse je me crispe sur la peur de perdre mon petit pré-carré "d'humanité". Je crains de me dissoudre dans un je-ne-sais-quoi qui représente pourtant toute l'espérance d'une vie et d'un monde changé. J'aspire autant que je redoute à gagner ces Hauteurs. Contradiction que j'imagine être celle de tout homme vivant dans ce monde schizophrène. Je souffre d'être plongé dans ces ténèbres bardés de structures sans vie mais je rugis, je peste et je rechigne même à faire les efforts qu'il faut pour libérer mon regard des murs qui obstruent l'eau et la lumière. Comme toutes les taupes de mon espèce, c'est ma faiblesse qui me fait refuser l'alliance de l'aigle (23/2).


C'est pourquoi je me rends à Arès chaque été depuis près de 15 ans maintenant : pour raviver et vivifier mon ardeur à vaincre mes réticences, mes peurs, ma lâcheté. Pour faire un bilan sur tout ce que j'ai engagé l'année passée et recentrer mon être et mes projets futurs dans la direction de certitude. Choix de vie, mais aussi projets de mission, thèmes de réflexion... C'est toute la tension de mon être que je décline ainsi, dans un seul but : remodeler mon existence, la faire coïncider avec le grand Dessein du Père. Le pèlerinage, vu sous cet angle, est avant tout une veillée d'armes mais en l'absence de véritable dynamique collective concertée chez les pèlerins d'Arès (ce mouvement est jeune et n'a pas encore pris la mesure de son rôle historique), il demeure éminemment solitaire.

Le pèlerinage est aussi un moment privilégié de paix et de profondeur spirituelles. Me retrouver loin des soucis et du bruit du monde est un bonheur que je ne vis pas sans éprouver une certaine angoisse cependant. Se retrouver seul face à son créateur en préfiguration de ce que je vivrai au jour de ma mort, me fait toujours trembler d'émotion. Il me faut plusieurs jours d'acclimatation pour apaiser mes tensions, vaincre mes élans rebelles et me rendre sereinement en toute humilité dans ce Saint Lieu où Dieu est apparu et où il demeure présent. "Je suis ici. Tu y viens, les frères y viennent." (XLI/1-2). Présent d'une présence invisible et muette, mais qui se fait force, pensée et lumière pour le pèlerin pénitent. "La lèvre prend le feu dans Ma Main" (XLI/3). A Arès plus qu'ailleurs, je viens chercher réponse à mes questions, force pour m'équilibrer et m'élever. Au corps à corps avec moi-même et le monde toute l'année, Arès est le lieu où je peux prendre de la hauteur, décoller le nez de la vitre des médias et libérer mon attention de l'agitation du monde pour sonder mes profondeurs et sceller dans la paix, une alliance (23/2) avec le Père.


Souldigg



21 juin 2008

FÊTE DE L'ÂME

Fête de la musique ou fête de l'âme ?

Pour le pèlerin, le 21 juin est avant tout le jour où débute le pèlerinage de feu à Arès (pour plus d'infos, consulter http://michelpotay.info ou http://www.freredelaube.info).  Mais je ne m'y rendrais pas avant le mois de juillet.  Alors je profite de la fête de la musique pour publier la démo du concert donné à la Scène Bastille par le groupe PIOUS GENS le 21 juin 2006.

Souldigg

NB : la vidéo est disponible sur le site DAILYMOTION. Cliquez sur l'image ou le lien pour y voir accès.