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10 février 2024

LE SUPRÉMATISME DE MALÉVITCH, UN NIHILISME TRANSFIGURÉ ?


La charge de la cavalerie rouge de Malevitch (peint vers 1932)

Carré noir pour le weekend. Le geste iconoclaste et révolutionnaire de Malevitch annoncé sur ce site, surgit dans les pages d’un dossier d’études d’art écrit en 1990.

TELECHARGER LE DOSSIER SUR MALEVITCH (1990 © Eric Desneux)

Revu, augmenté et annoté, enrichi d’images, il vaut pour la candeur du regard d’un jeune étudiant qui découvre les avant-gardes russes du début du 20ème siècle, en plein bouleversement mondial après la chute du Mur de Berlin en 1989, évènement qui fera plus que marquer les esprits, puisqu’il provoquera l’éclatement de l’Empire soviétique et confortera l’Amérique dans son hégémonie capitaliste.

Outre l’œuvre et la pensée de l’artiste russe, il me donne à lire à l’aube de mes 20 ans, tout juste avant la découverte de la foi, après avoir perdu foi en un idéal politique et les voies d’action de la gauche radicale, un temps entrevues comme voie d’engagement combative pour changer le monde, abandonnées depuis. Il signe aussi la persistance des sujets qui animent mes pensées et recherches depuis longtemps et qui fleurissent aujourd’hui sur ce site, alors même que je revisite plus de 30 ans d’archives littéraires et de réalisation filmique, en naufragé d’un monde qui peine à entendre ses artistes.

S’agissant d’un travail réalisé dans le cadre d’un cours optionnel dans une école de Commerce il y a maintenant plus de 30 ans, et qui ne peut pour cette raison prétendre, ni à la rigueur scientifique, ni à la maturité d’un regard averti et aguerri ce document de jeunesse inédit est diffusé librement hors commerce, dans le but de faire découvrir cet artiste russe qu’est Malevitch dont la pensée et l’œuvre ont marqué le XXème siècle, bien au-delà des frontières de la Russie. La Russie dont les liens avec la France ne sont pas en reste, comme on peut le lire dans ce texte qui signe en filigrane, mon attachement à cette culture ce peuple et ce pays qui n’a eu de cesse de nourrir par ses artistes penseurs et écrivains, ma pensée et mon cheminement d’homme et d’artiste depuis.

Rien de politique dans ce geste en nos temps troublés par la montée en puissance de la Russie avec la Chine face à une Europe désarmée et des Etats-Unis au bord de l’implosion démocratique. Ce travail s’inscrit dans une quête hors les siècles. L’Amérique n’est pas et ne sera pas en reste au demeurant sur ce site. Elle a elle aussi ses écrans noirs magiques d’où sont sorties couleurs formes et lumière en fête.

A l’époque du Carré Noir en 1914, outre atlantique, Windsor MacCay, crée Gertie le Dinosaure, le premier film d’animation mettant en scène un personnage en animant un simple trait noir sur fond blanc à l’image. Du Carré Noir au Dinosaure, n’y a t-il pas un curieux écho à l’univers primitif et pariétal qui signe les premiers temps de l’humanité, et renvoie à l’aube de temps nouveaux après destruction d’un monde ancien ?


Au Dinosaure de 1914 en phase avec le Carré Noir, répond en 1919 quand surgit sous les pinceaux de Malevitch en Russie le Carré blanc sur blanc, le noir de noir Felix le Cat d’Otto Mesmer, petite bombe animée qui ouvrira le bal de tous les fuselards en fusée d’Hollywood, au pays des gros cigares et des jolis pépés. A chacun sa sortir du NOIR !


A bientôt pour de nouvelles sorties et Bonne lecture en attendant, pour ceux qu’une quête de l’absolu intéresse. Qui dit suprématiste dit Super Sup’ de Crême, L’artiste !


Eric Desneux

Note : le document mis en ligne sous forme de pdf téléchargeable est un travail d'étudiant sur l'œuvre de Malévitch écrit en 1990 dans le cadre d'un cours sur l'Art Moderne à l'Ecole Supérieure de Commerce de Paris. 

06 février 2024

NOIR DES ESPOIRS

 

Carré Noir sur fond blanc de Malevitch (1914)

Le noir n’est pas soluble. Mais il est explosif... et recouvrable

Celui qui entreprend de se fondre dans le degré zéro des formes des idées des couleurs (je pense à Malevitch et son nihilisme transfiguré, carré noir en 1914, blanc sur blanc en 1918, architectones dans les années qui suivirent) touche le point d’irréductibilité de l’être. Départ d’un possible Infini.

« Je me suis fondu dans le degré zéro des formes, j’ai percé l’abat-jour bleu des limites de la couleur, j’ai pénétré dans le blanc ; A coté de moi, camarades pilotes, naviguez dans cet espace sans fin ; La blanche mer s’étend devant vous. ». Malevitch à propos du suprématisme, point d’expansion de l’art dit “abstrait” en peinture qui inondera le XXème siècle et transformera toute l’approche de l’Art.

Révolution. Exit la toile de chevalet et le bloc de marbre, l’art va investir tous les domaines jusqu’à l’espace et l’informel. Pas d’art conceptuel (inauguré avec Duchamps en 1917), de Pollock et ses projections géantes à même la toile étendue au sol (dans les années 50), d’art brut (le carré noir fut peint sur un bloc de pierre) ou de Pont Neuf emballé par Christo (dans les années 80), sans Carré Noir en 1914.

Alors la fin de notre monde et de notre histoire qui nous annonce bien des plongées dans le Noir…. promet en retour à ceux qui franchiront la passe bien des espoirs. Poursuite en pensée avec Jacques Derrida ? “La Déconstruction n’est pas destruction, c’est un OUI à la VIE”! Déconstruction du langage ? Fin de l’hégémonie du langage discursif. OUI au retour des mots-sons sur ces pages pour faire Signe.

RETOUR de LA VOIX en ligne ? A SUIVRE… Si dans le NOIR l’on ne voit pas, l’on peut toujours ouvrir l’oreille au Vent et sentir passer les Cîmes.

Eric Desneux

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FIN PROGRAMMÉE DES MÉDIAS ?


Le rituel des « oies qui reçoivent la pâtée » (Peguy) hérité de la religion, repris par le politique dans ses discours sur le terrain de l’Histoire à faire, là où la religion s’installait dans l’espérance post-mortem sur sa chaire, est reproduit aujourd’hui mécaniquement à répétition par le médiatique dans ses hauts fourneaux télévisions et réseaux sociaux sur le terrain de l’information, avec la Suffisance et le mépris qui ont toujours caractérisé les pouvoirs qui dominent.

Un organe qui ne remplit pas sa fonction meurt ou disparaît selon les lois de l’évolution. De la même manière que la gente de ce pays a massivement déserté les religions, les partis politiques, les princes et leurs officines, après avoir subi leur joug et constaté leur nuisance, elle rejette aujourd’hui massivement et rejettera demain plus encore, télévisions, médias et journalistes qui ne remplissent plus leur fonction de contre-pouvoir et de médiation.

Eric Desneux

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05 février 2024

RÉFRIGIRANCE MÉDIATIQUE ET GLACIATION LUMINIQUE


La caméra peut être autre chose qu’une caisse enregistreuse froide et mécanique. Contrairement à ce qu’en pensent ceux qui l’utilisent comme simple outil de captation d’information, sans intention créatrice, anarchiquement ou normativement. La matière est sensible à l’esprit qui peut l’investir comme l’eau ou l’air chaud investit un contenant. La caméra qui absorbe ma sueur, ma température, mes chocs, mes émotions, vibre au contact de ce que je suis, de ce que je vis dans l’instant. Autant qu’elle vit de la vie de celui ou celle qui s’offre au regard caméra, et transmet à la matière qui incorpore l’information “IMAGE” son ondulation vibratoire.

Une personne filmée émet dans le champs plus que la lumière ; elle rayonne de l’arc électrique de ses émotions qui se répandent dans l’air ambiant et de tout ce que son corps et sa pensée brassent d’énergies et de forces. Energies et forces qui influent sur le cours des photons pris dans les filets de la matrice filmique. Toute prise de lumière se charge de force. Filmer un être avec amour qui vous renvoie son amour, ne produit pas le même résultat que viser un ennemi avec férocité qui vous pointe un regard assassin.

La vie est complexe, elle est avant tout chaleur et vibrance qui perturbent en permanence le cours de toutes les choses, petites ou grandes, humaines et non-humaines. La télévision et les grands médias qui empapillotent la vie dans leurs écrans avec une captation et une diction mécaniques préfabriquées, font penser à ces échoppes standardisées qui servent des encas froids produits en série, réchauffés et agrémentés pour l’occasion, en lieu et place d’un bon repas chaud fait maison.

Quant à ces mille et mille caméras de surveillance qui se multiplient sur tout les territoires, elles impriment à la matière qu’elles produisent, probablement aussi sûrement qu’un cinéaste ou filmeur vivant imprime sa vie aux images saisies, la mort de leur fixité et la froideur de leur œil mécanique dépourvu de conscience créatrice.

Si la télévision et les grands médias qui ont envahi tous les espaces et pris les allures de vitrines réfrigérées renvoient au monde leur haleine givrante réfrigérante et produisent un univers de figures spectrales, la généralisation des images de surveillance produites et stockées en masse sous vide qui fige nos vies et aspirent nos regards, congèle peu à peu le monde et notre lumière dans des banques de données chiffrées stockées en batterie dans des hangars. Il prépare tout bonnement une ère glaciaire de l’émission luminique humaine et une foule de regards hagards.

Vous avez dit “réchauffement climatique” ? Je dis “spectralisation et glaciation luminique” de la Terre.


Eric Desneux

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GRaPHIZ


Poursuite en CREATIONS avec une collections d’écrans travaillés picturalement en mode graph face à un mur. Marques, incises, creusets en la matière numérique comme on s’attaquerait à un mur pour y laisser trace et faire brèche. Les mots jaillis de ces infructuosités surgissent en vents, lames, écume, déchirures, bris de lumière… pour prendre les plis d’une introspection tourmentée qui aspire à une sortie du tunnel.

Images reproduites en mode écran pour faire IMAGE mais consultables individuellement dans l'ALBUM GRAPHIZ sur ma page FACEBOOK ÆRIK ART dédié à mes créations graphiques, picturales et photos.


2007 © Eric Desneux. Tous droits réservés.


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