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14 avril 2010

BON DÉBARRAS !


Le printemps est là et avec lui le besoin de prendre l’air.

Depuis des années j’entasse des documents, revues, articles, magazines en me disant : “ca me servira un jour si je fais un film sur tel ou tel sujet”. Le temps passe et les films auxquels je pense ne se font pas. L’article, le petit bout de papier sur lequel j’avais cru voir l’intérêt d’une pensée se flétrit, jaunit. Il s’entasse et je l’oublie.

J’ai remis mon nez dans mes piles de papier accumulés et j’ai fait un tri : ça oui (je garde), ça je jette. J’ai jeté par milliers. C’est fou ce que les journalistes se répètent, se copient, se reprennent me suis-je dit en relisant les articles que j’avais jugé bon de garder. Pas grand chose d’intéressant en définitive. Deux ou trois bon mots, captés ici et là dans une interview ou pris chez l’auteur d’une véritable pensée, pour le reste….

Les médias sont déconnectés de la vie des gens. Ils font tout pour attirer notre attention avec des mots et des images “chocs”  pour que l’on achète leur papier.  Pas un jour sans que l’on ne nous annonce “l’apocalypse”. Ils passent leur temps à  tenter de FAIRE l’évènement au lieu de le rapporter.  Ce faisant ils font “écran” à la réalité. Obligé de lire entre les lignes, de peler leurs mots et leurs images pour trouver derrière leur mise en scène, LES FAITS, à partir desquels il  sera possible de réfléchir et d’agir. Mais le nombre de papiers qui ne disent rien, qui ne font qu’agiter la “menace” pour nous remuer….

Il fut un temps où l’on parlait des média comme d’un contre-pouvoir (au service du peuple). Aujourd’hui, les médias sont clairement passés du coté des pouvoirs. Ils font tout pour nous abrutir et nous retenir captifs. Ceux qu’ils servent réellement ?  Leurs actionnaires (des industriels puissants la plupart du temps) et leurs annonceurs publicitaires. NOUS, lecteurs, sommes leur fond de commerce. On apparait dans leurs chiffres de vente et leurs listes d’abonnés et on est guère plus considéré que comme faire-valoir et monnaie d’échange.

Je continue de lire la presse cependant parce qu’il faut bien s’informer mais je ne me fais plus aucune illusion sur les intérêts qu’elle sert.  A lire (ou écouter) les média, il faudrait abdiquer devant les surdéterminismes qui gouvernent ce monde : rapports sociaux, économiques,  scientifiques, politiques,… dont décident les puissants et qui font “l’Histoire”.  Mais de la volonté des individus, rien ! De la capacité de l’homme à s’affranchir des moules culturels, intellectuels, historiques, politiques de son époque, à penser par lui-même, à regarder le monde en face ou à entreprendre de changer sa vie, à proposer d’autres manières de voir ou d’autres alternatives de vivre, rien non plus !

À croire que pour les pouvoirs comme pour les médias, l’individu lambda ne compte pas. Seul compte ce qui fait POIDS, “les MASSES”. “L’Histoire” qu’écrive les média, n’est jamais que l’histoire des pouvoirs (politiques, religieux, économiques….).  A quand une Histoire de(s) l’homme-individu(s) qui se libère(nt)  ?

Ce que je retiens de ce nettoyage de printemps,  c’est que la logique d’enrégimentement qui a prévalu ces deux derniers siècles et qui a fait la part belle aux Etats, aux Nations, aux Partis politiques, aux regroupements de toutes sortes, c’est elle qu’il faut combattre aujourd’hui et ce combat commence dans nos têtes.

On oublie trop facilement qu’avant d’être un monde de Lois et de  ”Structures”, d’Institutions,  d’Etats Souverains, d’Organisations Mondiales , de Blocs d’influence, de Gros ensembles, de Gros Marchés, de pays … ce monde est avant tout le monde des hommes, et les hommes, c’est vous, c’est moi, c’est lui, c’est elle, ce sont NOUS TOUS. Même enchainés aux systèmes de ce monde par nécessité, nous restons libres et souverains de nos personnes, (à tout le moins) de nos volontés. Même limités dans nos perspectives (individuelles et collectives) à court et moyen terme (restons réalistes), il ne nous est pas interdit d’espérer un vrai changement à long terme.

HOMME, FEMME
QUE VEUX-TU ETRE ?

Tu n’es pas né pour reproduire ce que d’autres avant toi t’ont laissé : des chaines et des filets.

Tu es né pour vivre libre et pour CRÉER.

01 avril 2010

ÉCLOSION

  


Premiers bourgeons.

Douce éclosion de fraicheur et de vitalité.

Annonce d'un renouveau.

24 mars 2010

JEUNE POUSSE

 

Mon verbe repousse

Je me redresse.

Lentement, le jour perce la chair.

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Lumière

Douleur printanière.

Douceur princière.

21 mars 2010

VERT PRINTEMPS


Une promesse. Rien de plus. Un soupçon de beauté juvénile, les premières pousses du mois de mars. Mais qui doute que la chaleur reviendra, que l’herbe repoussera et que les arbres refleuriront ? Nous sommes si pressés de voir finir l’hiver qui se termine que nous sentons deja les brises d’été caresser nos visages.

Chaque année les saisons reviennent. Immanquablement. Comme pour nous rappeler à l’espérance. Mais l’humanité, elle, attend toujours son printemps. Elle a traversé maints hivers, espéré en de nombreux soleils pour faire surgir un monde meilleur : le paganisme et ses idoles, la religion et ses dogmes, la politique et ses lois et maintenant la science et ses “experts” (anthropologues, économistes, sociologues, médiologues, scientifiques…). Qu’en reste t-il aujourd’hui ? Où cela nous a t-il conduit ?

Je lis ces jours-ci dans la presse, que nos hommes politiques s’inquiètent (je cite) de ce que “les Français sont fatigués psychiquement”. Doux euphémisme pour dire que notre monde ne croit plus en rien, et surtout pas en ses “spécialistes”, que ses soleils se sont éteints.

Il est temps pour l’homme de redécouvrir ce dont il a vraiment besoin pour vivre : amour et liberté.

Voila les soleils que j’aimerai voir se lever sur l’Humanité.
Voila la chaleur à laquelle j’aimerai être exposé.

Pour réchauffer mes ardeurs buissonnières
sortir de ma cage mentale
et me laisser envahir par la Sève
grasse et nourricière,

LA Sève !

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16 mars 2010

PARFUM DE ROSE


J’étais vendredi soir à Montreuil pour assister à la projection de l’un de mes films  sur l’islam, “La Nation du Milieu”. J’étais invité par une association musulmane qui tient un petit local d’information dans le quartier des morillons, un quartier très populaire dans les hauts de la ville. Dans la salle, une trentaine de personnes. Parmi elles, des chrétiens et des musulmans.

C’était la première fois que j’assistais à une projection publique de mon documentaire et j’étais un peu anxieux.  Comment allait réagir la salle ? Le film est bâti sur une confrontation de propos entre chrétiens et musulmans et fait clairement ressortir les points de dissension entre les deux religions. Malgré cela, le film fut très bien accueilli. Peut-être parce qu’il fait montre “d’une profonde compréhension envers l’islam” pour reprendre les mots de l’un des participants, et qu’il est “habité par la volonté de dialogue et de comprendre l’autre“.  Un film “à contre-courant” (de ce que divulgue habituellement les média) dira un musulman, qui saluera le courage de ma démarche.

Les échanges qui ont suivi m’ont confirmé l’intérêt porté au film et sa vocation à faire pont entre gens de confession différentes. “C’est dommage que vous n’ayez pas interviewé des juifs dans votre film“, m’ont même dit deux femmes en partant. “Comme ça on aurait été tous réunis” m’a t-elle lancé avec un large sourire en joignant ses deux mains.  Le désir d’unité et d’entente est profond dans les cœurs me suis-je dit. Ce qui fait que les hommes s’opposent, tient peut-être à la trop grande importance que l’on attache aux formes de vivre et de croire. Mais il y a manifestement en l’homme, une force de dépassement qui n’a pas encore trouvé à s’épanouir et qui git, tapie dans les cœurs. Notre monde moderne, fatigué et perclus par des siècles d’affrontements idéologique et religieux, se laissera t-il gagner  la douceur et la bienveillance ? Ce qui est sur, c’est qu’une certaine branche de l’islam a compris tout l’intérêt qu’elle avait à se développer en Europe, terre où elle peut échapper à une certaine pesanteur doctrinale et revisiter dans la paix, le sens profond de ses sources.

Loin des clichés habituels véhiculés par les médias, cette soirée m’a à nouveau confirmé que les musulmans  forment une communauté très diverse, travaillée en profondeur par d’intenses courants de recherche et d’évolution, parfois même inconscients. Dans notre monde matérialiste qui a de toute part tendance à ignorer voire rejeter le spirituel, certains musulmans peuvent faire montre d’une radicalité excessive, comme pour se protéger ou manifester avec force leurs convictions . Mais au delà de ces comportements radicaux, parfois suicidaires (même socialement), l’islam n’ignore pas les grands courants d’individuation qui traversent notre modernité. Ceux-ci ont des répercussions aussi bien sur le statut et l’image de la femme, que sur la lecture des textes et les pratiques rituelles.

Ce n’est pas dans un petit article de blog que je vais détailler et étayer ces impressions. Quelques exemples seulement pour mettre à mal certains clichés persistants. Tout d’abord, il y a peu de musulmans réellement pratiquants en France. La majorité d’entre eux se disent musulmans comme d’autres se disent catholiques ou protestants. Ils pratiquent un islam de circonstance, fortement marqué par des habitudes culturelles. C’est en grande partie le cas de la jeunesse (pourtant force d’avenir). Ceux qui fantasment sur l’islamisation de la France se trompent complètement. Autre chose :  une femme voilée n’est pas nécessairement une femme soumise à un “patriarcat machiste et arriéré” ; elle peut même faire montre d’une grande liberté de propos et d’action au sein même de sa communauté. Je suis convaincu pour ma part, que les femmes représentent une des principales forces d’évolution en islam. Pourquoi donc la France s’en prend t-elle le plus souvent à elles quand il s’agit de stigmatiser l’islam (loi sur le voile en 2004, polémique sur la burqa…) ? La société française gagnerait au contraire à les laisser s’exprimer en toute liberté.

En quittant la salle, je me suis attardé sur les livres (corans, guides pratiques) et autres produits proposés à la vente dans le local. Au milieu des chapelets, parfums, encens, tapis de prière…. je suis tombé sur un texte soufi d’une très grand profondeur, une longue méditation métaphysique, sur l’un des versets coraniques les plus énigmatiques, qui décrit Dieu comme semblable à une “lumière sur lumière“. Je n’ignore pas que l’Islam est aussi traversé par de forts courants rigoristes et hostiles au monde moderne, qu’il a un énorme travail à faire pour s’ouvrir et renouer avec les hautes valeurs spirituelles qui sont dans le Coran. Mais j’ai ramené dans ma voiture, comme un léger parfum de rose, la conviction intime que ce travail était déjà à l’œuvre dans les cœurs et que ses fruits pourraient bien à terme, nous surprendre.

Eric Desneux