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SITE MÉMOIRE EN CRÉATION

Migration de mon contenu en ligne   sur cette plateforme en vue de laisser une trace pérenne de mes écrits et créations personnelles. Ouvert...

24 août 2025

GOLDEN SUN



La reprise de nouvelles publications sur ce site le 4 août dernier avec en primeur l'article POÉSIE PAS MORTE 
annonçait le retour en phare de la poésie sur ces pages. Son titre résonnait comme un défi lancé à ceux qui ont mis ma verve en tombe après un passage en trombe sur un fameux "média libre" dans la rubrique "commentaires" de ses pages,  armé d'un nouveau langage composé de mot-sons pour parler à l'âme en plongée dans l'Histoire. Il faut croire que les profondeurs que j'ai remuées en versifiant mes commentaires enflammés ont provoqué bien des remous pour aller jusqu'à vouloir me faire taire de toutes les manières. D'une certaine façon, j'ai pris leçon de ce battage et ce que je renvoie aujourd'hui 24 août, jour de naissance de Léo Ferré, en une SENTE À LYRE sous forme d'épée de chevalier trempée dans le miel pour en faire une coulée d'or de lettres capitales pour guérir les cœurs et les âmes, veut donner autant à réfléchir qu'à se réjouir et se lever. Car toute l'essence et le but de la poésie est là n'est-ce-pas ? Donner à l'âme de quoi frémir sous la caresse des mots autant qu'à l'esprit de quoi penser, comme au corps, osons le mot, de quoi se mouvoir voire danser ! L'homme, cette composition de merveilles, de sang et d'esprit n'est-il pas appeler à retrouver son unité dans un élan de Vie qui le transcende et le porte par tous ses pores à s'élever au delà de sa condition jusqu'à défier la gravité ?

C'est entre autre la raison pour laquelle, j'ai opté pour l'anglais américain pour composer cet hymne et pas n'importe quel american english s'il vous plait : le parler SLANG affuté et direct des slameurs et des rappeurs qui puise toute son énergie dans les raccourcis et la frappe de mots bien choisis pour entrainer son auditoire dans une transe chaloupée et mobilisatrice. En attendant de vous servir ces mots en musique et en clip, je ne résiste pas à la joie de vous les montrer sous la forme d'un simple script comme une image-signe, l'histoire de marquer mon retour en verve et de prendre, comme de signifier, le virage décisif d'un appel lancé désormais au monde. Car c'est le monde qui doit changer (Le Signe 28/7) et vu que la France, ce pays visité par le Père de l'Univers en 1974 et 1977 s'obstine à refuser son Destin spirituel en tuant le verbe de ses poètes comme naguère Israël tuait ses prophètes, la France ce ventre mou du monde qui préfère encore le confort de la tombe à la force de la trombe, le ventre et le foutre au vent fou de l'amour plus fort que la mort, la France qui ne se prépare pas d'autre avenir que celui de la gronde et d'heures sombres, quel autre choix que celui de l'anglais pour être entendu dans un monde mondialisé, passer les frontières et relayer cet Appel de la dernière chance lancé par le Père de l'Univers lui-même à tous les hommes pour qu'ils deviennent frères et refaire de ce monde le nuage d'or où les nations s'embrassent (Le SIgne, XIX/22), avant que ne pleuve la pluie noire qui menace d'éteindre de l'humanité jusqu'à la race ?

Un retour en poesie en american slang donc que j'envoie comme un SIGNE sur ces pages et que j'accompagne de ces paragraphes en ma langue que j'envoie en blocs de lignes rangées comme un SIGNAL, le SIGNE AL d'un sursaut et d'un renouveau. Haut les cœurs ! C'est jour de naissance de Léo Ferré comme dit plus haut (les Hauts ferrés, par une voix de fer ?). Dans ma chanson mon Soleil est d'Or, et se hisse et se lit comme le pommeau d'un épée tressée de mots miellés, mais dans mes visions ce Soleil est d'Or blanc cerclé de jaune, et se lève comme une Aube sur une Mer profonde et fait resplendir ses douces lueurs jusqu'aux confins de l'Horizon sur une mer de nuages qui étendent leurs douces floraisons orangers à l'infini sur les Hauteurs Saintes. C'est en France que Dieu s'est manifesté et a planté son pied pour y prendre racine et faire Signe. C'est de ses profondeurs que surgiront les pics et poussées qui franchiront les digues pour éclairer cette partie du monde qui vit dans l'ombre et l'amener à changer pour de bon. Et c'est la force de la Femme, qui porte la Paix, qui redonnera courage, force et haute visée à ces nains que sont devenus les Français, pour arrêter le cycle infernal des ambitions et des guerres qui n'engendrent que domination et spoliation, malheurs et misère.



O

YO ! BACK
TO POETRY LAND
IN AMERICAN SLANG
WITH WORDS THROWN
AS BLADES AND STONES
TO DRAW A GOLDEN SUN
AND CAP WORDS LINED
AS A KNIGHT'S SWORD
OF HONEY TO HEAL
OUR HEARTS 'N'
SOULS

ÐÐ

SPENT A NIGHT
HUSSLED BY FIGHT
IN A RED NIGHTMARE
CLOSE TO DARK HELL

WOKE UP THIS MORNIN’
WITH AN ANGRY SCREAM
STRUCKED IN THE THROAT
HOW CAN LIFE BE SO GROSS!

GIVE THE WORLD YOUR BEST
AND IT SPITS AT YOUR FACE
GIVE IT A BLOW OF DEATH
AND IT SHAKES A LEG

HAV'U SEEN
MY DREAM?
HAV' U HEARD
MY SCREAM?

WHAT CAN WE DO
FOR A REAL CHANGE
TO AVOID THE BUOY?

WHAT CAN WE MAKE
TO BRING LIFE TO DAY
NOT BURIED IN SOIL?

WHAT FIGHT IN SIGHT
TO SEE DAWN TO RISE
AND DEATH TO DIE ?

THOUSANDS OF CENTURIES
OF FIERCE RESISTANCE TO BE FREE
AND BILLIONS OF BILLIONS OF SLAINED LIVES BURIED
WITH DECAY IN SIGHT FOR THE LIVINGS !

WE KEEP ON FIGHTING HARD
WITH HARSHNESS AND CRIES
AND BLOOD ON THE SPEAR

WE HARVEST BLACK STARS
AND MOURNING TEARS
FOR SOLE REALM

I

ISN’T IT THE TIME
TO GIVE PEACE A CHANCE
AND TRUE LOVE A TRY?

TO WAKE UP IN JOY
AND WALK UP IN FORCE
THE UPWARD PATHS?

WHO SHEDS BLOOD
ENDS UP BLACK DOG
WHO SEEKS POWER
ENDS UP TRAITOR

WHO SPREADS LOVE
WARMS AS A SUN
WHO SHAKES JOY
SHINES GOLDENED

O

LET THERE BE LIGHT
LET IT BE CLIGHT
LET THERE BE LIFE
LET IT BE LITE

LET THERE BE SEAS
LET THEM DIG DEEP
LET THERE BE SKIES
LET THEM RISE HIGH

LET THERE BE WINDS
LET THEM BLOW WILD
LET THERE BE CLOUDS
LET THEM BEAR FLOODS

LET THERE BE WAVES
LET THEM WHIRL RAGE
LET THERE BE SHORES
LET THEM HOST WORLDS

LET THERE BE SEEDS
LET THEM GROW TREES
LET THERE BE FRUITS
LET THEM GIVE FOOD

LET THERE BE BEES
LET THEM HONEY
LET THERE BE BIRDS
LET THEM SING EARTH

LET THERE BE FEET
LET THEM RUN FREE
LET THERE BE HEARTS
LET THEM PULSE HIGH

LET THERE BE EYES
LET THEM SEE WIDE
LET THERE BE HANDS
LET THEM GIVE GRANT

LET THERE BE MINDS
LET THEM BE WISE
LET THERE BE MOUTHS
LET'EM SPREAD TRUTH

LET THERE BE LAUGHS
LET THEM BE OUT LOUD
LET THERE BE SCREAMS
LET THEM MOVE DREAMS

LET THERE BE FEARS
LET THEM VANISH
LET THERE BE TEARS
LET THEM BRING PEACE

BE THERE FEELINGS
JUST LET'EM BREATHE
BE THERE SILENCE
LET IT BE HENCE

BUT MOST OF ALL
LET THERE BE LOVE
TO GIVE US WARMTH
LIGHT AND JOY

FOR LOVE IS ONE
EVER FORCE
TO UNITE
ALL

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23 août 2025

ENCRES


Echo à l'article "Vous avez dit anartiste" ? qui évoque en final une danse dans le noir, et plongée dans le monde la Rentrée qui s'annonce, rentrée qui n'est pas sans évoquer l'école et ses cahiers, ci-après en lien publiée sur ma page facebook ÆRIK ART, une série de pages encrées au pinceau en 1997 retrouvée dans mes cartons parmi des esquisses, crobars et autres tentatives picturales réalisées à une époque où je me rêvais en peintre, et où le dessin était plus qu'un habitus ou une praxis, une voie pour sentir et me relier à cet invisible que traque l'artiste dans ses œuvres.

Tracés de lignes au pinceau trempé dans l'encrier, inscrits d'un jet sur papier, sans réflechir, porté uniquement par la sensation de liberté de la main qui court légère, guidé par l'œil qui scrute la blancheur et cherche à en faire jaillir l'éclat entre deux tranchées de sombre pour faire naitre un dialogue entre pleins et vides, ombres et trouées de lumières. Force et concision d'un geste sûr qui navigue entre écriture et aplat, entre idéogramme et peinture.
 

ENCRE #26. 1997 © ÆRIK


Se lisent dans ces images, les influences de Michaux et Soulages qui ont longtemps accompagnés mes lectures et voyages du regard. S'y loge aussi toute la peinture moderne, en particulier celle d'après-guerre qui vit des Matthieu, Pollock investir le geste et le trait sur la toile sans soucis de sens ou de construction picturale et qui préfiguraient à leur manière l'art du graph et son invasion sur les murs délaissés des cités. 

Car in fine, c'est bien de graphisme qu'il s'agit avant tout dans ces images et non de peinture. C'est d'ailleurs vers ce métier que je me dirigerais quelques mois plus tard pour l'exercer en professionnel sur la place de Paris pendant plus de 20 ans, derrière un ordinateur pour réaliser toutes sortes d'animations et illustrations pour la télévision et les agences de communication de la Capitale.


ENCRE. 1997 © ÆRIK


A les revoir et me plonger dans leur noir et brou de noix, je distingue deux obsessions : la recherche d'infructuosités sous forme de carrés de lumières enserrés comme autant de fentes et fenêtres dans la masse, et à l'inverse la liberté d'un tracé qui tendrait à retrouver la force de l'idéogramme mais sans le sens littéral que le la lecture d'un mot procure. J'y lis aujourd'hui ce que je rechercherai et trouverai bien plus tard dans l'exercice de ma profession, la réalisation d'IMAGE-SIGNES, concept forgé pour accompagner la réalisation d'affiches.

Un idéogramme se lit d'un seul regard comme une seule et nue entité contrairement au mot à l'occidental qui demande au regard de suivre un parcours ligné, d'entreprendre un décryptage pour faire émerger le sens du mot de la phrase, introduisant par là un différé entre captation et compréhension. Un idéogramme est plus proche d'une image alors même qu'écrire c'est d'abord tracer une ligne, un dessin, imager la lettre, le mot.


ENCRE #74. 1997 © ÆRIK

Qu'en serait-il de notre pensée et de la perception du monde qui l'accompagne si notre écriture, et par voie de conséquence notre parler, se rapprochait de cette logique d'immédiateté entre perception et compréhension du signe tracé ? Quand le signe rejoint l'image, l'image fait signe et la pensée ne se déploie plus comme un fil que l'on tisse, mais comme une suite de jets lancés comme des pierres, ou des étincelles qui alimentent peu à peu un feu qui grandit sur le fond de la rétine.

C'est tout l'enjeu de ce travail que d'ouvrir à cette autre façon de lire et voir que j'aborderai plus amplement en développant le concept d'IMAGE-SIGNE que je reprends souvent dans mes lignes sur ce site.

Bon visionnage !

Pour plonger dans l'encre, c'est par ici


Eric Desneux

VOUS AVEZ DIT « ANARTISTE » ?


18 août 2025. Jour de mes 56 ans. Je choisis ma date anniversaire pour relancer l’écriture de mon BLOG interrompu pendant plus d’un an suite à des déboires personnels qui m’ont plongé dans le Noir, le temps de reprendre pied et refondre ma dynamique. J’ai depuis migré mon site sur cette plateforme BLOGGER de Google, dans l’idée de créer un SITE-MÉMOIRE, en reprenant l’intégralité des articles que j’ai publiés sur internet sous différents comptes et pseudos depuis 2006. Je poursuis aujourd’hui ce travail de RESTITUTION « on line » en publiant quand l'occasion se présente, bribes de pensée, images et poèmes puisés à 30 ans d’archives personnelles explorées pour nourrir en parallèle un labeur d’écriture au long cours, avec en ligne de mire la réflexion métaphysique et la création d’une imagerie spirituelle.

Pourquoi choisir Google, ogre avide de DATA personnelles et magnat incontesté des médias interconnectés pour me livrer, alors même que ma philosophie est de respect fondamental et promotion des liberté et individualité humaines ? Parce que cette plateforme, en plus d’être en lien direct avec le diffuseur Youtube qui accueille ma chaine ÆRIK TV, offre la particularité d’être gratuite et potentiellement pérenne pour l’autodidacte auto-produit et auto-édité que je suis. N’ayant eu ni les faveurs d’un galeriste pour mes œuvres, d’un éditeur pour mes écrits, ou celles d’un producteur pour mes films, où ailleurs qu’au cœur de la Matrice laisser trace de mon passage sur cette terre pour avoir une chance de trouver un jour, fût-il lointain, un public ? 

Mais revenons au titre de cet article qui reprend un des mots de la baseline de ce site pour décrire qui je suis, « Eric Desneux dit ÆRIK poète anartiste ». Poète « pouet-pouet » diront certains, mais « anartiste », bigre!, c’est quoi ce beans ? Un artiste anar, anar comme anarchiste ?  Un nanartiste !? Chantre de la liberté (notamment d’expression) et du partage, pourfendeur des dominateurs et des pouvoirs, défenseur du spolié contre le spoliateur à mes heures… A bien des égards ma philosophie personnelle comme mes vues sur la vie sociale et mon engagement dans la Cité pourraient me faire prendre pour une graine d’ananar et me ranger de ce coté-ci des idéologies politiques.  Mais idéologue je ne le suis pas. Bien au contraire. Bien que pêchant par trop souvent par idéalisme et prêchant un Idéal, je refuse catégoriquement d’être rattaché à quelque idéologie en « -isme » que ce soit, même « l’anarchisme », et être étiqueté de quelque -iste que ce fut, fut-il anarchiste. Car le fond, exclusivement politique, et les voies de réalisation de ces -isme (isthme?) et -iste peinent par trop à se départir d’une certaine violence qui ont finit par prévaloir dans l’Histoire jusqu’à faire du noir (et rouge) la couleur emblème de cet Espoir pour un monde sans chefs et sans pouvoirs arbitraires, pour que je m’y rattache. 

J’ai foi en l’homme et sa capacité de faire éclore et grandir en lui une autre Nature, spirituelle, qui se puise, certes à la liberté, mais absolue, et surtout à l’Amour Universel, ce par et pour quoi l’Univers et son Enfant, l’homme, fut créé. Mon idéal est de transfiguration de la vie personnelle et sociale, pour faire de l’homme un co-créateur de sa propre vie et de son âme et de  l’Humanité une co-créatrice de cet Univers, avec en vue les mondes sans heure qui tournent l’Eau (Le Signe VI/3) du Créateur. Foi créatrice et dépassement fondent mes vues et actions. Générosité et fidélité (à mes valeurs) sont mes maitres mots.  Le Don infini, mon horizon. Rien à voir avec une conception, toute intellectuelle aussi généreuse soit-elle, de la vie sociale qui prône telle ou telle forme d’organisation ou mécanismes de compensation pour réguler la vie sociale. Mon rejet des lois et des structures institutionnelles, ma préférence pour les souplesses et adaptabilité de l’âme face aux circonstances de la vie sans cesse changeantes, ne me range dans aucune des catégories dont la pensée politique moderne a accouché qui ne se borne qu’à une vision exclusivement matérialiste de l’homme et du monde, y compris la pensée anarchiste qui se range à gauche de la gauche  politique dans une logique de confrontation directe avec les pouvoirs et qui ignore ou feint d’ignorer tout des forces spirituelles qui gisent tapies dans le cœur des hommes pour qu’ils deviennent frères et (re)faire du monde un nuage d’or (Le Signe XIX/22).

Si l’on veut lire le mot anartiste en écho à anarchiste parce qu’il contient en entête le mot anar, il faudrait alors regarder plutôt du coté de l’Anarkia, mot repris et propagé sur son blog dans un article par Michel Potay, témoin et propagateur de La Révélation d’Arès, dit Le Signe, en écho aux versets de ce Livre phare qui évoquent l’idéal de vie humaine comme un monde sans pouvoirs arbitraires et sans chefs : « Tu ne seras le chef de personne » (16/1), « Tu ne commanderas à personne » (36/19), et qui préconise comme voies d’accès à cet idéal, les sentiers du Sermon sur la Montagne prêchés par Jésus (Evangile de Matthieu, 5 à 7) et le combat d’une pénitence créatrice au fond de soi pour s’engendre soi-même librement en une autre vie infinie, libre et souveraine, non les voies de la Révolution armée dont s’est entiché l’anarchisme politique et dont Albert Camus a bien démontré dans son dernier ouvrage L’homme révolté, qu’elles aboutissaient toujours in fine à plus de pouvoirs et plus d’État, quelque fut les intentions originelles mises par les insurgés dans leur combat.

Anarkia donc plutôt qu’anarchisme versant Idéal. Anarkia dont la construction linguistique éclaire aussi sur le sens que je donne à anartiste sur ce site. Anarkia renvoie directement au grec ancien ANARKHOS construit sur le préfixe privatif an- et le mot arkhos qui signifie « pouvoir », anarkhos signifiant littéralement « absence ou négation des pouvoirs » dans cet idiome antique. En écho à cette construction, j’ai imaginé le terme an-artiste, entendez par là négation ou absence d’artiste, pour décrire un « artiste » qui ne le serait pas en somme, ou plutôt un artiste qui rejetterait l’art et la vision de l’artiste tel qu’il est pensé et se vit aujourd’hui. Car si je dessine, je peins, j’écris et crée des films, je peine à me considérer comme un « artiste » en ce monde où l’artiste et l’art ne se départissent pas des pouvoirs qui le financent, qu’ils soient politique ou autres et qui font toujours peu ou prou la part belle à une Culture dominatrice qui ne dit pas son nom, qui est religion ! Religion d’État en France, qui a même un ministère et un fonctionnaire d’Etat à ce nom pour surveiller et contrôler la création.

Comme le soulignait naguère le promoteur de l’Art Brut, Jean Dubuffet dans son ouvrage Asphyxiante Culture, à qui l’on doit entre autre d’avoir découvert et promu des autodidactes en peinture, « l’art des fous » et autres zozos jugés irregardables voire infréquentables,  l’Histoire de l’Art n’est pas autre chose que l’histoire de l’art des Pouvoirs qui l’ont financé et fait prévaloir pour se faire une gloire aux yeux de l’Histoire et propager leur vision élitiste du monde. En matière d’art, c’est et cela a toujours été celui qui paye qui décide de ce qui se montre en gloire. Imagine t-on un pouvoir qui soutiendrait un art ou un artiste qui le mettrait au défi de disparaitre ou qui inciterait les hommes à se passer de lui et porter leur regard vers un tout autre horizon que celui conditionné par la Culture et les normes sociales qui maintiennent le monde et son Ordre en place ? Les artistes et réalisations affranchis des pouvoirs qui ont réussi à percer sans ces soutiens pour appeler ou inspirer les hommes à s’en libérer, ont gagné authentiquement la faveur d’un public populaire grâce à la force de leur expression dans des moments historiques de détente comme les années 70 en Occident, non sans rencontrer opposition voire tentative de les faire taire ou les récupérer, et non sans user de ruse pour survivre ou continuer d’œuvrer. Je pense notamment à Jim Morisson, à AC/DC, aux Pink Floyd ou aux Rolling Stones et autres rockers dans le domaine de la musique, à l’humoriste Coluche sur scène, à Charlie Chaplin ou Ridley Scott dans le cinéma de divertissement.

Mais combien d’œuvres qui auraient mérité un regard, combien d’artistes qui auraient mérité qu’on les soutienne de leur vivant ou qu’on leur donne une chance, sont restés inconnus ou remisés au placard, plombés par le manque de moyens ou l’invisibilité orchestrée par les pouvoirs ? Combien d’œuvres et d’artistes renommés à l’inverse, qui stupéfient par leur vide ou leur vice, ont bénéficié de la manne publique et de la spéculation sur la création dite "artistique", sont entrés dans les musées et collections portés aux nues à grands renforts de promotion, jusqu’à cette décadente cérémonie d’ouverture des JO 2024 à Paris qui célébrait dérives sexuelles et infanticide, ou cette banane industrielle scotchée au mur vendue une fortune ?

Anartiste donc comme pour dire « non-artiste », œuvrant affranchi en marge des pouvoirs, mais qui paradoxalement n’hésite pas à placer son œuvre au cœur de la matrice Google pour s’offrir la possibilité d’un voir à terme. Car œuvrer sans trouver son public, c’est comme danser dans le noir. Et si le noir est la couleur des anarchistes, en partie pour porter le deuil de tous ceux tombés au combat, s’il est aussi la couleur de ce chaos d’où surgit toute création, celle des ténèbres dans lesquelles éclate la lumière, il n’est jamais destiné qu’à rappeler que le noir n’est qu’un état de passage, de non-être, de non-advenu en attente d’un Jour pour faire Retour de ce qu’il porte en pleine Lumière.


Eric Desneux dit ÆRIK

Nota bene : en écho à cette chronique, je vous propose, outre un passage sur ma chaine Youtube ÆRIK TV, entièrement refondue à l’occasion de la création de ce SITE-MÉMOIRE sur laquelle je reprends la diffusion de mes créations vidéos et musicales, un détour par ma page FACEBOOK ÆRIK ART récemment créée pour offrir un regard à une série de tracés encrés qui n’est pas sans évoquer cette danse dans le noir dont il est question au dernier paragraphe. 

Post-scriptum : à l’attention de ceux que questionne l’usage de mes noms et pseudo dans un même intitulé, Eric Desneux dit ÆRIK, je précise pour que l’on m’épargne le qualificatif de schizophrène dont on affuble aisément tout être qui ne rentre pas dans la norme de nos jours, que si ÆRIK est le non d’artiste, d’anartiste devrais-je dire, que je me suis forgé pour signer mes œuvres, Eric Desneux est le nom d’état civil avec lequel je porte la production et l’édition de mes œuvres, en auteur-réalisateur de films auto-produits et d’ouvrages auto-édités que je suis. Je réunis ainsi dans un seul intitulé l’entité que je suis.

04 août 2025

ÆRIK ART sur FACEBOOK


« Jamais 2 sans 3 ! » dit un vieil adage populaire.

Pour compléter les deux articles publiés ce jour, l'un sur la poésie comme acte de résistance dans un monde qui s'uniformise, l'autre sur la pensée qui lorgne coté métaphysique dans un monde en crise, un troisième post pour annoncer l'ouverture de ma page Facebook ÆRIK ART dédiée à mes créations picturales et photographiques, avec la mise en ligne de deux albums photos pour se laisser traverser par l'effluve d'images captées sur le vif en résonnance avec les sujets abordés en PREMIÈRE de ce SITE-MÉMOIRE.

Pour commencer, une série d'images cueillies dans mon jardin rassemblées dans l'album FLORAISONS, photos d'inflorescences en plein été dont la beauté fragile et simple évoque à la fois les mots du poète et l'élan vers la lumière comme vers les feux de l'esprit ;


Les autres saisies dans les recoins d'une ville d'art bien nommée, FLORENCE, berceau d'une certaine Renaissance où j'ai capté le temps d'un court séjour à l'hiver 2019, une série d'instantanés de graphs et cris écrits à la hâte ou collés sur les murs de la ville, collectées dans l'album FIRENZE TAGS, dont la charge résonne en force avec tous les élans de résistance de ce monde en crise, qu'ils soient poétiques, philosophiques ou politiques.


Bonne visite et bon visionnage. N'hésitez pas à "Liker" et "Partager" ces albums pour faire connaitre cette page qui s'enrichira au fil des jours, de ce que je pourrais extraire et rendre public de 30 ans d'archives et recherches en création.


ÆRIK

NOTA : je suis aussi présent sur FACEBOOK avec un compte ÆRIK Graf sur lequel je diffuse au jour le jour images graphées, certains diront griffonnées, à la main sur portable pour signer dans une veine ART BRUT qui lorgne du coté de l'art rupestre, mes engagements et tout particulièrement mon refus du tout technologique. NO IA GARANTEED ! SANS IA GARANTI !

Je dispose également d'un compte INSTAGRAM Aerik_wall, où je publie vues d'atelier et travaux artistiques en cours.


LA PENSÉE, UN ESPACE PROPRE


Echo et contrepoint au texte de ce jour paru sur la poésie, un court texte sur LA PENSÉE, publié lui aussi l'an dernier sur mon ancien site avant d'être retiré, remanié et augmenté pour sa sortie ici, en vue de signer l'un des principaux axes que j'ai choisi d'investir cette année avec l'écriture au long cours et la création d'images spirituelles, la réflexion métaphysique. Fidèle en cela à ce que disait de moi Michel Potay en réponse à l'un de mes commentaires sur son blog : « Vous êtes un artiste, comme vous le rappelez ici, mais aussi un métaphysicien, et nous avons aussi besoin de métaphysiciens comme nous avons besoin de toutes les catégories d'humains. » (183c98)

Ces paragraphes sont extraits d'un courrier adressé à un auteur, historien contemporain (qui ne donna pas suite à nos échanges après l'envoi de ces lignes en réponse au contenu de son ouvrage), avec lequel j'évoquais cette part de nous même qui voyage par delà le temps et l'espace lorsque l'on pense, à plus forte raison lorsque l'on pense avec autrui. Ce texte évoque le monde dit des « Idées » et sa matière propre. Certains diront que  ce texte puise à Plotin et aux néoplatoniciens. Certes, je me retrouve dans bien des dires de ces anciens jadis abordés, mais tout ce que j'écris là ne provient pas de lectures ou enseignements reçus dans le passé, mais de ma propre réflexion nourrie de mes expériences « extra-sensibles » au fil des années. Car la Pensée, ou serait-ce l'âme avec laquelle je la confonds parfois, a sa propre sensibilité qui nous effleure et nous fait frémir comme le vent caresse nos chairs et les faire tressaillir. Un phénomène que tout un chacun a pu expérimenter au moins une fois dans sa vie, et qui me fait poser la question : l
orsque je pense et fait émission de ma pensée à autrui, est-ce moi qui pense ou mon esprit qui rejoint La Pensée qui me traverse et me/nous nourrit en retour de cette plongée dans ses eaux fluides ? Le fameux « cogito ergo sum », « je pense donc je suis » de Descartes, est ici convoqué avec force en glissant du « je » minuscule au JE qui EST de toute éternité, non sans jouer sur les mots. Un jeu qui n'est pas sans évoquer ce « jeu » auquel nous invite la transcendance sur laquelle débouche l'espace métaphysique lui-même, qui est au cœur de ce projet d'essai que j'ai en vue d'écrire.

L'UNIVERS dans son ensemble, matière et immatériel réunis, est un TOUT sans discontinuité qui vibre et danse lui aussi à l'unisson de nos voix et de ce qu'émettent nos esprits, ponts vers l'indicible. C'est à participer et à ouvrir à cette participation de chaque UN dans et à l'Infini, que j'entends contribuer en rendant publiques ces lignes.


« L’espace de la Pensée existe bel et bien lui aussi avec sa propre phusis (mot grec ancien qui signifie "nature" et se rapporte à un concept philosophique d'essence moniste qui évoque la totalité du TOUT comme UN), tout comme cet espace physique dans lequel nous nous mouvons. Cet espace de la Pensée est palpable, contrairement à l'idée que l'on se fait du monde des « Idées » marquée par la culture qui oppose diamétralement monde matériel et immatériel, mondes sensible et intelligible. À cet espace, à cette « phusis », nous sommes tous reliés, comme moulés, car il vit en Permanence hors du temps comme une Mer en Ciel qui nous englobe et nous parcourt (dans ce 99,99% de vide qui "compose" notre matière ?). Il est fait d’eaux où se meuvent et se mêlent la vie de nos idées comme des ondes. C’est pourquoi vous pouvez trouver écho de vos propos dans les paroles d’autres sans lien avéré avec eux, comme reprendre sans le savoir les idées et pensées émises par d'autres nageant dans votre sillage dans cet espace. Plongé en conscience en ces eaux, vous pouvez y croiser les plus illustres penseurs du passé comme les pensées de toutes celles et ceux qui pensent, ont pensé et penseront, sans distinction d’honneur ou de reconnaissance, de temps ou d'espace, car hors de l’espace-temps elles y évoluent « permanentement » et viennent là où elles se sentent appelées pour poursuivre et nourrir cette aventure commune de l’Humanité UNE.

L’écrit que nous laissons n’est pas la pensée que nous émettons à proprement parler, il n’en est que le réceptacle et le véhicule. Il est comme « la chair » pour ainsi dire de nos idées pour faire trace et mémoire dans le temps et l’espace, et c’est la raison pour laquelle l’on dit souvent que l’Esprit d’un texte est à lire entre ses lignes. Car c’est là où il vit, bien qu'enferré sur le papier ou "empixélisé" sur écran. Sur nos mots il souffle, sous nos voix il se glisse. Comment un Tout indivisible pourrait-il se laisser tailladé et découpé en lettres et phrases inscrites ? Une mise à mot est comme une mise à mort, un pied en tombe si je puis dire, comme le pied de fer qui va sur le papier l'encre de noir pour en garder mémoire et permettre à un autre regard de le visiter et le ressusciter. Lorsque l’on lit un livre, on visite peu ou prou un tombeau et c’est la raison pour laquelle je crois que les plus grands inspirateurs inspirés ont veillé à ne pas laisser trace physique de leur pensée de leur vivant. Pour rester libre de toute attache à ce monde au soir de leur vie terrestre et partir, pour nager sans heurts dans cet espace sans heure, une fois leur vie passée.

Jésus comme Socrate, Diogène et d’autres, n’ont pas écrit. Ils ont préféré s’inscrire dans l’espace public au milieu des vies et des voix des hommes de leur temps, pour toucher les cœurs de ceux qu’ils ont rencontré, abordé, confronté jusqu’à y risquer leur vie, plutôt que de laisser leur voix enserrées dans des mots et enterrées dans des livres. Si j’ai choisi d’écrire aujourd’hui c’est parce que je suis comme « assigné à résidence » dans un monde qui se refuse à la rencontre vive, contraint  à l'écriture pour rester en lien avec les miens. Et ce n’est pas le moindre des tours de passe-passe de l’espace médiatique tel qu’il se conçoit et se vit aujourd’hui dans les médias de plus en plus via l’informatique, qui me préoccupe aujourd’hui, que de ne plus faire vivre la rue et les lieux de rencontre où se croisent et se confrontent voix vives, haleines et regards. »


Le monde des médias actuels est un cimetières de funambules qui miment le vivre et l'éclat de l'esprit pour nous faire oublier que nous sommes dans un mouroir. Un "pourroir" devrais-je dire, vu le niveau de médiocrité atteint par ce qui est rendu quotidiennement public ! Mais n'est-ce pas d'un fumier que sort tout jardin (Le Signe XXII/9) ? Si je reprends aujourd'hui l'écriture comme viaduc pour l'avenir, c'est pour avoir été "assigné à résidence" par les pouvoirs d'un monde en crise qui file tout droit vers l'abime comme rappelé, et je lance mes lignes comme des filins pour arrimer ma pensée à celle des mes contemporains dans l'espoir qu'entre mes lignes certains sentent le Vent d'un autre possible à Vivre et en soient nourris, pour justifier ainsi les efforts que j'aurais fourni pour aider cette humanité à aller de l'avant avant de partir à mon tour.

Entrer en métaphysique n'est pas fuir le monde pour se fondre dans l'éther des idées, c'est faire corps avec un monde au-delà de notre perception première pour le faire respirer dans notre chair et émaner ce qui fait de nous autre chose que des bêtes vouées à pourrir en terre. J'ai esquissé ici l'axe de mon travail de pensée comme un jet de pierre pour poser un jalon à ma réflexion en cours en ce domaine. Je l'évoquerais de temps à autre, entre la publication d'une poème, d'un album de créations picturales ou la sortie d'une vidéo, l'histoire de garder vivant et élevé ce fil de pensée.

A bientôt !

Eric Desneux dit ÆRIK

POESIE PAS MORTE



Le recours à la poésie signe un homme de caractère et sa singularité dans l’univers. Elle est la marque des esprits indépendants. Peu entendue de nos jours, elle fait cependant un retour remarquée, visible chez les libraires. En témoignent la profusion de recueils de nouveaux auteurs chez certains éditeurs indépendants. Face à l’uniformisation de la pensée et des contenus propagés par les grands médias, à l’échelle mondiale désormais de surcroit, elle signe le retour d’une quête de sens individuelle et le chemin d’une création propre hors des sentiers battus.

La poésie n’est pas seulement un refuge de l’expression libre et de la conscience souveraine dans les moments les plus difficiles, ou la voix du monde sensible. Elle peut être aussi une arme précieuse au service de luttes historiques. Deleuze dit en substance que l’art et la poésie sont non seulement des actes de création pure, mais aussi et surtout en ce monde-ci, des actes de résistance. Pour mémoire, les premiers feuillets sortis par la Résistance au temps de la deuxième guerre mondiale l’ont été par des poètes tel René Char, Pierre Seghers,… 

Les éditions de Minuit nées de ces poussées et tribulations historiques, existent toujours aujourd’hui et font la part belle à l’écriture poétique. Survivance des lucioles de Georges Didi-Huberman ouvrage paru cette décennie et disponible chez cet éditeur, aborde la question d’une résistance poétique dans l’image et le dire à notre époque cybernétique d’uniformisation et de surveillance généralisée de la pensée et des populations.

Quel texte a perçu le mur du son des médias au moment du bombardement de Gaza par Israël ? Le cri d’un poète palestinien meurtri par la guerre, Refaat Alareer. La poésie porte la mémoire d’un peuple. Et la porte haut. Un peuple sans poète, c’est un peuple sans voix. Même si le destin du poète est souvent, hélas, celui du Dormeur du Val (Rimbaud), qui décrit avec tendre délicatesse toute l'horreur d'un homme, un soldat suppose t-on,  frappé en plein cœur par une balle, gisant au pied d'un arbre

“Dieu le fracas que fait un poète que l’on tue”
clame Aragon, en hommage à Garcia Lorca tombé sous les coups des franquistes pendant la Guerre d'Espagne. La poésie n'a pas seulement la qualité de percer le mur des silences au cœur de son temps, elle a la force de traverser les âges et de faire Mémoire. N'est-ce pas un long poème, l'Illiade et l'Odyssée chantée par Homère, qui figure en premier rang des ouvrages littéraires de notre civilisation ? Et que dire de l'un des rares fragments qu'il nous reste de Parménide d'Elée, fondateur de la philosophie grecque antique, qui exposa ses idées en vers inspiré par une muse venue de l'éther l'enseigner ?

Non, la poésie n'est pas morte. Elle git juste tapie sous la cendre comme une braise prête à enflammer les cœurs. Le fracas de ce monde ne saurait l'étouffer car elle est d'Eternité. "Elle est retrouvée. Quoi ? L'Eternité ! C'est la mer allée avec le soleil" chante le prince des poètes en notre langue qui nous laissé ses voyelles pour traverser le temps et rejoindre l'éther. "A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu, voyelles. Je dirai quelques jours vos naissances latentes" entonne t-il pour nous inviter à la visiter dans les replis de leurs sonorités (Voyelles de Rimbaud). "Bring out your vowels" (sortez vos voyelles) reprend un siècle plus tard Jim Morisson avec les Doors dans une chanson restée célèbre. "You are slaves" (vous êtes des esclaves) avait-il coutume de dire sur scène pour secouer son auditoire et l'inciter à faire le passage :
"Break on through the other side !" (faites le pas de l'autre coté), en musique s'il vous plait ! Pour honorer ce verset de Verlaine ? "De la musique avant toute chose et pour cela préfère l'impair" (Art poétique)Tout le propos et le but de la poésie se tient là. Sortir de l'ornière des mots et du conditionnement de l'Histoire pour libérer nos âmes et enfanter un autre monde.

N'est pas poète qui veut. Mais tout homme a en lui la nostalgie d'une autre vie et peut sentir et se sentir porté voire enflammé par le verbe d'une voix qui transcende les lieux et les âges. De poète à prophète il n'y a guère qu'un peu d'air (r) soufflé (ph) du dehors de nous même qui envahit notre frêle condition d'homme sur terre pour se faire chantre de la beauté de et dans l'Univers, comme en témoigne le grand poète russe Pouchkine (1799-1837) dans ces vers :

Tourmenté d’une soif spirituelle,
J’allais errant dans un sombre désert,
Et un séraphin à six ailes m’apparut
À la croisée d’un sentier.
De ses doigts légers comme un songe,
Il toucha mes prunelles.
Mes prunelles s’ouvrirent voyantes
Comme celles d’un aiglon effarouché.
Il toucha mes oreilles,
Elles se remplirent
De bruits et de rumeurs.
Et je compris l’architecture des cieux
Et le vol des anges au-dessus des monts,
Et la voie des essaims
D’animaux marins sous les ondes,
Le travail souterrain
De la plante qui germe.
Et l’ange, se penchant vers ma bouche,
M’arracha ma langue pécheresse,
La diseuse de frivolités et de mensonges,
Et entre mes lèvres glacées
Sa main sanglante
Il mit le dard du sage serpent.
D’un glaive il fendit ma poitrine
Et en arracha mon cœur palpitant,
Et dans ma poitrine entrouverte
Il enfonça une braise ardente.
Tel un cadavre,
J’étais gisant dans le désert,
Et la voix de Dieu m’appela :
Lève-toi, prophète,
Vois, écoute et parcourant
Et les mers et les terres,
Brûle par la Parole
Les cœurs des humains.

Le prophète
Traduction par Mérimée


NDLR 2025 : publié une première fois le 15 août 2024 dans une tentative de reprendre le fil de mon site d'alors, ce texte laissé en suspens et retiré de la publication après quelques temps, est repris ici augmenté près d'un an plus tard comme pour acter le silence qu'il me fallut pour sortir du noir. Je poursuivrai la parution d'articles sur ce nouveau site au gré des jours, mais privilégiant désormais l'écriture au long cours en vue de la sortie d'ouvrages publiables et monnayables (même un poète doit vivre, pardi !), mes publications se feront plus clairsemées et prendront davantage le tour d'un JOURNAL DE L'ÂME et d'un point nodal de l'ensemble de mes réalisations publiées ici et là, plutôt que d'un lieu de pensée soutenue, fidèle en cela à l'intention mise dans ce SITE MÉMOIRE : laisser juste une trace de mon passage. 

Eric Desneux dit Ærik.

16 juillet 2025

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Ouvert un 16 juillet 2025 dans un esprit de RESTITUTION, ce site reprend articles et contenus publiés sur internet depuis 2006 sur différentes plateformes (Overblog, Pages Free, Wordpress) avec respect des intitulés, signatures (Souldigg, Eric Desneux, ÆRIK), dates de publication originelles et commentaires déposés. Il s'enrichira progressivement de contenus divers (articles, photos, films, musiques, ouvrages,...) puisés à 30 ans d'archives en écriture et création et ce qui surgira de nouveautés ouvertes à la Beauté.

Je dédie ce site à mes enfants pour qu'ils découvrent qui était leur père de son vivant. Eric Desneux dit ÆRIK