Après un pic, la tension s'effondre. Comme une masse, la lourdeur du monde dont je m'étais cru libéré, s'abat sur mon esprit et me broie les jambes. Toute tentative de se redresser est vaine quand le choc vient de vous secouer. Il faut presque "achever de tomber" pour pouvoir se relever. Les paroles les plus combatives du Père (Tu tombes ? Non combats!), n'aident guère sur le moment tellement la force de dislocation est grande mais elles entretiennent la possibilité d'un "après". Elles résonnent comme la promesse d'un sol ferme sur lequel on pourra prendre appui. Pour l'heure, il en faut en finir avec la chute, alors je précipite l'ombre. Et je m'abandonne aux clartés évanescentes des dissolutions fugaces, je me brise contre les murs de ma propre bêtise. Je veux en finir avec l'horreur. Certains jours, je dois lutter contre la tentation de fuir ou de mourir. "A quoi bon tous ces efforts, si c'est pour finir seul, épuisé d'avoir voulu trop bien faire ? Ce monde n'est qu'ingratitude et misère. Autant partir, tout foutre en l'air !". Mais où aller ? Je me souviens de mes errances passées : partout où j'ai été, je n'ai retrouvé que moi-même, divisé. Affalé, vidé de toute force, vaincu par le cercle de raison qui m'impose d'accepter les réalités mais libéré d'une tension que je ne pouvais plus contenir, je peux goûter un instant de répit dans l'aube vitreuse qui caresse mes pensées. Mon cœur se tourne vers Arès, ce Lieu Saint ou j'ai maintes fois, plié le genou et posé mains, lèvres et front sur le sol dallé qui a accueilli le Père. Dans ces moments, je ressens l'intense besoin de prier et de revenir vers le calme, la force et la sérénité. Je sais que je traverserai d'autres moments difficiles comme celui là, né d'un acharnement à chercher une faille pour faire avancer mes projets. Mais j'ai repris la route et déjà je m'attèle à ce qui la veille m'avait fait échouer. J'ai repris la lutte, un peu plus conscient de ma fragilité.
NB: l'image est une vue de la petite chapelle dans laquelle Dieu s'est manifesté à Arès et où tous les été, des pèlerins affluent pour venir prier, méditer, reprendre des force et raffermir leur volonté de changer.
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