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12 octobre 2010

JE MARCHE

*

Je marche à la rencontre de deux mondes.
Je chevauche monts et mers,
Je pénètre jungles et traverse steppes,
Je marche pour de paysage en paysage
vers l'avenir se tourne mon regard
et puise dans mes origines
le feu sacré de ma mémoire.

Le monde est vaste et petit est mon pas
mais grande est ma volonté et infinie ma joie

*


*

Je voyage
Je regarde vos visages et je parle
Je dis
Homme mécanique

Oui, HOMME MÉ-CA-NI-QUE !

Femme angoisse
Femme presse

FEMME PRESSÉE D'ARRIVER !

Homme nu
Homme penseur et préoccupé
Homme perdu !

*

1990 © Eric Desneux
Recueil « Salut à Toi »

14 juin 2010

JE M'APPELLE...

 


Ce rien qui peut faire vaciller le regard…

Mon amie Maria Loura Estevao a réalisé une petite vidéo avec les enfants d’une classe de CE2 à Pantin. Elle m’a associé à son projet. Les œuvres de Maria surprennent par la force de leur propos et la radicalité de leurs choix esthétiques. Ce petit film ne dérogea pas à la règle.

Imaginez  21 gamins de toutes origines qui fabriquent des masques à partir de scotch kraft et une fois appliqués sur leur visage, passent devant la camera pour dire l’origine de leur prénom : “Je m’appelle…..Jeanne, Mamadou, Islem, Elias,…parce que mon père, ma mère, ma tante,…”. 20 secondes d’une plongée dans l’intime  illustrée par leurs propres dessins qui défilent. A l’avant plan : des visages, à l’arrière plan, des paysages, la maison, la famille, les amis,…. Quand les dessins de visage rencontrent les masques, l’enfant épouse l’instant d’un regard, l’imaginaire et l’identité d’un autre…. Évocation fugace et joyeuse de la multiplicité de l’être.

Ce n’est pas la première fois que Maria me demande de travailler avec elle. J’avais assuré le montage et les effets des œuvres qu’elle a exposé au Parvis (Centre d’Art Contemporain de Ibos) en 2009 - Les alter egos, La femme qui court, Ma Mère. Cette fois ci, j’ai à nouveau travaillé au  montage et aux effets (incrustation) et j’ai assuré l’animation des dessins qui défilent dans la vidéo.

Eric Desneux

12 mai 2010

“Hi8-STORIES” à la librairie Equipages


Quelques images de la bande vidéo que je propose en lecture sur un petit écran DVD, à la Librairie EQUIPAGES (61 rue de Bagnolet, Paris 20ème).

HI8-STORIES ou le “journal d’un cinéaste”, se lit comme un long poème, suivi de “haikus vidéo”, comme je les appelle (à cause de leur durée parfois très courtes). Je monté ces “histoires” (stories en anglais) à partir de images tournées entre 1994 et 2002 avec une caméra Hi8, d’où leur titre, dans l’enceinte de mon quotidien. Une plongée dans l’intime en quelque sorte.

C’est la première fois que je montre ces images.

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Deux énormes fautes de français jalonnent les paragraphes précédents : je monté au lieu de j’ai monté” et “à partir de images” au lieu de “à partir d’images”.  Erreurs de frappes dues à une réécriture en copier-collé propre à l’ordinateur, qui a laissé transparaitre une trace de l’original.

J’avais écrit en premier lieu “j’ai réalisé ces poèmes vidéo à partir de rushes tournés en Hi8″. Puis je me suis ravisé.  Je n’ai pas, à proprement parlé, “réalisé” ces petits films. Ils n’ont pas été pensé en amont du tournage, ni écrit. Ils ont été créés au montage, en visionnant -je devrais dire, en “revisitant”- près de 10 ans après, les rushes, i.e  les images tournées.

J’ai assemblé ces images avec le désir de restituer ce que j’avais ressenti alors et qui était resté gravé dans ma mémoire. En y réfléchissant , aucun des deux mots, “réalisé” ou “monté” ne convient.  Et c’est peut-être ce qui justifie que je reprenne ma faute de français, non pas en l’effaçant, mais en y adjoignant ce paragraphe pour dire qu’il ne s’agit ni d’une réalisation, ni d’un simple montage, mais d’une mémoire revisitée, que j’accepte seulement aujourd’hui de partager et de rendre visible autant que regardable, en la présentant sous la forme de petits poèmes écrits avec des mots et des images. Ni “montage”, ni “réalisation” donc, mais une lente condensation du regard, avec le temps.

|.

Deuxième FAUTE, qui est moins une faute, que le reliquat d’un emprunt à une langue étrangère  : RUSHES,  que j’ai préféré, APRES COUP, re-traduire dans la langue de ce blog (le français) :  RUSHES en anglais = IMAGES TOURNéES. Mais ce faisant, j’ai omis de corriger aussi l’article associé (DE en D’).

J’aime ce mot anglais “Rushes”, justement parce qu’ il ne dit qu’en un seul mot, ce que la langue française ne peut dire qu’en 2 : ” images tournées” ou “images filmées”.  Or l’expression “de images tournées” (du à une erreur typographique) donne l’impression que le DE annonce une personne nommée IMAGES TOURNéES, liant ainsi les deux mots en un seul, si je puis dire. Et je retrouve par cet artifice du langage, l’unité qui condense, concentre, rassemble  une réalité diverse, riche et complexe, comme chacun est UN devant le monde et condense, concentre  rassemble, en lui même, tout ce qui fait son existence.  Par un “jeu” de langage, IMAGES TOURNéES devient donc une personne, “indéfinie” certes ! Qui peut bien être ce “IMAGES TOURNéES” ? Mais justement, j’aime ce que cet “indéfini” suggère comme possibilité pour ces images de venir de n’importe où ou d’appartenir à n’importe qui, moi, vous ou un autre. Car à travers ces petits films, extraits de mon expérience du quotidien, je ne vise rien d‘autre, qu’à toucher un intime propre à chacun. Alambiqué ? Certes, mais tellement fidèle à ma manière de penser…..

Eric Desneux

27 avril 2010

LANCER

 .


Tendu vers les cimes

Je dénude l’horizon

Je traque dans mes rides

la couleur des songes

|

Je harcèle mes paupières

Je perce leur langueur

Je creuse mes cernes.

(r)EVEIL

__.

Je lutte contre le sommeil

.

14 avril 2010

BON DÉBARRAS !


Le printemps est là et avec lui le besoin de prendre l’air.

Depuis des années j’entasse des documents, revues, articles, magazines en me disant : “ca me servira un jour si je fais un film sur tel ou tel sujet”. Le temps passe et les films auxquels je pense ne se font pas. L’article, le petit bout de papier sur lequel j’avais cru voir l’intérêt d’une pensée se flétrit, jaunit. Il s’entasse et je l’oublie.

J’ai remis mon nez dans mes piles de papier accumulés et j’ai fait un tri : ça oui (je garde), ça je jette. J’ai jeté par milliers. C’est fou ce que les journalistes se répètent, se copient, se reprennent me suis-je dit en relisant les articles que j’avais jugé bon de garder. Pas grand chose d’intéressant en définitive. Deux ou trois bon mots, captés ici et là dans une interview ou pris chez l’auteur d’une véritable pensée, pour le reste….

Les médias sont déconnectés de la vie des gens. Ils font tout pour attirer notre attention avec des mots et des images “chocs”  pour que l’on achète leur papier.  Pas un jour sans que l’on ne nous annonce “l’apocalypse”. Ils passent leur temps à  tenter de FAIRE l’évènement au lieu de le rapporter.  Ce faisant ils font “écran” à la réalité. Obligé de lire entre les lignes, de peler leurs mots et leurs images pour trouver derrière leur mise en scène, LES FAITS, à partir desquels il  sera possible de réfléchir et d’agir. Mais le nombre de papiers qui ne disent rien, qui ne font qu’agiter la “menace” pour nous remuer….

Il fut un temps où l’on parlait des média comme d’un contre-pouvoir (au service du peuple). Aujourd’hui, les médias sont clairement passés du coté des pouvoirs. Ils font tout pour nous abrutir et nous retenir captifs. Ceux qu’ils servent réellement ?  Leurs actionnaires (des industriels puissants la plupart du temps) et leurs annonceurs publicitaires. NOUS, lecteurs, sommes leur fond de commerce. On apparait dans leurs chiffres de vente et leurs listes d’abonnés et on est guère plus considéré que comme faire-valoir et monnaie d’échange.

Je continue de lire la presse cependant parce qu’il faut bien s’informer mais je ne me fais plus aucune illusion sur les intérêts qu’elle sert.  A lire (ou écouter) les média, il faudrait abdiquer devant les surdéterminismes qui gouvernent ce monde : rapports sociaux, économiques,  scientifiques, politiques,… dont décident les puissants et qui font “l’Histoire”.  Mais de la volonté des individus, rien ! De la capacité de l’homme à s’affranchir des moules culturels, intellectuels, historiques, politiques de son époque, à penser par lui-même, à regarder le monde en face ou à entreprendre de changer sa vie, à proposer d’autres manières de voir ou d’autres alternatives de vivre, rien non plus !

À croire que pour les pouvoirs comme pour les médias, l’individu lambda ne compte pas. Seul compte ce qui fait POIDS, “les MASSES”. “L’Histoire” qu’écrive les média, n’est jamais que l’histoire des pouvoirs (politiques, religieux, économiques….).  A quand une Histoire de(s) l’homme-individu(s) qui se libère(nt)  ?

Ce que je retiens de ce nettoyage de printemps,  c’est que la logique d’enrégimentement qui a prévalu ces deux derniers siècles et qui a fait la part belle aux Etats, aux Nations, aux Partis politiques, aux regroupements de toutes sortes, c’est elle qu’il faut combattre aujourd’hui et ce combat commence dans nos têtes.

On oublie trop facilement qu’avant d’être un monde de Lois et de  ”Structures”, d’Institutions,  d’Etats Souverains, d’Organisations Mondiales , de Blocs d’influence, de Gros ensembles, de Gros Marchés, de pays … ce monde est avant tout le monde des hommes, et les hommes, c’est vous, c’est moi, c’est lui, c’est elle, ce sont NOUS TOUS. Même enchainés aux systèmes de ce monde par nécessité, nous restons libres et souverains de nos personnes, (à tout le moins) de nos volontés. Même limités dans nos perspectives (individuelles et collectives) à court et moyen terme (restons réalistes), il ne nous est pas interdit d’espérer un vrai changement à long terme.

HOMME, FEMME
QUE VEUX-TU ETRE ?

Tu n’es pas né pour reproduire ce que d’autres avant toi t’ont laissé : des chaines et des filets.

Tu es né pour vivre libre et pour CRÉER.

01 avril 2010

ÉCLOSION

  


Premiers bourgeons.

Douce éclosion de fraicheur et de vitalité.

Annonce d'un renouveau.

24 mars 2010

JEUNE POUSSE

 

Mon verbe repousse

Je me redresse.

Lentement, le jour perce la chair.

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Lumière

Douleur printanière.

Douceur princière.

21 mars 2010

VERT PRINTEMPS


Une promesse. Rien de plus. Un soupçon de beauté juvénile, les premières pousses du mois de mars. Mais qui doute que la chaleur reviendra, que l’herbe repoussera et que les arbres refleuriront ? Nous sommes si pressés de voir finir l’hiver qui se termine que nous sentons deja les brises d’été caresser nos visages.

Chaque année les saisons reviennent. Immanquablement. Comme pour nous rappeler à l’espérance. Mais l’humanité, elle, attend toujours son printemps. Elle a traversé maints hivers, espéré en de nombreux soleils pour faire surgir un monde meilleur : le paganisme et ses idoles, la religion et ses dogmes, la politique et ses lois et maintenant la science et ses “experts” (anthropologues, économistes, sociologues, médiologues, scientifiques…). Qu’en reste t-il aujourd’hui ? Où cela nous a t-il conduit ?

Je lis ces jours-ci dans la presse, que nos hommes politiques s’inquiètent (je cite) de ce que “les Français sont fatigués psychiquement”. Doux euphémisme pour dire que notre monde ne croit plus en rien, et surtout pas en ses “spécialistes”, que ses soleils se sont éteints.

Il est temps pour l’homme de redécouvrir ce dont il a vraiment besoin pour vivre : amour et liberté.

Voila les soleils que j’aimerai voir se lever sur l’Humanité.
Voila la chaleur à laquelle j’aimerai être exposé.

Pour réchauffer mes ardeurs buissonnières
sortir de ma cage mentale
et me laisser envahir par la Sève
grasse et nourricière,

LA Sève !

//

.

16 mars 2010

PARFUM DE ROSE


J’étais vendredi soir à Montreuil pour assister à la projection de l’un de mes films  sur l’islam, “La Nation du Milieu”. J’étais invité par une association musulmane qui tient un petit local d’information dans le quartier des morillons, un quartier très populaire dans les hauts de la ville. Dans la salle, une trentaine de personnes. Parmi elles, des chrétiens et des musulmans.

C’était la première fois que j’assistais à une projection publique de mon documentaire et j’étais un peu anxieux.  Comment allait réagir la salle ? Le film est bâti sur une confrontation de propos entre chrétiens et musulmans et fait clairement ressortir les points de dissension entre les deux religions. Malgré cela, le film fut très bien accueilli. Peut-être parce qu’il fait montre “d’une profonde compréhension envers l’islam” pour reprendre les mots de l’un des participants, et qu’il est “habité par la volonté de dialogue et de comprendre l’autre“.  Un film “à contre-courant” (de ce que divulgue habituellement les média) dira un musulman, qui saluera le courage de ma démarche.

Les échanges qui ont suivi m’ont confirmé l’intérêt porté au film et sa vocation à faire pont entre gens de confession différentes. “C’est dommage que vous n’ayez pas interviewé des juifs dans votre film“, m’ont même dit deux femmes en partant. “Comme ça on aurait été tous réunis” m’a t-elle lancé avec un large sourire en joignant ses deux mains.  Le désir d’unité et d’entente est profond dans les cœurs me suis-je dit. Ce qui fait que les hommes s’opposent, tient peut-être à la trop grande importance que l’on attache aux formes de vivre et de croire. Mais il y a manifestement en l’homme, une force de dépassement qui n’a pas encore trouvé à s’épanouir et qui git, tapie dans les cœurs. Notre monde moderne, fatigué et perclus par des siècles d’affrontements idéologique et religieux, se laissera t-il gagner  la douceur et la bienveillance ? Ce qui est sur, c’est qu’une certaine branche de l’islam a compris tout l’intérêt qu’elle avait à se développer en Europe, terre où elle peut échapper à une certaine pesanteur doctrinale et revisiter dans la paix, le sens profond de ses sources.

Loin des clichés habituels véhiculés par les médias, cette soirée m’a à nouveau confirmé que les musulmans  forment une communauté très diverse, travaillée en profondeur par d’intenses courants de recherche et d’évolution, parfois même inconscients. Dans notre monde matérialiste qui a de toute part tendance à ignorer voire rejeter le spirituel, certains musulmans peuvent faire montre d’une radicalité excessive, comme pour se protéger ou manifester avec force leurs convictions . Mais au delà de ces comportements radicaux, parfois suicidaires (même socialement), l’islam n’ignore pas les grands courants d’individuation qui traversent notre modernité. Ceux-ci ont des répercussions aussi bien sur le statut et l’image de la femme, que sur la lecture des textes et les pratiques rituelles.

Ce n’est pas dans un petit article de blog que je vais détailler et étayer ces impressions. Quelques exemples seulement pour mettre à mal certains clichés persistants. Tout d’abord, il y a peu de musulmans réellement pratiquants en France. La majorité d’entre eux se disent musulmans comme d’autres se disent catholiques ou protestants. Ils pratiquent un islam de circonstance, fortement marqué par des habitudes culturelles. C’est en grande partie le cas de la jeunesse (pourtant force d’avenir). Ceux qui fantasment sur l’islamisation de la France se trompent complètement. Autre chose :  une femme voilée n’est pas nécessairement une femme soumise à un “patriarcat machiste et arriéré” ; elle peut même faire montre d’une grande liberté de propos et d’action au sein même de sa communauté. Je suis convaincu pour ma part, que les femmes représentent une des principales forces d’évolution en islam. Pourquoi donc la France s’en prend t-elle le plus souvent à elles quand il s’agit de stigmatiser l’islam (loi sur le voile en 2004, polémique sur la burqa…) ? La société française gagnerait au contraire à les laisser s’exprimer en toute liberté.

En quittant la salle, je me suis attardé sur les livres (corans, guides pratiques) et autres produits proposés à la vente dans le local. Au milieu des chapelets, parfums, encens, tapis de prière…. je suis tombé sur un texte soufi d’une très grand profondeur, une longue méditation métaphysique, sur l’un des versets coraniques les plus énigmatiques, qui décrit Dieu comme semblable à une “lumière sur lumière“. Je n’ignore pas que l’Islam est aussi traversé par de forts courants rigoristes et hostiles au monde moderne, qu’il a un énorme travail à faire pour s’ouvrir et renouer avec les hautes valeurs spirituelles qui sont dans le Coran. Mais j’ai ramené dans ma voiture, comme un léger parfum de rose, la conviction intime que ce travail était déjà à l’œuvre dans les cœurs et que ses fruits pourraient bien à terme, nous surprendre.

Eric Desneux

08 mars 2010

TERRE-CIEL

8 mars 2010.
Paris, France.

(Jour anniversaire de mon fils)

/

L’hiver persiste,

Je souffle.

Braises ! Mes forces souterraines.

02 mars 2010

JE PRENDS LE SOLEIL


Marcher.

Je me souviens d’un court passage du “Pigeon” de Patrick Süskind, qui décrit avec une profonde justesse les bienfaits que procure “la marche”.  Le corps se délie et s’assouplit, les idées se remettent en place, les peines s’adoucissent, l’espoir reprend vie.

Allongé sur les bruyères encore sèches du mont Caroux, à près de 1000 m d’altitude après plusieurs heures de marche, je repose mes membres alourdis par 6 mois de vie citadine et je prends le soleil. “A sa chaleur rien n’est caché” dit le psaume 19 (18). Les psaumes ne sont pas à proprement parlé, “Parole de Dieu”. Ils figurent dans la Bible aux cotés des proverbes et de l’histoire de Job, parmi les écrits sapientaux et poétiques. Chant, louange, célébration, poème, ils manifestent la Gloire de Yahvé et la beauté du monde créé. La plupart sont attribués au Roi David, ce que confirme le Coran ( “Nous avons donné les psaumes à David” - s4/163).

À mes yeux et mes oreilles d’homme fatigué (physiquement et spirituellement), les psaumes font surtout office de réconfort. Ce qu’il y a de troublant en l’homme, c’est que sa fragilité égale sa résistance. Où qu’il se trouve, il concentre en un point minuscule de l’univers, un jeu de forces contraires, sans rapport avec ses forces et dimensions physiques, qu’il doit apprendre à maitriser s’il ne veut pas finir broyé. Chaque jour est un combat sans cesse recommencé.

Dans les moments de doute et de peine, les psaumes agissent comme un baume. en particulier celui-ci que j'affectionne tout particulièrement :

« Les cieux racontent la gloire de Dieu
et l’œuvre de Ses Mains, le firmament l’annonce ;
le jour au jour en redit le message
et la nuit l’apprend à la nuit.
Ce ne sont ni mots ni paroles,
ni voix qu’on puisse entendre ;
par toute la terre résonne leur écho,
jusqu’aux confins du monde leurs accents.
En eux pour le soleil, Il dressa une tente,
et lui, tel un époux sortant de sa chambre nuptiale,
se fait joie, en héro, de courir sa carrière;
d’une extrémité du ciel il sort,
et sa course s’achève à l’autre extrémité,
à son ardeur rien n’échappe. »

Ce ne sont pas des mots que j’adresse à Dieu mais à moi-même.  Ils caressent mes plaies les plus profondes, et entre deux mots, je sens comme un regard maternel oindre mes pensées d’un rayon de lumière. Qui a dit que Dieu n’était qu’un Père ? Leur simple évocation ravivent mes forces, et m’enjoignent d’avancer.

La suite du psaume 19 exalte la Loi de Dieu et ses bienfaits,  “plus désirables que l’or et que beaucoup d’or fin, plus doux que le miel et le suc des rayons”. Mais en croyant libre qui tient à distance ce que les religions ont d’arbitraire et de rigide, je substitue mentalement la soumission à “son ordre”, en un simple appel à vivre la bonté, libéré de tout dogme.

Croire en Dieu c’est d’abord se mettre en marche et Le chercher. Je n’ai pas d’autres certitudes que celle de Son Existence, parce que je l’ai éprouvé, et celle de la nécessité pour l’homme d’évoluer.

Eric Desneux

04 janvier 2010