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21 mars 2008

SOURIRE PRINTANIER


En attendant le retour d'un printemps spirituel sur la terre, qui réjouira les âmes et fera trembler de plaisir l'univers, je veux fêter le retour de la chaleur et du soleil sur la couenne avec cette image, légère.


Bises fraternelles

Souldigg





17 mars 2008

PRIS AU PIÈGE ?

 


Jésus n'est pas mort sur la croix pour nous "laver de nos péchés" (doctrine chrétienne). Il a été lâchement assassiné par les pouvoirs en place (politique et religieux) qui voyait en lui un homme dangereux car il remettait en cause jusqu'à la notion même de pouvoir. A travers son exemple, il appelait à créer une société fondée sur la bonté, le partage et le pardon où tous les hommes seraient frères. Il n'est pas difficile de dire que nous en sommes encore loin aujourd'hui. Ce qui explique que son retour (en 1974 à Arès) n'ait pas encore soulevé un grand enthousiasme et que les pouvoirs en place (politiques, religieux ou médiatiques) aient davantage cherché à lui nuire (attaque du fisc, calomnie,...)  qu'à accomplir ou promouvoir ce qu'il revenait dire. 


Vous allez me répondre qu'aujourd'hui on a quand même évolué, que l'on ne trucide plus les opposants sur la place publique, que l'on a la liberté d'expression... et vous aurez raison. Sauf que notre évolution est de sophistication et non de véritable "civilisation". Nos temps d'aujourd'hui ne sont pas moins barbares que les temps antiques. Simplement le fouet, la roue ou la croix (instruments d'intimidation, de torture et de mise à mort) ont simplement changé de nature : ils s'appellent désormais "attaque du fisc", "diffamation et calomnie" , "lynchage médiatique" et j'en passe. Le pouvoir a compris qu'il lui était préférable de laisser vivre ses opposants pour s'assurer une légitimité, que de s'imposer par la force. D'autant que désormais il dispose d'un outil beaucoup plus perfectionné que le bâton pour circonvenir les citoyens récalcitrants : la loi. Des hommes conditionnés à se soumettre au pouvoir (à la loi) font de bien meilleurs sujets que des opprimés prêts à se soulever pour reconquérir leur liberté. D'autant que tout est fait pour nous faire croire que notre système politico-légaliste, la démocratie, est indépassable et représente l'avènement de LA liberté. Le pouvoir n'est-il pas entre les mains du peuple qui élit ceux qui le gouvernent ? Les dirigeants ne sont ils pas au service de la chose publique ? Foutaises ! Nous sommes libres... de nous soumettre à une petite clique qui s'est appuyé sur une majorité enrégimentée pour prendre le pouvoir, grâce à des lois qu'elle a elle-même confectionnées. En démocratie comme ailleurs, le pouvoir est toujours confisqué par ceux qui le détiennent. La différence c'est qu'en démocratie, l'exercice du pouvoir est limité (dans le temps) et que si le pouvoir veut durer il doit satisfaire un minimum aux exigences de sa majorité. Un rapport de force qui vaut mieux, je vous le concède, que l'exercice d'un pouvoir dictatorial ou militaire et qui fait dire à certains que "la démocratie, loin d'être parfaite, est le moins mauvais des systèmes" (Churchill, je crois). En effet, et je ne suis pas mécontent de vivre en démocratie, quand je vois d'autres régimes politiques sévir, mais je perçois ses limites. Je me dis surtout que l'homme est capable de tout autre chose que de vivre sous l'emprise d'un système (puisque son Créateur le dit). Je suis las de ces beaux discours que l'on nous sert pour nous faire oublier notre misère spirituelle et mieux circonvenir notre pensée. Que pèse véritablement ce petit bout de papier déposé dans une urne, par rapport à la liberté absolue, à l'amour universel et à la capacité de créer que le Créateur a déposé dans le cœur de tout homme ? 


Vous l'aurez compris ce qui m'inspire ce matin, ce sont les élections municipales d'hier dont la date coïncidait curieusement avec le "dimanche des rameaux", anniversaire de l'entrée de Jésus dans Jérusalem. Pour mémoire et à l'attention de ceux qui ignoreraient tout de la vie de ce prophète (j'ai moi-même été totalement ignorant jusqu'à l'âge de 20 ans de ce que contenait les Evangiles), voici un petit raccourci de son itinéraire : après avoir parcouru les routes de Galilée, multipliant miracles et paroles d'espérance, Jésus se rend à Jérusalem dans l'espoir de convertir cette cité. Son attitude et sa renommée (Jésus déplaçait les foules), inquiétaient les pouvoirs qui cherchaient un moyen de le faire taire. A plusieurs reprises, les pharisiens (qui détenaient le pouvoir religieux en Israël au temps de Jésus) ont cherché à le piéger, mais à chaque fois Jésus a eu le dessus. Qui n'a jamais entendu parler de ses répliques restées fameuses "Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu" (quand les pharisiens cherchèrent à le faire passer pour un révolutionnaire qui s'en prenait à la puissance romaine) ou encore "Que celui qui n'a jamais péché, lui jette la première pierre" (en désignant une femme adultère que les pharisiens voulaient faire lapider) ? Quand Jésus entre dans Jérusalem, il est accueilli, pense t-il, à bras ouvert par une foule en liesse qui jette devant lui des rameaux d'olivier en signe de paix. Cela s'avèrera, hélas, une manœuvre pour l'étourdir, et un piège qui se refermera sur lui quelques jours plus tard quand il sera fait prisonnier. Entre temps, Jésus aura multiplié les défis en bravant les autorités, notamment en chassant les marchands du Temple à coups de fouets. Mais surtout il assumera avec dignité l'épreuve de sa mise à mort allant jusqu'à pardonner à ceux qui l'avait tué, restant fidèle à tout ce qu'il avait enseigné. Malgré ça, sa capture et son assassinat fera perdre la foi aux apôtres (Pierre le reniera trois fois), qui devant les difficultés, préfèreront répandre la "bonne nouvelle" hors d'Israël (en grec "Evangile" signifie "bonne nouvelle"), engendrant un christianisme mêlé de paganisme.

Quelle(s) leçon(s) tirer de tout cela sinon qu'il est vain de s'attaquer frontalement aux pouvoirs en place et que nous aurons besoin de nous armer de réalisme autant que d'espérance pour changer ce monde (ce que Jésus disait déjà d'ailleurs en recommandant à ses disciples d'être "doux comme des colombes et rusés comme des serpents") ? Manifestement Jésus a manqué de prudence en entrant dans Jérusalem. Il a probablement également été pris d'impatience de voir se réaliser la Parole qu'il venait délivrer. La Révélation d'Arès suggère qu'il a traversé une phase d'illuminisme. L'Eglise naissante a, par la suite, transformé son erreur d'appréciation et le lâche assassinat qui en a découlé, en sacrifice expiatoire "prédestiné", pour circonvenir et se prémunir à son tour, contre toute tentative de voir naitre un peuple vrai épris de justice et de liberté. En proclamant que Jésus était "mort sur la croix pour nous laver de nos péchés", elle a déchargé ses fidèles de tout effort à faire pour se changer. Elle a assis son pouvoir sur les âmes et tué dans l'œuf le germe insurgeant* de l'Evangile. Nos démocraties d'aujourd'hui en réduisant la liberté absolue de chercher et répandre l'amour et la bonté, à la liberté politique de choisir entre deux camps "opposés", se prémunissent aussi contre toute dynamique créatrice susceptible de les submerger. 


J'ai donc voté hier, mais sans me faire d'illusions, et armé de la conscience que c'est avant tout en moi-même (comme en chacun) que se joue l'avenir de l'humanité. En attendant que l'homme recouvre pleinement ses dons divins d'amour, de création, de liberté absolue et d'intelligence spirituelle, qui lui permettront de fonder une société sans chefs, j'utilise mon vote pour rappeler aux pouvoirs qui nous gouvernent, que j'entends utiliser tous les espaces de liberté qu'ils nous concèdent et que je veillerai toujours à ne jamais me laisser enfermer. 


Souldigg

NB: La semaine prochaine nous dirons quelques mots sur la résurrection de Jésus. 

* insurgeant, insurgeance : ce mot fut forgé par le frère Michel pour décrire la profonde dynamique de changement que vient relancer la Révélation d'Arès. Une démarche fondée sur la pénitence, qui vise non à s'opposer aux pouvoirs par la violence, ou à en changer (cas des insurrection et des révolutions qui ne changent rien au fond), mais à combattre en soi d'abord, la volonté de dominer, et à faire prévaloir graduellement et avec intelligence dans le monde, ce que des hommes libérés spirituellement pourront vivre ensemble dans l'amour et la liberté.



10 mars 2008

CHAUFFER EN SOI LE FOND

Un récent commentaire sur mon article "Courir libre" m'a surpris. Je pensais jusqu'à présent que les mots "péché" et  "pénitence" rebutaient à cause du sens doloriste que la religion leur avait donné et je m'efforçais de lutter contre leurs interprétations "morales", "auto-flagellantes" et "punitives" en mettant en avant  la vie, l'action et la joie de se changer (de se créer bon, patient aimant, ....). Mais j'entrevois aujourd'hui la possibilité que ces mots ("péché" et "pénitence", pardonnez mes redites) peuvent ne plus avoir de sens du tout, que la réalité à laquelle ils renvoient est en passe de devenir "étrangère" à un peuple qui en a pourtant été nourri pendant deux millénaires. 

Cela me laisse songeur. Car somme toute, cela confirme que la religion n'a pas laissé grand chose derrière elle en dépit des fantastiques moyens dont elle a disposé pour promouvoir sinon imposer sa doctrine, et je ne sais si je dois m'en réjouir ou m'en alarmer. 

Je me réjouis de ce que la route est enfin libre pour redonner à ces mots leur vrai sens existentiel, dynamique. Au passage, j'en déduis aussi la religion a fini par mourir de ses mensonges et de son inertie, et que concernant l'homme, seul vaut ce qu'il choisit, décide, et crée de lui-même, par lui même. Formulation un peu redondante, j'en conviens, mais qui n'a d'autre but que d'insister sur l'importance de la conscience et de la liberté dans une démarche spirituelle. La religion est morte d'avoir étouffé la liberté humaine. 

Mais si de nos jours, les esprits ne s'attachent plus au religieux, sont-ils pour autant attirés par le spirituel ? Sont ils disposés à s'embarquer d'eux même dans une aventure, une recherche, un travail, une création, une Vie totalement différente de celle (exclusivement matérialiste) qui prévaut aujourd'hui ? La religion en dépit de tous les maux qu'elle a engendré sur cette terre, donnait quand même quelques repères aux hommes, à commencer par des repères moraux du Bien (c'est mieux que rien) et l'idée d'un Dieu, d'une transcendance, d'une verticalité... bref, d'une notion qui élargit l'horizon. Quel monde vont engendrer des hommes qui ne croient plus en rien et qui n'ont du Bien qu'une vision relative et limitée aux jouissances de la chair ? Ce n'est pas du tout le cas de la personne qui m'a fait part de son commentaire et qui a indirectement suscité cette réflexion (son blog témoigne au contraire d'une réelle sensibilité au spirituel). Mais quand j'allume ma télé, que j'ouvre mon journal ou que je descends dans la rue pour interpeller les passants, combien de fois je vois, j'entends, je ressens le froid et la tristesse d'un monde qui est devenu morne comme un cimetière, ignorant voire insensible et indifférent à toute évocation du spirituel ? Trop souvent.

Alors je comprends. Je comprends l'urgence d'un véritable changement de fond qu'aucune réforme ou révolution, aucun pouvoir, dogme ou loi ne peut entreprendre à la place de l'homme. Grande leçon de l'échec des religions (qui ne tardera pas à se révéler massivement aussi pour le politique, l'économique et le scientifique, autres faux-dieux sans chaleur, ni lumière). L'individu prévaut sur tout système. L'homme est le cœur de cette terre. Et comment pourrait il changer cette terre, en faire un monde de bonheur, sans changer librement son propre cœur ? 

L'homme doit se résoudre à descendre EN lui-même, de lui-même, avec force et courage, comme dans une mine pour se fouiller et en faire jaillir la Vie, la Force, la Bonté, la Paix, la Douceur... L'or, le cuivre, le plomb, tout ce que nous voyons avec nos yeux de chair à la surface du globe sont comme un miroir des immenses richesses et possibilités qui gisent dans notre intérieur. La pénitence est ce travail, ce labeur pour creuser notre propre terre, notre matière humaine, en extraire sa richesse spirituelle. La vie spirituelle n'advient pas dans la contemplation mystique ou dans l'évasion des paradis artificiels (immenses leurres modernes qui consolent de l'absence de spirituel). La vie spirituelle est vie avant tout, et comme toute vie, elle est faite de prises de risque, de difficultés et de bonheurs, de déceptions et d'erreurs mais aussi de joies, de victoires, de chaleur. La vie spirituelle que l'on réveille et fait grandir en soi est comme un feu. Elle se partage. Je n'extrais pas force, bonté, douceur de moi-même, uniquement pour moi-même, mais avant tout pour donner aux autres chaleur et lumière. L'AMOUR est au cœur de la vie spirituelle. Sa raison d'être.

Saisissez-vous mieux désormais ce qu'est la pénitence ?

Souldigg



29 février 2008

UN AUTRE REGARD SUR LE MONDE


Le piège de toute culture, c'est qu'elle apparait comme "évidente" à qui en est issu. On ne la voit pas et pourtant elle façonne notre regard, nos pensées et nos actes. Quand je parle de culture, je ne parle pas de savoir, de modes de vie ou d'oeuvres d'art, mais de l'attachement à ces "identités" qui divisent l'humanité en ethnies, nations, religions, idéologies,... qui entretiennent toutes en leur sein, des sentiments d'exclusion et de supériorité à l'égard des "autres" ethnies, nations, religions, idéologies,... qui peuplent l'humanité. De ces divisions et orgueils identitaires naissent le plus souvent les guerres (politiques, économiques, militaires....). L'urgence pour notre monde d'aujourd'hui où sévit une compétition féroce généralisée, est de ré-apprendre à aimer, à regarder tout homme comme un frère. L'urgence est de se "déculturer" si nous voulons sortir de cet état de guerre.


D'une rencontre avec le frère Michel (témoin de la Révélation d'Arès), je retiens qu'il y a trois choses que l'homme qui veut se libérer de sa culture doit combattre : ses préjugés, ses habitudes et son autosatisfaction. Pour celui qui entre en lui même pour se changer, toute certitude sur soi se refuse. Mais à mesure qu'il avance dans sa pénitence, grandit en lui le sentiment de se (re)découvrir père et mère de toute l'humanité.

Aimer fraternellement n'est plus naturel à l'homme depuis longtemps. L'évoquer suscite davantage le rire et l'indifférence que l'enthousiasme et la réflexion. Se "déculturer" peut paraitre plus insensé encore, car l'appartenance à une "culture" est ce qui définit un homme aujourd'hui. Mettez "sa culture" en cause, et celui qui s'y est identifié enrage comme un écorché vif.  "Vous voulez anéantir des siècles de civilisation !" s'exclame t-on avec des yeux exorbités quand je dis qu'il faut tout revoir des valeurs qui fondent nos existences et ce monde. "Je ne suis pas venu anéantir, mais dépasser" leur dis-je avec un large sourire, en paraphrasant Jésus. Au reste, que nous ont véritablement légué ces siècles de "civilisation", sinon un lourd passif de défiances, de mépris et de haines vengeresses ? J'ai conscience des "sacrifices" que demande l'effort de dépasser nos "identités". Mais c'est à ce prix que nous établirons la paix et changerons le monde pour qu'il redevienne le nuage d'or où les nations s'embrassent, où le frère ne vend pas le pain, ni la laine (Révélation d'Arès XIX/22).

Souldigg




15 février 2008

CE JEÛNE QUI RENFORCE L'ÂME


Sans ressources depuis plusieurs mois, j’ai sévèrement rationné mes dépenses. Le midi, il m’arrive de jeûner pour m’économiser un repas. Je ne le vis pas mal, bien au contraire. J’ai choisi cette situation pour me consacrer entièrement à un projet personnel. Et en cette période de carême, jeûner me donne l'occasion de méditer sur ce qu'ont engendré 2000 ans d'ère "chrétienne".

Quand la faim m’étreint elle se répand d’abord comme une douleur. Elle contracte mes entrailles et presse le sang qui coule dans mes veines pour en extraire la force dont mon corps a besoin. Après un temps, ma chair assouplie cesse de lutter contre le besoin de manger. Mes mouvements se délient. Je me sens devenir léger. J’aime ce moment d’abandon. Ma chair a vaincu la faim et libère une effusion de chaleur qui se répand comme un liquide diapré et suave dans tout mon être. Alors toute crispation prend fin. L’esprit tourné vers le Père, je peux sonder en paix le creux de mon être et visiter mon âme.

Si s’abstenir de manger suffisait à se forger spirituel, les famines auraient depuis longtemps contribué à restaurer Eden. Aucune privation n'est salutaire en soit. Ce qui est déterminant dans le jeûne, c’est l’intention dans laquelle les choses sont faites. Jeûner avec la volonté consciente de sentir la fragilité de la chair, d'éprouver sa détermination et raviver sa volonté d’être spirituel. Effort du jeûne, tension de l’être au dedans de soi vers le Ciel, autrement dit vers les autres (le Coran recommande l'aumône pendant le jeûne). Il ne s’agit pas de s’abstenir de manger pour se priver, mais de profiter de cet effort pour faire taire (un peu plus) son égoïsme, ses rancœurs, sa colère... et sentir vivre en soi l’humanité entière. 

Souldigg