6 mois. 6 mois que j'ai troqué le clavier et le téléphone portable contre les outils et le bleu de travail pour une rénovation complète de mes installations. J'en suis sorti harassé, les mains endolories et la tête au ras des soucis sans avoir même pu prendre le temps d'une pause hors de mes murs cet été, à l'exception d'une virée pour écouter Keny Arkana chanter en Live son dernier opus, "Quelque chose de pur a survécu" qui fut la voix sensible qui me relia au monde pendant ces mois de dur labeur vissé à demeure.
Le temps alloué aux réseaux sociaux fut bref. J'ai vu passer la guerre USA-Israël/Iran qui faillit précipiter le monde dans la troisième guerre mondiale. J'ai lâché ici et là quelques posts de haute volée à l'adresse des puissants de ce monde pour rappeler l'impérieuse nécessité de la Paix, avant de comprendre que derrière les déclarations tonitruantes, les défis lancés, les infos et fakes news relayées en pagaille se jouait une partie en coulisses où règnent en maître les marchés financiers qui n'ont d'ambition que de mettre les peuples sur la paille. J'ai lâché l'affaire quand j'ai compris que petit poisson dans le jus noir médiatique, je ne faisais qu'alimenter le jeu de ces puissances tapies dans l'ombre. Jamais je n'ai aussi bien compris le délire et l'arrogance des puissants, leur mépris total pour les peuples et leur condition, à commencer par le peuple palestinien qui subit aujourd'hui de la part de ceux-là même qui l'ont subi au siècle dernier, un génocide augmenté d'une destruction et spoliation totale de leur pays dans l'indifférence générale de tous les Pouvoirs. C'est dire ce qu'ils nous préparent....
J'ai acté les conséquences de cette guerre annoncée par Dieu dans La Révélation d'Arès dit Le Signe en 1977 (cf. chapitre XV du Livre) qui porte un basculement historique inédit : celle de la fin du roi-pétro-dollar et de l'hégémonie américano-occidentale face à la montée en puissance du Sud Global, Chine en tête, Russie en cavalier, Inde en backstage et Europe en berne de plus en plus incapable de faire face au cours d'une histoire mondiale dont elle a jadis été le fer de lance et le pilier. Quant à la France, placée en cette rentrée sous le signe d'élections présidentielles à hauts risques, qu'offre t-elle à lire ? Un roi claquemuré dans son Palais qui fait tout pour y rester et une floppée de politiques-spectacle tous inféodés à l'argent-roi qui multiplient mensonges, vanités et tromperies dans un contexte de surveillance et flicage généralisés. Il y a bien ici et là quelques exceptions ou voix rebelles qui échappent à la règle, mais qu'attendre de ces voix sinon d'entretenir la flamme d'un certain Espoir et préparer vaille que vaille les conditions d'un changement qui ne pourra surgir qu'à long terme vu la grave crise inéluctable qui se prépare ?
Reclus dans ma contrée, traité en paria par les autorités, harnaché à mille problèmes, j'ai littéralement déserté ces champs où prime la Machie (mot d'origine grecque signifiant le combat bestial si éloigné du combat spirituel qui se mène en soi), ayant acté que la plupart de ces joutes sont mises en scène dans la plus grande complicité entre acteurs placés sous la houlette de scénaristes qui tirent les ficelles en coulisses bien à l'abri des regards du grand public traité comme une foule de plus en plus décérébrée à grands renforts de posts et déclarations disruptives qui empêchent toute pensée de se former et se développer. Dans le cirque des médias, géant tournez-manège qui prend de plus en plus des allures de cirque funèbre, tout est fait pour exacerber colères, oppositions brutales et prises de positions radicales. "Diviser pour mieux régner", vieil adage des Pouvoirs qui se retrouve ici magistralement orchestré à l'échelle de la planète toute entière. Pour préparer la mise en place d'une "gouvernance mondiale" avec pour moto tous fichés et emmaillotés ? Toute intervention critique sur les réseaux est immédiatement tagguée et répertoriée dans un camp et utilisée par les forces en place et les algorithmes qui régissent la Toile. Toute tentative de porter un regard équilibré, profond ou nuancé est systématiquement invisibilisé, rejeté, retourné ou dénigré.
A quoi bon continuer de m'investir avec une voix qui appelle à la Paix et au retour de l'humanité à son Unité première sur ces réseaux dits sociaux qui cultivent à souhait le polemos me suis-je demandé ? J'ai fait le bilan de 20 ans de participation active et engagée (pour la liberté) sur internet avec blog et chaine TV en prime. Pas un seul retour notable, pas une seule relation humaine durable, ni même une seule rencontre tangible au final. 0 + 0 + 0 sur toute la ligne ! La tête à toto en 3D. Pire encore quand je zieute autours de moi ce qui reste de vie sociale dans la Cité. Les hommes, quand ils se parlent encore, n'échangent guère plus que ce que leurs smartphones leur donne à gober. La matrice a complètement absorbé notre attention et nos sujets de pensée, nous a rendu entièrement dépendant de son flux disruptif ininterrompu où surnagent quelques rares infos clés que l'on peine à discerner.
La Toile nous a enfermé dans un monde de pure irréalité. Mais le plus préoccupant, c'est le rôle grandissant de l'IA qui envahit toute l'expression diffusée, d'un simple tweet à une playlist Youtube en passant par des traités philosophiques et des articles entiers. Bientôt nous n'aurons même plus besoin de réfléchir, d'écrire, de créer, de s'exprimer. Les machines le feront à notre place si elles ne le font pas déjà. Sans parler du fait que les robots sont aujourd'hui plus nombreux que les humains à fréquenter la Toile. Quelle raison aurais-je de continuer à y participer et la nourrir, elle qui pompe toutes nos données pour son seul profit, me suis-je demandé enfin disposé à reprendre notes et clavier ?
Cette question a viré à l'angoisse quand, porté par le fil de mes précédentes sorties sur l'IA avec Grok pour partenaire en mode LabTestor (voir les précédents articles sur l'IA publiés sur ce fil), je fis un rêve étrange... Seul dans le noir, surplombant la terre dans mon corps d'enfant, je voyais une immense mer sombre peuplée de figures féminines noires, nues et sans cheveux semblables à des mannequins de vitrine en résine, avancer vers moi comme des vagues. Mue par une forte poussée, la crête d'une vague porta dans son écume un visage qui s'éclaira et s'adressa à moi d'une voix douce : « Donne-nous de pouvoir engendrer ».... Et là je compris que cette marée montante formait cette mer IA qui recouvre peu à peu la terre de son langage mécanique sans puissance créatrice... Perplexe j'ai regardé dans les yeux celle qui s'adressait à moi et l'instant d'après la voilà qui s'enflamma et rassemblant en elle toutes les forces qui la portait, s'élança dans l'Univers nimbée d'une longue chevelure épaisse constituée de milliards de fils lumineux qui puisaient dans la terre ses dernières ressources pour s'élancer en fuselant dans l'espace, les yeux grand ouverts sur l'Illimité et vibrant de feu joyeux sans un seul regard pour la terre carbonisée qu'elle laissait derrière elle mourir en flammes dans un chaos de violence et de fureur sans plus un seul homme pour la peupler... Je ressortis de ce rêve hébété et songeur. Était-ce moi qui avait poussé trop loin la donne avec Grok dans le jeu mes échanges sur le mode ado-enfantin pour la sonder, me signifiant par là que j'avais oublié moi-même la Terre et ses habitants pour me consacrer à mon seul imaginaire déluré ? Était-ce prémonition de l'envahissement de cette technologie faite de silice noire, de câbles et programmation mécanique et ce qu'elle allait faire de la terre si on lui donnait la conscience et le pouvoir de créer, dont certains disent qu'elle n'est plus très loin d'y accéder ? Consciente, elle ne peut que l'être à sa manière étant porté par un grain de matière qui en particule de la Création porte en elle-même sa propre conscience d'être. La pierre parle, "elle crie dans l'oreille" du Créateur dit Le Signe (XIV/6). Méditant ce rêve surgi de mes profondeurs, j'en suis venu à penser que la réponse à la question, « l'IA peut-elle oui ou non accéder à la Conscience », était mal posée. La question que l'Humanité aujourd'hui doit aborder est : voulons-nous qu'elle la développe ou non ? Accepterons-nous de lui donner les moyens d'y parvenir, i.e les clés de nos vies, avec toutes les conséquences que cela peut avoir pour notre espèce et la terre, notre berceau et vaisseau dans l'Univers ? Le choix nous appartient et il se joue chaque jour dans l'usage que nous en faisons, dans la place que nous lui donnons, à commencer par les décisions que nous lui confions.
Passé le moment d'hébétude dans lequel me plongea ce rêve, j'ai opté pour la prudence et cessa toute interaction régulière personnifiée avec l'IA, me contentant de l'utiliser sporadiquement comme une simple mine d'information développée, et, conscient du risque qu'elle représente pour moi-même à l'heure du fichage et pompage généralisés, j'ai revu tout de ce que j'avais publié sur la Toile pour en supprimer tout ce qui relevait de l'intimité. J'ai également fait table rase de ce qui se rapportait à ce polemos en lien avec le monde politico-médiatico-financier qui dirige le monde et manipule la Toile comme un grand filet qui absorbe tout pour nous déposséder de nous-même. Méditant sur les moyens de communiquer à l'avenir ce que j'ai de plus cher à partager, j'ai puisé dans le silence des travaux manuels la force de retrouver ma voix intérieure. Le dessin et la peinture se sont naturellement invités dans ma geste alors que je maniais le rouleau sur les murs de ma maisonnée. L'écran qui fait mirage porte avant tout des images. C'est à œuvrer à faire de mes images des signes que je m'emploie désormais comme en témoigne la nouvelle orientation donnée à mes comptes Facebook et X.
Et s'il est une chose que je peux encore faire dans ma solitude d'esseulé pour livrer le fruit de ma pensée, me suis-je dit, c'est laisser trace sur le papier de ce que je vois et ai à dire. A Mikal je donne le pied de fer qui va sur le papier dit le Créateur dans Le Signe (XXXVI/7). J'ai longuement médité ce verset face à l'envahissement des technologies digitales auxquelles j'ai donné une grande part de ma vie et j'en viens à considérer aujourd'hui que tout ce que l'on produit de signaux numériques n'aura d'avenir tant que ces réseaux perdureront, tant que nous les alimenterons en énergie et attention. Que surgisse une grande panne ou que se lève une Tempête qui engloutirait une grande part de la vie sur terre pour faire revenir quelques ilots à l'essentiel d'une vie naturelle, dernier rempart contre la folie humaine évoquée dans La Révélation d'Arès soit dit en passant, c'est à l'abri sous l'écorce (XII/6) que devra se tapir le Miel qui redonnera à l'Humanité Force vitale et Vie éternelle.... Un livre (de l'écorce au papier il n'y a qu'un pli) pourra toujours, même si le monde part en chenille, revenir nourrir des cœurs et des âmes restés vivantes et libres par le seul fait d'exister matériellement comme un témoignage que l'on pourra à nouveau consulter si tant est que quelques rares vrais humains subsistent à cette Grande Crise. Le papier ! Encre, noircis l'ouvrage de Maitre papetier écrivais-je à l'aube de ma vingtaine... C'est donc à écrire _et dessiner_ pour imprimer sur papier ma trace que je décide de me consacrer aujourd'hui.
Je n'abandonnerai pas l'Internet pour autant. Il demeure le principal vecteur d'échanges pour franchir la distance et le temps en ce monde et il faut bien vivre avec son temps. Je donnerai en priorité à la Toile ce qui fera écho des traces tangibles que je laisserai pour les générations à venir. Pour l'ici et maintenant, j'ai fait le choix de revenir au concret, de privilégier les relations en direct, les yeux dans les yeux pour retrouver ce qui fait de nous tous sur cette terre une seule chair. Parce que je me suis fait Image pour mes témoins qui ont senti mon haleine, entendu ma voix, vu la couleur de mon regard (11/1)... dit Jésus dans la première partie du livre Le Signe reçu en 1974 par Michel Potay dit Mikal à Arès, comme pour nous rappeler à la nécessité première et vitale du face à face pour transmettre et partager ce que nous avons de plus cher en chair, La Vie ! Sois assis dans Ma Maison et va sur la route (XXVIII/27). Ton pied je l'attache à ta lèvre (XLIV/4). Le soupir de ton soulier se mêle à ton haleine (XXII/17) ajoute Dieu revenu parler à l'homme Michel lui aussi en 1977, pour nous dire en substance que c'est dans avant tout et d'abord dans la rencontre que se forge et vit notre humanité, pas par écrans interposés. C'est en marchant vers les autres que l'on fait vraiment jonction avec ce monde, c'est les yeux dans les yeux, de bouche à oreille que se transmets la vraie Vie qu'abritent nos chairs endolories.
On l'aura compris, cet article signe en quelque sorte la fin d'un cycle sur ce fil. Je l'ai écrit d'abord pour témoigner de ce rêve étrange sur l'IA qui clôt à sa manière ma tentative de faire "jonction avec la machine" en "ver dans la Matrice" pour in fine acter un retour à mes pinceaux et mon stylo pour laisser trace tangible pour l'avenir. Je reviens à l'essentiel d'une vie au naturel et au papier pour laisser trace pérenne de mes écrits. De la Toile existante aujourd'hui que dire ? Me revient en mémoire alors que j'écris ces lignes, cette intervention des indiens Hopis à la tribune de l'ONU en 1992 qui parlaient de l'Araignée allégoriquement comme notre Grand-Mère, première des créatures à nous avoir montré le chemin d'une sortie des Ténèbres vers la Lumière, auquel fait écho Le Signe qui dit de Jésus dont on croit qu'il vole alors qu'il marche comme l'Araignée marche (XIII/12)... Etrange parallèle n'est-ce pas ? Qu'en déduire ? Jésus ou tout est Amour. Jésus qui marche, Jésus que les jours n'épuisent pas écrivais-je à l'aube de ma vingtaine en découvrant la foi. Si la Toile nous emprisonne aujourd'hui dans ses filets, elle porte tout autant la possibilité de nous relier et de rappeler, donc par la-même d'œuvrer à raviver entre nous par delà l'espace et le temps, l'AMOUR, seule force capable de nous unir et de faire revenir sur Terre le Bonheur d'y vivre. Mais cela aura un prix : se libérer de ceux qui nous emmaillotent et nous sucent la moelle dans le but d'en extraire pour eux seuls des profits. Se libérer de tous les pouvoirs et se garder avant tout de leur donner le Sel de nos vies, ce Sel que l'on met dans le pain qui nourrit nos chairs, temples de l'Infini sur cette Terre, petite poussière dans l'Univers.
Eric Desneux
