"Qu'est-ce donc l'homme pour que Tu T'en souviennes ?"
Cette question lancée par les psaumes me revient régulièrement quand je sonde mes profondeurs à la recherche de Dieu, ou que la vie me rappelle à la fragilité, sinon la vanité de ma petite existence. La plupart du temps, pris par la passion de faire, les problèmes du monde, le quotidien à assumer, la paresse aussi (Dieu que je suis paresseux!), j'élude la question. Mais cette nuit, j'ai eu un temps d'arrêt. Besoin de faire fi de ce qui me rattache au monde, à ses valeurs, son ordre, sa pensée. Besoin de me rapprocher de la Parole du Père. Alors je me remémore un à un, comme on égrène un chapelet, les versets glanés dans la Bible, le Coran et la Révélation d'Arès qui, s'ils conservent toute leur part d'énigme, m'aident à me sentir plus proche de Lui, ou à Le sentir plus proche de Moi, c'est tout comme.
"Créons l'homme à notre image et à notre ressemblance" (Génèse). C'est curieux tiens, "image ET ressemblance". Pourquoi ces deux mots accolés ? Dieu aurait -il créé des images de Lui-même qui ne lui ressemblent pas ? Ou des êtres qui lui ressemblent mais ne sont pas à Son Image ? Je suis (vous êtes, excusé du peu); une Image qui Lui ressemble. C'est pas rien, ça ! Je me souviens qu'adolescent je scrutais mon visage et mon allure dans le miroir pour tenter de saisir qui j'étais. Dieu aurait-il crée l'homme pour tenter d'en savoir plus sur Lui-même ?
"Dieu est plus près de l'homme que sa veine jugulaire" (le Coran). C'est donc qu'Il est de chaque palpitation de mon cœur et qu'Il courre dans mon sang ?! Est-ce Lui qui me remonte dans la gorge dans les grands moments d'émotion ?
"Je suis si proche d'eux qu'ils peuvent ne pas Me voir, mais qu'ils sont moulés à Moi comme l'arbre poussé contre le mur du Temple se moule au contours de ses pierres, se courbe selon l'arche de son porche" (Révélation d'Arès 1/10). J'aime beaucoup cette image de l'arbre et du Temple qui ne font qu'un, d'autant plus que dans la Bible l'Arbre est souvent pris comme symbole du Dieu alors que là, c'est l'homme qui est comparé à un arbre. De fait, on glisse aisément à cette idée que le vrai Temple de Dieu sur terre, c'est l'homme. Saisi par la pensée avec cette idée, je me prends à marcher comme un équilibriste sur un fil, sur un rayon de soleil pour rejoindre la lumière.
"Ton œil voit Mon Œil" (Révélation d'Arès XXXIX/2). Privilège ultime de l'homme qui a retrouvé la jouissance pleine et entière de son image et ressemblance divine : voir Dieu, se retrouver en face à face avec Lui sans sourciller ! Pouvoir embrasser la vérité du regard.
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"Une seule chose sépare l'homme de la vérité : le mensonge" (Michel Potay). Quand je quitte ma méditation pour revenir à mes occupations, je me sens envahi par un sentiment trouble et contradictoire : légèreté de l'âme qui vient de passer un moment en compagnie de Son Créateur, et remous dans les entrailles qui me remontent à la gorge comme une vomissure. C'est que la Lumière que l'on entrevoit dans ces moments là, ne vous épargne pas et vous éclaire encore plus vivement sur vous même. Le péché comme le Royaume sont en dedans de soi, accolés comme deux frères siamois. L'un prospère toujours au détriment de l'autre. Raison pour laquelle, la vie spirituelle (la présence du Bien dans l'homme) ne peut naître que d'un combat et ne peut se maintenir et grandir qu'au prix d'une lutte de tous les instants, parfois âpre et acharnée. Vouloir la lumière ne peut pas aller sans lutter contre ses propres ténèbres.
Souldigg
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