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16 août 2008

RETOUR AUX RÉALITÉS


15 Août. Fin du pèlerinage de feu et retour sur Paris. Retrouvant mon clavier, difficile de ne pas évoquer le flot de nouvelles inquiétantes de cet été, masquées par la retransmission quotidienne des J.O.


Dans les médias dits "sérieux" de quoi parle t-on ? Ces jours ci de la mort de 10 militaires français en Afghanistan, du bras de fer diplomatique entre la Russie, l'Europe et les Etats-Unis autours de la Géorgie comme le prélude à une nouvelle guerre froide, des attentats meurtriers en Turquie et en Algérie, de l'essor de la Chine au rang de première puissance industrielle mondiale... Mais aussi de la hausse générale des prix et du ralentissement de l'économie en occident, de la fragilité du secteur bancaire et du risque de faillite du système financier, de la dette colossale des pays riches qui s'aggrave, de l'appauvrissement des océans sur les régions côtières... Bref, de quoi se demander comment le monde tourne encore et quel avenir se prépare l'humanité.

A dire vrai, il s'en faudrait de peu que je ne cède au défaitisme ou à l'alarmisme ambiant. Car chacune de ses informations nous parle d'un monde tous les jours plus complexe et plus imprévisible, d'autant plus difficile à comprendre et à maitriser que le nombre des individus sur la terre augmente sans cesse : plus de 6 milliards aujourd'hui, près de 9 milliards à l'horizon 2050 et avec l'augmentation du nombre d'hommes et de femmes, l'augmentation du nombre de problèmes et conflits potentiels, insolubles par les seules voies de l'intellect.

La seule issue pour l'humanité, si elle ne veut pas finir broyée par les contradictions et les problèmes qu'elle a engendré, est de retrouver une part de son intelligence qu'elle a complètement enfouie et oubliée : son intelligence spirituelle. L'homme a vaincu la pesanteur, le feu, le froid, la distance,... il conçoit et fabrique par milliers des machines qui le secondent dans ses tâches les plus infimes, il a bâti des systèmes et des organisations pour contrôler toutes ses activités mais il n'a jamais entrepris aucun effort pour maitriser les impulsions de son cœur, retenir sa langue de mentir, faire la paix avec son querelleur, penser aux autres autant qu'à lui même, imaginer un monde sans chefs.

A n'en pas douter, les décennies à venir s'annoncent difficiles, traversées de nombreux soubresauts économiques, politiques, sociaux. Les signes d'une grave crise sont déjà là. Mais le plus à craindre ce ne sont pas tant les difficultés matérielles que les résonances qu'elles auront sur le plan spirituel. Car après avoir cherché le bonheur dans la magie, la religion, la politique, l'industrie, la science...bref après avoir épuisé vainement toutes les ressources de son intelligence intellectuelle, l'humanité se retrouvera face à une énigme : en qui ou quoi croire, que faire, quelle voie suivre pour simplement vivre heureux sur cette terre ? La désespérance et le doute la guettera jusqu'à anéantir tout espoir d'un autre monde possible, tout espoir de vaincre le mal et ses manifestations, misère, malheur et mort. Cette réalité est déjà peu ou prou celle des média qui dramatisent à l'excès toute nouvelle, alternent entre le rêve et le cauchemar, mais cachent soigneusement à l'homme les possibilités spirituelles qui sommeillent en lui.

Car un autre scénario est possible :  au sein même de ce monde en crise, la lente émergence de qualités et attitudes justes, patientes, aimantes, par un petit reste d'hommes convaincus que le mal n'est pas une fatalité mais un état qu'il faut combattre en soi et changer. Apprendre à dialoguer pour enrayer les guerres, à pardonner pour faire la paix, à partager pour vaincre la misère, à remplacer le besoin d'avoir par le besoin de ne pas avoir pour vaincre l'avidité,... Apprendre par dessus tout, à vaincre sa peur de manquer, de souffrir ou même de mourir, sur quoi s'assoit et se développe tout pouvoir qui a besoin d'hommes faibles pour dominer.

Mais pour cela besoin de se passer des vieilles représentations du monde et besoin de voir en l'homme autre chose qu'un animal pensant à l'horizon de vie limité. Besoin de parier sur la vie spirituelle, qui est loin d'être un fantasme, une vue de l'esprit ou une inclination des sentiments. La vie spirituelle est une vraie vie, chargée d'énergie, de force et de lumière, faite pour se mêler aux énergies, forces et lumières de la terre (et même de l'univers), une vie engendrée par l'homme bon. Car c'est cela (potentiellement) l'homme : un être-pont, un créateur unique dans l'univers, un assembleur de forces matérielles et spirituelles, un être capable d'engendrer des mondes extrêmement riches et divers, ce que ne sera jamais un castor, une abeille ou une fourmilière, si belles et étonnantes soient leurs réalisations, qui sont soumis aux lois de leurs espèces. En renonçant à sa nature spirituelle, l'homme se condamne à vivre une demi-vie, soumise aux vicissitudes de la chair et aux atermoiements de l'esprit, et à une mort certaine. L'âme seule (présence de la vie spirituelle en l'homme) lui permet de résoudre ses contradictions d'animal-pensant et d'échapper aux ténèbres.

A ce monde occidental à la fois comblé (matériellement) et en passe d'être complétement désabusé, la Révélation d'Arès envoie un message fort : celui d'une espérance ravivée, aiguillonnée par un avertissement solennel. L'humanité est face à une alternative. Ou bien elle s'enfonce dans ses ténèbres au risque de s'anéantir elle-même, ou bien elle trouve la force de se ressaisir et de se recréer spirituelle. Tous les hommes capables de bonté, quelque soit leur origine, leur croyance, leur âge ou condition sociale sont appelés à faire l'effort de se changer, de partir à la découverte de l'âme et de ses ressources encore inexplorées.


Souldigg




11 juillet 2008

UN BEL ÉTÉ


Je m'absente de mon blog pour l'été. Après une année riche et éprouvante, j'aspire tout particulièrement à retrouver le calme et la profondeur des divines certitudes. Je commence mon périple estival par un séjour à Arès et vous laisse en compagnie des photos ci dessus, prises lors de mon pèlerinage en 2002. Les habitués des lieux y reconnaitront le clocher de la Maison de la Sainte Parole où l'on se rend pour prier, la rive d'Arès à marée basse, et les alentours peuplés de forêts de pins.

Je remercie toutes celles et ceux qui m'ont accompagné durant cette année et vous donne rendez-vous en septembre pour partager de nouvelles pensées.

Je vous souhaite un bel été à toutes et tous.


Souldigg




27 juin 2008

MOURIR À SOI POUR RENAÎTRE

Une phrase en rapport avec l'âme, sujet qui irrigue mes pensées et ce blog ces temps-ci m'a été adressée par un frère de Bretagne. Elle m'a poussé à écrire cet article. 


"La graine qui meurt en terre
élève sa tige comme une flamme.

L'homme qui meurt à son égo
donne naissance à son âme"

Cette phrase a fait écho à un hadith extrait de la Sunna (recueil de paroles et d'actes du prophète Muhammad, compilés par la tradition musulmane) que m'a relaté un ami musulman :

Alors qu'il était entouré de ses fidèles, le prophète leur dit "Mourrez avant de mourir".

Je ne me souviens pas exactement des propos de cet ami musulman qui me parlait du travail à engager sur soi pour se créer spirituel, mais j'en ai retenu ceci : la plupart des personnes réunies autours du prophète ce jour là, furent interloqués. Muhammad expliqua qu'il leur fallait tuer leur égo avant de mourir et que c'est à ce prix qu'ils deviendraient de vrais musulmans. Lues sous cet angle, les paroles les plus combatives du Coran qui appellent à la guerre sainte et valorisent le martyre, prennent une toute autre dimension que l'interprétation, étroite et militaire, qu'en a fait l'islam radical d'aujourd'hui.

Dans toutes les traditions religieuses, philosophiques ou spirituelles, on retrouve cet appel à dépasser son égo, à s'anéantir dans l'humilité la plus totale pour retrouver la vraie vie. La Révélation d'Arès (qui appelle à se défaire et à dépasser tout esprit de religion) le dit aussi à sa manière mais, et ce n'est pas le moindre de ses paradoxes, elle le fait en exaltant l'individualité créatrice et la liberté humaine. C'est un point sur lequel ma nature libertaire et individualiste a souvent achoppé mais que je ressens comme profondément vrai. Je sens bien que dans cet anéantissement de soi, il y a la découverte du Tout-Autre. Que dans l'abandon de ses propres préjugés, il y a la condition de l'amour véritable. Que dans le dépassement de sa propre culture, il y a la libération d'une énergie formidable. Que dans la fait de lâcher prise sur sa volonté d'avoir et de vivre pour soi seul, il y a la venue de toute l'humanité en soi. Que l'individualité se trouve même couronnée dans cette tension et cette abnégation du n'être plus rien pour soi-même (Révélation d'Arès 40/6). Quand ma conscience a assez de force pour se hisser et se tenir en éveil, ne serait-ce que l'instant d'un regard, face à cette limite ultime de l'abandon de soi, je me sens traversé par les remous d'une Mer immense. Je repense alors à cette phrase du frère Michel, témoin de la Révélation d'Arès : "le vrai moi est du dehors".

Une goutte de cette Mer immense remplirait mon cœur de bonheur, si j'étais seulement capable de me tenir à flot plus d'un instant. Mais à peine ai-je hissé la tête hors de l'eau que je retombe dans mes abysses chaotiques. D'où vient donc ma résistance, autant consciente qu'inconsciente, à rejoindre ces eaux vivifiantes ? Sans cesse je me crispe sur la peur de perdre mon petit pré-carré "d'humanité". Je crains de me dissoudre dans un je-ne-sais-quoi qui représente pourtant toute l'espérance d'une vie et d'un monde changé. J'aspire autant que je redoute à gagner ces Hauteurs. Contradiction que j'imagine être celle de tout homme vivant dans ce monde schizophrène. Je souffre d'être plongé dans ces ténèbres bardés de structures sans vie mais je rugis, je peste et je rechigne même à faire les efforts qu'il faut pour libérer mon regard des murs qui obstruent l'eau et la lumière. Comme toutes les taupes de mon espèce, c'est ma faiblesse qui me fait refuser l'alliance de l'aigle (23/2).


C'est pourquoi je me rends à Arès chaque été depuis près de 15 ans maintenant : pour raviver et vivifier mon ardeur à vaincre mes réticences, mes peurs, ma lâcheté. Pour faire un bilan sur tout ce que j'ai engagé l'année passée et recentrer mon être et mes projets futurs dans la direction de certitude. Choix de vie, mais aussi projets de mission, thèmes de réflexion... C'est toute la tension de mon être que je décline ainsi, dans un seul but : remodeler mon existence, la faire coïncider avec le grand Dessein du Père. Le pèlerinage, vu sous cet angle, est avant tout une veillée d'armes mais en l'absence de véritable dynamique collective concertée chez les pèlerins d'Arès (ce mouvement est jeune et n'a pas encore pris la mesure de son rôle historique), il demeure éminemment solitaire.

Le pèlerinage est aussi un moment privilégié de paix et de profondeur spirituelles. Me retrouver loin des soucis et du bruit du monde est un bonheur que je ne vis pas sans éprouver une certaine angoisse cependant. Se retrouver seul face à son créateur en préfiguration de ce que je vivrai au jour de ma mort, me fait toujours trembler d'émotion. Il me faut plusieurs jours d'acclimatation pour apaiser mes tensions, vaincre mes élans rebelles et me rendre sereinement en toute humilité dans ce Saint Lieu où Dieu est apparu et où il demeure présent. "Je suis ici. Tu y viens, les frères y viennent." (XLI/1-2). Présent d'une présence invisible et muette, mais qui se fait force, pensée et lumière pour le pèlerin pénitent. "La lèvre prend le feu dans Ma Main" (XLI/3). A Arès plus qu'ailleurs, je viens chercher réponse à mes questions, force pour m'équilibrer et m'élever. Au corps à corps avec moi-même et le monde toute l'année, Arès est le lieu où je peux prendre de la hauteur, décoller le nez de la vitre des médias et libérer mon attention de l'agitation du monde pour sonder mes profondeurs et sceller dans la paix, une alliance (23/2) avec le Père.


Souldigg



21 juin 2008

FÊTE DE L'ÂME

Fête de la musique ou fête de l'âme ?

Pour le pèlerin, le 21 juin est avant tout le jour où débute le pèlerinage de feu à Arès (pour plus d'infos, consulter http://michelpotay.info ou http://www.freredelaube.info).  Mais je ne m'y rendrais pas avant le mois de juillet.  Alors je profite de la fête de la musique pour publier la démo du concert donné à la Scène Bastille par le groupe PIOUS GENS le 21 juin 2006.

Souldigg

NB : la vidéo est disponible sur le site DAILYMOTION. Cliquez sur l'image ou le lien pour y voir accès.




20 mai 2008

PENSÉE SAUVAGE


Un mot sur le blog du frère Michel, témoin de la Révélation d'Arès m'a transporté. Je publie ici le commentaire que je lui ai adressé en réponse à l'article qu'il a publié sur le penseur Levi-Strauss :


 "Pensée sauvage..." j'aime ce mot "sauvage". Car il m'évoque l'odeur que l'on respire après une nuit passé au dehors, sous la tente ou à la belle étoile, lorsque l'on sort le nez de sa couche et l'on hume la luzerne fraiche. Parce qu'il me rappelle les épopées jubilatoires de mon enfance quand je dévorais les chemins de forêt à toute blinde sur mon bicloune trafiqué, les batailles de boue et les plongeons dans les vagues, le ciel éclatant des Amériques et la puanteur rance des bidonvilles d'Amazonie où des enfants sans âge respirent la joie de vivre. "Pensée sauvage", un mot qui soulève toute la vie comprimée au fond de mes entrailles et qui me rappellent cette phrase d'un autre penseur de poids, mais croyant, Henri Thoreau : "Toutes les belles choses sont sauvages et libres".

C'est parce que j'ai reconnu d'instinct dans la Révélation d'Arès les élans de ma "sauvagerie", que j'ai faite mienne cette Parole et que je travaille depuis chaque jour à tenter de réveiller et faire passer par tous les pores de ma peau, le souvenir de cette vie enfouie.

Souldigg