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05 janvier 2024

ABANDON ET PROBABILISME


À un ami qui a pris pour modèle le jars d'Assise
et qui projetait l’édition d’un ouvrage collectif
D’un recueil de témoignages de foi public
Avec invite à formuler ma philosophie de vie
En rimes pour son livre, j’ai répondu ces lignes

« Probabilisme et abandon pour philosophie
Retour de l’enfant prodigue pour oraison
Défense de la libre d’expression pour action
et La Parole en canevas pour ficeler tout ça ! »

C’est dans ce cadre que je dois parler de ma foi ?

Les oiseaux sont des créatures amies
Alors oiselons car ils sont aussi
De ma maison et y vivent en jolis
Que dire de ma philosophie de vie
Sinon qu’elle n’est qu’en vue d’agir ?

Le probabilisme auquel je souscris
N’ignore ni ne nie les déterminismes
Qui pèsent sur nos existences fragiles
Il acte le fait que nous sommes libres
D’une liberté de tous les possibles

Le fait de croire en un Absolu divin
Ne fait pas de l’homme un pantin
Quand bien même il aurait un Destin
Mon probabilisme renvoie à ce que je lis
Dans la Parole de Dieu de Réalisme

Dieu l’omniscient voit tous les possibles
Mais parce qu’il a créé l’homme libre
Qui peut se défiler ou suivre les signes
Il ne peut que voir probabilistiquement
Quelle sente l’homme suivra dans le temps

Sa Parole aborde toujours un phénomène
En présentant des alternatives possibles
Tablant sur des hauts et bas plausibles
En prenant soin de donner Sa Ligne
et Ses Conseils pour tracer son fil

La Parole ne dit pas tout et contient
Bien des voies et même des silences
Sur tout ce que l’avenir brasse en son sein
De possibilités d’agir et objectifs à atteindre
Car l’homme demeure maître de son Destin

C’est toute la grandeur mais aussi le terrible
De cette liberté inscrite dans notre génétique
De nantir l’homme du pouvoir de s’anéantir
comme de se dépasser jusqu’au sublime
Et d’échapper à tout déterminisme

Le pouvoir s’entend ici comme possibilité de
Etant entendu que tout individu nait déterminé
Par sa propre condition et la vie en société
Et qu’échapper à ces déterminismes précités
Demande l’exercice d’une très grande volonté

Même maladies et mort peuvent être dépassées
S’il l’on en croit les témoignages du Ressuscité
C’est d’ailleurs le sujet de tous les livres sacrés
Que d’interpeller l’homme sur les possibilités
Et l’usage qu’il fait de sa propre Liberté

Seul Déterminisme divin qui pèse sur l’Humain
La Volonté du Créateur de voir rétablir le Bien
Une Intention qui oriente l’Univers entier
Les dés sont donc pipés mais c’est à chacun
De voir comment il s’inscrit sur ce chemin

Probabilisme donc OUI je souscris à plein
Abandon aussi, à la Vie quand cela revient
A accueillir avec équanimité ce qui vient
Surtout quand l’adversité bat son plein
Pour rester en toutes circonstances serein

Reste que la souffrance la colère l’injustice
Sont plus difficiles à vivre que la joie et le rire
Alors Abandon oui mais à la Présence Divine
Qui nous projette âme dans le hors temps
Car dans le Temps prévaut l’effort constant

L’Abandon acceptation muette de la Fatalité
Prônée par maintes religions et pensées
Qui ne vise qu’à obtenir docile servilité
De la part de ceux qui sont gouvernés
N’est qu’abandon de sa propre Liberté

ÆRIK

Note : * l’intitulé “La Parole” renvoie à la dite “Parole de Dieu” pour le croyant puisées aux “Ecritures” sont censées restituer. Cet échange eu lieu avec un chrétien qui a pris François d’Assise pour modèle.

LE LEG DE SOCRATE-PLATON


Taillis d’Epines tressées arrachées au sol
Tas de branches tassées hissées en friches
Feuillages séchés pendant aux branches
Haies de livres taillés vifs dans la tranche

De la sueur essuyée sur les sentes en lignes
laissés par d’antiques sages à traquer leur piste
J’ai gardé souvenance de quelques aphorismes
Et d’une Pensée qui ouvre à la métaphysique

Pétrissent au fond de mes fibres
Bribes de discours sur La Res Publique
Lumière en la Caverne comme loi optique
Parménide en père, mère en Héraclite

Les hommes antiques vivaient leurs dires
Et leurs manières d’être ont fait leurs livres
Recueils parsemés de bons sentiers à  suivre
Qui suinte l’expérience et la peine du vrai vivre

Les raisonneurs à leur suite qui ont pensé
La vie, ce monde et l’homme pour évoluer
Ont contribué à modeler la Pensée
Mais dans leurs citadelles se sont emmurés

Ils usent d’un langage qu’eux seuls
Peuvent comprendre et faire leur
Laissant ignorants les gens de peu
“Indignes” de fréquenter leurs cieux

Laquelle de ces grosses têtes
Vit selon ses concepts et préceptes ?
Lier le dire au faire, la parole au geste
Fait toute la force de Vie d’un texte

J’ai pour ma part puisé belle eau aux stoïciens
Quand l’adversité redoublée battait son plein
Et j’ai trouvé dans le tonneau de Diogène
De quoi raviver mes élans vitaux et ma verve

Les premiers enseignent que la force vient
À celui qui accepte son sort et se contient
Et que le vrai bonheur peut être atteint
Avec force de Raison par l’homme de Bien

Le second rappelle avec force aux siens
De se libérer de toute attache aux biens
Et qu’un philosophe peut se faire chien
Pour crier le vrai à des hommes éteints

Mais de tous les sages antiques
il en est un qui fait office d’unique
Car aux prises avec la polémique
il paya de sa vie sa parole publique

L’athénien Socrate vous aurez reconnu
Qui fut condamné dans la Cité à boire la Ciguë
Parce que l’on craignât qu’à son contact nue
Toute la jeunesse fût corrompue

Socrate qui se disait accoucheur d’âmes
N’a pas toujours été été homme d’Agora
Avant d’enseigner il fut brillant soldat
Pour Athènes il mania l’épée au combat

Ce n’est qu’après sa visite à l’Oracle de Delphes
Sur le frontispice duquel il lu “Connais-toi toi-même”
Qu’il revint parmi les siens à Athènes
Accomplir sa tache maïeuticienne

C’est un disciple qui le suivait à la trace
Platon jeune instruit d’origine aristocrate
Qui retranscrit ses dialogues et ses phrases
Avec des sophistes dans les rues sur les places

De leçons entendues à mains nues
De livres parcourus et effeuillés
Deux axiomes-clés pris à la dérobée
De tout Platon-Socrate j’ai retenu

Le ”Connais-toi toi-même”
Pioché à l’Oracle de Delphes
Et le ”Je sais que je ne sais rien”
Prêché par Socrate à Athènes

Citons aussi le mythe de la Caverne
Qui fait de nous des ombres en berne
Vivant dans l’illusion du monde réel
Projection pariétale d’un autre Univers

Ce monde des Idées au delà de la physis
Dans lequel on entre par la Négative
En langage car Il est aussi indicible qu’invisible
C’est le domaine de la Métaphysique

Platon comme un monde d’Idées pures en parle
Où Bien Beau et Vrai éternellement prévalent
Qui demeure pour l’homme inatteignable
Par la voie de ses sens plongés dans le Noir

Mais ce monde par la Raison est approchable
Et l’homme doué de langage en est capable
S’il tend ses phrasés comme un échafaudage
Car la Raison elle-même demeure inexprimable

D’où l’emploi de la Négative pour le décrire
Et la phrase-clé gravée sur le frontispice
De cette école de sages nommée Académie
“S’il N‘est géomètre, que Nul n’entre ici ” !

Car cet Espace que la métaphysique déplie
En pensée ignore les lois de notre physis
Sur lui temps et distance n’ont pas prise
Il brille éternellement de puissance sublime

Cet Idéal vers lequel tend l’Art Grec Antique
Des grands édifices aux statues allégoriques
Se laisse entrevoir dans la matière sensible
Par les rapports établis entre les signes visibles

Pour Platon comme pour l’ancien Parménide
Cet Idéal est dans la Permanence établi
Et s’oppose aux vues d’Héraclite pour qui
Tout est mouvement rien n’est immobile

Sans rien enlever au fond et à la qualité
De la philosophie qui nous a été transmise
Et nous a appris par nous-mêmes à penser
J’ose ici émettre une réserve avec respect

Je vois en Platon le porteur d’un binarisme
Qui oppose réalité perceptible et idéalisme
Localise le Divin hors de la matière sensible
Et fige le Sublime dans une assise statique

Or si je suis Celui Qui Est qui dit dans Le Livre
Je suis L’Eau (et) la mine (Rév. d’Arès xxxv/17)
Et Je cours en cœur et corps de toute vVie
De l’infiniment grand au rien le plus petit

Je lis une invite à aborder la Métaphysique
Comme un Univers-mère fluide en Ciel
Prompt à se répandre et irriguer la Terre
Apte à s’y mêler et épouser la Matière

Aussi je m’interroge sur la Nature intime
Les voies et les limites de leur métaphysique
Pour arpenter dans l’Esprit cette ”A-géométrie”
À laquelle Socrate-Platon nous invitent

À bientôt pour la suite en ligne
Nous évoquerons tout en rimes
Le jeu des forces actives et libres
Qui font l’homme et son devenir

>>> voir “Abandon et Probabilisme”

Eric Desneux

NDLR 2025 : cette prose versée, remaniée et augmentée pour la parution sur mon blog ericdesneux.fr, fut d'abord publiée en commentaire le 20 mai 2021 sur le blog de Michel Potay en réponse à un article écrit et publié par lui sur Platon et Socrate (cf. 230c39). Ce post ouvra le bal d'une première tentative de reprise en main de mon site personnel à l'hiver 2024 après un crash total qui affecta ma personne et mes publications diverses (site, chaine youtube, comptes Instagram et tweeter) à l'automne 2023, comme décrit dans l'article REVENU en NDLR.

Pour bien entamer l'année j'ai entrepris de publier d'affilée plusieurs articles relevant du domaine de la pensée, articles écrits en vers et que j'ai retrouvé dans mes carnets et rassemblés dans un seul jet. Ils témoignent à leur manière de mon vœux d'alors de prendre la parti de la hauteur et de la réflexion métaphysique pour reprendre le fil de mon site.

Anciens commentaires________________________________________________________



31 décembre 2023

SALUT À TOI

 


Salut,

Salut à toi, l’ami, l’oiseau ;
Salut à toi aussi, l’ennemi ;

Salut, toi qui court là bas,
salut ici ; Salut Là !

Salut petit, salut toi !
Salut l’idiot, salut le maître ;

Salut Enfants, marins, bûcherons, barbiers, voyeurs, putains, crétins, manchots, artistes et hommes d’art, gente d’antan.

Salut à vous marchands, maudits menteurs.

Salut à toi, pour le moment



30 décembre 2023

AUTOPORTRAIT EN LIGNE



Self wrote biography. LIVE PROCESS !

Pour accompagner cet autoportrait
peint au doigt sur photo d’un jet
en lien, la PAGE BIO en chantier
de cet IMAGIKAL SPACE

Expérience d’écriture en ligne
d’une autobiographie rédigée
en mode fil télégraphique
pour une réalisation scénique

Texte régulièrement enrichi
et mis à jour. Ecriture LIVE
en cours tous les jours
quand ce n’est pas la nuit

Défi lancé en création
pour cet 
ouvrage au long cours
sans date délai ni longueur limite

avec pour seuil la fin des jours

Bannir l’emploi du personnel
et possessif de la 1ère personne
d’un bout à l’autre du texte

du singulier au pluriel

Perec a banni la voyelle “e” de son roman La Disparition
membre de l’Oulipo, il aimait jouer avec les mots
jusqu’à relever un défi qui brilla d’un éclat tragique

Le e est comme chacun sait la lettre la plus employée
dans la langue et la littérature française déployée
alors s’en passer est convoquer la mort de la vérité

Ne pas écrire “je me mes mon ma ” pour parler de soi
comme éviter “nos nous” pour parler d’un soi en tout
est produire un effacement qui frise l’écartèlement

Voir son dedans, du dehors de soi. Bi-polarisation.
Travail d’effacement de l’égo et d’objectivation du regard
pour faire lien avec ce Moi du Dehors qui se mire en reflet. Filin.

Création en état de distanciation; élévation d’un miroir

“Un artiste devrait peindre sa toile en vitrine pour que tous assistent à sa genèse comme on assisterait à la naissance d’un Univers” Echo de Michel Potay lors d’un atelier sur l’ARt restitué de mémoire

Sentir le Pouls de la Création à l’œuvre dans la main du créateur à l’ouvrage

Voir naitre et monter une œuvre, de l’esquisse à la touche finale. Un miracle !

Ce qui s’énonce là d’une peinture, ne pourrait-il pas aussi
se vivre pour un texte qui prendrait forme et vie, pas à pas ?
Possibilité que l’informatique en réseau permet aujourd’hui.

Alors pourquoi ne pas en faire l’expérience billes en tête
avec le cour d’une vie revisitée bribes par bribes en teste
dans le silence et la solitude de l’être dans un esprit de fête ?

Lancé avec une page format A4 publiée le 31 décembre 2023
comme synopsis d’un roman graphique ou d’un film à venir,
ce leg arbore deux mois plus tard une vingtaine de pages en ligne.

RENDEZ-VOUS SUR LA PAGE BIO POUR SUIVRE CE FIL TéLéTeXTé
avec cette ritournelle en tête pour donner à lire la tête en l’air :
” Alouette, gentille alouette. Alouette, “je” sera plumé en texte ;=)
avec les “ma mon me mes” et “nos nous” itou, pour clore le tout ! “

ÆRIK

NDLR 2025 : Cet article, le premier publié après le crash de l'automne qui vit la destruction de la quasi intégralité de mes contenus publiés, ouvra mon retour en écriture. J'ai poursuivi pendant tout l'hiver l'écriture et la publication simultanée en ligne d'une autobiographie sous la forme de didascalies, sans emprunter une seule fois les mots et pronoms qui signent l'engagement du sujet dans l'écriture. Dit autrement, j'ai banni l'emploi des "je, me, mes, mon..." pour décrire un parcours de vie depuis la naissance jusqu'à cet automne fatidique ou je me suis cru "préparé à partir" définitivement. 

J'ai interrompu sa publication au sortir de l'hiver quand il m'eut apparu que cette longue frise de paragraphes pouvait donner lieu à la réalisation d'un film ou d'un roman graphique qu'il m'appartenait désormais de concrétiser. Je laisse ici cet article comme une trace de cette tentative et expérience menée fébrilement en attendant de pouvoir me consacrer et sortir dignement le fruit en images de ce travail livré en lignes et en ligne pendant sa genèse au cours des quatre mois qui ont jalonné son écriture en DIRECT LIVE sur la PAGE BIO de mon site d'alors (ericdesneux.fr).