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16 juin 2011

EN ÉCRITURE POUR LA SAISON CHAUDE

 


Cet été, écriture de scénario.

JEVAN

L’histoire d’une rédemption et d’un retour à la vie.

Un film « silencieux » ou plutôt né d’un besoin de silence, de paix, de profondeur et de dépassement intérieur.

Après cinq années passées à enquêter sur un sujet de société (la construction d’une mosquée et la présence musulmane dans une ville de la banlieue parisienne) et un énorme travail solitaire pour en faire deux films documentaires, film où la parole domine, j’ai éprouvé le besoin de revenir vers ce qui fait avant tout une image de film.

Besoin d’un épure. De me plonger dans des paysages vastes et dénudés. De voir s’animer des figures prestes. De penser leurs gestes et de les charger de mon imaginaire.

En décembre 2009, j’ai ressorti un projet sur lequel j’avais planché il y a quelques années. Il s’est imposé à moi avec douceur et évidence. J’ai aimé son retour. J’ai revu en pensée les images filmées à l’Ile d’Ouessant en repérages. De belles images calmes et apaisantes. Le vent, la mer, les plaines rases,…. Tout était là. Tout ce dont j’avais besoin de voir et d’entendre. J’ai relu mes notes et parcouru le premier jet dessiné et écrit que j’avais fait et soigneusement gardé (je storyboarde mes films). « Il y a encore un énorme travail à faire » me suis-je dit, « mais l’idée est là », tapie sous les mots, entre les lignes. Ce film, quand il existera, ne gardera de ses premières esquisses que quelques bribes peut-être. Mais il conserva la figure de cet homme qui vit déjà dans mon esprit : JEVAN (prononcez “iévan”), jeune candidat au suicide, retenu dans son geste par un homme, et qui va devoir reconstruire sa vie dans un univers rude, mais revigorant.

Sa figure a d’abord jaillit d’un trait sous ma plume. Je l’ai dessiné et immédiatement reconnu. C’est à ça que j’ai su qu’il revenait. J’ai entendu un appel et j’ai répondu.

J’ai rassemblé mes notes, revisionné mes repérages de l’Ile d’Ouessant  et j’ai présenté le projet à une « résidence d’écriture » (celle du Groupe Ouest en Bretagne). Le projet a été retenu parmi les 20 projets susceptibles d’être accompagnés (sur 78) mais n’a pas franchi la barre du jury final. Pris par le besoin de gagner ma vie j’ai repris mon ancien métier (monteur-graphiste) et enchainé les piges. Difficile de revenir dans une logique de production-communication après avoir passer des heures en solitaire sur ma timeline à chercher le mot juste, la bonne coupe, le bon plan. Difficile surtout d’entrer en écriture quand tout vous appelle au dehors. J’ai délaissé « Jevan ». Pendant près de deux ans, je ne lui ai consacré que « des moments ». Récemment, je me suis remis à dessiner dans le métro pour m’occuper pendant les longs trajets qui m’emmenaient au boulot. De la même manière qu’il était revenu sous ma plume il y a deux ans, Jevan est revenu sous mon crayon. Avec la même douceur et force d’évidence. Je me suis dit qu’il était temps de lui consacrer un vrai moment d’écriture. L’été approchant, j’ai décidé de l’emmener avec moi « en vacances ».

Eric Desneux

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4 commentaires à "EN ÉCRITURE POUR LA SAISON CHAUDE"

12 octobre 2010

JE MARCHE

*

Je marche à la rencontre de deux mondes.
Je chevauche monts et mers,
Je pénètre jungles et traverse steppes,
Je marche pour que de paysage en paysage
vers l'avenir se tourne mon regard
et puise dans mes origines
le feu sacré de ma mémoire.

Le monde est vaste et petit est mon pas
mais grande est ma volonté et infinie ma joie

*

1990 © Eric Desneux
Recueil « Salut à Toi »

JE VOYAGE


*

Je voyage
Je regarde vos visages et je parle
Je dis
Homme mécanique

Oui, HOMME MÉ-CA-NI-QUE !

Femme angoisse
Femme presse

FEMME PRESSÉE D'ARRIVER !

Homme nu
Homme penseur et préoccupé
Homme perdu !

*

1990 © Eric Desneux
Recueil « Salut à Toi »

14 juin 2010

JE M'APPELLE...

 


Ce rien qui peut faire vaciller le regard…

Mon amie Maria Loura Estevao a réalisé une petite vidéo avec les enfants d’une classe de CE2 à Pantin. Elle m’a associé à son projet. Les œuvres de Maria surprennent par la force de leur propos et la radicalité de leurs choix esthétiques. Ce petit film ne dérogea pas à la règle.

Imaginez  21 gamins de toutes origines qui fabriquent des masques à partir de scotch kraft et une fois appliqués sur leur visage, passent devant la camera pour dire l’origine de leur prénom : “Je m’appelle…..Jeanne, Mamadou, Islem, Elias,…parce que mon père, ma mère, ma tante,…”. 20 secondes d’une plongée dans l’intime  illustrée par leurs propres dessins qui défilent. A l’avant plan : des visages, à l’arrière plan, des paysages, la maison, la famille, les amis,…. Quand les dessins de visage rencontrent les masques, l’enfant épouse l’instant d’un regard, l’imaginaire et l’identité d’un autre…. Évocation fugace et joyeuse de la multiplicité de l’être.

Ce n’est pas la première fois que Maria me demande de travailler avec elle. J’avais assuré le montage et les effets des œuvres qu’elle a exposé au Parvis (Centre d’Art Contemporain de Ibos) en 2009 - Les alter egos, La femme qui court, Ma Mère. Cette fois ci, j’ai à nouveau travaillé au  montage et aux effets (incrustation) et j’ai assuré l’animation des dessins qui défilent dans la vidéo.

Eric Desneux