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02 mars 2010

JE PRENDS LE SOLEIL


Marcher.

Je me souviens d’un court passage du “Pigeon” de Patrick Süskind, qui décrit avec une profonde justesse les bienfaits que procure “la marche”.  Le corps se délie et s’assouplit, les idées se remettent en place, les peines s’adoucissent, l’espoir reprend vie.

Allongé sur les bruyères encore sèches du mont Caroux, à près de 1000 m d’altitude après plusieurs heures de marche, je repose mes membres alourdis par 6 mois de vie citadine et je prends le soleil. “A sa chaleur rien n’est caché” dit le psaume 19 (18). Les psaumes ne sont pas à proprement parlé, “Parole de Dieu”. Ils figurent dans la Bible aux cotés des proverbes et de l’histoire de Job, parmi les écrits sapientaux et poétiques. Chant, louange, célébration, poème, ils manifestent la Gloire de Yahvé et la beauté du monde créé. La plupart sont attribués au Roi David, ce que confirme le Coran ( “Nous avons donné les psaumes à David” - s4/163).

À mes yeux et mes oreilles d’homme fatigué (physiquement et spirituellement), les psaumes font surtout office de réconfort. Ce qu’il y a de troublant en l’homme, c’est que sa fragilité égale sa résistance. Où qu’il se trouve, il concentre en un point minuscule de l’univers, un jeu de forces contraires, sans rapport avec ses forces et dimensions physiques, qu’il doit apprendre à maitriser s’il ne veut pas finir broyé. Chaque jour est un combat sans cesse recommencé.

Dans les moments de doute et de peine, les psaumes agissent comme un baume. en particulier celui-ci que j'affectionne tout particulièrement :

« Les cieux racontent la gloire de Dieu
et l’œuvre de Ses Mains, le firmament l’annonce ;
le jour au jour en redit le message
et la nuit l’apprend à la nuit.
Ce ne sont ni mots ni paroles,
ni voix qu’on puisse entendre ;
par toute la terre résonne leur écho,
jusqu’aux confins du monde leurs accents.
En eux pour le soleil, Il dressa une tente,
et lui, tel un époux sortant de sa chambre nuptiale,
se fait joie, en héro, de courir sa carrière;
d’une extrémité du ciel il sort,
et sa course s’achève à l’autre extrémité,
à son ardeur rien n’échappe. »

Ce ne sont pas des mots que j’adresse à Dieu mais à moi-même.  Ils caressent mes plaies les plus profondes, et entre deux mots, je sens comme un regard maternel oindre mes pensées d’un rayon de lumière. Qui a dit que Dieu n’était qu’un Père ? Leur simple évocation ravivent mes forces, et m’enjoignent d’avancer.

La suite du psaume 19 exalte la Loi de Dieu et ses bienfaits,  “plus désirables que l’or et que beaucoup d’or fin, plus doux que le miel et le suc des rayons”. Mais en croyant libre qui tient à distance ce que les religions ont d’arbitraire et de rigide, je substitue mentalement la soumission à “son ordre”, en un simple appel à vivre la bonté, libéré de tout dogme.

Croire en Dieu c’est d’abord se mettre en marche et Le chercher. Je n’ai pas d’autres certitudes que celle de Son Existence, parce que je l’ai éprouvé, et celle de la nécessité pour l’homme d’évoluer.

Eric Desneux

17 décembre 2009

IDENTITÉ NATIONALE

Il n’appartient à aucun pouvoir politique de définir ce qu’est une identité. L’histoire nous rappelle que toute tentative de le faire, ravive les préjugés les plus vils et dégénère en xénophobie, haine raciale et guerres.

Cette histoire est récente pourtant, c’est celle de la montée des fascismes au milieu du XXème siècle. A t-on déjà oublié les erreurs de la France de Vichy et les horreurs du nazisme ? C’est bien possible. La France traverse une crise profonde qui n’est pas qu’une crise économique. Sa population est lasse, fatiguée et malade. Cela se lit sur tous les visages. Sauf peut-être sur le visage de certains jeunes qui viennent d’ailleurs et qui représentent pour une part, la force de son avenir.

Ce “grand débat sur l’identité nationale” est nauséabond parce qu’il remue la fange de la vieille France, crispée, arrogante et frileuse. Il va à contre-courant d’un monde où les échanges, la mixité, les métissages de toutes sortes sont appelés à se multiplier. Il n’y a pas d’avenir dans les replis identitaires, qu’ils soient politiques, religieux ou culturels. S’il est important de savoir d’où on vient et qui on est,  il est plus important encore de savoir où l’on va et ce que l’on veut être.

Je veux être un homme de bien, libre et responsable, et je veux vivre dans un monde en paix. Pas besoin de me déclarer “français”, “papou”, “américain” ou autre, pour cela. Bien au contraire. Besoin de dépasser tous les sentiments de supériorité que génèrent les “sentiments d’appartenance” à une culture ou une identité.

Je n’appartiens à rien d’autre qu’à l’Humanité.

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***  En visite sur ce blog, Xavier me pose la question : existe t-il une identité nationale ? J’ai ‘inclus la réponse que je lui ai faite dans le corps de ce post ***

“Existe t-il une identité nationale ?” Poser la question revient à demander si un cheval sauvage peut vivre dans un enclos.

Une évidence : on a tous une identité, quand à savoir ce qu’elle est et ce qui la définit, c’est des fois l’affaire de toute une vie pour le découvrir.

"Identité", à l’identique de.

Dis moi quel est ton “modèle” et je te dirai qui tu (envisages ou t’efforces) d’être.

Une identité est profonde et complexe à la fois. Ce qui fait ce que l’on est est le fruit de notre existence. On ne peut pas enfermer cela. Car en plus de ne pas être énumérable, ce quelque chose est toujours en mouvement en redéfinition permanente. Vouloir le définir c’est comme tenter de figer la vie dans son élan.

Le pouvoir politique n’aime pas les chevaux sauvages. Il aime les colonnes bien dressées et les devises en forme d’épitaphe sur les monuments élevés à sa gloire. Quand il s’empare de cette question, c’est évidemment dans le but de nous agglomérer et de nous imposer plus lourdement encore sa vision des choses. Sur que l’histoire, la culture, la langue, l’éducation, les habitudes… contribuent à nous forger. Et l’Etat qui tient dans sa main, l’Education Nationale, Le Ministère de la Culture, les lois,… nous charge déjà pas mal la barque, pour faire de nous des “bons sujets”, “bien gouvernés” avant tout . Mais je crois qu’il y a, au fond de nous, une part de l’Unique qui nous est propre et incessible. Une part sur lequel il n’a pas prise

Lutter pour que cette part grandisse et s’épanouisse est depuis toujours le combat des hommes en quête de véritable liberté, d’égalité, de fraternité. Certains hommes “politiques” ont pu y contribuer. Mais rarement. Et jamais en lançant de grands débats sur “l’identité nationale”, démarches toujours réductrices qui aboutissent à des hypers simplifications dangereuses.

L’idée de “nation” telle qu’on l’entend aujourd’hui, est un concept assez récent à l’échelle de l’histoire. Mais déjà suffisamment chargé de guerres et d’erreur pour que l’on ait pas à y revenir. C’est d’ailleurs pour cela que ce débat a fait flop. Parce que ce concept n’est plus porteur : terreur de 93, guerres napoléoniennes, 1870, 14-18, 39-45…. des millions de morts “pour la France”, pour la Gloire de la Patrie, la “Grandeur de la Nation”. Je crois que les français ressentent et savent cela au fond d’eux. S’ils n’ont pas beaucoup réagi -hormis quelques intellectuels et médiatiques ou politiques du bord opposé qui ont vu la une occasion de redorer leur blason-, c’est parce qu’ils sont las et fatigués des discours politiques.

Je suis “français”. Je suis né et je vis dans ce pays (j’en ai visité d’autres cependant). Je parle sa langue, je participe même à sa vie politique, et à la vie de ses institutions en votant, en payant mes impôts, en participant à ses débats à ma manière…. Mais je ne me réduis pas à cela. Et “être français” ne se réduit pas à “faire partie d’une Nation”. C’est autre chose. C’est plus vaste. Je ne suis même pas sur, contrairement à ce que d’éminents intellectuels disent-, qu’il s’agit d’une “appartenance”. Je n’appartiens pas à la France. Si je devais appartenir à quelque chose, ce serait à l’humanité, et plus dans une relation d‘échange et de partage, que de “propriété”.

Pour toutes ces raisons, un peu jetées en vrac, j’ai dans l’idée qu’il ne peut pas y avoir “d’identité nationale”, philosophiquement parlant. Que cette expression est un immense leurre. Il ne peut y avoir que des individus qui ont chacun, chacune, leur identité propre. Même si aujourd'hui et pour longtemps encore, l’homme vit sous le joug du politique et de sa pensée (et de bien d’autres maitres dont il devra apprendre à se libérer), qui tente de le circonscrire, le définir, pour mieux le gouverner.

Je suis convaincu d’une chose,

L’homme n’est Homme que libre,

et que son avenir n’est pas dans un enclos national quel qu’il soit,

mais dans la redéfinition permanente, libre et constructive [créatrice], de son identité propre

[qui se puise à l'image et ressemblance du Créateur, libre par excellence].

Eric Desneux

21 novembre 2009

DEVOIR DE RÉSERVE ? LA PENSÉE SOUS SURVEILLANCE !


En réclamant un “devoir de réserve” aux lauréats du prix Goncourt, le député UMP Eric Raoult (élu d’une république dont la devise est Liberté-Egalité-Fraternité !) ne propose ni plus ni moins que de museler la pensée et la libre expression des artistes, des écrivains, des penseurs, des intellectuels, des philosophes, des parleurs, … de tous ceux qui par leurs mots et leurs idées, leurs visions et leur force d’expression, sont susceptibles (capables, même) d’ouvrir et de proposer à l’homme des pistes nouvelles pour engendrer un avenir et une humanité AUTRE.

À ce “devoir de réserve”, j’oppose un devoir de résistance civile et spirituelle et je rappelle que la vocation de l’homme n’est pas de vivre sous le contrôle d’une surveillance généralisée,

mais acteur et créateur de sa pensée

et de son Existence,

absolument libre (Révélation d'Arès 10/10).

Eric Desneux

MA MAIN GAUCHE

 


/ De Ma Main mal-habile,

.                                              /Mal-à-droite

.                                              / Bien à gauche

.                                              / Je tire

.                                                            / élan vers le bonheur et joie de vivre !

***

NB : toute allusion au but marqué par Thierry Henry lors du match France-Irlande est à prendre comme pure coïncidence ;)