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03 juillet 2017
18 janvier 2017
ON THE ROAD
J’ai travaillé toute la semaine dernière à ranger mon garage pour le transformer en lieu de tournage.
Pendant 5 jours d’affilée, j’ai soulevé, porté, déplacé des kilos d’objets, afin de dégager un couloir de visée pour ma caméra. J’ai travaillé jusqu’à tard dans la nuit porté par mon élan, j’ai même dormi sur place (il y faisait 11° la nuit) recroquevillé sur un vieux canapé et emmailloté dans une couverture pour ne rien perdre de ce que je vivais, les 5 jours d’affilé. Quand créer vous prend il n’y a qu’une seule chose à faire : obéir, foncer, travailler ! Vous en oubliez de dormir, de manger, de vous laver… mais quelle joie quand vous avez franchi une étape !
Ce n’est que le dimanche matin, une fois retrouvé la chaleur et le confort de mon domicile, quand je pensais enfin pouvoir rassembler mes pensées et me mettre à écrire, que je me suis retrouvé bloqué par un lumbago… en passant l’aspirateur ! Commentaire d’un ami intime à qui j’ai confié “mon malheur” : “voila ce qui arrive quand on fait le boulot réservé aux femmes” ! C’était sa manière de dire qu’il aimait profondément la sienne, présente à ses cotés pendant que nous parlions au téléphone. C’est un homme taquin qui a un certain gout -et talent!- pour la provocation même si depuis il a compris que toute provocation n’était pas forcement bonne à dire. J’en profite pour le saluer ici, il se reconnaitra s’il me lit .
J’ai quand même réussi à faire un pied de nez à ce coquin de lumbago le dimanche après midi en me plongeant dans la lecture de “Sur la route” de Jack Kerouac (“On the road” pour les connaisseurs).
Ah la route ! Comme j’aimerai y être en ce moment, en chemin, délesté de tout. J’ai de folles envies de dénuement, de dépouillement même en ce moment. Est ce l’hiver et ses arbres nus qui m’inspire ces pensées d’allègement ?
Je retiens de la lecture de ce livre, non les frasques du héro ou ses mésaventures (même si elles participent du propos) mais cette formidable énergie : La route c’est l’immensité, c’est le mouvement, il n’y a qu’une seule façon d’avancer c’est de toujours aller de l’avant.
Lundi midi la douleur s’est un brin apaisée et j’ai pu reprendre mon clavier. J’ai travaillé sans relâche jusqu’à mardi midi. J’ai adressé à Michel Potay un long commentaire sur son blog pour ses entrées 180-181*, “Confraternité d’économies” * (commentaire publié en 181c4 sur le site de l’intéressé). Mais même respirer me faisait encore mal (la sciatique qui s’est déclenché me lançait ses piques à intervalles réguliers dans le genou, le pied, les cotes). Mon corps endolori par la douleur était comme transi mais curieusement ma pensée s’en est trouvée stimulée, aiguillonnée.
Écrire est un processus mystérieux qui vous fait plonger dans vos propres profondeurs et fait participer votre être tout entier à la construction de votre pensée. Je sais que ce mal passera, tandis que mes mots eux, ont une chance de rester.
* articles 180 et 181 du michelpotayblog.net : “Confraternité d’économies” : http://michelpotayblog.net/180.html/180confraternitedeconomies-comments-french.html
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