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30 août 2015

PHOTOS-FICTIONS

Je ne suis pas photographe. Je prends mes clichés comme on prend des notes. Pour garder trace d’une chose, d’un évènement ou d’une rencontre. Ce sont des instants choisis qui ont nourris ma pensée, stimulés ma foi ou aiguillonnés mon regard que je partage sur ce nouveau blog photographique créé sur Tumblr : PHOTO-FICTIONS.

NDLR 2025 : Ce blog ouvert à la rentrée 2015, ne durera qu'un temps. Je l'abandonnerais faute de suiveurs et de temps pour le nourrir après quelques mois de publication. Aussi parce que la plateforme TUMBLR peinera à s'installer dans le paysage des réseaux sociaux. Elle est aujourd'hui supplantée par le réseau social INSTAGRAM que j'ai investi bien plus tard avec dessins et photos.

Ci-après, compilation des posts publiés sur TUMBLR avant fermeture du compte.

© Eric David Desneux

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16 août 2015

RETOUR AUX RÉALITÉS

Dimanche 16 Août. Le pèlerinage de feu s'est clos depuis hier. Après un été intense passé sous le soleil de Dieu, mes pensées ont brutalement été rappelées aux “réalités” par les “informations” lues dans la Presse.

Dans les médias dits “sérieux” de quoi parle t-on ces jours-ci ? De la France et son économie en berne incapable de solutionner le chômage, de la Grèce à nouveau dans l’impasse politique et financière et du risque systémique que sa situation entraine en Europe, de la Chine contrainte de dévaluer sa monnaie pour enrayer sa baisse de croissance et des risques qu’un ralentissement de son économie fait peser sur l’économie mondiale, des violences policières aux USA à l’égard des Noirs qui perpétuent la ségrégation raciale dans le pays le plus riche de la planète, de l’emploi par Daesh de l’arme chimique contre les Kurdes et de la catastrophe humanitaire qu’entraine la folie guerrière de ces hommes, de tous ces migrants qui fuient par centaines de mille les conflits au Moyen Orient, en Afrique,… bref de quoi se demander comment le monde tourne encore et quel avenir se prépare l’humanité.

A dire vrai, il s’en faudrait de peu que je ne cède au défaitisme ou à l’alarmisme ambiant. Car chacune de ces informations nous parle d’un monde qui devient chaque jour plus complexe, plus instable et plus imprévisible, d’autant plus difficile à comprendre et à maitriser que le nombre des individus sur la terre augmente sans cesse : plus de 7 milliards aujourd’hui, près de 10 milliards à l’horizon 2050 ! Et avec l’augmentation du nombre d’hommes et de femmes, l’augmentation du nombre de problèmes et conflits potentiels insolubles par les seules voies de la force policière, des lois et de l’intellect. La propagation du mal n’est pas un des moindres problèmes posés par l’accroissement de la démographie.

Quelle solution pour l’humanité si elle ne veut pas finir broyée par les contradictions et les problèmes qu’elle a engendrés ? Elle est de retrouver une part de cette intelligence qu’elle a complètement enfouie et oubliée : son intelligence spirituelle (Révélation d’Arès 32/5), l’intelligence du cœur, devenue un faible lumignon (32/5) et qui menace de s’éteindre si l’homme ne revient pas résolument vers le Bien. L’homme a vaincu la pesanteur, le feu, le froid, la distance,… il conçoit et fabrique par milliers des machines qui le secondent dans ses tâches quotidiennes (vie domestique, travail, déplacements,…), il a bâti des systèmes et des organisations pour contrôler toutes ses activités mais il reste globalement incapable de maitriser les impulsions de son cœur, de penser et parler libre de tous préjugés et peurs, de penser autant aux autres qu’à lui même, d’imaginer et de créer un monde sans chefs, ni domination, ni pouvoirs.

A n’en pas douter, les décennies à venir s’annoncent difficiles, traversées de nombreux soubresauts économiques, politiques, sociaux. Les signes d’une grave crise sont déjà là. Mais le plus à craindre ce ne sont pas tant les difficultés matérielles que les résonances qu’elles auront sur le plan spirituel. Car après avoir cherché la réponse à ses problèmes dans la magie, la religion, la politique, l’industrie, la science…bref après avoir épuisé vainement toutes les ressources de son intelligence intellectuelle, l’humanité se retrouvera face à une énigme : en qui ou quoi croire ?  Que faire, quelle voie suivre pour simplement vivre heureux sur cette terre ? La désespérance et le doute la guettera jusqu’à anéantir tout espoir d’un autre monde possible. Tout espoir de vaincre le mal et ses manifestations, misère, malheur et mort s’éteindra jusqu’à l’extinction du nerf dans la tête (Rév. d’Arès xiii/8), de l’Image de Dieu dans l’homme.

Cette réalité est déjà peu ou prou celle des média qui dramatisent à l’excès toute nouvelle, alternent entre le rêve et le cauchemar, mais cachent soigneusement à l’homme les possibilités spirituelles qui sommeillent en lui et qu’il peut réveiller par la pénitence (Révélation d’Arès 30/11) spirituelle et seulement la pénitence spirituelle, l’action libre de changer sa vie (Révélation d’Arès 30/11) en Bien.

Car un autre scénario est possible : au sein même de ce monde en crise, la lente émergence de qualités et attitudes justes, patientes, aimantes, par un petit reste (26/1) d’hommes convaincus que le mal n’est pas une fatalité mais un état qu’il faut combattre en soi et changer. Apprendre dialoguer avec son ennemi pour enrayer les guerres, à pardonner pour faire la paix, à partager pour vaincre la misère, à remplacer le besoin d’avoir par le besoin de ne pas avoir pour vaincre l’avidité, à dépasser ses préjugés pour se libérer de ce qui emprisonne la pensée, à regarder tout homme comme un autre soi-même…. Apprendre à vaincre sa peur de manquer, de souffrir ou même de mourir, sur quoi s’assoit et se développe tout pouvoir qui a besoin d’hommes faibles pour dominer.

Mais pour cela besoin de se passer des vieilles représentations du monde. Besoin de voir en l’homme autre chose qu’un animal pensant à l’horizon de vie limité. Besoin de parier sur la vie spirituelle, qui est loin d’être un fantasme, une vue de l’esprit ou une inclination des sentiments. La vie spirituelle est une vraie Vie, chargée d’énergie, de force et de Lumière, faite pour se mêler aux énergies, forces et lumières de la terre, une Vie engendrée par l’homme bon. Car c’est cela (potentiellement) l’homme : un être-pont, un créateur unique dans l’univers, un assembleur de forces matérielles et spirituelles, un être capable d’engendrer des mondes extrêmement riches et divers, ce que ne sera jamais un castor, une abeille ou une fourmilière, si belles et étonnantes soient leurs réalisations, qui sont soumis aux lois de leurs espèces.

En renonçant à sa nature spirituelle, l’homme se condamne à vivre une demi-vie, soumise aux vicissitudes de la chair et aux atermoiements de l’esprit, et à une mort certaine. Seule l’âme (Rév. d’Arès 4/7), présence de la vie spirituelle en l’homme, lui permet de résoudre ses contradictions d’animal-pensant et d’échapper aux ténèbres. Dit autrement, seul l’homme qui a retrouvé l’usage de sa raison spirituelle peut dépasser sa condition animale, ses besoins et désirs et raviver l’Image de Dieu qui dort en lui.

A ce monde occidental comblé matériellement en passe d’être complètement désabusé, la Révélation d’Arès envoie un message fort : celui d’une espérance ravivée asserti d’un avertissement solennel. L’humanité est face à une alternative. Ou bien elle s’enfonce dans ses ténèbres au risque de s’anéantir elle-même, ou bien elle trouve la force de se ressaisir et de se recréer spirituelle par la pénitence.

Tous les hommes ressentent au fond d’eux la nécessité du Bien. Quelque soit notre origine, croyance, âge ou condition sociale… nous sommes tous appelés à changer, à partir à la découverte de l’âme (Rév. d’Arès 4/7) et de ses ressources inexplorées.

Eric Desneux

14 août 2015

CIEL D'ORAGE

J’ai lu la nouvelle entrée (Le Noir, article #167) du blog de Michel Potay, témoin de La Révélation d’Arès, et je baigne encore dans l’eau profonde de ses pensées. Je remonte lentement à la surface.

Cet article évoque le Noir (Rév d’Arès xviii/1-13, xxviii/12-20) du monde et le Noir de l’homme, image par laquelle Dieu, dans La Révélation d’Arès, nous parle du Mal sous toutes ses formes et nous montre à quel point les deux sont corrélés. “Mon Noir et le grand Noir du monde, c’est pareil” nous dit-il dans un vibrant appel à revenir vers le Blanc (xLv/25), le Bien, si l’on veut éviter à l’humanité de se perdre et de sombrer définitivement dans les ténèbres sans espoir de retour.

Là ou je réside pour mes vacances, le ciel est gris et chargé d’un orage qui gronde dans le lointain, l’air est poisseux et lourd. Autours de moi tout le monde semble vivre au ralenti. Mon père égrène doucement ses arpèges à la guitare comme un métronome, mon fils de 17 ans plongé dans sa lecture du moment tente de déchiffrer les rudiments de la physique quantique, ma fille est sur YouTube, elle regarde un film drôle. C’est peut-être la seule à échapper à cette curieuse torpeur. Son rire qui clôt le film me sort de ma rêverie et achève de me ramener aux réalités. Au dehors, le vent s’est levé soudainement, la pluie qui menaçait s’approche et tout le monde s’est levé pour ranger ses affaires.

Quel rapport me direz-vous, entre la description de cette scène familiale et Le Noir de l’homme et du monde, le mal en fait, présent en chacun de nous ? Il est d’abord dans le lien qui m’unit à ma famille qui me rappelle chaque jour que je suis lié à toute l’humanité passée, présente et à venir.  A chaque pas que je fais dans ma pénitence j’ai conscience d’entrainer avec moi mes proches, et de proche en proche, toute l’humanité. Et idem quand je pèche. En lisant cette entrée, je suis revenu en pensée sur l’enseignement donné à Paris par le frère Michel entre 1995 et 1997 au cours duquel il nous rappelait inlassablement que nous étions la chair de la chair de toute l’humanité. J’ai revécu ces moments comme si j’y étais ou presque. C’est ma mémoire que j’ai revisitée mais ma mémoire s’est faite chair et le sang qui court dans mes veines bouillonne encore de la joie qu’il a eu à se trouver exposé à cette Lumière. En repensant activement à ces moments de partage intense vécus au milieu des années 90, j’ai comme réactivé cette Lumière dans ma chair et j’ai senti comme des milliers de petits points lumineux me percer la peau. M’est revenu alors cette phrase de Paul Valery “Ce qu’il y a de plus profond dans l’homme, c’est la peau”, lu dans un recueil de citations ce matin même et qui m’avait paru à la fois vraie et énigmatique. Je la comprends mieux maintenant.


Le Noir creuse l’espace (à commencer par ma propre chair) et en aspire la Lumière et la Vie. A l’inverse, le Bien la fait s’étendre et se déployer (s’étaler devrais-je dire pour reprendre un mot du Livre) comme un Souffle sur les Eaux. Et moi simple mortel, je peux me faire voile (Rév. d’Arès 17/4) pour parcourir l’Univers porté par ce Souffle et rejoindre la flotte céleste (17/4). Cette “profonde empreinte génétique”, l’Image de Dieu dans l’homme, je pourrais presque la sentir au toucher. Elle s’épanouit en nous comme les pétales fragiles d’une fleur portés et nourris par ses racines, tiges et feuilles et ondule dans le Vent secoué par les milliards de bras lumineux du soleil.

La pluie qui menaçait est tombée drue et a passée. Je vois désormais par ma fenêtre, le ciel lentement se dégager. Des filets de lumière déchirent la masse nuageuse et la disperse. Bientôt des éclats de ciel bleu signeront le retour du beau temps, je laisserai mon clavier et j’irai humer dans la garrigue les fortes odeurs de thym et de romarin qui achèveront de me ramener à la terre. Avant de partir, je veux écrire aussi ceci.

Ce Noir qui nous habite tous ne me semble pas nous relier pour autant. Il nous divise et nous coupe les uns des autres. Il libère en nous les forces chaotiques de dislocation et j’ai comme la sensation qu’il alourdit sa propre masse qu’il isole jusqu’à l’empêcher de se mouvoir. Alors je me demande, jusqu’où les hommes poursuivront-ils cette folie du mal qui anéantira jusqu’à leur propre quête de possession et domination matérielles ? Cette génération “sait lire les signes de cieux (en étant capable de prédire la venue d’un orage) mais elle ne sait pas lire les signes des temps (qui lui indique de changer de vie avant qu’il ne soit trop tard)” (Matthieu 16-3). Il est temps que dans le cœur des hommes résonne enfin l’Appel que le Créateur leur lance depuis l’aube biblique. Qu’ils l’entendent au moins comme l’écho du tonnerre !

09 août 2015

MA MAIN A 5 DOIGTS

 


J’ai une main pour Dieu et une main pour la bête qui vit en moi.

Ma main pour Dieu a 5 doigts.
Mon premier me dit d’aimer tous les hommes, même mes ennemis;
mon second, de pardonner toutes les offenses;
mon troisième, de répandre la paix en toutes circonstances;
mon quatrième, de me libérer de mes peurs et de mes préjugés;
mon cinquième, de restaurer mon intelligence du cœur.

La pénitence (Révélation d’Arès 30/11) n’est rien d’autre que cela.

C’est le fond de l’Appel que Dieu lance à travers ses prophètes depuis toujours et il tient dans ma paume. C’est ce que je donne au monde avec cette main là qui me rend vraiment heureux et fera revenir le Bonheur sur terre.

Eric Desneux

13 juillet 2015

VIENS PRENDRE LE FEU !

Hier dimanche 12 juillet, s’est ouvert la deuxième quinzaine du pèlerinage d’Arès qui a lieu tous les été entre le 21 juin et le 15 août, à l’endroit même où Dieu s’est manifesté et a parlé en 1977. “Je suis ici. Tu y viens, les frères y viennent (…). Appelle le frère, le frère, le frère. Viens prendre le Feu !”(Révélation d’Arès XLI/1-7) dit-il à son témoin Michel Potay au cours de la cinquième et dernière théophanie, fondant ainsi le pèlerinage d'Arès.

(Maison de la Sainte Parole, vue de la cour intérieure. Arès)

Le pèlerinage d’Arès n’a pas grand chose à voir avec le pèlerinage de Lourdes ou toute autre cérémonie religieuse. On ne vient pas à Arès quêter une faveur personnelle, la guérison d’une maladie ou le pardon de ses fautes. On vient à Arès prendre le feu (Révélation d’Arès XLI/7) du Bien, le feu du changement, pour réveiller ou raviver sa volonté de se forger une âme (4/7) et de contribuer à changer le monde (28/7). Il est ouvert à tous sans distinction de race, de croyance ou de religion pourvu que celui qui s’y rend pour prier ou méditer s’engage à respecter la façon dont le Pèlerinage est géré par ceux qui y assurent l’entretien, l’accueil, le respect et la paix (voir ici pour prendre connaissance de l’esprit dans lequel le pèlerinage est tenu).

Personnellement j’ai découvert La Révélation d’Arès à l’automne 1990 et je viens en pèlerinage tous les étés depuis 1991. La première fois j’étais très impressionné, bouleversé par l’émotion de me retrouver là, face à mon Créateur, face à Dieu, face à moi-même aussi. Combien de temps m’a t-il fallu pour entrer dans ce lieu en toute sérénité ? Des années je crois, même si aujourd’hui encore, l’intranquillité me traverse quand j’entre dans le déchaussoir et que j’entre en moi-même pour me préparer à la prière. Je sais que je n’ai rien à craindre de Dieu, qu’ici j’entre dans un lieu de Paix. Mais c’est plus fort que moi. Je tremble à chaque fois que j’entre dans le Saint Lieu. Je crois que c’est la conscience et la honte d’être pécheur. Une lutte qui n’est pas sans rappeler celle de Jacob avec l’ange (Génèse 32/25-33) s’engage en moi-même. Les plus folles pensées m’envahissent. Une part de moi voudrait fuir cet endroit, l’oublier, mais c’est l’autre qui l’emporte. Celle qui me fait rester, entrer et revenir. La raison n’est pas étrangère à la foi telle qu’on la redécouvre dans La Révélation d’Arès. Foi et raison sont comme moteur et gouvernail de l’édifice spirituel que l’homme est appelé à construire.

(Maison de la Sainte Parole, vue intérieure. Arès)

Le pèlerinage j’en ai besoin tous les ans pour me ressourcer, pour me laver de la boue du monde dans laquelle je baigne toute l’année, pour m’enfoncer dans la prière comme un clou dans le bois et faire corps avec le Verbe divin, verbe créateur avant tout. Nulle part ailleurs, la Parole de Dieu ne prend une telle dimension. A Arès, tout devient plus clair, plus évident, plus fluide. Plus profond aussi. La parole qui court sur mes lèvres pendant ma prière coule comme une eau forte et limpide qui m’emporte dans son flot et me conduit à la Mer. Peu à peu, au fil des jours, l’étau qui enserre mon esprit relâche son emprise et mes pensées s’évadent vers le Ciel. Je vis chaque pèlerinage comme un abandon à Dieu, un dépouillement autant qu’un éclaircissement. Je lis intégralement La Révélation d’Arès pendant mon pèlerinage et chaque année j’y découvre et j’y puise une force nouvelle que j’étaye de mes lectures.

Mais le pèlerinage ce n’est pas qu’une prière intense et soutenue. C’est aussi un moment privilégié où je fais le point sur l’année passée, sur les projets engagés, sur ma pénitence, la vie d’assemblée… Je médite, je réfléchis, je revisite mes objectifs à atteindre, je prends des décisions sur les projets de mission à venir, les efforts personnels à faire,… Mon pèlerinage est aussi une veillée d’armes. Je pose mes valises et je mets tout à plat. Je projette sur ma réalité et mes projets la Lumière du Feu d’Arès. Pendant ces quelques jours, je sors du monde, je sors du temps, et je respire un autre Air (Rév d’Arès xxxii/4). Je vis mon séjour comme une intense session de travail de fond dont dépendra tout ce que je vais faire l’année suivante. Avec le temps ma pénitence comme ma mission sont devenues plus construites et mon pèlerinage s’inscrit dans une dynamique de plus en plus consciente et élaborée à laquelle Dieu participe.

Pas de mystique ici, même si la proximité avec le Créateur occasionne ici et là la manifestation de signes. Arès est le point de jonction entre le Ciel et la terre. S’il y a une force que je travaille à faire grandir en moi tout particulièrement en pèlerinage pour faire contrepoint à la transcendance qui pourrait me porter à l’illuminisme, c’est le réalisme. Car j’ai conscience que je viens ici pour prendre la force de me conquérir et de changer le monde (28/7) et que je ne réussirais pas dans cette entreprise sans lucidité, ni sans adaptation aux réalités. A Arès je plante mon pied (xL/1) et je me redresse, autant que je plonge dans mes profondeurs et que j’écoute Dieu. Transcendance et réalisme, c’est mon programme en pèlerinage en quelque sorte.

Je vais aussi rencontrer d’autres pèlerins, partager des moments avec certains d’entre eux, marcher entre les pins, nager, gouter la douceur d’une belle soirée d’été, parce que la vie c’est aussi ça. Mais une fois de plus, ce à quoi j’aspire le plus, c’est de me retrouver face à Dieu et souffler, souffler sur mes braises, ouvrir les yeux grand sur le Ciel et emplir mon âme, mon cœur de la présence du Père.

C’est finalement quand je quitte Arès que je me rends le mieux compte de la Force et de l’intensité que l’on vit là-bas. C’est quand je dois à nouveau me replonger dans la dureté et la grisaille du monde que je mesure le calme, la paix, la hauteur que j’ai pris en pèlerinage. Alors il me reste la prière et la mission pour souffler sur mes braises incandescentes et ne pas laisser s’éteindre ce grand Feu que Dieu a rallumé en moi.

Des siècles durant les hommes de cette partie du monde ont prié et envoyé leurs voix vers le Ciel. Ils ont construit des églises, bâti des cathédrales, des temples,… ils ont espéré et appelé et voilà qu’enfin, au moment où l’on ne l’attendait plus, que Dieu est de retour ! Cette longue attente, cette langueur aussi, je les porte en moi. Je sais que je suis porté par et que je porte tous ceux qui m’ont précédé comme je porte et serai porté par tous ceux qui me suivront sur ce Saint Lieu qui deviendra un jour, le Haut Lieu où se retrouveront dans la paix, tous les peuples de la terre.

Je souhaite un bon pèlerinage à toutes celles et ceux qui se rendront à Arès cet été pour y prier et un bel été à tous.

Eric Desneux

12 mai 2015

COURIR LIBRE


[Reprise d'un article écrit et publié en 2007 sur mon Souldigg blog en vue de sensibiliser mon lectorat d'alors à la notion de Liberté telle que la ravive La Parole d'Arès]

Hier dans les couloirs du métro parisien. Sa puanteur rance et ses néons froids me remontent à la gorge comme deux mains meurtrières. Je jette un regard aux voyageurs alentours. Aucun ne répond à ma sourde angoisse. Je ne vois que des ombres qui scandent leurs pas. Enrôlé dans ce flux mécanique, je me dirige vers les tourniquets comme un pantin pressé d’en finir avec son trajet. CLAC-CLAC-CLAC. Je passe l’étroit chenal, écluse qui compte la masse avant la rame. Et puis soudain, une envie folle de courir ; un besoin irrépressible de fendre l’air, de rire et d’hurler à tue tête m’étreint. J’ai retenu mes hurlements joyeux par crainte d’attirer sur moi les regards mais je me suis mis à courir brusquement comme un enfant, comme ivre. J’ai embrassé le large et long couloir de mes folles enjambées, bondissant d’obstacles en obstacles jusqu’à ce que j’arrive sur le quai, essoufflé. Là, la suée m’inonda et sa moite tiédeur acheva de refroidir mon ardeur.

Pendant un instant je me suis cru ailleurs. Quand je rouvre les yeux, je retrouve autours de moi les mêmes visages fermés, interrogateurs. Sombres silhouettes statiques que tout mouvement libre fait trembler. « Triste monde sans joie ni lumière » me dis-je. Quand je réalise que je me suis planté machinalement sur le quai et que j’arbore les mêmes vêtements sombres, je m’interroge. Qu’est ce qui nous fait nous fondre avec un tel empressement « naturel » dans ce moule morne et inerte ? Le péché me répondent à l’unisson mes restes de conscience. Le péché, cette tare que les religions ont inventé pour nous culpabiliser ? rétorque immédiatement mon esprit moqueur. Oui, le péché, réplique froidement mon âme. Le péché, que les religions ont savamment utilisé pour nous dominer, en nous cachant sciemment que l’on pouvait s’en libérer. « S’en libérer ? » reprend mon esprit railleur, « en achetant des passeports pour l’éternité ? » ou en « se confessant au curé » ? Non, répond mon âme, si confession ou dogme libérait du péché, il y a bien longtemps que le monde aurait changé. Pour venir à bout du péché, pas d’autre solution que de lutter en soi pour se recréer (bon, patient, aimant,…).

Contrairement à ce qu’à enseigné la religion pendant des siècles, le péché n’est pas «faute morale que l’on doit expier». La confession comme l’expiation est une invention de curés pour assujettir les esprits faibles. Le péché,  le mal en fait, est « nature » en nous que nous devons (et pouvons) changer (Révélation d’Arès 28/7). Sa réalité est “physique” autant que méta-physique. Il découle du choix que firent des hommes jadis de dominer leurs semblables. Une situation qui s’est perpétuée jusqu’à nos jours et qui imprègnent nos chairs. Le péché plombe le sang qui coule dans nos veines, il voile nos regards, il étouffe l’amour dans nos cœurs, il brise nos élans de bonté, il fourche notre langue et attise nos rancœurs, entretient en nous mensonge et brutalité. Quel homme d’aujourd’hui peut se dire pur de tout mal ? Nous sommes tous pécheurs et c’est pourquoi Dieu nous recommande de ne pas juger, mais d’entrer en pénitence pour nous changer.

Changer ou lutter contre son péché, est affaire de toute une vie. C’est se défaire peu à peu des réflexes et pensées de domination et de méchanceté que le monde nous a légué. C’est se libérer d’un poids qui nous rend malheureux, triste et tourmenté. C’est raviver en nous, le feu joyeux de l’Amour et de la liberté. C’est difficile mais ca prend l’homme, parfois, comme une irrépressible envie de courir libre (Révélation d’Arès 10/10).


Eric Desneux

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13 février 2015

JE SUIS PÉNITENT


Cela fait presque un mois maintenant que les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Casher ont eu lieu. Impressionnant la vitesse à laquelle le soufflet médiatique est retombé ! La guerre en Ukraine, l’affaire du Carlton et d’autres gros titres ont délogé “l’esprit du 11 janvier” et la côte de notre Président retombe à nouveau en flèche après avoir connu une embellie passagère. Les ressorts de la presse hélas, restent les mêmes et les média continuent de nous gaver de mort, de peur et de joies factices.

Je travaillais dans une chaîne de télé quand eurent lieu les attentats de Charlie Hebdo. Les deux premiers jours ont été marqué par l’hébétude. Il régnait dans les locaux de la chaîne une sorte de silence irréel et puis petit à petit l’excitation a pris le dessus jusqu’à envahir toutes les émissions. Chacune voulait sa spéciale sur “Charlie” et a mis les bouchées doubles pour couvrir l’événement et ses suites. En tant que graphiste, cela voulait dire pour moi, deux fois plus de photos, d’images, de textes, de banc-titres et d’animations à traiter et réaliser.

Beaucoup de choses ont été dites à l’occasion de ces événements sur la collusion des pouvoirs et des médias et sur la récupération politique qui s’en est ensuivie. Ce n’est pas le propos que je souhaite développer ici. Je tiens en revanche à souligner à quel point cette campagne “Je Suis Charlie” a été construite et montée de toute pièce par les médias.

Le logo “Je suis Charlie” a été réalisé par le directeur artistique d’un journal distribué gratuitement dans le métro parisien. L’homme dit n’avoir pas su trouver d’autres mots pour exprimer son émotion. Publié un peu plus d’une heure après les événements sur son compte twitter, ce logo a été repéré par une journaliste très en vue qui l’a fait suivre. Dès l’après-midi il s’est imposé dans toutes les salles de rédaction. En fin d’après-midi et tous les jours qui ont suivi, toutes les occasions étaient bonnes pour placer ce logo et alimenter la fièvre collective.

De retour à mon atelier trois jours plus tard, après un gavage immodéré d’images et de textes médiatiques, j’ai éprouvé le besoin de me laver de tout ce qui m’avait traversé les jours précédents et de ce à quoi j’avais participé. J’ai commencé par réaliser une affiche avec le mot PENITENCE, écrit en gros au milieu.

[Note à l'attention de ceux qui connaissent peu ou pas La Révélation d'Arès : la pénitence est l'action que l'on entreprend intérieurement pour se changer en bien. Rien à voir avec la pénitence religieuse doloriste et masochiste. Faire pénitence au sens que La Révélation d'Arès lui donne, c'est simplement aimer son prochain (évangéliquement), pardonner (toutes les offenses), répandre la paix (en toutes circonstances), se libérer de ses peurs et de ses préjugés et restaurer son intelligence du cœur. La pénitence est au cœur de la dynamique spirituelle insufflée par Dieu à Arès. Poussée très loin, elle permet à l'homme de se recréer intégralement bon et de retrouver l'image et ressemblance (Genèse 1/26-27) divine déposée en lui. Partagée par un petit reste d'hommes déterminés, elle peut vaincre le mal dans le monde et restaurer Eden.]



L’emploi d’un graphisme sobre, épuré, plus suggestif qu’illustratif, qui imprime la pensée autant que la rétine a été plus qu’une découverte, un déclencheur. J’ai accouché avec cette affiche d’un “style” que je cherchais en moi depuis longtemps pour lier la Parole et mes images (je reviendrais sur ce point dans un prochain article).

J’aurais pu en rester là. Mais j’étais pris dans une sorte d’urgence. Alors que Amédy Coulibaly défrayait la chronique avec sa prise otage à l’Hyper Casher porte de Vincennes (ma fille était alors dans une école à quelques 200 mètres de là), j’ai réalisé un petit carton “Je suis pénitent” (Révélation d’Arès 30/11), en réponse à tous ceux qui me sommaient de me prononcer pour ou contre Charlie, et je l’ai posté sur mon compte Facebook.


J’ai continué de créer ainsi avec une sorte de frénésie tout le mois de janvier, les jours où je ne travaillais pas en télé, mû par une nécessité impérieuse d’opposer à ce bruit médiatique qui me traversait, le Chant (Révélation d’Arès x/8) de La Parole. Une grande affiche et un petit film pour le local de la mission parisienne des Pèlerin d’Arès, reproduits sur mon site de mission et mentionnés dans un article du freesoulblog (blog de Michel Potay, témoin de la Révélation d’Arès, voir 161C58 et 161C93), sont tous deux sortis de cette dynamique créative intense.

Je crois intéressant de noter que ces travaux remarqués par mes frères, n’ont pas jailli d’un esprit déconnecté des réalités tranquillement installé dans le confort de ses certitudes. Ces images sont nées sur une ligne de front, ont jailli d’une nécessité, d’un combat. Front de La Parole avec le bruit d’homme (xxxii/8), qui depuis l’aube biblique s’affrontent sur fond de guerres, de violence, de vengeance sans fin. J’ai ressenti la nécessité d’occuper l’espace avec les mots : Père de l’Univers (12/4), La Parole qui est (i/4), et qui seule contient la Force de vaincre le mal et de faire taire ce bruit envahissant, spoliant, dénaturant jusqu’à l’absurde.

Aujourd’hui la pression médiatique est retombée, les émissions de télévision pour lesquelles je travaille ont repris leurs cours habituel et je peux méditer avec plus de tranquillité sur ce qui s’est passé.

Je me dis que la France a montré avec ces événements, un bien triste visage en réalité, loin de l’image d’union sacrée et de “défense des valeurs la civilisation” qu’ont construite les médias. Faire de Charlie Hebdo, journal satirique vachard et outrancier, le parangon de la liberté d’expression avait déjà de quoi interroger. Mais imposer “Je suis Charlie” à toute la Nation comme une sorte d’hymne visuel auquel tout est un chacun a été sommé d’adhérer, et ce au nom de cette même liberté d’expression, confinait à l’absurde.

Quand la vague de représailles juridiques a été déclenchée contre ceux qui, pris au piège de ce simplisme ravageur, ont déclaré leur “sympathie”, réelle ou non, avec les terroristes (je crois plus en réalité par provocation et irrévérence envers cette adhésion imposée à “Je suis Charlie”), la tragédie a basculé dans le grotesque. C’est ainsi que l’on a vu un enfant de 8 ans être conduit en garde à vue et passer une nuit au poste de police, des alcooliques éméchés condamnés à de la prison ferme, des élèves renvoyés sans sommation de leur école, collège ou lycée… pour avoir simplement tenu des propos considérés comme “apologie du terrorisme” !

Mais le plus inquiétant c’est peut être le spectre totalitaire qui s’est glissé dans les déclarations publiques et les décisions gouvernementales qui ont suivies, au rang desquelles il faut noter certaines restrictions de nos libertés publiques et qui témoignent d’une volonté toujours plus forte du pouvoir d’utiliser la peur comme arme pour renforcer sa domination sur le peuple.

Jean Bauberot a dit : “La France est passée de la Monarchie absolue à la République absolue”, en parlant de la manière obtuse qu’ont certains hommes politiques d’envisager la laïcité. Les récents événements nous ont permis de vérifier que le germe de l’absolutisme était encore bel et bien vivace en France. Ce même germe qui a produit naguère la Saint-Barthelemy quand la France était encore “fille aînée de l’Église”, ce germe qui élevé la guillotine et un chant barbare au rang d’emblèmes nationaux lors de la Révolution, a resurgit aujourd’hui.

Il y a néanmoins quelques points positifs à relever et tirer de ces évènements.

Le premier. Je pense qu’il y avait dans la rue ce dimanche 11 janvier et les jours qui ont précédé (je ne suis pas allé manifester moi-même) des hommes et des femmes sincèrement épris de dépassement et d’universalité, et qui ont cru que quelque chose pouvait se jouer dans cet élan de solidarité généreuse, très vite récupéré par les pouvoirs de toutes sortes hélas. C’est cet élan qui m’intéresse ici et me fait dire que la France a encore un vivier de forces cachées qu’elle pourra faire jaillir le moment venu. Plaise à Dieu que ce soit pour épouser la pénitence absolue !

La deuxième chose que je veux dire ici me concerne, en tant que Pèlerins d’Arès. Pendant longtemps j’ai témoigné de ma foi à couvert pensant me faire mieux comprendre et accepter d’un peuple athée qui rejette instinctivement tout ce qui lui rappelle la religion. Ces dernières années, je suis sorti de ma réserve à l’invite du témoin et prophète de la Révélation d’Arès, Michel Potay, et je me suis mis à témoigner ouvertement de ma foi, à relayer simplement l’Appel du Père de l’Univers à savoir que seule la pénitence sauvera l’humanité des périls qui l’attendent.

Aujourd’hui j’ai compris à quel point porter témoignage et appeler à la pénitence était aussi un combat qui se joue sur le territoire des mots qui façonnent notre pensée, et j’ai aussi envie de parler de prière (Révélation d’Arès 12/4), de Salut (37/3), de péché (30/2),… bref de reconquérir cet Héritage (31/4) confisqué par les religions qui ont vidé la Parole de Dieu de sa substance active, créatrice, et de lui redonner son vrai sens en lui prêtant ma voix et ma chair.

Et qu’importe si je passe pour religieux, si on me prend pour une “méchante vieille” ou un mec d’un autre âge. C’est en redonnant force et vie à ce langage spirituel, qui seul donne l’intelligence (23/4), que l’homme parviendra à s’échapper de la prison mentale dans laquelle il croupit depuis des siècles. Refuser cette évidence, pour moi Pèlerin d’Arès, c’est prendre le risque de finir broyé par le bruit matérialiste et rationaliste. Car comme nous le rappelle frère Michel (Michel Potay) sur son blog, “il n’y a pas de synonyme à pénitent”, il n’y a pas de substitut à la Parole. Elle EST (i/4) !

Eric Desneux.

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NDLR 2025 : A la suite de l'élaboration de ces affiche et carton sur LA PENITENCE basés sur le concept d'IMAGE-SIGNE, je me lancerai avec feu dans la réalisation d'une série de créations graphiques spécifiques pour la Mission des Pèlerins d'Arès, non sans rencontrer âpres difficultés auprès de mes propres frères de foi qui rejetèrent à Paris même où j'officiais, le fruit de mes recherches créatives. 

C'est donc CONTRE le groupe de mission parisien au sein duquel j'étais engagé corps et âme, que j'ai produit et diffusé l'ensemble des travaux que j'ai néanmoins rendu public sur un site dédié créé pour l'occasion, intitulé TU VOIS LE RETOUR, pour donner une chance à mon travail d'exister. Soutenu chaleureusement par le prophète, mes travaux seront diffusés dans toutes les assemblées de France, à l'exception de la Mission parisienne qui les bouda et les combattit allant jusqu'à décrocher les rares affiches que certains touchés par mon travail avaient choisi d'exposer. Une expérience qui m'a permis de vérifier l'adage prophétique de Jésus « Nul n'est prophète en sa famille ou son pays ».

Un indice de l'opposition de mes propres frères de mission du groupe parisien à ce travail poursuivi sans relâche pendant 5 ans de février 2014 à février 2019 ? Le nombre de commentaires laissés sur ces pages où j'ai fait fleurir mon travail : https://tuvoisleretour.blogspot.com