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25 octobre 2007

FAIRE FACE À LA MORT


Qui n’a pas entendu parler de la lettre de Guy Mocquet ? Combien l’ont lu, je veux dire, réellement, sans préjugés d’aucune sorte ? Elle mérite que l’on s’y attarde un peu. La voici :

 
« Ma petite maman chérie,
mon tout petit frère adoré,
mon petit papa aimé,

Je vais mourir! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable, je ne peux le faire hélas! J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées, elles pourront servir à Serge, qui je l'escompte sera fier de les porter un jour.
À toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée. Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme. 17 ans et demi, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine. Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon cœur d'enfant. Courage!
Votre Guy qui vous aime.

Guy »
 
J'ai lu cette lettre l'esprit encombré par la polémique répercutée par les médias. J'étais assez réservé à son sujet. J'ai pourtant été immédiatement touché par sa sobriété et la noblesse d'âme du jeune homme. Ce qui fait la force de cette lettre me suis je dit, c'est qu'elle nous montre ce dont seul un être humain est capable : faire face à la mort, à sa propre mort, tout en gardant courage et espoir. Et j'ai regretté que les médias n'aient pas saisi cette occasion pour parler de cette étonnante faculté humaine et des questions qu’elle soulève. Car un homme capable de surmonter, même le temps d’une lettre, une telle angoisse et de prolonger son existence dans celle des autres (ce que l’on ressent aussi à la lecture de la lettre de Guy Mocquet c’est son sentiment profond d’être relié à toute l’humanité), n’est il pas d’une certaine manière un signe que l’homme a partie liée avec l’éternité ? Qui ne ressent pas en songeant à la mort, l’anomalie que représente la fin de la vie terrestre ? Qui ne sent pas murmurer au fond de ses entrailles qu’il est fait pour autre chose qu’une vie de taupe ou de rat et que son destin n’est pas de finir rongé par les vers ? Quand on voit à quoi l’homme a réduit son existence, on peut être tenté de saluer la mort comme une délivrance, c’est vrai et je souscris aussi à cela, mais la Révélation d’Arès nous rappelle que même celui qui a oublié Dieu, ou qui l’a rejeté, a gardé mémoire de sa véritable vocation d’homme, qui est d’aimer, de créer et de vivre libre et heureux parmi ses semblables dans la perpétuité. Vaincre la mort est au cœur du projet de la Révélation d’Arès, même si pour cela des générations de pénitents et de moissonneurs devront se succéder dans la tombe et lutter, âprement parfois, pour installer en eux même et dans le monde, le Bien actif. 

Guy Mocquet avait en face de lui des nazis, l’une des pires barbaries que l’homme ait enfanté. J’ignore quelles furent les intentions de Nicolas Sarkozy quand il demanda à ce que cette lettre soit lue dans les lycées de France et je ne crois pas que en débattre serve réellement la vérité (qui est que le monde doit changer -RA 28/7). Par contre, je pense qu’il n’est pas inutile de rappeler aux adolescents d’aujourd’hui, qu’ils ont la chance de vivre dans un pays qui connaît la paix et qui leur offre de pouvoir (dans une certaine mesure) choisir ce qu’ils feront de leur vie et de ce monde. Et qu’ils ne perdent pas de vue que la barbarie peut toujours revenir car elle gît tapie dans les cœurs, tout à coté de l’aspiration au bonheur.
 
 
Souldigg

15 octobre 2007

COMME LES VAGUES DE LA MER...


Je n’avais jamais vu de match de rugby avant cette coupe du monde. Le soir de la victoire du XV de France contre les All Blacks je me suis retrouvé devant le poste de télévision pendant les 15 dernières minutes de la rencontre. J’ai voulu vérifier ce que j’avais toujours entendu dire du rugby, « un sport de brutes joué par des gentlemen », à l’opposé du football, « un sport de gentlemen joué par des brutes ». Ma première impression me confirma dans ce que je pense du sport à la télévision en général : il y a quelque chose dans le spectacle de ces masses humaines en plein effort qui fascine et réveille en l'homme des émotions intenses et qui en meme temps le plonge dans un profond hébétement, au point de le vider de toute présence à lui même. Je me demande : est-ce le sport ou la télé-vision qui produit cela ? A y regarder de plus près, je constate que rares sont les moments vraiment dignes d’intérêt. Toute l’attention du spectateur semble absorbée dans l’attente de ce quelque chose qui n’arrivera peut être pas et qui quand il arrive, fait "exploser le compteur". 

Il y a bel et bien un retour au primitif dans cette expérience mais je ne suis pas sur que cela vienne du rubgy. La télé réduit tout en même temps qu'elle sacralise et cérébralise à l'excès. Il y a quelque chose de la philosophie des coupeurs-réducteurs de tête dans la télé d'aujourd'hui qui se manifeste tout particulièrement dans le spectacle du sport que la tension du direct et la simplicité de l'enjeu rendent immédiatement et intensément lisible. J'ai aimé regarder ces 15 minutes de rugby. Ce qui m'a plu c'est avant tout la forte présence physique des joueurs, meme si vu au travers du poste de télévision, leurs élans gardaient quelque chose d'irréel. Les yeux rivés sur l’écran, je me suis surpris à me fondre dans l’image au milieu de ces corps emmêlés, ressentant jusque dans mes cotes les coups de leurs chocs. 

Dans notre monde de plus en plus virtuel, le rugby a cela d’intéressant qu’il nous nous fait vivre quelque chose d’un corps à corps avec la vie et nous rappelle que c’est dans une confrontation avec les autres que l’on progresse. En regardant les All Blacks avancer irrésistiblement vers la ligne de marquage, j’ai pensé à cette phrase de la Révélation d’Arès qui appelle l’homme à se lever comme les vagues de la mer, comme les vagues se ruent contre le roc qui leur barre leur cours, sourdes et obstinées, pour abattre le péché (Révélation d'Arès 28/12). Ah! me suis-je dit.... Si cette farouche volonté d’en découdre et de gagner était appliquée par l’homme à lutter contre ses propres ténèbres, sans défaillir, on ne célébrerait pas à la fin d’un match la victoire de telle ou telle équipe, laissant l’autre équipe se remplir d’amertume, on célébrerait tous ensemble, la victoire de toute l’humanité contre le mal. 


Souldigg