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30 août 2015

PHOTOS-FICTIONS

Je ne suis pas photographe. Je prends mes clichés comme on prend des notes. Pour garder trace d’une chose, d’un évènement ou d’une rencontre. Ce sont des instants choisis qui ont nourris ma pensée, stimulés ma foi ou aiguillonnés mon regard que je partage sur ce nouveau blog photographique créé sur Tumblr : PHOTO-FICTIONS.

NDLR 2025 : Ce blog ouvert à la rentrée 2015, ne durera qu'un temps. Je l'abandonnerais faute de suiveurs et de temps pour le nourrir après quelques mois de publication. Aussi parce que la plateforme TUMBLR peinera à s'installer dans le paysage des réseaux sociaux. Elle est aujourd'hui supplantée par le réseau social INSTAGRAM que j'ai investi bien plus tard avec dessins et photos.

Ci-après, compilation des posts publiés sur TUMBLR avant fermeture du compte.

© Eric David Desneux

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16 août 2015

RETOUR AUX RÉALITÉS

Dimanche 16 Août. Le pèlerinage de feu s'est clos depuis hier. Après un été intense passé sous le soleil de Dieu, mes pensées ont brutalement été rappelées aux “réalités” par les “informations” lues dans la Presse.

Dans les médias dits “sérieux” de quoi parle t-on ces jours-ci ? De la France et son économie en berne incapable de solutionner le chômage, de la Grèce à nouveau dans l’impasse politique et financière et du risque systémique que sa situation entraine en Europe, de la Chine contrainte de dévaluer sa monnaie pour enrayer sa baisse de croissance et des risques qu’un ralentissement de son économie fait peser sur l’économie mondiale, des violences policières aux USA à l’égard des Noirs qui perpétuent la ségrégation raciale dans le pays le plus riche de la planète, de l’emploi par Daesh de l’arme chimique contre les Kurdes et de la catastrophe humanitaire qu’entraine la folie guerrière de ces hommes, de tous ces migrants qui fuient par centaines de mille les conflits au Moyen Orient, en Afrique,… bref de quoi se demander comment le monde tourne encore et quel avenir se prépare l’humanité.

A dire vrai, il s’en faudrait de peu que je ne cède au défaitisme ou à l’alarmisme ambiant. Car chacune de ces informations nous parle d’un monde qui devient chaque jour plus complexe, plus instable et plus imprévisible, d’autant plus difficile à comprendre et à maitriser que le nombre des individus sur la terre augmente sans cesse : plus de 7 milliards aujourd’hui, près de 10 milliards à l’horizon 2050 ! Et avec l’augmentation du nombre d’hommes et de femmes, l’augmentation du nombre de problèmes et conflits potentiels insolubles par les seules voies de la force policière, des lois et de l’intellect. La propagation du mal n’est pas un des moindres problèmes posés par l’accroissement de la démographie.

Quelle solution pour l’humanité si elle ne veut pas finir broyée par les contradictions et les problèmes qu’elle a engendrés ? Elle est de retrouver une part de cette intelligence qu’elle a complètement enfouie et oubliée : son intelligence spirituelle (Révélation d’Arès 32/5), l’intelligence du cœur, devenue un faible lumignon (32/5) et qui menace de s’éteindre si l’homme ne revient pas résolument vers le Bien. L’homme a vaincu la pesanteur, le feu, le froid, la distance,… il conçoit et fabrique par milliers des machines qui le secondent dans ses tâches quotidiennes (vie domestique, travail, déplacements,…), il a bâti des systèmes et des organisations pour contrôler toutes ses activités mais il reste globalement incapable de maitriser les impulsions de son cœur, de penser et parler libre de tous préjugés et peurs, de penser autant aux autres qu’à lui même, d’imaginer et de créer un monde sans chefs, ni domination, ni pouvoirs.

A n’en pas douter, les décennies à venir s’annoncent difficiles, traversées de nombreux soubresauts économiques, politiques, sociaux. Les signes d’une grave crise sont déjà là. Mais le plus à craindre ce ne sont pas tant les difficultés matérielles que les résonances qu’elles auront sur le plan spirituel. Car après avoir cherché la réponse à ses problèmes dans la magie, la religion, la politique, l’industrie, la science…bref après avoir épuisé vainement toutes les ressources de son intelligence intellectuelle, l’humanité se retrouvera face à une énigme : en qui ou quoi croire ?  Que faire, quelle voie suivre pour simplement vivre heureux sur cette terre ? La désespérance et le doute la guettera jusqu’à anéantir tout espoir d’un autre monde possible. Tout espoir de vaincre le mal et ses manifestations, misère, malheur et mort s’éteindra jusqu’à l’extinction du nerf dans la tête (Rév. d’Arès xiii/8), de l’Image de Dieu dans l’homme.

Cette réalité est déjà peu ou prou celle des média qui dramatisent à l’excès toute nouvelle, alternent entre le rêve et le cauchemar, mais cachent soigneusement à l’homme les possibilités spirituelles qui sommeillent en lui et qu’il peut réveiller par la pénitence (Révélation d’Arès 30/11) spirituelle et seulement la pénitence spirituelle, l’action libre de changer sa vie (Révélation d’Arès 30/11) en Bien.

Car un autre scénario est possible : au sein même de ce monde en crise, la lente émergence de qualités et attitudes justes, patientes, aimantes, par un petit reste (26/1) d’hommes convaincus que le mal n’est pas une fatalité mais un état qu’il faut combattre en soi et changer. Apprendre dialoguer avec son ennemi pour enrayer les guerres, à pardonner pour faire la paix, à partager pour vaincre la misère, à remplacer le besoin d’avoir par le besoin de ne pas avoir pour vaincre l’avidité, à dépasser ses préjugés pour se libérer de ce qui emprisonne la pensée, à regarder tout homme comme un autre soi-même…. Apprendre à vaincre sa peur de manquer, de souffrir ou même de mourir, sur quoi s’assoit et se développe tout pouvoir qui a besoin d’hommes faibles pour dominer.

Mais pour cela besoin de se passer des vieilles représentations du monde. Besoin de voir en l’homme autre chose qu’un animal pensant à l’horizon de vie limité. Besoin de parier sur la vie spirituelle, qui est loin d’être un fantasme, une vue de l’esprit ou une inclination des sentiments. La vie spirituelle est une vraie Vie, chargée d’énergie, de force et de Lumière, faite pour se mêler aux énergies, forces et lumières de la terre, une Vie engendrée par l’homme bon. Car c’est cela (potentiellement) l’homme : un être-pont, un créateur unique dans l’univers, un assembleur de forces matérielles et spirituelles, un être capable d’engendrer des mondes extrêmement riches et divers, ce que ne sera jamais un castor, une abeille ou une fourmilière, si belles et étonnantes soient leurs réalisations, qui sont soumis aux lois de leurs espèces.

En renonçant à sa nature spirituelle, l’homme se condamne à vivre une demi-vie, soumise aux vicissitudes de la chair et aux atermoiements de l’esprit, et à une mort certaine. Seule l’âme (Rév. d’Arès 4/7), présence de la vie spirituelle en l’homme, lui permet de résoudre ses contradictions d’animal-pensant et d’échapper aux ténèbres. Dit autrement, seul l’homme qui a retrouvé l’usage de sa raison spirituelle peut dépasser sa condition animale, ses besoins et désirs et raviver l’Image de Dieu qui dort en lui.

A ce monde occidental comblé matériellement en passe d’être complètement désabusé, la Révélation d’Arès envoie un message fort : celui d’une espérance ravivée asserti d’un avertissement solennel. L’humanité est face à une alternative. Ou bien elle s’enfonce dans ses ténèbres au risque de s’anéantir elle-même, ou bien elle trouve la force de se ressaisir et de se recréer spirituelle par la pénitence.

Tous les hommes ressentent au fond d’eux la nécessité du Bien. Quelque soit notre origine, croyance, âge ou condition sociale… nous sommes tous appelés à changer, à partir à la découverte de l’âme (Rév. d’Arès 4/7) et de ses ressources inexplorées.

Eric Desneux

14 août 2015

CIEL D'ORAGE

J’ai lu la nouvelle entrée (Le Noir, article #167) du blog de Michel Potay, témoin de La Révélation d’Arès, et je baigne encore dans l’eau profonde de ses pensées. Je remonte lentement à la surface.

Cet article évoque le Noir (Rév d’Arès xviii/1-13, xxviii/12-20) du monde et le Noir de l’homme, image par laquelle Dieu, dans La Révélation d’Arès, nous parle du Mal sous toutes ses formes et nous montre à quel point les deux sont corrélés. “Mon Noir et le grand Noir du monde, c’est pareil” nous dit-il dans un vibrant appel à revenir vers le Blanc (xLv/25), le Bien, si l’on veut éviter à l’humanité de se perdre et de sombrer définitivement dans les ténèbres sans espoir de retour.

Là ou je réside pour mes vacances, le ciel est gris et chargé d’un orage qui gronde dans le lointain, l’air est poisseux et lourd. Autours de moi tout le monde semble vivre au ralenti. Mon père égrène doucement ses arpèges à la guitare comme un métronome, mon fils de 17 ans plongé dans sa lecture du moment tente de déchiffrer les rudiments de la physique quantique, ma fille est sur YouTube, elle regarde un film drôle. C’est peut-être la seule à échapper à cette curieuse torpeur. Son rire qui clôt le film me sort de ma rêverie et achève de me ramener aux réalités. Au dehors, le vent s’est levé soudainement, la pluie qui menaçait s’approche et tout le monde s’est levé pour ranger ses affaires.

Quel rapport me direz-vous, entre la description de cette scène familiale et Le Noir de l’homme et du monde, le mal en fait, présent en chacun de nous ? Il est d’abord dans le lien qui m’unit à ma famille qui me rappelle chaque jour que je suis lié à toute l’humanité passée, présente et à venir.  A chaque pas que je fais dans ma pénitence j’ai conscience d’entrainer avec moi mes proches, et de proche en proche, toute l’humanité. Et idem quand je pèche. En lisant cette entrée, je suis revenu en pensée sur l’enseignement donné à Paris par le frère Michel entre 1995 et 1997 au cours duquel il nous rappelait inlassablement que nous étions la chair de la chair de toute l’humanité. J’ai revécu ces moments comme si j’y étais ou presque. C’est ma mémoire que j’ai revisitée mais ma mémoire s’est faite chair et le sang qui court dans mes veines bouillonne encore de la joie qu’il a eu à se trouver exposé à cette Lumière. En repensant activement à ces moments de partage intense vécus au milieu des années 90, j’ai comme réactivé cette Lumière dans ma chair et j’ai senti comme des milliers de petits points lumineux me percer la peau. M’est revenu alors cette phrase de Paul Valery “Ce qu’il y a de plus profond dans l’homme, c’est la peau”, lu dans un recueil de citations ce matin même et qui m’avait paru à la fois vraie et énigmatique. Je la comprends mieux maintenant.


Le Noir creuse l’espace (à commencer par ma propre chair) et en aspire la Lumière et la Vie. A l’inverse, le Bien la fait s’étendre et se déployer (s’étaler devrais-je dire pour reprendre un mot du Livre) comme un Souffle sur les Eaux. Et moi simple mortel, je peux me faire voile (Rév. d’Arès 17/4) pour parcourir l’Univers porté par ce Souffle et rejoindre la flotte céleste (17/4). Cette “profonde empreinte génétique”, l’Image de Dieu dans l’homme, je pourrais presque la sentir au toucher. Elle s’épanouit en nous comme les pétales fragiles d’une fleur portés et nourris par ses racines, tiges et feuilles et ondule dans le Vent secoué par les milliards de bras lumineux du soleil.

La pluie qui menaçait est tombée drue et a passée. Je vois désormais par ma fenêtre, le ciel lentement se dégager. Des filets de lumière déchirent la masse nuageuse et la disperse. Bientôt des éclats de ciel bleu signeront le retour du beau temps, je laisserai mon clavier et j’irai humer dans la garrigue les fortes odeurs de thym et de romarin qui achèveront de me ramener à la terre. Avant de partir, je veux écrire aussi ceci.

Ce Noir qui nous habite tous ne me semble pas nous relier pour autant. Il nous divise et nous coupe les uns des autres. Il libère en nous les forces chaotiques de dislocation et j’ai comme la sensation qu’il alourdit sa propre masse qu’il isole jusqu’à l’empêcher de se mouvoir. Alors je me demande, jusqu’où les hommes poursuivront-ils cette folie du mal qui anéantira jusqu’à leur propre quête de possession et domination matérielles ? Cette génération “sait lire les signes de cieux (en étant capable de prédire la venue d’un orage) mais elle ne sait pas lire les signes des temps (qui lui indique de changer de vie avant qu’il ne soit trop tard)” (Matthieu 16-3). Il est temps que dans le cœur des hommes résonne enfin l’Appel que le Créateur leur lance depuis l’aube biblique. Qu’ils l’entendent au moins comme l’écho du tonnerre !

09 août 2015

MA MAIN A 5 DOIGTS

 


J’ai une main pour Dieu et une main pour la bête qui vit en moi.

Ma main pour Dieu a 5 doigts.
Mon premier me dit d’aimer tous les hommes, même mes ennemis;
mon second, de pardonner toutes les offenses;
mon troisième, de répandre la paix en toutes circonstances;
mon quatrième, de me libérer de mes peurs et de mes préjugés;
mon cinquième, de restaurer mon intelligence du cœur.

La pénitence (Révélation d’Arès 30/11) n’est rien d’autre que cela.

C’est le fond de l’Appel que Dieu lance à travers ses prophètes depuis toujours et il tient dans ma paume. C’est ce que je donne au monde avec cette main là qui me rend vraiment heureux et fera revenir le Bonheur sur terre.

Eric Desneux

13 juillet 2015

VIENS PRENDRE LE FEU !

Hier dimanche 12 juillet, s’est ouvert la deuxième quinzaine du pèlerinage d’Arès qui a lieu tous les été entre le 21 juin et le 15 août, à l’endroit même où Dieu s’est manifesté et a parlé en 1977. “Je suis ici. Tu y viens, les frères y viennent (…). Appelle le frère, le frère, le frère. Viens prendre le Feu !”(Révélation d’Arès XLI/1-7) dit-il à son témoin Michel Potay au cours de la cinquième et dernière théophanie, fondant ainsi le pèlerinage d'Arès.

(Maison de la Sainte Parole, vue de la cour intérieure. Arès)

Le pèlerinage d’Arès n’a pas grand chose à voir avec le pèlerinage de Lourdes ou toute autre cérémonie religieuse. On ne vient pas à Arès quêter une faveur personnelle, la guérison d’une maladie ou le pardon de ses fautes. On vient à Arès prendre le feu (Révélation d’Arès XLI/7) du Bien, le feu du changement, pour réveiller ou raviver sa volonté de se forger une âme (4/7) et de contribuer à changer le monde (28/7). Il est ouvert à tous sans distinction de race, de croyance ou de religion pourvu que celui qui s’y rend pour prier ou méditer s’engage à respecter la façon dont le Pèlerinage est géré par ceux qui y assurent l’entretien, l’accueil, le respect et la paix (voir ici pour prendre connaissance de l’esprit dans lequel le pèlerinage est tenu).

Personnellement j’ai découvert La Révélation d’Arès à l’automne 1990 et je viens en pèlerinage tous les étés depuis 1991. La première fois j’étais très impressionné, bouleversé par l’émotion de me retrouver là, face à mon Créateur, face à Dieu, face à moi-même aussi. Combien de temps m’a t-il fallu pour entrer dans ce lieu en toute sérénité ? Des années je crois, même si aujourd’hui encore, l’intranquillité me traverse quand j’entre dans le déchaussoir et que j’entre en moi-même pour me préparer à la prière. Je sais que je n’ai rien à craindre de Dieu, qu’ici j’entre dans un lieu de Paix. Mais c’est plus fort que moi. Je tremble à chaque fois que j’entre dans le Saint Lieu. Je crois que c’est la conscience et la honte d’être pécheur. Une lutte qui n’est pas sans rappeler celle de Jacob avec l’ange (Génèse 32/25-33) s’engage en moi-même. Les plus folles pensées m’envahissent. Une part de moi voudrait fuir cet endroit, l’oublier, mais c’est l’autre qui l’emporte. Celle qui me fait rester, entrer et revenir. La raison n’est pas étrangère à la foi telle qu’on la redécouvre dans La Révélation d’Arès. Foi et raison sont comme moteur et gouvernail de l’édifice spirituel que l’homme est appelé à construire.

(Maison de la Sainte Parole, vue intérieure. Arès)

Le pèlerinage j’en ai besoin tous les ans pour me ressourcer, pour me laver de la boue du monde dans laquelle je baigne toute l’année, pour m’enfoncer dans la prière comme un clou dans le bois et faire corps avec le Verbe divin, verbe créateur avant tout. Nulle part ailleurs, la Parole de Dieu ne prend une telle dimension. A Arès, tout devient plus clair, plus évident, plus fluide. Plus profond aussi. La parole qui court sur mes lèvres pendant ma prière coule comme une eau forte et limpide qui m’emporte dans son flot et me conduit à la Mer. Peu à peu, au fil des jours, l’étau qui enserre mon esprit relâche son emprise et mes pensées s’évadent vers le Ciel. Je vis chaque pèlerinage comme un abandon à Dieu, un dépouillement autant qu’un éclaircissement. Je lis intégralement La Révélation d’Arès pendant mon pèlerinage et chaque année j’y découvre et j’y puise une force nouvelle que j’étaye de mes lectures.

Mais le pèlerinage ce n’est pas qu’une prière intense et soutenue. C’est aussi un moment privilégié où je fais le point sur l’année passée, sur les projets engagés, sur ma pénitence, la vie d’assemblée… Je médite, je réfléchis, je revisite mes objectifs à atteindre, je prends des décisions sur les projets de mission à venir, les efforts personnels à faire,… Mon pèlerinage est aussi une veillée d’armes. Je pose mes valises et je mets tout à plat. Je projette sur ma réalité et mes projets la Lumière du Feu d’Arès. Pendant ces quelques jours, je sors du monde, je sors du temps, et je respire un autre Air (Rév d’Arès xxxii/4). Je vis mon séjour comme une intense session de travail de fond dont dépendra tout ce que je vais faire l’année suivante. Avec le temps ma pénitence comme ma mission sont devenues plus construites et mon pèlerinage s’inscrit dans une dynamique de plus en plus consciente et élaborée à laquelle Dieu participe.

Pas de mystique ici, même si la proximité avec le Créateur occasionne ici et là la manifestation de signes. Arès est le point de jonction entre le Ciel et la terre. S’il y a une force que je travaille à faire grandir en moi tout particulièrement en pèlerinage pour faire contrepoint à la transcendance qui pourrait me porter à l’illuminisme, c’est le réalisme. Car j’ai conscience que je viens ici pour prendre la force de me conquérir et de changer le monde (28/7) et que je ne réussirais pas dans cette entreprise sans lucidité, ni sans adaptation aux réalités. A Arès je plante mon pied (xL/1) et je me redresse, autant que je plonge dans mes profondeurs et que j’écoute Dieu. Transcendance et réalisme, c’est mon programme en pèlerinage en quelque sorte.

Je vais aussi rencontrer d’autres pèlerins, partager des moments avec certains d’entre eux, marcher entre les pins, nager, gouter la douceur d’une belle soirée d’été, parce que la vie c’est aussi ça. Mais une fois de plus, ce à quoi j’aspire le plus, c’est de me retrouver face à Dieu et souffler, souffler sur mes braises, ouvrir les yeux grand sur le Ciel et emplir mon âme, mon cœur de la présence du Père.

C’est finalement quand je quitte Arès que je me rends le mieux compte de la Force et de l’intensité que l’on vit là-bas. C’est quand je dois à nouveau me replonger dans la dureté et la grisaille du monde que je mesure le calme, la paix, la hauteur que j’ai pris en pèlerinage. Alors il me reste la prière et la mission pour souffler sur mes braises incandescentes et ne pas laisser s’éteindre ce grand Feu que Dieu a rallumé en moi.

Des siècles durant les hommes de cette partie du monde ont prié et envoyé leurs voix vers le Ciel. Ils ont construit des églises, bâti des cathédrales, des temples,… ils ont espéré et appelé et voilà qu’enfin, au moment où l’on ne l’attendait plus, que Dieu est de retour ! Cette longue attente, cette langueur aussi, je les porte en moi. Je sais que je suis porté par et que je porte tous ceux qui m’ont précédé comme je porte et serai porté par tous ceux qui me suivront sur ce Saint Lieu qui deviendra un jour, le Haut Lieu où se retrouveront dans la paix, tous les peuples de la terre.

Je souhaite un bon pèlerinage à toutes celles et ceux qui se rendront à Arès cet été pour y prier et un bel été à tous.

Eric Desneux