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15 mars 2013

CAP SUR LE SPIRITUEL



Ces dernières années, ce blog m’a servi à promouvoir mes films et mes photos. Je n’y faisais qu’occasionnellement mention de ma foi en Dieu et mon ralliement à La Révélation d’Arès. Je poursuivais un but avant tout “artistique” : être reconnu comme un cinéaste qui a son mot à dire sur les questions relatives à la foi. Je pensais trouver un public intéressé par le spirituel, d’esprit assez large pour prêter l’oreille (et l’œil) à mon travail sans être rebuté par mes convictions personnelles.

En 2009, j’ai achevé la réalisation de deux films documentaires sur la présence musulmane dans une ville de la banlieue parisienne. Le premier, intitulé “Un minaret dans la ville”, traitait de la construction d’une mosquée. Le second, “La Nation du Milieu”, offrait un aperçu des aspects spirituels et religieux de l’islam à travers une confrontation de propos entre chrétiens et musulmans (voir la page FILMO de ce site).

J’ai proposé ces deux films à des chaines de télévision françaises et des festivals de films documentaires. J’ai essuyé le refus des unes et des autres, sans explications. Cruelle déception. 3 ans de travail acharné pour rien ou presque, alors qu’à l’époque le débat sur la laïcité et la place de l’islam dans la société française battait son plein. Pas une seule proposition de diffusion. Pas même un seul rendez-vous ou entretien informel qui m’aurait permis de me faire connaitre et d’envisager la réalisation d’autres projets, avancer dans le but que je poursuivais.

La qualité de mon travail n’était pas en cause. Des retours qui m’ont été faits, j’ai compris que lorsque l’on n’appartient à aucune obédience ou officine connue et reconnue, parler de la foi dans les médias en France pose problème. Même lorsque l’on s’efforce d’aborder les choses avec circonspection et objectivité comme ce fut mon cas avec ces deux films sur l’islam, on est tenu à distance. Un producteur de cinéma avec lequel je me suis entretenu de mon projet me l’a confirmé : “En France règne la pensée unique. Votre film aborde un sujet sensible (l’islam, la foi) et il est auto-produit : aux yeux des médias, vous êtes un électron libre, potentiellement incontrôlable et imprévisible. Montrer votre film à la télé aurait été plus que diffuser votre pensée, c’eut été vous donner une crédibilité et une notoriété. Ils ne sont pas prêt à cela. Vous n’avez aucune chance d’être diffusé.”

Suite à cela j’ai pensé éditer mes films en DVD ou les mettre en ligne sur YouTube. Mais d'une part le temps et les moyens m’ont manqué pour faire les choses sérieusement. Réaliser un film est une chose, le diffuser et le distribuer en est une autre. Et s'agissant de films sensibles sur un sujet explosif, à une époque où le monde musulman connaissait un regain de violence, j'ai jugé préférable de me tenir à l'écart des polémiques et risques de nuisances. J'ai opté pour la prudence. Trois ans ont passé et depuis j’ai évolué. L’échec de ces films m’a fait réfléchir sur mon parcours et le but que je poursuivais.

Pendant 10 ans j’ai réalisé des films en m’inspirant de la Révélation d’Arès sans m’y référer explicitement, pensant que cela accroitrait mes chances d’être entendu et d’être accepté. Conscient que la radicalité de la Révélation d’Arès effraie le monde, je préférais en parler de manière discrétionnaire à l’occasion d’une rencontre ou d’une conversation amicale. Je me justifiais en me disant que je faisais passer certaines idées du message en contrebande dans mon art. Je réservais mon témoignage public à la mission de rue. Mais jusqu’où peut-on évoquer les idées d’un tel ouvrage sans énoncer le Tout auquel elles se rattachent ? Ne prends t-on pas le risque d’amoindrir ou d’affadir son propos ? Jusqu’où peut-on taire la Source de ce à quoi l’on croit fermement sans prendre le risque de se renier ?

“Ma Parole ne se divise ni se tait” tonne Dieu à Arès et appelle le croyant à “monter sur Son Parvis pour s’adresser au monde en Son Nom“, “sans craindre les incrédules et les moqueurs“. “Sois un dans toi” dit-Il dans Le Livre (Rév. d’Arès XXIV/1). Parler de la foi, de l’islam, de l’arbre de la connaissance du bonheur et du malheur…. (voir mes anciens films), tout cela revenait à prendre des détours, à jouer à cache-cache avec la vérité. J’ai pris conscience du carcan de mondanité et de bien-pensance qui m’enserrait et m’empêchait de créer et parler librement. Je me suis également rendu à l’évidence : je n’avais rien à dire de moi même d’intéressant et de pertinent qui n’ait été puisé à La Révélation d’Arès et éclairé par l’enseignement de son prophète. Alors j’ai tranché. En 2010, j’ai pris la décision d’assumer pleinement mon engagement apostolique jusque dans mon travail artistique. Désormais mes films (comme mes écrits) relayeront l’Appel du Père de l’Univers (Révélation d’Arès 12/4). Ils en porteront la trace.  En prenant cette décision, je me suis délesté de toute “ambition de reconnaissance artistique”. Je me suis mis au clair avec moi-même. Ce n’est qu’aujourd’hui que je me décide à reprendre le fil de mon blog.

A très bientôt, mais d’ici là… CAP SUR LE SPIRITUEL !

Eric Desneux

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16 juin 2011

EN ÉCRITURE POUR LA SAISON CHAUDE

 


Cet été, écriture de scénario.

JEVAN

L’histoire d’une rédemption et d’un retour à la vie.

Un film « silencieux » ou plutôt né d’un besoin de silence, de paix, de profondeur et de dépassement intérieur.

Après cinq années passées à enquêter sur un sujet de société (la construction d’une mosquée et la présence musulmane dans une ville de la banlieue parisienne) et un énorme travail solitaire pour en faire deux films documentaires, film où la parole domine, j’ai éprouvé le besoin de revenir vers ce qui fait avant tout une image de film.

Besoin d’un épure. De me plonger dans des paysages vastes et dénudés. De voir s’animer des figures prestes. De penser leurs gestes et de les charger de mon imaginaire.

En décembre 2009, j’ai ressorti un projet sur lequel j’avais planché il y a quelques années. Il s’est imposé à moi avec douceur et évidence. J’ai aimé son retour. J’ai revu en pensée les images filmées à l’Ile d’Ouessant en repérages. De belles images calmes et apaisantes. Le vent, la mer, les plaines rases,…. Tout était là. Tout ce dont j’avais besoin de voir et d’entendre. J’ai relu mes notes et parcouru le premier jet dessiné et écrit que j’avais fait et soigneusement gardé (je storyboarde mes films). « Il y a encore un énorme travail à faire » me suis-je dit, « mais l’idée est là », tapie sous les mots, entre les lignes. Ce film, quand il existera, ne gardera de ses premières esquisses que quelques bribes peut-être. Mais il conserva la figure de cet homme qui vit déjà dans mon esprit : JEVAN (prononcez “iévan”), jeune candidat au suicide, retenu dans son geste par un homme, et qui va devoir reconstruire sa vie dans un univers rude, mais revigorant.

Sa figure a d’abord jaillit d’un trait sous ma plume. Je l’ai dessiné et immédiatement reconnu. C’est à ça que j’ai su qu’il revenait. J’ai entendu un appel et j’ai répondu.

J’ai rassemblé mes notes, revisionné mes repérages de l’Ile d’Ouessant  et j’ai présenté le projet à une « résidence d’écriture » (celle du Groupe Ouest en Bretagne). Le projet a été retenu parmi les 20 projets susceptibles d’être accompagnés (sur 78) mais n’a pas franchi la barre du jury final. Pris par le besoin de gagner ma vie j’ai repris mon ancien métier (monteur-graphiste) et enchainé les piges. Difficile de revenir dans une logique de production-communication après avoir passer des heures en solitaire sur ma timeline à chercher le mot juste, la bonne coupe, le bon plan. Difficile surtout d’entrer en écriture quand tout vous appelle au dehors. J’ai délaissé « Jevan ». Pendant près de deux ans, je ne lui ai consacré que « des moments ». Récemment, je me suis remis à dessiner dans le métro pour m’occuper pendant les longs trajets qui m’emmenaient au boulot. De la même manière qu’il était revenu sous ma plume il y a deux ans, Jevan est revenu sous mon crayon. Avec la même douceur et force d’évidence. Je me suis dit qu’il était temps de lui consacrer un vrai moment d’écriture. L’été approchant, j’ai décidé de l’emmener avec moi « en vacances ».

Eric Desneux

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4 commentaires à "EN ÉCRITURE POUR LA SAISON CHAUDE"

12 octobre 2010

JE MARCHE

*

Je marche à la rencontre de deux mondes.
Je chevauche monts et mers,
Je pénètre jungles et traverse steppes,
Je marche pour que de paysage en paysage
vers l'avenir se tourne mon regard
et puise dans mes origines
le feu sacré de ma mémoire.

Le monde est vaste et petit est mon pas
mais grande est ma volonté et infinie ma joie

*

1990 © Eric Desneux
Recueil « Salut à Toi »