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11 juillet 2008

UN BEL ÉTÉ


Je m'absente de mon blog pour l'été. Après une année riche et éprouvante, j'aspire tout particulièrement à retrouver le calme et la profondeur des divines certitudes. Je commence mon périple estival par un séjour à Arès et vous laisse en compagnie des photos ci dessus, prises lors de mon pèlerinage en 2002. Les habitués des lieux y reconnaitront le clocher de la Maison de la Sainte Parole où l'on se rend pour prier, la rive d'Arès à marée basse, et les alentours peuplés de forêts de pins.

Je remercie toutes celles et ceux qui m'ont accompagné durant cette année et vous donne rendez-vous en septembre pour partager de nouvelles pensées.

Je vous souhaite un bel été à toutes et tous.


Souldigg




27 juin 2008

MOURIR À SOI POUR RENAÎTRE

Une phrase en rapport avec l'âme, sujet qui irrigue mes pensées et ce blog ces temps-ci m'a été adressée par un frère de Bretagne. Elle m'a poussé à écrire cet article. 


"La graine qui meurt en terre
élève sa tige comme une flamme.

L'homme qui meurt à son égo
donne naissance à son âme"

Cette phrase a fait écho à un hadith extrait de la Sunna (recueil de paroles et d'actes du prophète Muhammad, compilés par la tradition musulmane) que m'a relaté un ami musulman :

Alors qu'il était entouré de ses fidèles, le prophète leur dit "Mourrez avant de mourir".

Je ne me souviens pas exactement des propos de cet ami musulman qui me parlait du travail à engager sur soi pour se créer spirituel, mais j'en ai retenu ceci : la plupart des personnes réunies autours du prophète ce jour là, furent interloqués. Muhammad expliqua qu'il leur fallait tuer leur égo avant de mourir et que c'est à ce prix qu'ils deviendraient de vrais musulmans. Lues sous cet angle, les paroles les plus combatives du Coran qui appellent à la guerre sainte et valorisent le martyre, prennent une toute autre dimension que l'interprétation, étroite et militaire, qu'en a fait l'islam radical d'aujourd'hui.

Dans toutes les traditions religieuses, philosophiques ou spirituelles, on retrouve cet appel à dépasser son égo, à s'anéantir dans l'humilité la plus totale pour retrouver la vraie vie. La Révélation d'Arès (qui appelle à se défaire et à dépasser tout esprit de religion) le dit aussi à sa manière mais, et ce n'est pas le moindre de ses paradoxes, elle le fait en exaltant l'individualité créatrice et la liberté humaine. C'est un point sur lequel ma nature libertaire et individualiste a souvent achoppé mais que je ressens comme profondément vrai. Je sens bien que dans cet anéantissement de soi, il y a la découverte du Tout-Autre. Que dans l'abandon de ses propres préjugés, il y a la condition de l'amour véritable. Que dans le dépassement de sa propre culture, il y a la libération d'une énergie formidable. Que dans la fait de lâcher prise sur sa volonté d'avoir et de vivre pour soi seul, il y a la venue de toute l'humanité en soi. Que l'individualité se trouve même couronnée dans cette tension et cette abnégation du n'être plus rien pour soi-même (Révélation d'Arès 40/6). Quand ma conscience a assez de force pour se hisser et se tenir en éveil, ne serait-ce que l'instant d'un regard, face à cette limite ultime de l'abandon de soi, je me sens traversé par les remous d'une Mer immense. Je repense alors à cette phrase du frère Michel, témoin de la Révélation d'Arès : "le vrai moi est du dehors".

Une goutte de cette Mer immense remplirait mon cœur de bonheur, si j'étais seulement capable de me tenir à flot plus d'un instant. Mais à peine ai-je hissé la tête hors de l'eau que je retombe dans mes abysses chaotiques. D'où vient donc ma résistance, autant consciente qu'inconsciente, à rejoindre ces eaux vivifiantes ? Sans cesse je me crispe sur la peur de perdre mon petit pré-carré "d'humanité". Je crains de me dissoudre dans un je-ne-sais-quoi qui représente pourtant toute l'espérance d'une vie et d'un monde changé. J'aspire autant que je redoute à gagner ces Hauteurs. Contradiction que j'imagine être celle de tout homme vivant dans ce monde schizophrène. Je souffre d'être plongé dans ces ténèbres bardés de structures sans vie mais je rugis, je peste et je rechigne même à faire les efforts qu'il faut pour libérer mon regard des murs qui obstruent l'eau et la lumière. Comme toutes les taupes de mon espèce, c'est ma faiblesse qui me fait refuser l'alliance de l'aigle (23/2).


C'est pourquoi je me rends à Arès chaque été depuis près de 15 ans maintenant : pour raviver et vivifier mon ardeur à vaincre mes réticences, mes peurs, ma lâcheté. Pour faire un bilan sur tout ce que j'ai engagé l'année passée et recentrer mon être et mes projets futurs dans la direction de certitude. Choix de vie, mais aussi projets de mission, thèmes de réflexion... C'est toute la tension de mon être que je décline ainsi, dans un seul but : remodeler mon existence, la faire coïncider avec le grand Dessein du Père. Le pèlerinage, vu sous cet angle, est avant tout une veillée d'armes mais en l'absence de véritable dynamique collective concertée chez les pèlerins d'Arès (ce mouvement est jeune et n'a pas encore pris la mesure de son rôle historique), il demeure éminemment solitaire.

Le pèlerinage est aussi un moment privilégié de paix et de profondeur spirituelles. Me retrouver loin des soucis et du bruit du monde est un bonheur que je ne vis pas sans éprouver une certaine angoisse cependant. Se retrouver seul face à son créateur en préfiguration de ce que je vivrai au jour de ma mort, me fait toujours trembler d'émotion. Il me faut plusieurs jours d'acclimatation pour apaiser mes tensions, vaincre mes élans rebelles et me rendre sereinement en toute humilité dans ce Saint Lieu où Dieu est apparu et où il demeure présent. "Je suis ici. Tu y viens, les frères y viennent." (XLI/1-2). Présent d'une présence invisible et muette, mais qui se fait force, pensée et lumière pour le pèlerin pénitent. "La lèvre prend le feu dans Ma Main" (XLI/3). A Arès plus qu'ailleurs, je viens chercher réponse à mes questions, force pour m'équilibrer et m'élever. Au corps à corps avec moi-même et le monde toute l'année, Arès est le lieu où je peux prendre de la hauteur, décoller le nez de la vitre des médias et libérer mon attention de l'agitation du monde pour sonder mes profondeurs et sceller dans la paix, une alliance (23/2) avec le Père.


Souldigg



21 juin 2008

FÊTE DE L'ÂME

Fête de la musique ou fête de l'âme ?

Pour le pèlerin, le 21 juin est avant tout le jour où débute le pèlerinage de feu à Arès (pour plus d'infos, consulter http://michelpotay.info ou http://www.freredelaube.info).  Mais je ne m'y rendrais pas avant le mois de juillet.  Alors je profite de la fête de la musique pour publier la démo du concert donné à la Scène Bastille par le groupe PIOUS GENS le 21 juin 2006.

Souldigg

NB : la vidéo est disponible sur le site DAILYMOTION. Cliquez sur l'image ou le lien pour y voir accès.




20 mai 2008

PENSÉE SAUVAGE


Un mot sur le blog du frère Michel, témoin de la Révélation d'Arès m'a transporté. Je publie ici le commentaire que je lui ai adressé en réponse à l'article qu'il a publié sur le penseur Levi-Strauss :


 "Pensée sauvage..." j'aime ce mot "sauvage". Car il m'évoque l'odeur que l'on respire après une nuit passé au dehors, sous la tente ou à la belle étoile, lorsque l'on sort le nez de sa couche et l'on hume la luzerne fraiche. Parce qu'il me rappelle les épopées jubilatoires de mon enfance quand je dévorais les chemins de forêt à toute blinde sur mon bicloune trafiqué, les batailles de boue et les plongeons dans les vagues, le ciel éclatant des Amériques et la puanteur rance des bidonvilles d'Amazonie où des enfants sans âge respirent la joie de vivre. "Pensée sauvage", un mot qui soulève toute la vie comprimée au fond de mes entrailles et qui me rappellent cette phrase d'un autre penseur de poids, mais croyant, Henri Thoreau : "Toutes les belles choses sont sauvages et libres".

C'est parce que j'ai reconnu d'instinct dans la Révélation d'Arès les élans de ma "sauvagerie", que j'ai faite mienne cette Parole et que je travaille depuis chaque jour à tenter de réveiller et faire passer par tous les pores de ma peau, le souvenir de cette vie enfouie.

Souldigg




08 mai 2008

FAIRE SON ÂME



Pour tout un chacun, nourri par la culture, l'âme se confond avec l'esprit (psyché et intellect).

Or la Révélation d'arès nous enseigne que L'homme vient au monde sans âme, avec son corps et son esprit seulement.

Qu'est ce donc que l'âme ? Tout aussi invisible que la part psychique, émotionnelle ou intellectuelle de l'homme, elle n'en demeure pas moins radicalement différente en nature et porte en elle un tout autre enjeu.

L'âme est en quelque sorte la part de Dieu dans l'homme ou dit autrement, l'âme est Dieu activé dans l'homme. Elle est produite par le Bien que fait l'homme au cours de son existence terrestre. L'enfant, qui n'a pas conscience du bien et du mal, n'a pas besoin d'âme. Seul l'homme parvenu à l'âge où il est responsable de ses actes, peut se faire une âme. Corolaire : l'homme qui ne fait pas le bien ou qui s'obstine à faire le mal n'a pas d'âme.

Si la Révélation d'Arès insiste sur ce point c'est parce qu'une fois la chair morte, seul l'esprit et l'âme subsistent. L'âme permet à l'esprit du défunt de rejoindre le séjour du Père. Sans âme, l'esprit est privé de force ascensionnelle et erre dans les ténèbres, triste et tourmenté.

L'âme n'est donc pas donné à l'homme gratuitement. C'est le fruit d'un travail sur soi pour en chasser le mal et y installer le Bien. La Révélation d'Arès dit de l'âme qu'elle est ce vrai corps que l'homme bâtit comme un vaisseau pour prendre le large, s'élever vers les Hauteurs Saintes et rejoindre la Flotte Céleste (Révélation d'Arès 17/4).

Souldigg