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15 février 2008

CE JEÛNE QUI RENFORCE L'ÂME


Sans ressources depuis plusieurs mois, j’ai sévèrement rationné mes dépenses. Le midi, il m’arrive de jeûner pour m’économiser un repas. Je ne le vis pas mal, bien au contraire. J’ai choisi cette situation pour me consacrer entièrement à un projet personnel. Et en cette période de carême, jeûner me donne l'occasion de méditer sur ce qu'ont engendré 2000 ans d'ère "chrétienne".

Quand la faim m’étreint elle se répand d’abord comme une douleur. Elle contracte mes entrailles et presse le sang qui coule dans mes veines pour en extraire la force dont mon corps a besoin. Après un temps, ma chair assouplie cesse de lutter contre le besoin de manger. Mes mouvements se délient. Je me sens devenir léger. J’aime ce moment d’abandon. Ma chair a vaincu la faim et libère une effusion de chaleur qui se répand comme un liquide diapré et suave dans tout mon être. Alors toute crispation prend fin. L’esprit tourné vers le Père, je peux sonder en paix le creux de mon être et visiter mon âme.

Si s’abstenir de manger suffisait à se forger spirituel, les famines auraient depuis longtemps contribué à restaurer Eden. Aucune privation n'est salutaire en soit. Ce qui est déterminant dans le jeûne, c’est l’intention dans laquelle les choses sont faites. Jeûner avec la volonté consciente de sentir la fragilité de la chair, d'éprouver sa détermination et raviver sa volonté d’être spirituel. Effort du jeûne, tension de l’être au dedans de soi vers le Ciel, autrement dit vers les autres (le Coran recommande l'aumône pendant le jeûne). Il ne s’agit pas de s’abstenir de manger pour se priver, mais de profiter de cet effort pour faire taire (un peu plus) son égoïsme, ses rancœurs, sa colère... et sentir vivre en soi l’humanité entière. 

Souldigg

17 janvier 2008

COURIR LIBRE


Hier dans les couloirs du métro parisien. Sa puanteur rance et ses néons froids me remontent à la gorge comme deux mains meurtrières. Je jette un regard aux voyageurs alentours. Aucun ne répond à ma sourde angoisse. Je ne vois que des ombres qui scandent leurs pas. Enrôlé dans ce flux mécanique, je me dirige vers les tourniquets comme un pantin pressé d’en finir avec son trajet. CLAC-CLAC-CLAC. Je passe l’étroit chenal, écluse qui compte la masse avant la rame. Et puis soudain, une envie folle de courir ; un besoin irrépressible de fendre l’air, de rire et d’hurler à tue tête m’étreint. J’ai retenu mes hurlements joyeux par crainte de m'attirer quelque ennui mais je me suis mis à courir brusquement comme un enfant, comme ivre. J’ai embrassé le large et long couloir de mes folles enjambées, bondissant d’obstacles en obstacles jusqu’à ce que j’arrive sur le quai, essoufflé. Là, la suée m’inonda et sa moite tiédeur acheva de refroidir mon ardeur.

Pendant un instant je me suis cru ailleurs. Quand je rouvre les yeux, je retrouve autours de moi les mêmes visages fermés, interrogateurs. Sombres silhouettes statiques que tout mouvement libre fait trembler. « Triste monde sans joie ni lumière » me dis-je. Quand je réalise que je me suis planté machinalement sur le quai et que j’arbore les mêmes vêtements sombres, je m’interroge. Qu’est ce qui nous fait nous fondre avec un tel empressement « naturel » dans ce moule morne et inerte ? Le péché me répondent à l’unisson mes restes de conscience. Le péché, cette tare que les religions ont inventé pour nous culpabiliser ? rétorque immédiatement mon esprit moqueur. Oui, le péché, réplique froidement mon âme. Le péché, que les religions ont savamment utilisé pour nous dominer, en nous cachant sciemment que l’on pouvait s’en libérer. « S’en libérer ? » reprend mon esprit railleur, « en achetant des passeports pour l’éternité ? » ou en « se confessant au curé » ? Non, répond mon âme, si confession ou dogme libérait du péché, il y a bien longtemps que le monde aurait changé. Pour venir à bout du péché, pas d'autre solution que de lutter en soi pour se recréer (bon, patient, aimant,...). 

Contrairement à ce qu'à enseigné la religion pendant des siècles, le péché n’est pas « faute morale » que l’on doit « expier ». Il est « nature » en nous que l’on doit « changer » (Révélation d’Arès 28/7). Sa réalité est "physique" autant que métaphysique. Il découle du choix que firent des hommes jadis de dominer leurs semblables. Une situation qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours et qui imprègnent nos chairs. Le péché plombe le sang qui coule dans nos veines, il voile nos regards, il étouffe l’amour dans nos cœurs, il brise nos élans de bonté, il fourche notre langue et attise nos rancœurs, entretient en nous mensonge et brutalité. Quel homme d'aujourd’hui peut se dire pur de tout mal ? Nous sommes tous pécheurs et c’est pourquoi Dieu nous recommande de ne pas juger, mais d’entrer en pénitence pour nous changer.

Changer ou lutter contre son péché, est affaire de toute une vie. C’est se défaire peu à peu des réflexes et pensées de domination et de méchanceté que le monde nous a légué. C’est se libérer d’un poids qui nous rend malheureux, triste et tourmenté. C’est raviver en nous, le feu joyeux de l’Amour et de la liberté. C'est difficile mais ca prend l'homme, parfois, comme une irrépressible envie de courir libre (Révélation d'Arès 10/10).

Souldigg




08 janvier 2008

VAINCRE LA VIOLENCE ET LA PEUR


2007 s’est achevé sur l’ombre et la haine avec l’assassinat au Pakistan, de Benazir Bhutto, figure d’un islam humaniste et progressiste, en lutte contre de la dictature de son pays. Voisin de l’Iran, de l’Afghanistan, de l’Inde et de la Chine, le Pakistan, par ailleurs détenteur de l’arme nucléaire, s’inscrit au cœur de tensions du monde contemporain. Il est menacé aujourd’hui par de graves troubles politiques et religieux. De sa stabilité et de sa capacité à évoluer progressivement vers la paix, dépend en grande partie le sort de cette région et l'avenir de la paix dans le monde. Sans parler de l’Irak qui s’enfonce chaque jour un peu plus dans le chaos, de la crise au Soudan-Darfour qui s’envenime, des tensions entre l'Iran et les USA et du conflit Israélo-palestinien qui dure depuis prés de 60 ans. 

Quel espoir opposer à ces forces brutales qui se déchaînent ? Que peuvent nos efforts laborieux à installer bontéamour, et bienveillance dans notre cœur contre ces ouragans aveugles ? Pardon et paix semblent de bien frêles voix face à ces tintamarres de guerre. Combien de temps l’homme se laissera t-il encore dominer par la peur et ses désirs de conquête ? Combien de temps avant qu’il ne réalise son besoin de paix, de partage et de douceur ? C’est pourquoi j’ai décidé d’ouvrir cette année 2008 avec l’espoir de réchauffer dans les cœurs forcejoie et lumière. En commençant par rappeler que le mal n’est pas une fatalité et que l’humanité quelque soit son état aujourd’hui, a encore la force de se redresser. Pourvu qu’un petit reste d’hommes, déterminés, accepte de se changer (ce que la Révélation d’Arès traduit par entrer en pénitence*). 

Car ce que fait chaque homme se répercute sur toute l’humanité. Le Bien comme le Mal, qui ne sont pas que des notions morales mais des forces actives, vivantes, tangibles. La bombe que je fais exploser dans mon cœur quand je me remplis de haine contre untel ou untel qui m’a fait du tord, nourrit la haine de celui qui fera sauter des bombes pour tuer d’autres Benazir ailleurs. Nous devons saisir cette chance de vivre dans un pays en paix qui a été visité par le Père de l’Univers  (en 1974 et 1977 à Arès), pour entrer en nous même et lutter de toutes nos forces contre l’héritage de violence et de haine qui habite nos cœurs et coule dans nos veines. Car à n’en pas douter, la force que nous développons en nous pour nous garder du mal et devenir bon, est celle-là même qui arrêtera au loin le bras du méchant, la langue du faux témoin et du diffamateur (Révélation d’Arès 36/16). 

Force de l’UN, 
Force de tout un chacun, à la mesure de ses moyens.
Chaque être humain est à lui seul, 
Mémoire et avenir de l’Homme sur terre
Chaque être humain, porte en lui-même
l'Image et Ressemblance du Père de l’Univers.  

Je nous souhaite pour 2008, de trouver la force de pénétrer un peu plus profondément nos cœurs, pour y installer paix et douceur.

Souldigg

 
* La pénitence telle que la définit la Révélation d’Arès n’a pas grand-chose à voir avec ce qu’elle est dans l’église ou la théologie chrétienne. Elle n’est ni contrition, ni dolorisme. La pénitence est à la fois lutte contre son propre péché (état d’animal-pensant sans âme qui est aujourd’hui celui de l’humanité) et création de son âme. C’est un travail long, lent et difficile qui peut éprouver mais qui ouvre aussi à de nouvelles joies. Car il y a un bonheur pour l’homme à retrouver ce pour quoi il a été vraiment créé.





18 décembre 2007

RENAISSANCE DE L'ESPÉRANCE


Jésus n’est pas né un 25 décembre. D’après les Évangiles, il est né pendant le séjour que Marie et Joseph ont fait à Béthléem pour se faire recenser par l’occupant romain. Or les romains ne recensaient jamais les populations en hiver. Le Coran (la Révélation d’Arès rappelle que le Coran est Parole de Dieu et donc mérite la même attention que la Bible et l’Evangile, nous reviendrons sur ce point dans un prochain post) soutient que Jésus est né « au temps des dattes », c'est-à-dire au milieu de l’automne. Pourquoi l’église a-t-elle donc bâtie toute une liturgie, le jour de la naissance du « divin enfant », autours de cette date du 25 décembre ? 

Dans l’antiquité, la vie, était organisée autours des saisons. La période du solciste d’hiver (jour de l’année le plus court)  marquait un tournant : celui du rallongement des jours, du retour de la lumière et de l’annonce du printemps. La « fête de la lumière » donnait lieu partout à de profondes réjouissances païennes et les églises naissantes avaient du mal à retenir leurs ouailles pendant cette période. Il est même probable qu’elles voyaient se déliter pendant ces fêtes, tout le travail d’une année (de patiente conversion). Pour concurrencer ces fêtes et donner l’occasion à ses fidèles de se retrouver et de partager un moment intense, l’Eglise eut l’idée d’en faire le jour de la naissance du Christ. Et Noël devint un moment fort de célébration de l’espérance chrétienne. Si Noël est resté aujourd’hui l’une des rares fêtes très populaire du calendrier chrétien, c’est probablement parce qu’elle puise ses racines dans un rite très ancien. En cette époque de l’année, ou le froid et l’obscur l’enserre, l’homme revisite en profondeur ses origines, sans en avoir toujours conscience d’ailleurs. Il manifeste avant tout son besoin de chaleur et de lumière physique, mais aussi son besoin de chaleur et lumière humaine, spirituelle. L’homme a besoin d’espérer, comme il a besoin de boire et de manger. Pour un Pèlerin d’Arès, pour qui les dogmes, les mythes, le folklore sont secondaires, célébrer la naissance du prophète Jésus (même s’il n’est pas né à cette date) n’est pas une mauvaise chose en soi, si cela ravive dans la conscience, la Force de faire le Bien. Conscience que tout homme peut devenir un christ s’il met ses pas dans les pas du Père (Révélation d'Arès). Conscience que tout homme peut devenir prophète (c'est-à-dire créateur) du monde à venir. Si l’Eglise a échoué à rendre ce monde vraiment chrétien (où voit-on l’amour du prochain aujourd’hui ?), c’est parce qu’elle a échoué à rendre la foi dynamique, créatrice ; elle a échoué à faire de Noël un moment fort de l’espérance active.

 
La Révélation d’Arès appelle à un long et profond changement de nature, à une spiritualisation de nos actes même les plus banals. Noël comme tout moment de la vie peut se faire l’écho de notre volonté de changer le monde. En voulant faire de Noël, une fête de l’espérance retrouvée, de la Lumière partagée, c'est-à-dire de la Parole vécue (et pas seulement psalmodiée), un Pèlerin d’Arès ne déroge pas à sa foi. Il l’ancre dans les réalités. La réalité d'aujourd'hui c'est que Noel est devenue une simple fête de famille : puissions nous en ce jour, rendre heureux tous ceux qui nous nous sont proches et faire un effort envers ceux qui sont seuls, sans parents ni amis, pour partager ce moment d'humanité.
 
Je vous souhaite à tous un heureux Noël.
 
Souldigg