Pages

08 janvier 2008

VAINCRE LA VIOLENCE ET LA PEUR


2007 s’est achevé sur l’ombre et la haine avec l’assassinat au Pakistan, de Benazir Bhutto, figure d’un islam humaniste et progressiste, en lutte contre de la dictature de son pays. Voisin de l’Iran, de l’Afghanistan, de l’Inde et de la Chine, le Pakistan, par ailleurs détenteur de l’arme nucléaire, s’inscrit au cœur de tensions du monde contemporain. Il est menacé aujourd’hui par de graves troubles politiques et religieux. De sa stabilité et de sa capacité à évoluer progressivement vers la paix, dépend en grande partie le sort de cette région et l'avenir de la paix dans le monde. Sans parler de l’Irak qui s’enfonce chaque jour un peu plus dans le chaos, de la crise au Soudan-Darfour qui s’envenime, des tensions entre l'Iran et les USA et du conflit Israélo-palestinien qui dure depuis prés de 60 ans. 

Quel espoir opposer à ces forces brutales qui se déchaînent ? Que peuvent nos efforts laborieux à installer bontéamour, et bienveillance dans notre cœur contre ces ouragans aveugles ? Pardon et paix semblent de bien frêles voix face à ces tintamarres de guerre. Combien de temps l’homme se laissera t-il encore dominer par la peur et ses désirs de conquête ? Combien de temps avant qu’il ne réalise son besoin de paix, de partage et de douceur ? C’est pourquoi j’ai décidé d’ouvrir cette année 2008 avec l’espoir de réchauffer dans les cœurs forcejoie et lumière. En commençant par rappeler que le mal n’est pas une fatalité et que l’humanité quelque soit son état aujourd’hui, a encore la force de se redresser. Pourvu qu’un petit reste d’hommes, déterminés, accepte de se changer (ce que la Révélation d’Arès traduit par entrer en pénitence*). 

Car ce que fait chaque homme se répercute sur toute l’humanité. Le Bien comme le Mal, qui ne sont pas que des notions morales mais des forces actives, vivantes, tangibles. La bombe que je fais exploser dans mon cœur quand je me remplis de haine contre untel ou untel qui m’a fait du tord, nourrit la haine de celui qui fera sauter des bombes pour tuer d’autres Benazir ailleurs. Nous devons saisir cette chance de vivre dans un pays en paix qui a été visité par le Père de l’Univers  (en 1974 et 1977 à Arès), pour entrer en nous même et lutter de toutes nos forces contre l’héritage de violence et de haine qui habite nos cœurs et coule dans nos veines. Car à n’en pas douter, la force que nous développons en nous pour nous garder du mal et devenir bon, est celle-là même qui arrêtera au loin le bras du méchant, la langue du faux témoin et du diffamateur (Révélation d’Arès 36/16). 

Force de l’UN, 
Force de tout un chacun, à la mesure de ses moyens.
Chaque être humain est à lui seul, 
Mémoire et avenir de l’Homme sur terre
Chaque être humain, porte en lui-même
l'Image et Ressemblance du Père de l’Univers.  

Je nous souhaite pour 2008, de trouver la force de pénétrer un peu plus profondément nos cœurs, pour y installer paix et douceur.

Souldigg

 
* La pénitence telle que la définit la Révélation d’Arès n’a pas grand-chose à voir avec ce qu’elle est dans l’église ou la théologie chrétienne. Elle n’est ni contrition, ni dolorisme. La pénitence est à la fois lutte contre son propre péché (état d’animal-pensant sans âme qui est aujourd’hui celui de l’humanité) et création de son âme. C’est un travail long, lent et difficile qui peut éprouver mais qui ouvre aussi à de nouvelles joies. Car il y a un bonheur pour l’homme à retrouver ce pour quoi il a été vraiment créé.





18 décembre 2007

RENAISSANCE DE L'ESPÉRANCE


Jésus n’est pas né un 25 décembre. D’après les Évangiles, il est né pendant le séjour que Marie et Joseph ont fait à Béthléem pour se faire recenser par l’occupant romain. Or les romains ne recensaient jamais les populations en hiver. Le Coran (la Révélation d’Arès rappelle que le Coran est Parole de Dieu et donc mérite la même attention que la Bible et l’Evangile, nous reviendrons sur ce point dans un prochain post) soutient que Jésus est né « au temps des dattes », c'est-à-dire au milieu de l’automne. Pourquoi l’église a-t-elle donc bâtie toute une liturgie, le jour de la naissance du « divin enfant », autours de cette date du 25 décembre ? 

Dans l’antiquité, la vie, était organisée autours des saisons. La période du solciste d’hiver (jour de l’année le plus court)  marquait un tournant : celui du rallongement des jours, du retour de la lumière et de l’annonce du printemps. La « fête de la lumière » donnait lieu partout à de profondes réjouissances païennes et les églises naissantes avaient du mal à retenir leurs ouailles pendant cette période. Il est même probable qu’elles voyaient se déliter pendant ces fêtes, tout le travail d’une année (de patiente conversion). Pour concurrencer ces fêtes et donner l’occasion à ses fidèles de se retrouver et de partager un moment intense, l’Eglise eut l’idée d’en faire le jour de la naissance du Christ. Et Noël devint un moment fort de célébration de l’espérance chrétienne. Si Noël est resté aujourd’hui l’une des rares fêtes très populaire du calendrier chrétien, c’est probablement parce qu’elle puise ses racines dans un rite très ancien. En cette époque de l’année, ou le froid et l’obscur l’enserre, l’homme revisite en profondeur ses origines, sans en avoir toujours conscience d’ailleurs. Il manifeste avant tout son besoin de chaleur et de lumière physique, mais aussi son besoin de chaleur et lumière humaine, spirituelle. L’homme a besoin d’espérer, comme il a besoin de boire et de manger. Pour un Pèlerin d’Arès, pour qui les dogmes, les mythes, le folklore sont secondaires, célébrer la naissance du prophète Jésus (même s’il n’est pas né à cette date) n’est pas une mauvaise chose en soi, si cela ravive dans la conscience, la Force de faire le Bien. Conscience que tout homme peut devenir un christ s’il met ses pas dans les pas du Père (Révélation d'Arès). Conscience que tout homme peut devenir prophète (c'est-à-dire créateur) du monde à venir. Si l’Eglise a échoué à rendre ce monde vraiment chrétien (où voit-on l’amour du prochain aujourd’hui ?), c’est parce qu’elle a échoué à rendre la foi dynamique, créatrice ; elle a échoué à faire de Noël un moment fort de l’espérance active.

 
La Révélation d’Arès appelle à un long et profond changement de nature, à une spiritualisation de nos actes même les plus banals. Noël comme tout moment de la vie peut se faire l’écho de notre volonté de changer le monde. En voulant faire de Noël, une fête de l’espérance retrouvée, de la Lumière partagée, c'est-à-dire de la Parole vécue (et pas seulement psalmodiée), un Pèlerin d’Arès ne déroge pas à sa foi. Il l’ancre dans les réalités. La réalité d'aujourd'hui c'est que Noel est devenue une simple fête de famille : puissions nous en ce jour, rendre heureux tous ceux qui nous nous sont proches et faire un effort envers ceux qui sont seuls, sans parents ni amis, pour partager ce moment d'humanité.
 
Je vous souhaite à tous un heureux Noël.
 
Souldigg

25 octobre 2007

FAIRE FACE À LA MORT


Qui n’a pas entendu parler de la lettre de Guy Mocquet ? Combien l’ont lu, je veux dire, réellement, sans préjugés d’aucune sorte ? Elle mérite que l’on s’y attarde un peu. La voici :

 
« Ma petite maman chérie,
mon tout petit frère adoré,
mon petit papa aimé,

Je vais mourir! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable, je ne peux le faire hélas! J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées, elles pourront servir à Serge, qui je l'escompte sera fier de les porter un jour.
À toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée. Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme. 17 ans et demi, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine. Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon cœur d'enfant. Courage!
Votre Guy qui vous aime.

Guy »
 
J'ai lu cette lettre l'esprit encombré par la polémique répercutée par les médias. J'étais assez réservé à son sujet. J'ai pourtant été immédiatement touché par sa sobriété et la noblesse d'âme du jeune homme. Ce qui fait la force de cette lettre me suis je dit, c'est qu'elle nous montre ce dont seul un être humain est capable : faire face à la mort, à sa propre mort, tout en gardant courage et espoir. Et j'ai regretté que les médias n'aient pas saisi cette occasion pour parler de cette étonnante faculté humaine et des questions qu’elle soulève. Car un homme capable de surmonter, même le temps d’une lettre, une telle angoisse et de prolonger son existence dans celle des autres (ce que l’on ressent aussi à la lecture de la lettre de Guy Mocquet c’est son sentiment profond d’être relié à toute l’humanité), n’est il pas d’une certaine manière un signe que l’homme a partie liée avec l’éternité ? Qui ne ressent pas en songeant à la mort, l’anomalie que représente la fin de la vie terrestre ? Qui ne sent pas murmurer au fond de ses entrailles qu’il est fait pour autre chose qu’une vie de taupe ou de rat et que son destin n’est pas de finir rongé par les vers ? Quand on voit à quoi l’homme a réduit son existence, on peut être tenté de saluer la mort comme une délivrance, c’est vrai et je souscris aussi à cela, mais la Révélation d’Arès nous rappelle que même celui qui a oublié Dieu, ou qui l’a rejeté, a gardé mémoire de sa véritable vocation d’homme, qui est d’aimer, de créer et de vivre libre et heureux parmi ses semblables dans la perpétuité. Vaincre la mort est au cœur du projet de la Révélation d’Arès, même si pour cela des générations de pénitents et de moissonneurs devront se succéder dans la tombe et lutter, âprement parfois, pour installer en eux même et dans le monde, le Bien actif. 

Guy Mocquet avait en face de lui des nazis, l’une des pires barbaries que l’homme ait enfanté. J’ignore quelles furent les intentions de Nicolas Sarkozy quand il demanda à ce que cette lettre soit lue dans les lycées de France et je ne crois pas que en débattre serve réellement la vérité (qui est que le monde doit changer -RA 28/7). Par contre, je pense qu’il n’est pas inutile de rappeler aux adolescents d’aujourd’hui, qu’ils ont la chance de vivre dans un pays qui connaît la paix et qui leur offre de pouvoir (dans une certaine mesure) choisir ce qu’ils feront de leur vie et de ce monde. Et qu’ils ne perdent pas de vue que la barbarie peut toujours revenir car elle gît tapie dans les cœurs, tout à coté de l’aspiration au bonheur.
 
 
Souldigg

15 octobre 2007

COMME LES VAGUES DE LA MER...


Je n’avais jamais vu de match de rugby avant cette coupe du monde. Le soir de la victoire du XV de France contre les All Blacks je me suis retrouvé devant le poste de télévision pendant les 15 dernières minutes de la rencontre. J’ai voulu vérifier ce que j’avais toujours entendu dire du rugby, « un sport de brutes joué par des gentlemen », à l’opposé du football, « un sport de gentlemen joué par des brutes ». Ma première impression me confirma dans ce que je pense du sport à la télévision en général : il y a quelque chose dans le spectacle de ces masses humaines en plein effort qui fascine et réveille en l'homme des émotions intenses et qui en meme temps le plonge dans un profond hébétement, au point de le vider de toute présence à lui même. Je me demande : est-ce le sport ou la télé-vision qui produit cela ? A y regarder de plus près, je constate que rares sont les moments vraiment dignes d’intérêt. Toute l’attention du spectateur semble absorbée dans l’attente de ce quelque chose qui n’arrivera peut être pas et qui quand il arrive, fait "exploser le compteur". 

Il y a bel et bien un retour au primitif dans cette expérience mais je ne suis pas sur que cela vienne du rubgy. La télé réduit tout en même temps qu'elle sacralise et cérébralise à l'excès. Il y a quelque chose de la philosophie des coupeurs-réducteurs de tête dans la télé d'aujourd'hui qui se manifeste tout particulièrement dans le spectacle du sport que la tension du direct et la simplicité de l'enjeu rendent immédiatement et intensément lisible. J'ai aimé regarder ces 15 minutes de rugby. Ce qui m'a plu c'est avant tout la forte présence physique des joueurs, meme si vu au travers du poste de télévision, leurs élans gardaient quelque chose d'irréel. Les yeux rivés sur l’écran, je me suis surpris à me fondre dans l’image au milieu de ces corps emmêlés, ressentant jusque dans mes cotes les coups de leurs chocs. 

Dans notre monde de plus en plus virtuel, le rugby a cela d’intéressant qu’il nous nous fait vivre quelque chose d’un corps à corps avec la vie et nous rappelle que c’est dans une confrontation avec les autres que l’on progresse. En regardant les All Blacks avancer irrésistiblement vers la ligne de marquage, j’ai pensé à cette phrase de la Révélation d’Arès qui appelle l’homme à se lever comme les vagues de la mer, comme les vagues se ruent contre le roc qui leur barre leur cours, sourdes et obstinées, pour abattre le péché (Révélation d'Arès 28/12). Ah! me suis-je dit.... Si cette farouche volonté d’en découdre et de gagner était appliquée par l’homme à lutter contre ses propres ténèbres, sans défaillir, on ne célébrerait pas à la fin d’un match la victoire de telle ou telle équipe, laissant l’autre équipe se remplir d’amertume, on célébrerait tous ensemble, la victoire de toute l’humanité contre le mal. 


Souldigg

15 septembre 2007

DE RETOUR SUR LE PARVIS




Une clameur plutôt qu’un discours

Pour ouvrir cette année
Annoncer le retour
De la voix hélée

Bitume amer
Je pleure
Sur ton insolence indiffère
Et tes rires crâneurs

Non ! La Colère n’est pas éteinte
Je vois, la rage et la froideur t’enserrent
Retiennent tes larmes dans une longue étreinte
De vivre libre, tu désespères

Et pourtant, de l’oreille au cœur
La pente est légère
Jusqu’à quand préféreras-tu la peur
Au dur labeur de vaincre ta misère ? 

Celui qui te parle, n’aie crainte
 
N’est rien de moins qu’un frère 
Tourmenté par la même plainte 
Qu’il peine chaque jour à faire taire
 

Car pour renaître pur
Les déclamations sont vaines
Si de son cœur la souillure
N’est pas arrachée jusqu'à l'aine

L’enjeu est de taille
 
Car abattre la bête immonde
Lovée dans ses entrailles
Fera trembler le monde

De Joie !


Souldigg